Articles

24/07/08 (B457) Le Monde / Josette Sheeran, directrice du Programme alimentaire mondial / “Un désastre alimentaire guette 14 millions de personnes”

Josette Sheeran est, depuis 2007, à la tête du Programme alimentaire mondial (PAM), l’agence des Nations unies chargée de lutter contre la faim dans le monde. Elle intervient dans les situations d’urgence.

Une crise alimentaire majeure frappe nombre de pays en développement. Vous êtes satisfaite de la réponse de la communauté internationale ?
Au moins le dossier est sur la table. Il fait partie de l’agenda international. J’avais lancé un appel en mars et écrit à tous les chefs d’Etat pour les sensibiliser. En moins de trois mois, j’ai récupéré plus d’un milliard de dollars de promesses de financements complémentaires. J’ai vu aussi avec satisfaction qu’au dernier G8 (qui réunit les pays les plus riches de la planète) il y a eu une déclaration sur la sécurité alimentaire. C’est une première. Il faut maintenant que cette mobilisation se poursuive. La situation l’exige. Comme l’a dit à sa façon la présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf : "Ce n’est pas demain que l’on a besoin d’aide ; c’est hier."

Donc, non, je ne suis pas déçue. Nos besoins sont couverts pour les mois à venir. Le défi véritable, ce sera l’année 2009 et les suivantes. Il nous faut mobiliser deux fois plus de moyens financiers. Le budget actuel du PAM est de l’ordre de 2 milliards d’euros. Pour faire face aux besoins et couvrir nos coûts, il doit doubler. La communauté internationale doit en être consciente.

Combien de personnes sont touchées par la crise alimentaire actuelle ?
C’est difficile à dire avec précision. On estime qu’il y a un milliard de personnes qui vivent avec moins de 1 dollar par jour, pour nous le seuil de pauvreté en deçà duquel la survie est problématique.

Or, avec l’envolée des prix alimentaires et de ceux de l’énergie, le pouvoir d’achat que représente un dollar a été d’un coup divisé par deux ! Ces populations sont dans une situation de vulnérabilité extrême. Elles sont les principales victimes de la crise actuelle. Bien sur, dans les pays développés aussi on pâtit de l’envolée des prix, mais des remèdes existent, que les Etats mettent en oeuvre. Dans les pays en développement, il n’y a rien de tout ça. Ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

Comment expliquez-vous la situation actuelle, ces prix agricoles qui grimpent comme jamais ?
C’est ce que j’appelle "la tempête parfaite", autrement dit la conjonction de divers facteurs qui, pris séparément, n’auraient eu qu’un impact limité.

Je pense que tout a commencé il y a trois ou quatre ans, lorsque la consommation de certains produits agricoles de base a dépassé la production à l’échelle mondiale. La sécheresse dans des pays comme l’Australie n’a rien arrangé. Les stocks alimentaires ont commencé à baisser, et pas simplement dans les pays riches. Ça a été la même chose en Ethiopie par exemple. Est venue s’ajouter la hausse des cours du pétrole. A 80 dollars le baril de brut, il devenait intéressant, d’un point de vue économique, de fabriquer des carburants à partir de denrées agricoles. C’était rentable.

Voilà l’enchaînement qui nous a conduits au "tsunami agricole". J’emploie ce terme parce que la crise alimentaire, comme un tsunami, ignore les frontières. Elle frappe tous les pays. Nous sommes confrontés à la première crise alimentaire globale.

Même parmi les pays pauvres, certains sont davantage touchés que d’autres.

C’est exact. Les conditions locales viennent parfois aggraver les choses. On le voit bien dans la Corne de l’Afrique, où un désastre alimentaire guette plus de 14 millions de personnes. Elles doivent affronter des difficultés supplémentaires propres à la région : une succession de mauvaises récoltes, une sécheresse récurrente, une situation politique chaotique comme en Somalie, où d’ailleurs cinq de nos travailleurs ont été tués.

Dans la Corne de l’Afrique on est au bord du désastre. Tous les jours, nos équipes locales scrutent le ciel. S’il pleut d’ici à quinze jours, on peut espérer de bonnes récoltes en fin d’année. Sinon, le pire nous attend.

Vous n’avez pas mentionné la spéculation, parmi les facteurs expliquant la crise.
J’aurais pu. C’est un élément parmi les autres. Mais, comme les économistes de la Banque mondiale, je ne crois pas que la spéculation joue un rôle essentiel.

Vous pensez que les prix vont se maintenir aux niveaux actuels ?
J’espère qu’ils vont se stabiliser. A long terme, je suis convaincue que le monde va trouver une solution. La crise alimentaire des années 1970 a permis à des pays comme le Brésil d’investir avec succès dans la production agricole.

Le même phénomène va se produire. Mais cette fois, c’est l’Afrique qui prendra le relais. Certains pays, je pense à l’Ouganda, à l’Ethiopie, à la Zambie, et à d’autres encore, ont d’immenses possibilités agricoles.

Propos recueillis par Jean-Pierre Tuquoi

24/07/08 (B457) LE VIF.BE avec Belga / Somalie : un cargo japonais et son équipage aux mains des pirates

Des pirates ont intercepté ce dimanche un cargo japonais et son équipage, au large de la Somalie.

Trente-huit pirates lourdement armés ont attaqué un cargo japonais ce dimanche, dans les eaux du golfe d’Aden, au large des côtés somaliennes. Ils ont utilisé des bateaux rapides pour encadrer le bateau.

Le MV Stella Maris, battant pavillon panaméen et transportant une cargaison de plomb et de zinc, compte à son bord un équipage de 21 personnes.

Selon du Centre d’information sur la piraterie, des pirates somaliens ont lancé pas moins de trois attaques dans le golfe d’Aden depuis une semaine. "Nous continuons à conseiller aux bateaux d’exercer une stricte vigilance" en naviguant dans le golfe d’Aden, a ajouté M. Choong, chef du Centre d’information.

Une zone dangereuse

Les eaux côtières de la Somalie, pays de la Corne de l’Afrique ravagé par la guerre civile depuis 17 ans, sont considérées comme les plus périlleuses du monde pour la navigation. En 2007, plus de 25 navires y ont été détournés par des pirates.

En avril dernier, un voilier de croisière de luxe français, le Ponant, a également été intercepté par des pirates somaliens. Ses 32 membres d’équipages, dont 22 Français, ont été retenus en otage à bord de leur bateau durant une semaine. Le président français Nicolas Sarkozy et son gouvernement avaient lancé une vaste opération anti-piratage pour les délivrer, opération qui avait porté ses fruits.

Actuellement, les pirates retiennent toujours deux Allemands en otage. Ils les ont enlevés le 23 juin au large de la côte somalienne, à bord d’un voilier. Les pirates interceptent les bateaux pour obtenir des rançons.

24/07/08 (B457) ONU / Conseil de Sécurité / L’ONU DOIT RESTER EN SOMALIE, AFFIRME LE REPRÉSENTANT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

« Une force internationale de stabilisation mettrait fin au calvaire du peuple somalien », estime le Ministre des affaires étrangères de la Somalie

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, M. Ahmedou Ould-Abdallah, a estimé ce matin devant le Conseil de sécurité que la priorité pour les Nations Unies était de « rester sur place » et de « continuer à permettre la mise en œuvre de l’Accord de Djibouti ».

Si le Conseil de sécurité autorisait le déploiement d’une force internationale de stabilisation, il y aurait de « bonnes raisons de penser que le calvaire du peuple somalien qui dure depuis 17 ans prendra fin », a déclaré pour sa part le Ministre somalien des affaires étrangères et de la coopération internationale.

Pour M. Ali Ahmed Jama Jengeli, une force d’environ 26 000 membres chargée de stabiliser la Somalie, et telle qu’envisagée dans un précédent rapport du Secrétaire général, « n’est peut être pas nécessaire et faisable ». En revanche, « une force bien plus réduite, mandatée et financée par les Nations Unies pourrait faire un bon travail dans des circonstances raisonnables », a-t-il estimé, ajoutant que la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), déjà déployée dans le pays, devrait être « le noyau » de toute future force internationale de stabilisation des Nations Unies ou force de maintien de la paix.

« Le temps est venu pour le Conseil de sécurité de prendre des mesures audacieuses, décisives et rapides », a souligné M. Ould-Abdallah, qui présentait un exposé de la situation politique, sécuritaire et humanitaire en Somalie.

Tout en saluant l’ « excellent travail que la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) a accompli dans des conditions extrêmement difficiles », il a cependant estimé que le Conseil pourrait envisager d’en « changer la casquette » dans l’hypothèse où elle serait en mesure de fournir les capacités nécessaires. Deux autres options consisteraient à déployer une force internationale de stabilisation ou une force de maintien de la paix des Nations Unies.

Le Représentant spécial a proposé que le Conseil de sécurité exprime un « appui public fort » à l’Accord de Djibouti et appelle les États Membres à faciliter sa mise en œuvre rapide. « L’Accord de Djibouti constitue une occasion de marginaliser et peut-être même de mettre un terme à la violence en Somalie », a-t-il affirmé.

L’Accord de Djibouti, signé le 9 juin, prévoit une cessation des hostilités par les deux parties pendant une période initiale de 90 jours, commençant 30 jours après la signature de l’Accord. Il porte également sur une demande conjointe au Conseil de sécurité concernant l’autorisation et le déploiement, dans les quatre mois à venir, d’une force internationale de stabilisation dont les éléments seraient fournis par des pays amis, à l’exclusion des États voisins. Enfin, il engage les deux parties à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer un accès sans entrave au personnel humanitaire.

Le Commissaire pour la paix et à la sécurité de l’Union africaine, M. Ramtame Lamamra, a noté que la mobilisation internationale allait dans le sens voulu par le Gouvernement fédéral de transition et des autres parties prenantes, à savoir « parvenir à la stabilisation du pays par le biais du dialogue et de la réconciliation nationale ».

Il a en outre mis l’accent sur la nécessité de renforcer la composante navale dans la perspective de la mise en place d’une opération de maintien de la paix de l’ONU en Somalie. « Une opération de ce type s’appuyant sur une composante navale solide permettrait de mener une action de paix et de stabilisation au-delà de la capitale Mogadishu, en renforçant les efforts entrepris pour s’assurer du respect de l’embargo sur les armes, de la bonne marche des activités humanitaires et de la protection des ressources maritimes somaliennes », a-t-il expliqué.

« La Somalie demeure un véritable problème pour la communauté internationale mais l’évolution récente de la situation donne des raisons d’espérer », souligne le Secrétaire général dans son rapport*.

« L’Accord de Djibouti marque un pas important sur la voie de la paix et de la stabilité en Somalie. Le principal défi réside maintenant dans sa mise en œuvre », affirme M. Ban Ki-moon, invitant « les deux parties à respecter les dispositions de cet Accord et, en particulier, celles concernant la cessation des hostilités et la facilitation de l’accès humanitaire ».

Le Secrétaire général souligne qu’« il importe que les progrès enregistrés sur le front politique s’accompagnent de plans de mise en place d’un dispositif de sécurité approprié destiné à appuyer la réinstallation de l’ONU en Somalie et le déploiement d’une force de stabilisation internationale ».

________________________________________

LA SITUATION EN SOMALIE
Déclarations

M. AHMEDOU OULD-ABDALLAH, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, a rappelé que lors de son premier exposé devant le Conseil de sécurité, le 17 décembre, il avait proposé trois options pour aborder la crise somalienne. La première était de poursuivre la routine habituelle avec une assistance massive, y compris de l’aide humanitaire, comme nous l’avons fait au cours des 18 précédentes années. Cette approche, qui a permis de sauver des millions de vies et devrait être poursuivie, ne peut néanmoins apporter une paix durable.

La deuxième option serait de se retirer d’un pays où nous n’avons toujours pas fait une grande différence. Dans la troisième option, il proposait une action simultanée sur les fronts politique et sécuritaire.

Le Représentant spécial a souligné que le 9 juin, le Gouvernement fédéral de transition et l’Alliance pour la seconde libération de la Somalie sont arrivés à un accord politique qui a été paraphé par les deux parties. Les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Union africaine, l’Union européenne, la Ligue des États arabes, l’Organisation de la Conférence islamique et l’Organisation des Nations Unies ont été les témoins de cet accord, a-t-il dit. La visite de travail du Conseil de sécurité à Djibouti à l’ouverture des discussions a été, a estimé M. Ould-Abdallah, l’une des contributions les plus importantes à la conclusion réussie de cet accord.

Il a proposé que le Conseil de sécurité exprime un appui public fort à l’Accord de Djibouti et appelle les États Membres à faciliter sa mise en œuvre rapide. L’Accord de Djibouti constitue une occasion de marginaliser et peut-être même de mettre un terme à la violence en Somalie, a-t-il affirmé. La priorité doit être de rester sur place et de continuer à permettre la mise en œuvre de l’Accord de Djibouti, a-t-il ajouté.

M. Ould-Abdallah a également déclaré que la communauté internationale devrait demeurer unie et manifester sa solidarité à l’égard du peuple somalien. Il a estimé que ce serait une erreur très grave de permettre à certains individus de jouer avec l’avenir de la Somalie et de l’ensemble de la corne de l’Afrique. La violence peut aisément se répandre à travers les frontières et constituer une menace pour la paix et la sécurité internationales. La Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) a fait un excellent travail dans des conditions extrêmement difficiles, a-t-il indiqué.

Mais, il convient, à ses yeux, d’envisager de changer la casquette de cette force si cela peut contribuer à apporter les capacités nécessaires. Une autre option serait ainsi de déployer une force internationale de stabilisation, comme l’a indiqué le Secrétaire général dans une lettre adressée le 20 septembre 2007 au Président du Conseil de sécurité. Enfin, comme troisième possibilité crédible, le Conseil de sécurité pourrait établir une force de maintien de la paix des Nations Unies. Le temps est venu pour le Conseil de sécurité de prendre des mesures audacieuses, décisives et rapides, a conclu le Représentant spécial du Secrétaire général.

M. RAMTAME LAMAMRA, Commissaire pour la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), a présenté les derniers développements en ce qui concerne la situation en Somalie. Il a noté que la mobilisation internationale allait dans le sens voulu par le Gouvernement fédéral de transition et des autres parties prenantes, à savoir parvenir à la stabilisation du pays par le biais du dialogue et de la réconciliation nationale. Le Commissaire a évoqué les différents efforts engagés à cette fin, notamment l’Accord de Djibouti conclu le 9 juin 2008 entre le Gouvernement fédéral de transition et l’Alliance pour la seconde libération de la Somalie. Lors du dernier Sommet de l’Union africaine tenu à Charm el-Cheikh, en Égypte, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union a salué les nouvelles perspectives pour une paix durable et la réconciliation en Somalie et appelé au soutien à la mise en œuvre de l’Accord de Djibouti, a ajouté M. Lamamra.

Le Commissaire pour la paix et la sécurité a ensuite rappelé que l’Accord prévoyait la création, sous les auspices de l’Union africaine et des Nations Unies, de deux comités clefs, le Comité mixte de sécurité et le Comité de haut niveau, qui auront pour mandat de consolider le processus politique en cours et d’améliorer la situation du pays au plan de la sécurité. M. Lamamra a estimé que pour que cette disposition soit réalisée et que l’ONU et l’Union africaine participent pleinement au processus de paix, il faudrait que les parties somaliennes s’engagent avec détermination à restaurer la confiance mutuelle en vue de mettre un terme au conflit.

Il a ajouté que la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) userait de tous les moyens dont elle dispose pour aider au rapprochement des parties. À ce sujet, M. Lamamra a déploré que l’AMISOM ne soit pas en mesure, pour l’heure, d’exercer pleinement son mandat, la Mission se heurtant à des manques sérieux sur le plan financier et sur le plan logistique. Selon les estimations des Nations Unies, son budget s’élève à 817 500 dollars. Il est crucial de renforcer la Mission en vue de parvenir à l’objectif international convenu de porter à 8 000 troupes le nombre de Casques bleus déployés sur place, a-t-il dit.

M. Lamamra a réaffirmé que ses visites sur place l’avait conforté dans l’idée qu’il était nécessaire de renforcer la composante navale dans la perspective de la mise en place d’une opération de maintien de la paix de l’ONU en Somalie. « Une opération de ce type s’appuyant sur une composante navale solide permettrait de mener une action de paix et de stabilisation au-delà de la capitale Mogadishu, en renforçant les efforts entrepris pour s’assurer du respect de l’embargo sur les armes, de la bonne marche des activités humanitaires et de la protection des ressources maritimes somaliennes. » Une forte composante navale représenterait aussi une garantie contre les attaques à l’encontre du personnel de l’ONU et une sécurisation des frontières maritimes, a encore ajouté le Commissaire pour la paix et la sécurité de l’Union africaine.

Il a conclu en appelant le Conseil de sécurité à donner aux Nations Unies et à la communauté internationale les moyens de déployer « une mission robuste en Somalie ». C’est un moyen unique, a-t-il estimé, de saisir l’opportunité qui s’offre de restaurer la paix durable et la sécurité dans le pays.

M. ALI AHMED JAMA JENGELI, Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de la Somalie, qui a rappelé que le Conseil de sécurité avait été pour la première fois saisi de la situation en Somalie au début de 1992, a fait état de l’Accord de paix et de réconciliation conclu à Djibouti le 9 juin dernier entre le Gouvernement fédéral de transition et l’Alliance pour la seconde libération de la Somalie. Le Ministre a assuré que tout serait entrepris par le Gouvernement fédéral de transition pour mettre en œuvre les dispositions de cet Accord et a espéré que l’Alliance pour la seconde libération de la Somalie fera de même.

Dans ce contexte, si le Conseil de sécurité autorisait le déploiement d’une force internationale de stabilisation des Nations Unies, il y aurait de bonnes raisons de penser que le calvaire du peuple somalien qui dure depuis 17 ans prendra fin, a-t-il dit. De l’avis du Ministre, une force d’environ 26 000 membres chargée de stabiliser la Somalie, et telle qu’envisagée dans un précédent rapport du Secrétaire général, n’est peut être pas nécessaire et faisable. Une force bien plus réduite, mandatée et financée par les Nations Unies pourrait faire un bon travail dans des circonstances raisonnables, a-t-il estimé, ajoutant que l’AMISOM, déjà déployée en Somalie, devrait être le noyau de toute future force internationale de stabilisation des Nations Unies ou force de maintien de la paix. Le Ministre a souligné que son gouvernement était déterminé à faire tout ce qu’il pouvait pour créer un climat favorable au déploiement et au bon fonctionnement d’une force de stabilisation.

S’agissant de l’aide humanitaire, une assistance considérable est requise pour les mois à venir, a-t-il affirmé. Le Ministre a mis l’accent sur la corrélation étroite entre la sécurité et la réconciliation et les besoins humanitaires. Toute action devra être prioritairement axée à l’avenir sur les plans politique et sécuritaire, a-t-il dit. Le Ministre a par ailleurs exprimé sa tristesse face aux meurtres et enlèvements délibérés commis contre des agents humanitaires qui accomplissent un travail héroïque dans des conditions difficiles. Le Gouvernement et le peuple somaliens sont attachés, en priorité, à poursuivre les auteurs de ces crimes et à les traduire en justice, a-t-il assuré. M. Jama Jengeli a appelé le Conseil de sécurité à régler de manière prioritaire la question de l’impunité pour les crimes commis contre le peuple somalien.

Le Ministre somalien des affaires étrangères a enfin estimé qu’il y avait de bonnes raisons d’être optimiste et positif concernant l’avenir de la Somalie. Beaucoup dépend du peuple et de ses dirigeants, ainsi que de la qualité, de la pertinence et de la quantité de l’assistance du Conseil de sécurité et de la communauté internationale, a-t-il fait remarquer. C’est pourquoi, il a souhaité qu’une force de stabilisation des Nations Unies appropriée reçoive l’appui du Conseil de sécurité au cours de cette réunion.

24/07/08 (B457) REUTERS / Le PAM veut des escortes navales contre les pirates en Somalie (Info lectrice)

Le Programme alimentaire mondial a fait savoir vendredi que les livraisons de vivres à la Somalie se tarissaient parce que de nombreux navires refusaient de se hasarder dans des eaux infestées de pirates et il a demandé aux gouvernements de fournir des escortes.

Peter Goossens, directeur du PAM pour la Somalie, a déclaré que son agence n’avait reçu aucune offre de protection navale depuis juin. "J’ai 80.000 tonnes (de vivres) qui attendent en Afrique du Sud leur transfert d’urgence en Somalie, et jusqu’ici je n’ai pu trouver qu’un seul bateau de 8.000 tonnes prêt à le faire", a-t-il dit lors d’une conférence de presse.

Les affrontements entre le gouvernement provisoire de Somalie et des insurgés islamistes ont provoqué une crise humanitaire de grande ampleur.

Depuis le début 2007, un million au moins de personnes ont été chassées de leur domicile par les violences. La hausse record des prix des produits alimentaires, l’inflation galopante et la sécheresse ne font qu’aggraver les problèmes.

Le PAM livre 90% de son aide alimentaire à la Somalie par mer. Depuis le début de l’année, 24 bateaux ont été attaqués par des pirates au large des côtes, contre 31 attaques pour l’ensemble de l’an dernier.

Goossens a souligné que ces huit derniers mois, les escortes navales fournies par la France, le Danemark et les Pays-Bas avaient protégé avec succès les bateaux affrétés par le PAM.

Le PAM s’attend à ce que, d’ici décembre, le nombre de Somaliens nécessitant une aide alimentaire atteigne 3,5 millions. Il nourrit actuellement un million de personnes par mois, chiffre qui devrait passer à 2,4 millions d’ici la fin de l’année, le solde étant assuré par d’autres ONG. Actuellement, le PAM ne dispose en Somalie que de réserves couvrant les besoins pendant cinq à six semaines.

Tim Large,
version française Nicole Dupont

24/07/08 (B457) AFP – Le juge chargé de l’enquête sur la disparition de Guy-André Kieffer à Abidjan en 2004 a saisi mardi à l’Elysée un dossier sur cette affaire, un “signe fort”, selon la famille du journaliste. (Par Matthieu RABECHAULT et Benjamin SPORTOUCH )(Info lectrice)

Cette visite du juge Patrick Ramaël intervient alors que le magistrat cherche à entendre comme témoin Simone Gbagbo, l’épouse du chef de l’Etat ivoirien.

Cette dernière ne s’est pas déplacée à une convocation le 10 juillet mais le magistrat cherche toujours à l’entendre et envisagerait de se rendre en Côte d’Ivoire pour l’auditionner, selon une source proche du dossier.

Pour le frère du disparu, Bernard Kieffer, le déplacement à l’Elysée est "un signe fort". "Dans la mesure où l’Elysée accepte de jouer le jeu et de remettre le dossier, on ne comprendrait pas que la présidence ivoirienne ne fasse pas de même", a-t-il expliqué.

Le juge et sa greffière se sont présentés mardi en début d’après-midi à la cellule diplomatique de la présidence de la République, au 2 rue de l’Elysée, où ils se sont fait remettre des documents relatifs à la disparition du journaliste franco-canadien le 16 avril 2004 alors qu’il enquêtait sur des malversations en Côte d’Ivoire dans la filière cacao.

Le journaliste aurait été abattu par ses ravisseurs. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Ce déplacement du juge Ramaël est le premier connu d’un juge d’instruction à l’Elysée depuis l’élection de Nicolas Sarkozy.

"Un juge d’instruction s’est présenté hier rue de l’Elysée. Il lui a été remis volontairement un dossier archivé relatif à l’affaire Kieffer", a-t-on indiqué mercredi à l’Elysée, précisant qu’il s’agissait d’un "transport sur les lieux" et non d’une perquisition.

Le dossier remis au magistrat par un conseiller, "après scellés et copies d’usage", concerne des "documents antérieurs" à l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence, a ajouté l’Elysée.

Selon une source proche du dossier, ces documents comprennent de nombreux télégrammes diplomatiques ainsi que des notes des services de renseignement.

Ces dernières, classées secret-défense, ont été mises sous scellés avant une éventuelle déclassification.

Durant les derniers jours de Jacques Chirac à la présidence, les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia avaient vainement tenté le 2 mai 2007 de faire une perquisition à l’Elysée dans le cadre de leur enquête sur d’éventuelles pressions politiques sur la justice dans l’affaire Borrel.

"Cela montre qu’il (le magistrat, ndlr) est en train de secouer le cocotier et qu’il s’intéresse aux informations que pouvaient détenir les autorités françaises", a ajouté Bernard Kieffer, qui est partie civile dans le dossier.

"Si nous, avec internet et un téléphone, pouvons avoir des informations, les services de renseignements, le Quai d’Orsay peuvent aussi en avoir", a-t-il estimé.

La saisie de ce document fait suite à l’audition vendredi comme témoin, révélée par Libération, de l’ancien conseiller pour les affaires africaines du président Chirac, Michel de Bonnecorse.

Les enquêteurs ne soupçonnent pas le couple présidentiel ivoirien d’être impliqué directement dans cette affaire, mais certains cadres du régime liés aux milieux d’affaires, notamment ceux du cacao.

Patrick Ramaël, qualifié de "don Quichotte" par le président Laurent Gbagbo, souhaite également entendre le ministre d’Etat ivoirien du Plan et du Développement, Paul-Antoine Bohoun Bouabré, dont le nom, selon une source proche du dossier, serait lié à des affaires de corruption au sein de la filière café-cacao.

24/07/08 (B457) AFP / La Somalie demande à l’ONU d’envoyer des forces de maintien de la paix (Info lectrice)

Le ministre des Affaires étrangères somalien Ali Ahmed Jama a exhorté mercredi le Conseil de sécurité de l’ONU à autoriser le déploiement de forces de maintien de la paix ou de stabilisation dans son pays en proie à des violences quasi-quotidiennes.

Le ministre somalien a affirmé que de nombreux pays seraient d’accord pour participer à une telle force et qu’il avait été "encouragé" par les entretiens qu’il avait eu avec les représentants de plusieurs d’entre eux.

"Nous demandons au Conseil de sécurité de déployer une force des Nations unies, une force financée par l’ONU, une force sous mandat de l’ONU" pour remplacer les troupes éthiopiennes, a-t-il souligné, après avoir assisté à des consultations du Conseil sur la Somalie.

M. Jama a annoncé espérer que l’accord de cessez-le-feu conclu à Djibouti le 9 juin entre le gouvernement somalien et la coalition de l’opposition dominée par les islamistes, ont l’Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS), serait formellement signé "dans les 3 semaines à venir."

Cet accord, visant à mettre fin à une guerre civile dévastatrice entamée en 1991 et qui prévoit le retrait des forces éthiopiennes de Somalie, devait entrer en vigueur le 9 juillet pour une période initiale de 3 mois renouvelable.

Mais les combats entre insurgés islamistes et troupes éthiopiennes et du gouvernement somalien, quasi-quotidiens depuis plusieurs mois, n’ont pas cessé à Mogadiscio depuis la signature de cette trêve.

Par ailleurs, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Somalie Ahmedou Ould Abdallah, a prévenu que ceux qui ont violé les droits de l’Homme dans ce pays ne pourront se cacher ni éviter d’affronter la justice.

"Il est très important d’aborder le sujet de l’impunité des ceux qui ont tué pendant des années, qui continuent à tuer," a-t-il dit à la presse après avoir assisté à la même réunion du Conseil de sécurité.

23/07/08 (B457) FIDH / Lettre ouverte et communiqué aux Etats membres de la Ligue des Etats arabes et de l’Union Africaine (Info LDDH)

Paris, 18 juillet 2008 – Dans la perspective de la réunion exceptionnelle des ministres des Affaires étrangères de la Ligue des Etats arabes et du Comité de paix et sécurité de l’Union Africaine, suite à la demande du Procureur de la Cour pénale internationale d’émettre un mandat d’arrêt contre le Président al Bashir, le 14 juillet 2008, la FIDH et les organisations signataires de la présente lettre souhaitent attirer votre attention sur les éléments suivants.

Trois ans après que le Conseil de Sécurité a déféré à la Cour pénale internationale (CPI) la situation au Darfur, au motif, conformément au Chapitre VII de la Charte des Nations unies (ONU) que ce conflit constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales, le Procureur de la CPI a soumis le 14 juillet dernier des éléments de preuves visant à démontrer que le Président soudanais, Omar Hassan Ahmad al Bashir doit répondre de 10 chefs d’accusation de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.

Pour la première fois dans l’histoire, une institution judiciaire internationale indépendante a réuni les éléments de preuve visant à prouver la perpétration d’un génocide au Darfour, et sa planification par la plus haute autorité de l’Etat. C’est également la première fois dans l’histoire, que la communauté internationale a l’opportunité d’intervenir alors même qu’un génocide est en train d’être commis.

M. al Bashir est accusé, en sa qualité de Président et Commandant en chef des forces armées du Soudan, d’avoir commandité, planifié et encouragé la perpétration des crimes les plus odieux.

Tout au long de ces cinq dernières années, M. al Bashir a été le President de la République du Soudan, le Commandant en chef des forces armées ainsi que le chef du parti du Congrès national. Il a également conduit le recrutement et l’armement des milices Janjawid depuis le sommet de l’Etat. M. al Bashir a ainsi exercé un contrôle absolu sur les institutions de l’Etat.

Durant ces 5 années, M. al Bashir a nié l’existence de tels crimes. Comme l’a souligné le Procureur de la CPI lors de sa dernière intervention devant le Conseil de sécurité, le déni et la dissimulation de tels crimes, ainsi que le rejet de toute responsabilité attribuée à d’autres, sont des caractéristiques de la planification et de la perpétration de ce ,type de crimes.

Après que la CPI ait délivré, le 27 avril 2007, deux mandats d’arrêt à l’encontre d’Ahmad Harun (ancien ministre de l’intérieur et depuis 2006 ministre des affaires humanitaires), et Ali Kushayb (leader de milice Janjawid) pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, M. al Bashir a promu Harun à la co-présidence du comité chargé d’enquêter sur les violations des droits de l’Homme au Soudan et au centre de l’organisation du déploiement de la Mission conjointe des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (MINUAD). Il a aussi permis la remise en liberté de Kushayb, qui jouit désormais d’une entière liberté au Soudan.

Soutenir l’impunité de M. al Bashir n’apportera donc pas la paix et la stabilité dans ce pays ni dans la région.

Depuis que le Conseil de sécurité a autorisé la mission de la MINUAD, M. al Bashir a systématiquement fait obstacle au déploiement de cette force, qui fonctionne aujourd’hui seulement au tiers de sa capacité opérationnelle.

Il n’a par ailleurs pas participé aux négociations de paix au Darfour, jusqu’à aujourd’hui.

De plus, M. al Bashir et son gouvernement empêchent ou rendent extrêmement difficile l’accès et la protection de la population civile. Les agences humanitaires et les forces de maintien de la paix sont régulièrement la cible d’attaques militaires.

Des crimes massifs et systématiques continuent d’être commis contre les civils, dans les quelques villages qui subsistent au Darfour et dans les camps de déplacés.

Ainsi, l’argument selon lequel l’action de la Cour pourrait saper les efforts de paix au Darfour n’est pas valable.

Avant même l’annonce du Procureur, de tels efforts n’étaient pas vraiment recherchés par les autorités soudanaises, pour des raisons variées, sans lien avec la CPI.

Dénoncer ou remettre en cause aujourd’hui la demande du Procureur pourrait en fait servir d’excuse pour poursuivre l’obstruction à toute aide humanitaire et recherche de la paix.

Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme
International Federation for Human Rights
tel : (331) 43 55 25 18 / fax : (331) 43 55 18 80
17, passage de la main d’or – 75011 Paris – France
E. MAIL : fidh@fidh.org / site INTERNET : http://www.fidh.org
________________________________________

COMMUNIQUE

Le Soudan a refusé de coopérer avec la CPI en dépit de l’obligation juridique absolue qui lui incombe, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité.

Le 16 juin 2008, rappelant sa Résolution 1593 (2005), le Conseil de sécurité a demandé au gouvernement du Soudan et à toutes les autres parties au conflit au Darfour de coopérer pleinement avec la Cour, afin de mettre un terme à l’impunité des crimes.

Il incombe désormais à votre organisation de soutenir réellement les actions du Procureur et la CPI et de continuer à encourager une solution politique et juridique visant à mettre fin à ce conflit.

La communauté internationale, et votre organisation, doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger la population civile au Darfour et la force militaire conjointe déployée sur ce territoire, en vue d’empêcher la perpétration de nouveaux crimes. Il est de votre devoir d’entreprendre des démarches politiques claires susceptibles de promouvoir la sortie de ce conflit qui continue de dévaster le Darfour et a conduit au déplacement forcé de 2 450 000 personnes.
Il y a dix ans, le 17 juillet 1998, vous avez créé la Cour pénale internationale pour “mettre un terme à l’impunité des auteurs de ces crimes et ainsi concourir à la prévention de nouveaux crimes”.

Vous avez ainsi clairement reconnu qu’aucune immunité pour de tels crimes n’est recevable en droit ou en fait. La loi doit s’appliquer à toute personne sans aucune distinction, y compris celle liée à sa qualité officielle.

L’histoire a montré que mettre en cause la responsabilité pénale des hauts responsables politiques peut contribuer efficacement à l’établissement et au renforcement de la paix et de la stabilité. L’émission d’un mandat d’arrêt contre le Président du Libéria Charles Taylor l’a écarté du processus de paix et a facilité l’application à long terme des accords de paix.

Les procès de Charles Taylor et de Slobodan Milosevic, Président de la République fédérale de Yougoslavie, ont clairement contribué à faire la vérité sur les crimes de masse commis dans ces pays et sur leur rôle clé dans la planification et l’exécution de ces crimes, consolidant ainsi la mise en oeuvre d’un processus de paix durable. Les mandats de la CPI contre les hauts dirigeants de l’Armée de résistance du Seigneur en Ouganda ont constitué un facteur décisif dans leur décision de participer aux négociations de paix visant à trouver des solutions politiques et juridiques afin de mettre fin à plus de vingt années de conflit.

Aujourd’hui, selon le Procureur indépendant de la Cour pénale internationale, un génocide impliquant les plus hautes autorités du Soudan est en train d’être commis au Darfour.

Il est de sa responsabilité de poursuivre les crimes les plus graves afin d’empêcher la perpétration de nouvelles atrocités, d’aider ainsi à la reconstruction du pays sur la base de la règle de droit et de soutenir les millions de victimes.

Il est de votre responsabilité, politique et juridique, de soutenir ses efforts afin de mettre fin à ce génocide.

Il est de votre responsabilité de prendre toutes les mesures qui permettraient de mettre un terme aux crimes graves commis au Darfour, de soutenir un processus politique visant une paix durable ainsi que les efforts du Procureur de la CPI pour établir et sanctionner efficacement les responsabilités individuelles des auteurs de crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour.

En ne soutenant pas la demande du Procureur, vous perdrez une occasion unique de rendre justice aux victimes des crimes les plus graves.

Organisations signataires (liste non exhaustive) :
– Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH)
– Sudan Organisation Against Torture (SOAT, Soudan)
– Association Africaine des droits de l’Homme (ASADHO, RDC)
– Ligue centrafricaine des droits de l’Homme (LCDH, République centrafricaine)
– Egyptian Organisation for Human Rights (EOHR, Egypte)
– Bahrein Human Rights Society (BHRS, Bahrein)
– Association libanaise des droits de l’Homme (ALDHOM, Liban)
– Comité pour la défense des droits de l’Homme en Syrie (CDF, Syrie)
– Damascus Center for Human Rights Studies (Syrie)
– Centre Libanais des Droits Humains (CLDH, Liban)
– Cairo Institute for Human Rights (CIHRS, Egypte)
– Bahrein Center for Human Rights (BCHR, Bahrein)
– Mouvement Ivoirien des Droits Humains (MIDH, Côte d’Ivoire)
– Association tunisienne des droits des femmes (ATFD, Tunisie)
– Organisation marocaine des droits Humains (OMDH, Maroc)
– Ligue des électeurs (LE, RDC)
– Kuwaiti Coalition for the ICC (KCICC, Koweit)
– Observatoire Congolais des droits de l’homme (OCDH, Congo Brazzaville)
– Association nigérienne des droits de l’homme (ANDH, Niger)
– Zimbabwe Human Rights Association (ZIMRIGHTS, Zimbabwe)

Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme
International Federation for Human Rights
tel : (331) 43 55 25 18 / fax : (331) 43 55 18 80
17, passage de la main d’or – 75011 Paris – France
E. MAIL : fidh@fidh.org / site INTERNET : http://www.fidh.org

23/07/08 (B457) JDD / Somalie: Les otages allemands en danger de mort

Les deux Allemands enlevés par des pirates voici un mois et détenus dans la brousse somalienne ont déclaré être malades, avoir très peu à manger et craindre pour leur vie, écrit mardi le magazine allemand Der Spiegel.

L’hebdomadaire rapporte que ses journalistes ont pu entrer en contact avec les deux otages allemands, Jürgen K. et Sabine M., par téléphone portable. Ils disent être détenus par une bande de 40 à 50 Somaliens qui exigent le versement d’une rançon en échange de leur libération.

Les deux Allemands exhortent l’ambassade d’Allemagne à Mogadiscio à se mobiliser davantage pour obtenir leur libération. Jürgen K. explique dans les colonnes du magazine qu’ils voulaient se rendre en bateau en Thaïlande mais qu’ils ont été enlevés par des pirates au large du Yémen et conduits en Somalie en canot à moteur.

Il précise qu’ils sont tous les deux malades et ne peuvent pas prendre d’insuline, médicament contre le diabète, à cause du manque de seringues. Sa compagne, dit-il, a perdu 20 kilos et n’en pèse plus que 40 kg