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25/01/2015 (Brève 446) Ce samedi 24 janvier : conférence de presse de l’USN à Paris pour expliquer le contenu de l’accord-cadre du 30 décembre, les espoirs qu’il suscite, mais aussi les risques et les enjeux pour l’opposition (Ce lundi, les vidéos intégrales des interventions seront disponibles)

A la tribune de gauche à droite : Isabelle Hirayama, représentant le comité de soutien de Paris de l’USN, dont la présidente Zarah Guedi n’avait pu venir, Hachim Loïta Ahmed, représentant de l’UDJ, Maki Houmedgaba, représentant de l’USN pour la France et de l’ARD pour l’Europe et Makaila N’Guebla, journaliste tchadien, en charge de la modération. Ils ont été rejoints ensuite par Elmi Diraneh, représentant le RADD en France.

L’équipe de l’ARDHD avait été invitée à assister à la conférence de presse organisée par l’USN à Paris le 24 janvier, à propos de l’accord-cadre signé le 30 décembre 2014 entre le premier Ministre djiboutien Abdoulkader Kamil Mohamed et le Président de l’USN Ahmed Youssouf Houmed.

Après un bref rappel de la situation à Djibouti, Maki Houmedgaba a présenté les grandes lignes de l’accord-cadre.

En simplifiant à l’extrême, cet accord contient trois types de disposition :

  • Dispositions applicables dès la signature, en particulier :
    • Libération des trois religieux,
    • Rétablissement dans tous leurs droits, des personnes injustement spoliées,
    • Intégration des huit députés de l’opposition au sein de l’Assemblée nationale avec paiement rétroactif de leurs indemnités,
    • Engagement des deux parties à veiller sur l’exercice de l’ordre constitutionnel
    • Réformes démocratiques et institutionnelles immédiates (sans détail)
  • Dispositions à discuter entre un nombre équivalent de représentant de la majorité présidentielle et de l’opposition, dans un délai de quelques semaines, en particulier :
    • Création d’une CENI indépendante,
    • Statut de l’opposition
  • Réformes à mettre en oeuvre dans un délai raisonnable, par exemple :
    • Réforme de la Loi sur la communication de 1992,
    • Renforcement de la décentralisation,
    • Garantie du respect des Droits de l’Homme,
    • Conditions de l’octroi de la nationalité.

Parmi les points qui ont été évoqués par les orateurs et ceux qui ont été soulevés par les personnalités présentes :

1°) Le contexte actuel.
Les orateurs ont beaucoup insisité sur le fait que cette démarche de négociation avec le pouvoir, avait permis de retrouver un climat apaisé et de diminuer les tensions. Isabelle Hirayama a insisté sur la nécessité de :
– permettre aux dirigeants actuels de ne pas perdre la face,
– de promouvoir l’unité nationale à tous les niveaux : patis d’opposition et surtout la population, qui est garante du respect des accords en vue de faire progresser l’évolution démocratique.

2° Les enjeux et l’espoir.
Pour tous les orateurs, la signature de cet accord représente une avancée et permet d’entrevoir une ouverture démocratique progressive. Ils estiment que tous les djiboutiens doivent soutenir cette étape

3°) Les risques
Par le passé, le régime n’a jamais respecté les accords passés avec l’opposition. Il y a donc un risque non négligeable qu’il ne respecte pas ceux-ci. Pour cela, l’opposition doit pouvoir compter sur des moyens de résistance, qui sont de deux ordres :
– le retrait des députés de l’opposition de l’Assemblée nationale et l’alerte des puissances occidentales,
– la pression populaire dans la rue.

4°) L’avenir
Comme l’a souligné Alex, le chemin sera long. Pour lui, hors les difficultés avec le régime, il est nécessaire que l’opposition travaille sur son programme et qu’elle se choisisse le plus rapidement possible, un candidat unique qui la représentera et qui briguera l’investiture en 2016

Maki Houmedgaba a souligné qu’il y avait eu des légers retards dans l’application des mesures décidées. L’USN communiquera vers le 15 février sur l’état d’avancement des négociations

Hachim Loita a souligné le fait, que dans l’état actuel de la Consitution amendée avant la dernière élection présidentielle, IOG était légitime à se représenter en 2016, avec le soutien de sa famille, de son clan et de ses obligés qui ont tout intérêt à ce qu’il continue à assurer la Présidence.

09/05/08 (B446-B) Casafree avec Xinhua : Somalie : Un groupe islamiste menace d’attaquer les Américains

Un groupe islamiste a menacé d’attaquer les citoyens américains en Somalie, même s’il s’agit d’employés humanitaires ou de journalistes.

L’armée américaine a mené la semaine dernière un raid aérien en Somalie, au cours duquel un dirigeant des insurgés, Aden Hashi Ayro, a été tué et des dizaines d’autres personnes blessées, dont des civils.

"Nous allons attaquer tous les Américains sans tenir compte de qui ils sont, car le gouvernement américain tue notre population", a déclaré Chiekh Mukhtar Robow, un porte-parole du mouvement islamiste Al-Shabaab.

Selon M. Robozw, son groupe vengera la mort du dirigeant militaire du mouvement, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis. M. Ayro figurait sur la liste des personnes les plus recherchées établie par les Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont lancé quatre raids aériens en Somalie depuis 2007 quand les forces éthiopio-somaliennes pourchassaient les militants d’un mouvement islamiste contrôlant le sud et le centre de la Somalie depuis la mi-2006.

Le mouvement a été accusé par les Etats-Unis d’avoir abrité les militants d’Al-Qaïda après l’attentat contre l’ambassade des Etats- Unis à Nairobi, une accusation catégoriquement rejetée par le mouvement.

Les militants du groupe ont lancé des attaques de guérilla contre les forces éthiopio-somaliennes depuis janvier 2007 et ont temporairement pris plusieurs villes ou villages situés dans le sud et le centre de la Somalie.

La Somalie est privée de gouvernement central depuis le renversement de Mohamed Siyad Barre en 1991.

09/05/08 (B446-B) Communiqué de l’UDT du 6 mai sur la dégradation de la situation et pour dénoncer les tentatives de déstabilisation et le non-respect des accords.

COMMUNIQUE DE PRESSE

La situation syndicale se dégrade de plus en plus à Djibouti compte tenu des ingérences intolérables de certains milieux du pouvoir public dans les affaires syndicales.

L’accord intervenu grâce aux bons offices de la mission de Contact Direct du BIT en janvier 2008 entre syndicats et gouvernement représenté par le ministère de l’Emploi semble être renvoyé aux calendes grecques. Pourtant lors de ces négociations aussi bien les représentants des syndicats que ceux de la Mission de Contact, ont beaucoup apprécié la volonté affichée du pouvoir public à vouloir trouver des solutions viables.

Cependant, aucune amorce de procédure n’a jusqu’à présent été entamé dans le sens de la normalisation syndicale malgré l’engagement alors pris au plus haut du gouvernement notamment au niveau de la primature en vue de réintégrer,entre autres, les dirigeants et les militants syndicaux licenciés à partir de 1995 avec tous les droits pertinents (notamment avec paiement des cotisations sociales et arriérés de salaires).

Pire, une tentative de déstabilisation délibérée du mouvement syndical et en particulier de l’UDT a été initié par le pouvoir public avec le concours de l’ancien président Mohamed Youssoui du clone de l’UDT de juillet 99 mort né. Ce dernier que nous avons pourtant réhabilité à notre Congrès de 2002, vient de reprendre service auprès des pouvoirs publics pour entamer une nouvelle tentative de clonage de l’UDT.

Une fois encore il est question d’écarter de l’UDT les dirigeants légaux et légitimes pour en substituer comme en juillet 99 des pseudos syndicalistes ne disposant d’aucune légitimité sinon qu’ils ont été mandatés à cet effet par le pouvoir.

Et ce dans le but non avoué de contourner en priorité l’accord dernièrement intervenu et dont nous réclamons l’application stricte et honnête d’une part et de l’autre de mettre au pas un syndicalisme libre et indépendant qui refuse jusqu’à présent d’obtempérer aux diktats des pouvoirs publics qui voudraient se l’aliéner définitivement.

Aussi devant cette trahison manifeste de ce «syndicaliste» ne représentant aucune structure syndicale viable sinon qu’il a été coopté à un moment donné de l’histoire de notre mouvement syndical, au sein de la direction de l’UDT, la quasi majorité de la direction de l’UDT et de son Conseil Général ont décidé dans une réunion extraordinaire tenu le 03 mai 2008 de suspendre Mohamed Youssouf jusque là vice président de l’UDT et qui vient de s’autoproclamer pour la circonstance, président de l’UDT, du Comité Exécutif comme d’ailleurs de l’UDT en attendant la tenue du Congrès pour la confirmation définitive de son exclusion.

Pour mémoire, nous rappelons que ces procédés de clonage intervient à chaque fois qu’une mission de contact direct du BIT pense avoir trouvé des solutions satisfaisantes avec les parties concernées comme ça été le cas en juillet 99 après la mission de contact de janvier 98.

Enfin, l’UDT exhorte les pouvoirs publics:

• à cesser d’encourager directement ou indirectement ces genres de manoeuvres de bas étages de toutes les façons vouées à l’échec comme les fois précédentes,

• à respecter ses engagements pris en janvier 2008 par devant la Mission de Contact en appliquant sans restriction l’accord intervenu en vue de la normalisation de la situation syndicale en souffrance depuis plus d’une décennie

• et les invite courtoisement à la table de négociation pour enfin concrétiser l’avènement d’un dialogue social rompu à leur initiative dans un cadre tripartite pour pouvoir restaurer dans le respect réciproque, la confiance mutuelle, l’harmonie et la concorde entre partenaires sociaux dans l’intérêt général de notre nation.


09/05/08 (B446-B) Flash Info : les rafles des commerçants se poursuivent ..

Je tiens à vous confirmer que c’est la deuxième semaine où se produisent des rafles et de violentes arrestations de vendeurs de légumes à
la criée. Chaque jour la Police intervient d’abord pour les menacer et les harceler puis pour les arrêter au motif de l’inflation des prix.

Depuis quinze jour, lors de chaque arivage de légumes en provenance d’Ethiopie, Ali l’Américain, le mal élu local, de retour après un stage effectué aux abattoirs américains de Chicago, s’exprime à la Télé.


09/05/08 (B446-B) LE MONDE : Crise Djibouti/Erythrée: “une situation compliquée” selon Omar Guelleh

Le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh juge “compliquée” la crise frontalière entre son pays et l’Erythrée voisine, affirmant que “les deux armées se font face”, selon un communiqué de la présidence transmis vendredi à l’AFP à Addis Abeba.

“Il y a une action inamicale qui nous pose des problèmes réels car celle-ci constitue une violation flagrante de notre intégrité territoriale, de nos frontières”, a estimé le président dans le communiqué.


Caricature de Roger Picon pour l’ARDHD
“Nous sommes dans une situation assez compliquée parce que les deux armées se retrouvent face à face. Nous constatons quand même qu’il n’y a pas eu jusqu’ici une volonté de mener une guerre contre nous de la part de nos voisins”.

Il rappelle que les autorités djiboutiennes ont “constaté des travaux importants qui ont été effectués, nous avons discuté avec le président érythréen (Issayas Afeworki) qui semble ne pas comprendre que son armée se trouve sur notre territoire”.

“Les faits sont là et nous avons demandé l’arbitrage des instances régionales et internationales”, a précisé le chef de l’Etat djiboutien, estimant que toutes les revendications de l’Erythrée peuvent être étudiées “par des voies légales”.

“Mais ils viennent, ils s’installent chez nous et ils disent qu’ils sont chez eux. Voilà comment ça s’est passé. Moi je dis qu’ils ne sont pas chez eux”, a-t-il ajouté. Si les voies diplomatiques échouent à résoudre la crise, “nous serons obligés de défendre notre pays et notre souveraineté nationale car c’est ma mission”.

La tension entre l’Erythrée et Djibouti fait suite à une incursion, le 16 avril, de troupes érythréennes en territoire djiboutien. Les deux pays se sont opposés à deux reprises en 1996 et 1999 pour cette zone.

La République de Djibouti a saisi la Ligue Arabe, l’Union africaine (UA) et l’ONU de cet incident, et la Ligue arabe doit envoyer prochainement une mission d’information dans la région de Ras Doumeira (nord), une zone stratégique aux portes de la Mer Rouge, située sur la frontière entre les deux pays.

Asmara a démenti avoir des visées territoriales sur Djibouti et évoque seulement un “malentendu”.

L’UA avait appelé vendredi l’Erythrée et la République de Djibouti à “une retenue maximale” dans cette crise.

L’Erythrée entretient également une grave dispute frontalière avec l’Ethiopie voisine ayant débouché sur une guerre entre 1998-2000 qui a fait au moins 80.000 morts.

09/05/08 (B446-B) Radio-Canada avec AFP et AP : Somalie / Les islamistes multiplient leurs attaques

Les attaques de la guérilla islamistes somaliennes se sont multipliées ces derniers jours, en réaction à l’assassinat, lors d’un raid aérien américain, le 1er mai dernier, d’un des principaux leaders des islamistes.

Ainsi, des insurgés lourdement armés se sont brièvement emparés, jeudi, du siège de la police dans le centre de la capitale, Mogadiscio, avant de s’en retirer quelques heures plus tard.

Selon des témoins de l’attaque, les combats à la mitrailleuse lourde et au lance-grenades ont fait au moins six morts, dont deux civils.

La veille, ce sont au moins 35 personnes, dont une majorité de civils, qui ont trouvé la mort lors des combats qui ont opposé les islamistes à des forces gouvernementales appuyées par l’armée éthiopienne.

Un des dirigeants des islamistes, le cheikh Mukhtar Robow, a soutenu que les forces éthiopiennes ont tué au moins 12 civils somaliens qui se trouvaient sur le site d’une embuscade tendue par les islamistes contre une patrouille éthiopienne, à une centaine de kilomètres de la capitale.

Selon le cheikh Robow, les soldats éthiopiens « ont tranché la gorge de certains nomades », une accusation qui, si elle s’avère, viendrait renforcer les conclusions d’un rapport publié mardi par Amnistie internationale et qui soutient que les troupes éthiopiennes ont exécuté un nombre croissant de personnes à Mogadiscio en les égorgeant.

L’armée éthiopienne occupe militairement la Somalie depuis la fin 2006, date à laquelle elle avait lancé une vaste offensive pour déloger du pouvoir les militants islamistes. Depuis, les troupes du très faible gouvernement central somalien et leurs alliés éthiopiens font face à une vive insurrection islamiste.

La Somalie, pays de la Corne de l’Afrique coincé entre l’Éthiopie et le Kenya, est plongée dans une terrible guerre civile depuis le renversement, en 1991, du dictateur Siad Barré.

09/05/08 (B446-B) Radio-Trottoir : selon des informations encore confidentielles, Guelleh préparerait sa reconversion … (Humour – d’après un lecteur)

Ca sent vraiment “le roussi” pour Guelleh à Djibouti. D’abord il est pris entre deux feux. D’un côté l’Erythrée qui lui a mis “la pression” au plus haut niveau et de l’autre ses mauvaises relations avec la France, pourtant, seule capable de le sortir de ce mauvais pas “militaire” puisque  nos Arméee sont incapables de défendre le territoire.

Quand je dis “entre deux feux”, c’est vrai. Pour le moment, la France n’a pas bougé d’un seul centimètre pour nous défendre. Guelleh ne le lui a pas demandé, c’est vrai. Et pourquoi ?

L’affaire Borrel bien sur ! En protégeant contre vents et marées, ses deux employés Hassan Saïd et Djama Souleiman, qui ont commis sous ses ordres des délits en Europe, il s’est éloigné de la France. En hurlant contre la France dans “Jeune Afrique”, que Djibouti n’avait plus besoin de la France, il s’en est éloigné encore davantage …

Certes il a essayé de rattraper le coup mardi, lors de la conférence de presse en affirmant sans rire que le journaliste n’avait pris que la moitié de sa phrase … Son nez s’est terriblement allongé sur l’instant !!! Qui aurait pu le croire ? Le journaliste de Jeune Afrique n’est pas venu à Djibouti, à mon avis et l’interview a été réalisée par échange de questions-réponses, avec acceptation préalable, par l’Escale de la version finale … Une moitié de phrase n’aurait pas pu avoir été oubliée !!!

Mais revenons à Guelleh .. A part ces deux affaires, il y en a d’autres : la flambée des prix, l’inflation galopante, la contestation populaire qui enfle, qui enfle, la découverte des fortunes accumulées par ses Généraux au détriment du bon fonctionnement de l’Armée nationale, les menaces déjouées contre les témoins de Belgique, qui accréditent sa responsabilité dans le meurtre du Juge, etc….

Donc Paulette lui aurait conseillé de penser à sa reconversion.

Retraite tranquille et dorée à Dubaï dans son Palais sur l’île des milliardaires, petits week end prolongés en Afrique du Sud, courts séjours à Paris. Une fin de vie heureuse et calme. Mais …

Guelleh est un homme d’action. Sans occupation, il est impossible à vivre et Paulette lui a cherché des occupations correspondant à son savoir-faire. Après moult recherches, elle lui aurait proposé de prendre des parts dans une société de piraterie établie dans les Emirats et ayant ses activités principales dans le Golfe d’Aden … Eh bien, il aurait accepté et investi déjà un premier versement.

Afin de savoir si le métier lui convenait vraiment, il aurait même effectué un premier test en grandeur nature, à bord de l’une de ces barques de pirates. Pour couronner le tout, il se serait fait faire sur mesure l’uniforme de l’emploi. Nos correspondants ont pu le photographier lors d’un essayage chez son tailleur.


Roger Picon – Humour

Ca lui va bien ? N’est-ce pas ! Guelleh a toujours été un pirate. Guelleh restera un pirate. Il a écumé Djibouti. Il écumera les mers maintenant ! Nous, on en sera enfin débarassé !! Mais je plains les malheureux marins qui tomberont dans ses pattes. Les torturés de Djibouti en savent quelque chose !

08/05/08 (B446-B) A l’approche du 15ème anniversaire de l’exil pour les réfugiés djiboutiens, un lecteur nous envoie un article sur leur histoire et sur la situation actuelle de ces dizaines de milliers de familles qui ont été sacrifiées par Goueld puis par Guelleh au nom de leur orgueil et de leurs intérêts personnels. (Lecteur)

A l’occasion du 15ème anniversaire de l’installation des réfugiés djiboutiens sur le sol éthioipien (09 juillet 1993), il me semble important de retracer l’histoire de ces réfugiés, à la fois pour les jeunes générations, mais aussi parce qu’ils sont en grande précarité, en danger et en difficulté.

Lors de l’offensive générale des mercenaires à la solde du gouvernement djiboutien, dans le nord sud et le sud-ouest de la République au mois de juillet 93, plus de 100.000 combattants ont choisi l’exil vers l’Ethiopie et l’Erythrée pour fuir les exactions commises par les hordes enrôlées par Gouled et ses sbires.

Ces barbares venus d’Ethiopie et de Somalie n’avaient qu’un seul objectif : humilier et exterminer, sans crainte de sanction, les populations civiles locales. Les cas d’exécutions massives, de viols, de destruction de cheptels et de puits, de mise à sac de villages, de dispensaires et d’écoles se sont multipliés dramatiquement. Des preuves existent encore : photos, fosses communes, tombes, etc…

Le plus terrible est que ces hordes ont pu agir avec la complicité d’Ougoureh Kifleh, ex responsable important du FRUD, qui s’était déjà rallié en secret à Gouled et qui s’est comporté ensuite comme un traître.

Conspirateur, il est le principal responsable des défaites du FRUD (Front pour la Restauration, l’Unité et la Démocratie).

Il tient toujours sa récompense : puisqu’il a été nommé Ministre de la Défense et qu’il l’est toujours, bien que les Présidents et les Premiers Ministres aient changé.

Histoire des réfugiés djiboutiens.

Juillet 1993 .
En juillet 1993, plus de 80.000 personnes : femmes, enfants et vieillards se sont installés en Ethiopie, à Eli Daar, Manda et Aysaaita dans la région Afar.

Officiellement, la radio éthiopienne n’a admis qu’un nombre de réfugiés de 18.000, mais ses informations ne s’appuyaient sur aucun recensement. Elles étaient fort éloignées de la réalite.

Environ 40.000 autres réfugiés ont rejoint l’Erythrée et j’évoquerai ensuite leur histoire.

1°) Les réfugiés en Ethiopie

Grâce a la solidarité des Afar qui vivaient dans ces régions et en dépit des maigres moyens dont ils disposaient, les réfugiés djiboutiens ont été accueillis avec humanité.

Ni le HCR ni le Gouvernement éthiopien n’ont pris la mesure de la catastrophe humanitaire. En conséquence, rien n’a été organisé pour eux. Pas de structures d’accueil, pas d’assistance, pas de recensement ni de délivrance de titres de séjour de réfugiés.

Plus tard, certaines familles ont créé un Comité pour solliciter collectivement le statut de réfugiés et pour recevoir une assistance de première nécessité et en particulier une couverture médicale. Seules une vingtaine de familles a pu en profiter.

Vers la fin septembre 1993, le PAM (Programme alimentaire mondial) a débloqué des vivres qui ont transité par l’ARA (Organisme éthiopien pour les réfugiés), mais seule une petite partie a été distribuée aux familles djiboutiennes, en dépit du fait qu’un représentant de l’ARA se trouvait à Ayssaita.

Ces maigres allocations déjà amputées, n’étaient pas encore acquises en totalité !

En effet, le Préfet de la région, le Chef de la police et des officiers exigeaient leur part. Leur menace était de dénoncer les réfugiés qui refusaient de partager comme étant des membres actifs du FRUD afin de pouvoir les emprisonner et les torturer.

1995
une délégation du FRUD (bis) conduite par Ougoureh Kifleh, Ministre djiboutien de la défense, se rend en Ethiopie.

Une délégation, composée de 15 personnes tous anciens reconvertis après traîtrise du FRUD, est venue rendre visite aux refugies djiboutiens, pour leur proposer de rentrer au pays chez eux. Sachant que les mercenaires de Gouled continuaient à harceler les populations du nord, à violer les femmes et à tuer sans aucun scrupule, ils ont refus à l’unanimité les propositons de Kifleh et de sa bande.

1996
les USA ont donné l’asile à 16 familles .
Une centaine de personnes ont été contraintes de fuir la région 2 AFAR, en proie à un harcèlement permanent de la part des autorités régionales : Préfet, Chef de la police, etc.. Elles se sont réfugiées à Addis Abeba et ont tenté de se confondre parmi la population, tout en poursuivant des démarches auprès des institutions internationales, pour faire enfin reconnaître leur statut de réfugié et les droits afférents .

Grâce a l’intervention d’une ONG locale, 16 familles ont été autorisé à émigrer aux USA.

1997
Le Gouvernement éthiopien organise l’extradition des dirigeants réfugiés du FRUD et il les transfère à Djibouti.
En septembre 1997, les dirigeants du FRUD ont été extradés de force vers Djibouti.

Avec eux plus de 40 jeunes dont les noms n’ont pas encore été révélés ont été aussi renvoyés à Djibouti.

Cela a créé la panique et un sentiment d’insécurité chez tous les réfugiés djiboutiens qui vivaient dans la région Afar.

Par précaution, la majorité des refugies se sont éparpillés sur tout le territoire en s’éloignant autant que possible de la Région AFAR où ils étaient en danger. Nombreux ont rejoint Bate, Dessie, Combolcha et Addis Abeba où ils étaient difficiles à localiser.

1998
Trois autres familles obtiennent l’asile aux USA, sept en Nouvelle Zélande.
La même année une vague d’arrestations de plusieurs refugies djiboutiens qui ont pu être libérés ensuite.

Fin 1998
Sur les conseils d’un responsable du HCR, qui leur a confié que l’ARA ferait tout son possible pour empêcher l’enregistrement des réfugiés djiboutiens par son organisation, quinze familles ont tenté de franchir la frontière kenyanne.

Interceptés à la frontière, ils furent emprisonnés pendant un mois avant d’être renvoyés en Ethiopie.

2000
Une parodie de rencesement a été organisée dans la région 2 AFAR. Entre l’information et la date limite, le temps était si court que les milliers de réfugiés éparpillés sur de très grandes surfaces n’ont pas été prévenus ou n’ont pas eu le temps d’arriver.

Officiellement, 13.000 réfugiés djiboutiens ont été rapatriés.

Décembre 2000.
Vingt familles qui avaient opté pour une occupation pacifique des locaux du HCR ont finalement obtenues le statut de réfugiés et les aides correspondantes : un petit pécule mensuel et une assistance médicale.

Mars 2007
Les réfugiés djiboutiens donnent officiellement mandat à Jean-Loup Schaal et à l’ARDHD pour les représenter à l’étranger et pour défendre leurs intérêts.

Mai 2007
Le HCR convoque les réfugiés enregistrés pour leur signifier qu’ils devaient retourner à Djibouti et que la prise en charge se terminait. Le refus de toutes les familles a été catégorique.

Décembre 2007
L’affaire Hasna. Fille d’un réfugié enregistré auprès du HCR, cette gamine de 12 ans avait été enlevée par un jeune éthiopien qui l’a séquestrée et violée pendant 17 jours. Pour qu’il échappe à la Justice, son Oncle, Officier de Police a fait incarcérer la fillette avec les adultes pour un vol à l’étalage. En plus du vol qu’elle n’avait pas commis, l’Officier de Police lui aurait fait avouer (sous la menace ?) qu’elle était plus âgée (majorité pénale), mariée, avec une autre identité et une autre adresse.

L’affaire fortement médiatisée en France et en Europe et la pression du HCR ont finalement contraint les autorités éthiopiennes à la relâcher en Février 2008.

2°) Que sont devenus les refugies qui sont installés en Erythrée ?

La majorité des jeunes a été enrôlée de force dans l’Armée érythréenne.

Certains ont déserté, d’autres sont toujours militaires. Face à cette situation et aux conditions de l’accueil, les femmes et les enfants sont passés en Ethiopie où ils ont contribué à accroître le nombre des réfugiés.

3°) La situation à ce jour.

Les vingt familles inscrites vivent toujours dans la peur :
– peur d’être extradées sans avertissement ni alternative vers Djibouti,
– peur que le HCR ne leur coupe les maigres revenus.

Les milliers de familles non enregistrées attendent et espèrent toujours l’enregistrement auquel elles ont droit et les maigres secours associés.

Chaque famille espère pouvoir quitter l’Ethiopie où elle se sent mal à l’aise et en permanent danger pour pouvoir s’établir de façon pérenne et stable dans un pays d’accueil.

Il semble qu’il y ait quelques ouvertures avec des pays occidentaux, mais les places sont rares ….

Les malheureuses familles, victimes, au fond, de la dictature djiboutienne et de la traîtrise de certains éléments du FRUD, ont été sacrifiées au nom de l’intérêt personnel des dictateurs djiboutiens qui se sont succédés.