22/12/09 (B530) Le Journal de la Flibuste (3 articles)

_________________________ 3 – BlogActiv.eu

Europol et Interpol s’allient contre la piraterie dans le Golfe d’Aden

L’organisation internationale de police criminelle (Interpol) et l’Office européen de police (Europol) ont annoncé dans un communiqué ( http://www.europol.europa.eu/index.asp?page=news&news=pr091216.htm ) le 16 décembre qu’ils unissaient leurs forces pour lutter contre la piraterie dans la Corne de l’Afrique, où les pirates multiplient les attaques contre les navires.

Cette annonce a été faite lors de la visite du secrétaire général d’Interpol Ronald K. Noble au siège d’Europol à la Haye. Interpol et Europol ont signé un accord pour établir une « initiative globale de police » pour combattre les menaces que font peser les pirates dans le golfe d’Aden entre la Somalie et le Yémen.

Dans ce cadre, Interpol participera à un projet d’analyse mené par Europol sur la piraterie. Europol encouragera ses Etats membres à utiliser Interpol comme base centrale des données pour la collecte d’information sur les pirates. Les deux organisations participeront également à des programmes conjoints et à des échanges d’experts.

Il s’agit d’un signal important donné par les deux Agences.

_________________________ 2 – Marine marchande avec AFP

Somalie: un boutre indien avec 13 marins capturé par des pirates

Des pirates somaliens se sont emparés d’un boutre indien avec 13 membres d’équipage de même nationalité près de la côte sud de la Somalie, a annoncé lundi le responsable de la branche kényane d’un programme d’assistance aux marins, Andrew Mwangura.

Le navire, baptisé MV Neseya, a été arraisonné vendredi à 12h30 (09h30 GMT) près du port somalien de Kismayo, a indiqué M. Mwangura.

Cette capture porte à 12 le nombre de vaisseaux étrangers détenus actuellement par les pirates et à 250 le nombre de marins gardés en otages.

__________________________ 1 – Le Soleil avec CyberPress

Capture de pirates: Ottawa tarde à conclure un accord

Au large des côtes de la Somalie, des pirates des temps modernes ont multiplié les attaques au cours de la dernière année. Pendant deux semaines, Le Soleil sera à bord du NCSM Fredericton, une frégate de la marine canadienne qui patrouille le golfe d’Aden et l’océan Indien pour sécuriser les lieux, tout comme d’autres navires de guerre de l’OTAN. »

Daphnée Dion-Viens

(À bord du NCSM Fredericton) La pièce est petite, à peine trois mètres carrés. Mais la porte se verrouille et des douches sont situées tout près. L’équipage du NCSM Fredericton est prête. Si on lui en donnait l’ordre, des pirates somaliens pourraient être capturés et détenus à bord du navire.

À Ottawa, le gouvernement fédéral cherche à obtenir un accord avec le Kenya afin de poursuivre des pirates qui pourraient être faits prisonniers au large, comme l’a fait l’Union européenne. «Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, souhaite conclure une entente le plus rapidement possible», a indiqué par courriel sa directrice des communications, Catherine Loubier, en début de semaine dernière. Or les négociations piétinent depuis des mois. Le ministre de la Défense, Peter MacKay, avait tenu les mêmes propos en mai.

Au printemps, un autre navire de la marine canadienne, le NCSM Winnipeg, a contrecarré plusieurs attaques dans le golfe d’Aden. Aucun pirate somalien n’a toutefois été fait prisonnier, même si des armes et des échelles ont été saisies à bord de leur embarcation. Le gouvernement fédéral avait alors essuyé de vives critiques à ce sujet, plusieurs observateurs s’interrogeant sur la pertinence d’une telle mission si les pirates ne peuvent être traînés en justice.

La décision de capturer ou non des pirates somaliens ne relève pas du commandant du navire, Steven Waddell, mais plutôt du quartier général des Forces canadiennes à Ottawa. «Mais j’ai un conseiller juridique à bord qui me guide lorsque vient le temps d’intervenir», explique le commandant.

Preuve loin d’être évidente

En principe, les autorités canadiennes pourraient décider de capturer des pirates somaliens au large pour les juger au Canada, affirme Guy Phillips, avocat militaire à bord du NCSM Fredericton. Au Canada, où la piraterie est interdite selon le Code criminel, il est permis d’intenter des poursuites contre des individus qui ne sont pas citoyens canadiens.

À condition d’être capable de prouver que des actes de piraterie ont bel et bien été commis, poursuit Me Phillips. Ce qui est loin d’être évident, si personne n’a été témoin d’une attaque en bonne et due forme. «Est-ce qu’intercepter une embarcation avec des hommes armés et des échelles est suffisant pour les accuser de piraterie? La question se pose», lance l’avocat.

À Ottawa, le gouvernement conservateur ne semble pas vouloir s’engager dans cette avenue délicate. Tant qu’un accord ne sera pas conclu avec le Kenya, il est bien peu probable que la petite pièce située à l’avant du NCSM Fredericton accueille des prisonniers. Si des pirates sont interceptés en mer au cours des prochaines semaines, ils risquent fort bien… d’être relâchés eux aussi.