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19/04/07 (B391) AFP : Affaire Borrel: perquisition au ministère des Affaires étrangères (Info lectrice)

PARIS
(AFP) – Une perquisition était en cours jeudi au ministère des
Affaires étrangères dans le cadre d’une enquête judiciaire
sur d’éventuelles pressions sur la justice dans l’affaire du juge Borrel,
retrouvé mort en 1995 à Djibouti, a-t-on appris auprès
du ministère.

"Les juges d’instruction chargés d’examiner la plainte déposée
par la partie civile dans cette affaire, relative à un communiqué
de presse diffusé par le ministère des Affaires étrangères,
se trouvent actuellement au Quai d’Orsay", a déclaré à
la presse le porte-parole du ministère, Jean-Baptiste Mattéi.

"Je n’ai aucun commentaire à faire sur une procédure judiciaire
en cours", a-t-il ajouté.

Cette plainte visait une déclaration officielle du Quai d’Orsay du
29 janvier 2005 qui avait assuré qu’une copie du dossier d’instruction
français relatif au décès du juge Borrel serait "prochainement
transmise à la justice djiboutienne", qui en avait fait la demande.

Or, quelques jours plus tard, la juge chargée du dossier, Sophie Clément,
refusera cette transmission estimant notamment que la demande de Djibouti
avait "pour unique but de prendre connaissance (…) de pièces
mettant en cause le procureur de la République de Djibouti".

Le juge Borrel, détaché comme conseiller du ministre djiboutien
de la Justice, avait été retrouvé mort en 1995, le corps
à demi-calciné, au pied d’un ravin. Djibouti a conclu à
un suicide mais l’enquête française privilégie la thèse
d’un assassinat.

La responsabilité présumée
du président djiboutien et de membres de son entourage dans la mort
du juge a été évoquée lors de l’instruction par
plusieurs témoins.

La juge Clément a délivré, en octobre 2006, des mandats
d’arrêt contre le procureur et le chef des services secrets de Djibouti
pour une éventuelle "subornation de témoins" dans
l’enquête.

L’ex-porte-parole du Quai d’Orsay Hervé Ladsous, visé par une
information judiciaire pour des supposées pressions sur la justice
dans cette affaire et aujourd’hui ambassadeur de France en Chine, a de son
côté récemment mis en cause le cabinet de l’ancien garde
des Sceaux Dominique Perben.

M. Ladsous a été entendu le 21 mars en tant que témoin
assisté par les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia, qui
instruisent la plainte d’Elisabeth Borrel, veuve du juge Bernard Borrel.

Interrogé sur la déclaration du Quai d’Orsay, assimilée
par les plaignants à une pression sur la justice, l’ambassadeur a affirmé
s’être borné à publier un communiqué préparé
par le cabinet du ministre de la justice.

"Il y a visiblement quelqu’un qui a fait une grosse boulette à
la chancellerie", a déclaré M. Ladsous aux juges, selon
l’hebdomadaire Le Canard enchaîné.

A l’époque, le cabinet du ministre était dirigé
par l’actuel procureur général de Paris, Laurent Le Mesle. Interrogé,
ce dernier n’a pas souhaité commenter les déclarations de M.
Ladsous.

19/04/07 (B391) AP : Affaire Borrel : perquisition au Quai d’Orsay. (Info lectrice)

PARIS
(AP) – Une perquistion était menée jeudi au ministère
des Affaires étrangères à Paris par les juges d’instruction
en charge de l’enquête sur d’éventuelles pressions sur la justice
en marge de l’affaire Borrel, a indiqué le porte-parole du Quai d’Orsay
Jean-Baptiste Mattei lors du point-presse quotidien.

"Je confirme que les juges d’instruction chargés d’examiner la
plainte déposée par la partie civile relative à un communiqué
de presse diffusé par les Affaires étrangères se trouvent
actuellement au Quai d’Orsay", a expliqué M. Mattei refusant de
commenter une affaire de justice en cours.

AP

19/04/07 (B391) BBC / Somalie : l’ancien Ministre (démissionné) Hussein Aideed annonce son déménagement en Erythrée et se prononce en faveur du retrait des forces éthiopiennes de Somalie. (En anglais – info lectrice) Somalie alliance opposes Ethiopia.

Somali
Deputy Prime Minister Hussein Aideed has formed an alliance opposed to Ethiopia’s
presence in Mogadishu.

Mr Aideed announced the move in the Eritrean capital and called for a probe
into Ethiopia troops whom he accuses of genocide since arriving in December.

Islamist leader Sheikh Sharif Ahmed and former parliament speaker Sharif Sheikh
Aden were also in Asmara at the launch.

Some 1,000 people have died during recent fighting in Mogadishu described
as the worst in 16 years.

Ethiopia and America accuse Eritrea of supporting insurgents in the capital,
Mogadishu, who are opposed to the transitional government.

“We also want the transitional government to be held accountable for
the deaths of innocent civilians in Mogadishu,” Mr Aideed told reporters
in Asmara.

The UN refugee agency says some 200,000 people have fled Mogadishu as government
and Ethiopian soldiers battle insurgents – both Islamists and local Hawiye
clan militias.

Mr Aideed, a former warlord and an influential member of the Hawiye clan has
called on Ethiopian forces to leave Somalia signalling sharp divisions in
the transitional government.

On Tuesday, a meeting of the Somali parliament in Baidoa voted to expel 31
MPs currently in Asmara.

Ethiopia says it has started to withdraw some of its troops from Somalia and
will gradually hand over responsibilities to the African Union force.

So far only 1,200 Ugandans have arrived, of the planned 8,000 strong force.

Eritrea and Ethiopia fought a border war several years ago and tensions remain
fraught between them.

19/04/07 (B391) LDDH : communiqué de remerciements à tous ceux qui se sont mobilisés pour la libération de son Président et en particulier à l’Association SURVIE et à l’ARDHD qui sont intervenues dès les premières heures de ma comparution.



Le Président

 

Communiqué du 18 avril 2007

J’adresse mes remerciements
les plus sincères à tous ceux
qui se sont mobilisés
pour obtenir ma libération

Outre
la défense d’une cause juste, je dois ma libération au
courage et à la solidarité agissante d’un certain nombre
de personnes et d’organisations que je tiens particulièrement
à remercier ici et aujourd’hui :

– Mes
avocats Maîtres Luc Aden et Zakaria du barreau djiboutois et singulièrement
Maître Michel TUBIANA, vice-président de la F.I.D.H. et mandaté
par celle-ci pour me défendre : sa plaidoirie devant une assistance
acquise à la cause défendue, a été déterminante
durant un procès qui a vu le ministère public confondu et son
avocat Maître Aref…confus !

– Les
média internationaux qui ont couvert à leur manière ce
procès. je pense notamment à la B.B.C., R.F.I., Radio Vatican
et à la presse écrite.

– Cassim
Ahmed Dini que j’ai mandaté pour représenter la L.D.D.H.
au congrès de l’UIDH à Ouagadougou (Burkina Faso);

– Le Président,
mes collègues et amis de l’UIDH qui ont lancé des appels pour
ma libération,

– l’ARDHD
et l’Association SURVIE qui se sont mobilisées dès les premières
heures de ma comparution, en alertant les média et le Ministère
français des affaires étrangères et en lançant
une pétition internationale sur un site Internet,

– Toutes
celles et tous ceux qui ont signé cette pétition,

– Plus
largement les partis politiques d’opposition et les personnalités qui
se sont engagés au sein d’un Comité de soutien,

Outre
la pression qui a été exercée par toutes ces manifestations
de solidarité, elles m’ont apporté un soutien très important
durant mon incarcération et elles ont contribué à me
donner la force nécessaire pour résister aux épreuves.

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH), à la veille du congrès international
de la Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme
(F.I.D.H.) qui se réunira prochainement à Lisbonne au Portugal,
tient dans le cadre de sa mission de prévention des conflits à
attirer l’attention de tous les partenaires au développement
humain de Djibouti sur la situation potentiellement explosive qui prévaut
actuellement à Djibouti…

Aveuglés
par la lutte contre le terrorisme et un ennemi toujours invisible, le plus
souvent supposé, les grandes puissances militairement présentes
à Djibouti (U.S.A., France et O.T.A.N.), ne voient pas (ne veulent
pas voir ?) ou tout simplement ignorent qu’ils structurent ici par leur
soutien inconditionnel à cette dictature, un terreau au terrorisme
qu’ils prétendent combattre partout et tout le temps !

A leur vu et su,
les violations récurrentes des Droits Humains (politiques, syndicaux,
d’expression…), l’arbitraire, l’impunité des
crimes ordinaires et de guerre, les criantes inégalités, l’enrichissement
illicite et soudain de quelques oligarques font de Djibouti une poudrière
où le pire est à craindre…

DEMAIN,
IL SERA TROP TARD !!!

M.
NOËL ABDI Jean-Paul

19/04/07 (B391) Le FIGARO : Affaire Borrel : perquisition au Quai d’Orsay. (Info lectrice)

Depuis
10 heures jeudi matin, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, les juges
d’instruction chargées de l’enquête sur d’éventuelles
pressions sur la justice dans l’affaire du juge Borrel, mènent une
perquisition au ministère des Affaires étrangères. Il
semblerait que plusieurs perquisitions ne soient pas exclues sur un autre
site au cours de la journée.

Cette affaire dans l’affaire a démarré avec la déclaration
officielle du Quai d’Orsay, le 29 janvier 2005, assurant qu’une copie du dossier
d’instruction français relatif au décès de Bernard Borrel
à Djibouti en 1995 serait "prochainement transmise à la
justice djiboutienne", qui en avait fait la demande.

Or, quelques jours plus tard, la juge chargée de l’enquête, Sophie
Clément, a refusé cette transmission. Elle a notamment estimé
que la demande de Djibouti avait "pour unique but de prendre connaissance
de pièces mettant en cause le procureur de la République de
Djibouti". La juge a d’ailleurs délivré en octobre 2006
des mandats d’arrêt contre le procureur et le chef des services secrets
de Djibouti pour une éventuelle "subornation de témoins".


Assassinat

Elisabeth Borrel, la veuve du juge assassiné, a déposé
une plainte avec constitution de partie civile pour des "pressions sur
la justice", visant directement l’ex- porte-parole du Quai d’Orsay, Hervé
Ladsous. L’information judiciaire a été confiée le 2
mars 2006 aux deux juges parisiennes qui ont ordonné la perquisition
de ce jeudi.

Le parquet de Paris avait contesté le bien fondé de cette enquête
devant la chambre de l’instruction, mais l’instance de contrôle lui
a donné tort en octobre, ordonnant la poursuite des investigations.

Le juge Borrel, détaché comme conseiller du ministre djiboutien
de la Justice, avait été retrouvé mort en 1995, le corps
à demi-calciné, au pied d’un ravin. Djibouti a conclu à
un suicide mais l’enquête française privilégie la thèse
d’un assassinat.

18/04/07 (B391) En direct avec Mme Soleil … qui vient de nous rappeler pour nous faire part d’une nouvelle vision ….sur des informations concernant le fameux dictateur de la Corne de l’Afrique et Al Qaïda … (ARDHD)

Nous n’avions pas raccroché notre téléphone
depuis plus de dix minutes, que Mme Soleil nous a rappelé. Elle venait
d’avoir une nouvelle vision plus précise.

Elle venait
de voir dans sa boule de cristal, une note de la DGSE qui parlerait avec précision
des relations entre un dicateur africain de la Corne de l’Afrique et Al Qaïda.
Elle est même certaine que cette note est sortie de la DGSE et que des
copies seraient entre les mains d’opposants djiboutiens, de l’Union européenne
et de la Justice française. Allez savoir !

Par contre, à notre plus grand regret, Mme Soleil n’a pas réussi
à trouver qui était ce dictateur africain sanguinaire de la
Corne de l’Afrique. Rien à faire ! Elle n’arrive pas à l’identifier.
Dommage ! On lui a quand même conseillé de nettoyer sa boule
de cristal ..

18/04/07 (B391) Radio-Trottoir (*). Un lecteur nous écrit à la suite de la publication hier d’un article (lecteur) sur un ancien dirigeant de la Poste qui pourrait être un faux opposant en charge de la récolte d’informations sensibles.

Votre article B-391dans la chronique “Radio-Trottoir”
a suscité de vives réactions parmi les éxilés
djiboutiens en Europe et au Canada. Selon d’anciens fonctionnaires de la Poste
de Djibouti qui sont réfugiés en Europe, nous avons eu confirmation
du double jeu du directeur, B.F.M. qui a trahi non seulement
sa tribu la grande ” F ” mais tout l’Assajog.

La secrétaire du directeur Mme Nima avait été révoquée
sans indemnité, au prétexte qu’elle aurait divulgué des informations
concernant les fax échangés entre le directeur et les membres
de MRD en Belgique et en France selon les agents du SDS qui agissent Europe.
Cette raison n’avait pour objectif que de légitimer la révocation.
Il s’agissait dans les faits de libérer le poste de Secrétaire
pour y installer une fonctionnaire dévouée et surtout doublée d’un agent féminin
du SDS. La pauvre secrétaire révoquée était employée
à la Poste plus de 25 ans.

Cette méthode du double jeu ne date pas d’aujourd’hui.

Par exemple, au milieu des années 1960,
Moumin Bahdon Farah avait été nommé en qualité de Président
du Somali Sporting Club par la DST. Sa mission à l’époque était
d’infiltrer la jeunesse djiboutienne qui était composée de
personnes sensibles à la propagande de Radio Mogadishu et de Radio
Hargeissa.

Moumin était alors un agent de la Poste,
section “MORS”. Il écoutait et décryptait les échanges radio des
bâtiments militaires Somaliens dans la région de Zeila. Il était
aussi le syndicaliste “maison” de la Poste de Djibouti. Comme cela
il a pu tromper tous les travailleurs de la Poste jusqu’en 1977 !

IOG était inspecteur aux RG depuis 1965. Spécialiste des affaires
Éthiopiennes, surtout des ISSAS d’Éthiopie. Il a “avalé”
une centaine de jeunes innocents ISSAS.

En 1974, les RG ont lancé la rumeur selon laquelle IOG avait été
révoqué de ses fonctions pour mieux infiltrer la LPAI. Il est
devenu le garde du corps d’un certain Hassan Gouled Aptidon, son oncle.

En 1977, il prend la direction de la Sécurité
alors que cela aurait du être impossible puisqu’il avait été
révoqué officiellement en 1974 !!!.

Vous mesurez combien la comédie du
double jeu est fréquente à Djibouti. C’est la méthode
traditionnelle de gestion de l’information. Même éculé,
le procédé est encore employé et donnerait encore des résultats
parfois. Mais les Djiboutiens sont devenus prudents !!

Laissez moi vous dire aussi, que selon des rumeurs persistantes, une liste
des “salariés” européens du régime aurait été
établie et qu’elle circulerait parmi la diaspora. On y trouverait, m’a-t-on dit, des
noms d’opposants et de syndicalistes exilés, qui vivraient en Europe
sur les fonds versés mensuellement par nos Ambassades de Paris et de
Bruxelles.

Pourrait-on
y trouver des noms de responsables du MRD ou du FRUD (ou de parents proches),
ce qui serait le comble ? Je n’en sais rien pour le moment, mais ce n’est
pas impossible, car la comédie des faux opposants ou des syndicalistes
exilés en Belgique et en France continuent. Cela pourrait-il expliquer
le manque de combattivité et l’extrême timidité des actions
et prises de position de certains de nos leaders de l’opposition, contre le
régime dictatorial ?

J’appelle
vivement tous les lecteurs qui pourraient avoir une copie de cette liste à
vous la transmettre de toute urgence pour clarifier le rôle de certains de nos compatriotes
et pour éviter d’autres rumeurs qui pourraient avoir un impact négatif
sur des personnes honnêtes (elles !), qui refusent le pain offert cyniquement
par nos Ambassadeurs en Europe.

Heureusement
que vous, à l’ARDHD, vous vous moquez des attaques et des fausses informations
lancées par ces personnes et que vous continuez votre action avec détermination,
honnêteté et surtout de manière désintéressée.
On ne vous remerciera jamais assez.

(*)
Avertissement :
La chronique Radio-Trottoir ne publie que des rumeurs. Souvent elles se vérifient, mais pas toujours. Comme il est pratiquement impossible de les recouper au moment de la publication, nous demandons aux lecteurs de lire les informations de cette rubrique avec
prudence et de pas les considérer comme des faits établis avec
certitude.

18/04/07 (B391) Un grand Bravo à MMe Soleil notre voyante attitrée : encore une fois, ses prédictions se vérifient … Le Monde vient de publier un long article sur une note de la DGSE qui traitait d’Al Qaïda, qui pouvait informer les américains de l’imminence d’un attentat sur New York et qui relatait la réception d’un haut dirigeant d’Al Qaïda par Guelleh !… Aujourd’hui Mme Soleil récidive et nous annonce la publication dans les premiers jours de juin d’une nouvelle information qui devrait faire du bruit autour de la Corne de l’Afrique… (+ extrait “Le MONDE”)

_________________________________
Note de l’ARDHD

Le 23 mars 2007 (B 388-A), nous avions publié un petit article
dans la chronique Radio-Trottoir, dont voici le texte repris exactement :

“De
nombreux rapports pourraient-ils sortir bientôt ?

Madame Soleil y croit. Elle affirme avoir vu la copie d’une note dans Le Monde,
qui montrerait que les Services français ne sont pas nuls. Imaginez
aussi que l’on s’agitte beaucoup, dans les prochaines semaines; autour d’un
commerce de matière fissile transitant par Djibouti et enrichissant
la bande du Parrain local… On est perplexe, mais après tout, Madame
Soleil a peut-être raison : en tout cas l’avenir nous le dira ..”

Trois
semaines après notre publication, un long article dans Le Monde reprend
une note de 328 pages de la DGSE qui informait en particulier, les services
américains de l’imminence d’un attentat sur New York et sur les activités
d’Al Qaïda.

Aujourd’hui, Mme Soleil que nous avons joint par téléphone pour
la féliciter, a tenu à manifester sa satisfaction. Plus encore,
elle nous annonce pour les premiers jours de juin, la publication de nouvelles
informations concernant les relations entre un dictateur africain (*) de la Corne de l’Afrique et Al Qaïda.

Bien sur,
ce n’est que de la fiction, mais comme Mme Soleil nous a habitué à voir l’avenir,
on peut lui confier un certain crédit. L’avenir le dira bien sur. Mais si
c’était le cas, le pauvre dictateur en question devrait être bien embarassé.
Il va certainement prendre ses précautions … pour éviter la fureur US …

___________________________________________ Extrait Le Monde Archives

11 septembre 2001 : les Français en
savaient long

C’est une impressionnante masse de documents. De loin, on croirait une thèse
universitaire. De près, rien à voir. Des coups de tampons rouges “confidentiel-défense”
et “usage strictement national” sur chacune des pages. En haut à gauche, un
logo bleu roi : celui de la DGSE, la Direction générale des services extérieurs,
les services secrets français. Au total, 328 pages classifiées. Notes, rapports,
synthèses, cartes, graphiques, organigrammes, photos satellite. Le tout exclusivement
consacré à Al-Qaida, ses chefs, sous-chefs, planques et camps d’entraînement.
A ses soutiens financiers aussi. Rien de moins que l’essentiel des rapports
de la DGSE rédigés entre juillet 2000 et octobre 2001. Une véritable encyclopédie.

Au terme de plusieurs mois d’enquête sur cette documentation très spéciale,
nous prenons contact avec le quartier général de la DGSE. Et le 3 avril, l’actuel
chef de cabinet, Emmanuel Renoult, nous reçoit sur place, dans l’enceinte
de la caserne des Tourelles à Paris. Après avoir parcouru les 328 pages que
nous posons sur son bureau, il ne peut s’empêcher de déplorer une telle fuite,
tout en nous laissant entendre que ce paquet représente la quasi-intégralité
des productions de la DGSE sur le sujet pour cette période cruciale. En revanche,
sur le fond, impossible de lui soutirer le moindre commentaire.

Trop sensible.

Il est vrai que ces chroniques des services secrets sur Al-Qaida, avec leurs
diverses révélations, soulèvent quantité de questions. Et d’abord une surprise
: le nombre élevé de notes uniquement consacrées aux menaces d’Al-Qaida contre
les Etats-Unis, des mois avant les attaques suicides de New York et de Washington.
Neuf rapports entiers sur le sujet entre septembre 2000 et août 2001. Dont
une note de synthèse de cinq pages, intitulée”Projet de détournement d’avion
par des islamistes radicaux” , et marquée d’une date… 5 janvier 2001 ! Huit
mois avant le 11-Septembre, la DGSE y rapporte les discussions tactiques menées
depuis le début de l’année 2000 entre Oussama Ben Laden et ses alliés talibans,
au sujet d’une opération de détournement d’avions de ligne américains.

Pierre-Antoine Lorenzi, chef de cabinet du patron de la DGSE jusqu’en août
2001, aujourd’hui président d’une société spécialisée dans les stratégies
de crise et d’influence (Serenus Conseil), parcourt devant nous ces 328 pages
et tombe en arrêt, lui aussi, sur cette note. Il hésite, prend le temps de
la lire et admet : “Je me souviens de celle-là.” “Il faut se rappeler, précise
M. Lorenzi, que jusqu’en 2001, le détournement d’avion n’a pas la même signification
qu’après le 11-Septembre. A l’époque, cela implique de forcer un appareil
à se poser sur un aéroport pour mener des négociations. On est habitué à gérer
ça.” Mise en perspective utile pour comprendre pourquoi cette alerte du 5
janvier n’a provoqué aucune réaction chez ses destinataires : les piliers
du pouvoir exécutif.

Dès janvier 2001, la direction d’Al-Qaida se montre néanmoins transparente
aux yeux – et aux oreilles – des espions français. Les rédacteurs détaillent
même les désaccords entre terroristes sur les modalités pratiques du détournement
envisagé. Jamais ils ne doutent de leur intention. Provisoirement, les djihadistes
privilégient la capture d’un avion entre Francfort et les Etats-Unis.

Ils établissent une liste de sept compagnies possibles. Deux seront finalement
choisies par les pirates du 11-Septembre : American Airlines et United Airlines
(voir fac-similé). Dans son introduction, l’auteur de la note annonce : “Selon
les services ouzbeks de renseignement, le projet d’un détournement d’avion
semble avoir été discuté en début d’année 2000 lors d’une réunion à Kaboul
entre des représentants de l’organisation d’Oussama Ben Laden…”

Des espions ouzbeks renseignent donc les agents français. A l’époque, l’opposition
des fondamentalistes musulmans au régime pro-américain de Tachkent s’est fédérée
dans le Mouvement islamique d’Ouzbékistan, le MIO. Une faction militaire de
ce parti, emmenée par un certain Taher Youdachev, a rejoint les camps d’Afghanistan
et prêté allégeance à Oussama Ben Laden, lui promettant d’exporter son djihad
en Asie centrale. Des livrets militaires et des correspondances du MIO, trouvés
dans des camps afghans d’Al-Qaida, en attestent.

Alain Chouet a gardé en mémoire cet épisode. Il a dirigé jusqu’en octobre
2002 le Service de renseignement de sécurité, la subdivision de la DGSE chargée
de suivre les mouvements terroristes. Selon lui, la crédibilité du canal ouzbek
trouve son origine dans les alliances passées par le général Rachid Dostom,
l’un des principaux chefs de guerre afghans, d’ethnie ouzbek lui aussi, et
qui combat alors les talibans. Pour plaire à ses protecteurs des services
de sécurité de l’Ouzbékistan voisin, Dostom a infiltré certains de ses hommes
au sein du MIO, jusque dans les structures de commandement des camps d’Al-Qaida.
C’est ainsi qu’il renseigne ses amis de Tachkent, en sachant que ses informations
cheminent ensuite vers Washington, Londres ou Paris.

La formulation de la note française de janvier 2001 indique clairement que
d’autres sources corroborent ces renseignements sur les plans d’Al-Qaida.
Selon un dispositif bien huilé en Afghanistan, la DGSE ne se contente pas
d’échanges avec des services secrets amis. Pour percer les secrets des camps,
d’une part elle manipule et “retourne” des jeunes candidats au djihad originaires
des banlieues des grandes villes d’Europe. D’autre part, elle envoie des hommes
du service action auprès de l’Alliance du Nord du commandant Massoud. Sans
compter les interceptions des téléphones satellitaires.

Un proche de Pierre Brochand, l’actuel patron de la DGSE, nous a assuré que
le service disposait d’une “cellule Oussama Ben Laden” depuis au moins 1995.

L’alerte du 5 janvier s’appuie donc sur un système éprouvé. Alain Chouet,
après nous avoir demandé de préciser qu’il ne s’exprimait pas au nom des institutions
françaises, reste laconique mais clair : “Il est rare qu’on transmette un
papier sans recouper.” D’autant que ledit papier suit et précède de multiples
rapports de la DGSE étayant la crédibilité des incantations guerrières d’Oussama
Ben Laden.

Dans sa note, la DGSE estime enfin que la volonté d’Al-Qaida de concrétiser
son acte de piraterie contre un appareil américain ne laisse aucun doute :
“Au mois d’octobre 2000, Oussama Ben Laden a assisté à une réunion en Afghanistan
au cours de laquelle la décision de principe de mener cette opération a été
maintenue.” Nous sommes le 5 janvier 2001, les dés sont jetés, les Français
le savent… Et ils ne sont pas les seuls.

Comme toutes les informations évoquant des risques contre des intérêts américains,
la note a été transmise à la CIA par le service des relations extérieures
de la DGSE, responsable des coopérations entre alliés (renommé depuis service
des liaisons). Son premier destinataire est le chef de poste de la CIA à Paris,
Bill Murray, un francophone au physique de John Wayne, rentré depuis aux États-Unis.

Nous avons pu établir le contact, mais M. Murray n’a pas souhaité donner suite
à nos demandes. Pierre-Antoine Lorenzi, dont les responsabilités à la DGSE
couvraient alors les questions relatives à la coopération avec les agences
étrangères, ne conçoit pas que ces renseignements-là ne lui aient pas été
remis : “Ça, typiquement, c’est le genre d’information qui est transmise à
la CIA. Ce serait même une faute de ne pas l’avoir fait.”

De l’autre côté de l’Atlantique, deux anciens agents de la CIA spécialistes
d’Al-Qaida, que nous avons sollicités, ne se souviennent pas d’alertes particulières
envoyées par la DGSE. Ni Gary Berntsen, rattaché à la direction des opérations
de l’agence de 1982 à 2005, ni Michael Scheuer, ancien responsable de l’unité
Ben Laden au siège de la CIA, n’ont gardé en mémoire des informations spécifiques
en provenance de la DGSE.

A Washington, la commission d’enquête du Congrès sur le 11-Septembre, dans
son rapport final publié en juillet 2004, a mis l’accent sur l’incapacité
du FBI, de la CIA ou des services d’immigration d’agréger des données éparses
visant certains membres des commandos du 11-Septembre. A aucun moment la commission
n’a évoqué la possibilité que la CIA aurait répercuté au pouvoir politique,
dès janvier 2001, des renseignements émanant des services français sur le
choix tactique d’Oussama Ben Laden d’organiser des détournements d’avions
américains.

Au-delà, le plus confondant, à la lecture des 328 pages de la DGSE, tient
peut-être dans la juxtaposition entre les notes qui alertent sur des menaces
– comme celle de janvier 2001 – et celles qui décrivent très tôt, et avec
minutie, le fonctionnement de l’organisation. Dès le 24 juillet 2000, avec
la rédaction d’un rapport de treize pages intitulé”Les réseaux d’Oussama Ben
Laden”, l’essentiel se révèle consigné noir sur jaune pâle, la couleur des
originaux de la DGSE.

Le contexte, les détails anecdotiques et tous les aspects stratégiques relatifs
à Al-Qaida y figurent déjà. Bien souvent, les documents ultérieurs se contentent
de les préciser. Ainsi, l’hypothèse de la mort de Ben Laden – qui a connu
un certain succès en septembre 2006 – prend, dans cette note du 24 juillet
2000, les intonations d’un refrain connu, mais néanmoins fondé : “L’ex-Saoudien,
qui vit depuis plusieurs années dans des conditions précaires, se déplaçant
sans cesse, de camp en camp, souffre également de problèmes rénaux et dorsaux.
(…)

Des rumeurs récurrentes font état de sa mort prochaine, mais il ne paraît
pas avoir, jusqu’à présent, changé ses habitudes de vie.”

Sur un cliché aérien du 28 août 2000, les agents de la DGSE localisent un
homme-clé, très proche d’Oussama Ben Laden. Son nom : Abou Khabab. Cet artificier
d’origine égyptienne, connu pour avoir enseigné la science des explosifs artisanaux
à des générations de djihadistes, constitue une cible en théorie prioritaire.
Dans deux notices biographiques sur ce personnage, du 25 octobre 2000 et du
9 janvier 2001, la DGSE énumère les renseignements échangés avec le Mossad
israélien, la CIA et les services de sécurité égyptiens à son sujet. On n’ignore
rien de son parcours et de ses déplacements.

C’est également le cas d’Omar Chabani, l’émir chargé d’encadrer tous les militants
algériens venus en Afghanistan, selon la DGSE. Grâce à lui, au cours de l’année
2001, Al-Qaida a mis des infrastructures à la disposition du Groupe salafiste
pour la prédication et le combat (GSPC), le mouvement terroriste algérien
dont le chef historique Hassan Hattab, ex-allié de Ben Laden, a souscrit en
2006 à la politique de réconciliation nationale du président algérien Abdelaziz
Bouteflika – ce qui avait provoqué l’ire des jeunes générations du GSPC. Celles-ci
ont repris depuis le mois d’octobre la lutte armée délaissée par leurs aînés,
en se réclamant d’un nouveau GSPC – renommé Al-Qaida pour le Maghreb islamique
– qui semble être responsable des attentats du 11 avril à Alger.

En marge des aspects opérationnels sur le fonctionnement d’Al-Qaida, ces documents
de la DGSE proposent un autre regard sur les relais politiques de son chef.

Un
exemple : dans une note du 15 février 2001 consacrée en partie aux risques
d’attentats contre la base militaire française de Djibouti, les auteurs relèvent
la présence dans le pays du représentant d’Oussama Ben Laden pour la Corne
de l’Afrique, Nidal Abdel Hay al Mahainy.

L’homme,
arrivé sur place le 26 mai 2000 est-il précisé, a, ni plus ni moins, “rencontré
le président de la République djiboutienne”
.

Mais c’est surtout l’Arabie saoudite qui apparaît comme une préoccupation
constante à propos des sympathies extérieures à l’Afghanistan dont profite
Oussama Ben Laden. Les rapports de la DGSE explorent ses relations avec des
hommes d’affaires et diverses organisations de ce pays. Certaines personnalités
saoudiennes ont proclamé leur hostilité à Al-Qaida, mais, manifestement, elles
n’ont pas convaincu tout le monde. Pierre-Antoine Lorenzi se souvient bien
de l’état d’esprit des responsables du renseignement français :

“La DGSE a eu beaucoup de mal à considérer définitivement qu’il n’avait plus
de relation avec la monarchie saoudienne, parce qu’il était en rupture de
ban. C’était difficile à admettre.”

La note du 24 juillet 2000 mentionne un virement de 4,5 millions de
dollars au profit du chef d’Al-Qaida par l’International Islamic Relief Organisation
(IIRO), une structure directement placée sous la tutelle de la Muslim World
League, elle-même considérée comme l’instrument politique des oulémas saoudiens.


Il faudra attendre pourtant le 3 août 2006 pour que des bureaux de l’IIRO
figurent sur la liste officielle des organisations de financement du terrorisme
du département américain du Trésor. Au cours de ce mois de juillet 2000, deux
ans après les attentats de Nairobi et Dar-es-Salam, les auteurs de ce mémo
doutent de la sincérité des positions affichées par la famille Ben Laden elle-même
: “Il semble de plus en plus probable qu’Oussama Ben Laden ait gardé des contacts
avec certains membres de sa famille, bien que celle-ci, qui dirige l’un des
plus importants groupes de travaux publics dans le monde, l’ait officiellement
renié.

L’un de ses frères jouerait un rôle d’intermédiaire dans ses contacts professionnels
ou le suivi de ses affaires.” Selon M. Lorenzi, c’est la récurrence de ces
doutes, et plus spécifiquement l’ambivalence de l’IIRO, qui conduiront la
DGSE à se mobiliser avec le Quai d’Orsay, en 1999, quand la diplomatie française
proposera aux Nations unies une convention internationale contre le financement
du terrorisme.

Une autre note des services secrets français, datée du 13 septembre 2001,
et intitulée “Eléments sur les ressources financières d’Oussama Ben Laden”,
réitère ces soupçons à l’encontre du Saudi Ben Laden Group, l’empire familial.

Elle présente aussi un puissant banquier, autrefois proche de la famille royale,
comme l’architecte historique d’un dispositif bancaire qui “semble avoir été
utilisé pour transférer au terroriste des fonds provenant des pays du Golfe”.
Une annexe de cette note du 13 septembre 2001 répertorie les actifs a priori
sous le contrôle direct d’Oussama Ben Laden. Surprise, au milieu de structures
connues que le”Cheikh” a dirigées au Soudan, au Yémen, en Malaisie et en Bosnie
figure encore, en 2001, un hôtel situé à La Mecque, en Arabie saoudite.

Alain Chouet exprime un réel scepticisme sur la volonté des autorités
de Riyad d’appréhender Oussama Ben Laden avant le 11-Septembre : “Sa déchéance
de la nationalité saoudienne est une pantalonnade (…)
A ma connaissance,
personne n’a mis quoi que ce soit en œuvre pour le capturer entre 1998 et
2001.” En témoigne cette note du 2 octobre 2001 – “Le départ du prince Turki
al-Fayçal, chef des services de renseignement saoudiens : une éviction politique”
– qui révèle les dessous de ce spectaculaire limogeage juste avant le 11-Septembre.
Les auteurs soulignent “les limites de l’influence saoudienne en Afghanistan
(…) Lors de récents voyages à Kandahar du prince Turki, il n’avait pas réussi
à convaincre ses interlocuteurs d’extrader Oussama Ben Laden.”

Et six ans plus tard ?

Dans un ample rapport de la DGSE que nous avons pu consulter, intitulé “Arabie
saoudite, un royaume en péril ?” et daté du 6 juin 2005, les agents français
dressent un bilan plus positif des initiatives du régime saoudien contre Al-Qaida.
Certains paragraphes trahissent toutefois des craintes persistantes.

Les services secrets français redoutent toujours les penchants pour
la guerre sainte de quelques docteurs de la foi saoudiens.

Guillaume
Dasquié

(*)
Cherchez bien. Après tout le nombre de candidats potentiels est relativement
limité …