24/12/2016 (Brève 889) RAPPEL URGENT ==> Signez la pétition pour demander à l’ONU d’ouvrir une enquête internationale sur les violences faites aux femmes à Djibouti. (Femmes solidaires & ARDHD)

Lien pour signer : https://www.change.org/p/secr%C3%A9taire-g%C3%A9n%C3%A9ral-des-nations-unies-pour-une-enqu%C3%AAte-internationale-sur-les-violences-faites-aux-femmes-%C3%A0-djibouti

La pétition initiée par « Femmes Solidaires » et le « COFEDVI » continue à accumuler les signatures. A l’instant, nous avons noté 700 signatures, mais il en faut plus pour atteindre l’objectif.

Merci à toutes celles et à tous ceux qui sont motivés par le respect de la personne humaine et surtout par la protection des femmes contre toutes les formes de violence, de signer la pétition.

05/12/2016 (Brève 882) Signez la pétition pour demander à l’ONU d’ouvrir une enquête internationale sur les violences faites aux femmes à Djibouti.

Lien pour signer : https://www.change.org/p/secr%C3%A9taire-g%C3%A9n%C3%A9ral-des-nations-unies-pour-une-enqu%C3%AAte-internationale-sur-les-violences-faites-aux-femmes-%C3%A0-djibouti

La pétition initiée par « Femmes Solidaires » et le « COFEDVI » continue à accumuler les signatures. A l’instant, nous avons noté 700 signatures, mais il en faut plus pour atteindre l’objectif.

Merci à toutes celles et à tous ceux qui sont motivés par le respect de la personne humaine et surtout par la protection des femmes contre toutes les formes de violence, de signer la pétition.

25/11/2016 (Brève 870) Petition pour soutenir la plainte de Femmes Solidaires et du COFEDVI devant l’ONU pour réclamer une enquête internationale sur le viol organisé et impuni des femmes par les militaires de Djibouti

Pour signer la pétition (Merci de le faire et de relayer l’information autour de vous)
https://www.change.org/p/secr%C3%A9taire-g%C3%A9n%C3%A9ral-des-nations-unies-pour-une-enqu%C3%AAte-internationale-sur-les-violences-faites-aux-femmes-%C3%A0-djibouti

PETITION : POUR UNE ENQUETE INTERNATIONALE À DJIBOUTI

Adressée au secrétariat général des Nations unies

Les femmes djiboutiennes luttent depuis plus de 25 ans, contre les viols commis par l’armée djiboutienne dans le Nord et le Sud-Ouest du pays. Ces viols sont utilisés comme arme de guerre, portent atteinte à l’intégrité des femmes et à leur dignité humaine et traumatisent profondément les populations, particulièrement dans les zones pauvres et rurales. En mars 2016, toujours dans l’impunité la plus totale, des militaires djiboutiens ont violé des femmes.

Le 12 mai 2016, après deux grèves de la faim, le Comité des Femmes Djiboutiennes contre le Viol et l’Impunité (COFEDVI) avec Femmes solidaires et soutenu par de nombreuses autres associations au niveau européen, obtiennent une résolution du parlement européen 2016/2694(RSP) qui dénonce avec fermeté ces viols et invite les Nations Unies à enquêter sur les violences faites aux femmes à Djibouti. Contre l’impunité dont profitent les agresseurs, soutenons les femmes djiboutiennes en lutte pour la justice, le respect de leur intégrité et leur dignité.

Signez cette pétition pour demander aux Nations Unies la mise en place rapide de cette enquête

Premiers-premières signataires: Jean-Yves LE BOUILLONNEC, député du Val-de-Marne, vice-président de la commission des lois et maire de Cachan; Laurence COHEN, sénatrice du Val-de-Marne; Marie-George BUFFET, députée de Seine-Saint-Denis, ancienne ministre; FEMEN; Monseigneur Jacques GAILLOT, évêque; Dominique RAIMBOURG, député de la Loire-Atlantique, président de la commission des lois; Daniel BREUILLER, maire d’Arcueil, vice-président de la métropole du Grand Paris; Sabine SALMON, présidente nationale de Femmes solidaires; Carine DELAHAIE, rédactrice en cheffe de Clara-magazine; Jean-Michel Arberet, maire adjoint d’Arcueil. Bruxelles, Vivre Ensemble; Jacqueline BELHOMME, maire de Malakoff et vice-présidente de Vallée Sud Grand Paris; Hélène BIDARD, maire-adjointe de Paris chargée de l’égalité femmes-hommes; Geneviève COURAUD, présidente de l’Assemblée des Femmes; Michèle COSNARD, maire adjointe de Gentilly; Annie GUILBERTEAU, directrice générale de la fédération nationale des CIDFF-CNIDFF; La Voie des Femmes (Belgique); Nadine HERRATI, maire adjointe de Gentilly; Christian METAIRIE, premier adjoint d’Arcueil, vice-président du conseil départemental du Val de Marne; Progress Lawyers Network (Belgique); Danielle SIMONNET, conseillère de Paris, élue du 20e arrondissement; Patricia TORDJMAN, maire de Gentilly; Cécile UNTERMAIER, députée de Saône et Loire; Isabelle VILATA, maire adjointe de Gentilly; Marie-Christine VERGIAT, députée européenne

24/11/2016 (Brève 867) VOA (La Voix de l’Amérique / Deux associations demandent à l’ONU d’enquêter sur des accusations de viols à Djibouti (avec AFP)

Lien avec l’article
http://www.voaafrique.com/a/deux-associations-demandent-onu-enqueter-sur-accusations-de-viols-a-djibouti/3609913.html

L’ONG française Femmes Solidaires et le comité des femmes djiboutiennes contre le viol et l’impunité (Cofedvi) ont réclamé jeudi l’ouverture d’une enquête de l’ONU après des accusations de viols commis par l’armée djiboutienne.

Pour l’obtenir, les deux associations ont lancé jeudi une pétition internationale qui sera adressée au futur secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Elles ont également adressé cet été des photocopies de plaintes et de certificats médicaux à la commission de l’ONU sur le statut des femmes. Celle-ci a demandé une réponse au gouvernement djiboutien qui n’a toujours pas réagi, selon Femmes Solidaires.

Au printemps, vingt Djiboutiennes avaient mené en France et en Belgique une grève de la faim pour interpeller la communauté internationale.

Cette mobilisation avait débouché sur l’adoption en mai d’une résolution au Parlement européen invitant « les Nations unies à enquêter sur la situation des droits de l’Homme à Djibouti, en particulier la situation des femmes dans ce pays ».

« Nous demandons que cette résolution ne reste pas lettre morte », a déclaré Sabine Salmon, présidente de Femmes Solidaires, lors d’une conférence de presse à Arcueil, en région parisienne. Selon le comité des femmes djiboutiennes, 246 cas de viols par des militaires ont été recensés depuis 1993. « Les derniers datent de mars », a précisé Mme Salmon.

Ces femmes Afar – une ethnie qui vit dans une zone à cheval sur l’Ethiopie, Djibouti et l’Erythrée – accusent les soldats djiboutiens combattant depuis 1991 la rébellion Afar du Front pour la restauration de l’unité et la démocratie (FRUD armé) de se venger sur les populations civiles, notamment par des viols.

« Avec une enquête, le gouvernement djiboutien ne pourra plus dire que ces femmes mentent, qu’elles sont manipulées à des fins politiques », a expliqué Sabine Salmon.

Aïcha Dabalé, porte-parole en Europe du Cofedvi, a dénoncé « le silence complice des États militairement présents » à Djibouti – France, États-Unis, Allemagne, Chine et Japon – qui « ferment les yeux et laissent détruire les femmes » au nom, selon elle, « d’intérêts géostratégiques ».

En avril, un porte-parole du gouvernement de Djibouti avait déclaré à l’AFP que « ces allégations n’avaient aucune crédibilité. Depuis 1991, aucune preuve n’a été fournie aux autorités djiboutiennes pour étayer ces affirmations ».

13/05/2016 (Brève 793) COFEDVI / Succès de la grève de la faim des femmes djiboutiennes en Belgique. Communiqué du Comité des Femmes Djiboutiennes contre les Viols et l’Impunité

djiboutiennes-contrelimpunite@hotmail.fr
Téléphones 00 32 465 48 00 45 – 00 32 465 123 563

Communiqué de presse/

Une résolution du parlement européen sur la situation des droits humains à Djibouti
a été votée, dénonçant pour la première fois les viols et leur impunité.

Les 10 femmes djiboutiennes qui avaient cessé de s’alimenter depuis le 25 avril
2016 dans la commune de St Josse, à Bruxelles ont décidé de suspendre demain,
samedi 14 mai leur grève de la faim.

Elles ont obtenu des résultats tangibles, leur
grève de la faim ayant permis l’adoption d’une résolution d’urgence du parlement
européen sur les graves violations des droits humains et notamment des droits des
femmes.

Ces 10 femmes ont mené courageusement cette lutte difficile pendant 20 jours
En 20 jours, de nombreux parlementaires, tant au parlement Bruxellois qu’au
parlement flamand, et des députés européens, un ancien ministre, des associations
et des personnalités de la société civile en Belgique, ont rendu visite aux grévistes
de la faim pour les soutenir et leur exprimer leur solidarité.

De nombreuses associations aux côtés du Comité des Femmes Djiboutiennes
contre les Viols et l’Impunité, en premier lieu, l’association Bruxelles
Vivre Ensemble et Femmes solidaires qui ont accompagné les femmes
djiboutiennes tout au long de leur action ont relayé la parole des femmes
djiboutiennes et ont permis de faire entendre leurs revendications dans la
capitale de l’Europe.

Grâce à leur détermination, les 10 grévistes de la
faim ont obtenu :

– Que la situation d’atteinte aux droits humains et les intolérables viols et
violences à l’égard des femmes à Djibouti soient révélée dans le monde et
dans les plus hautes instances européennes et pour la 1ère fois qu’elle soit
évoquée par le parlement européen. Il est écrit dans la résolution que le
parlement européen : « dénonce avec fermeté les viols qui auraient été
commis par des soldats djiboutiens contre des civils et qui ont été signalés par
diverses ONG »

– Qu’une enquête internationale soit diligentée sur les actions de l’armée,
puisqu’il « invite les Nations unies à enquêter sur la situation des droits
humains à Djibouti, en particulier la situation des femmes dans ce pays.

13/05/2016 (Brève 791) RTB : Une grève de la faim pour dénoncer les soldats violeurs de Djibouti

Lien avec l’article : http://www.rtbf.be/info/monde/afrique/detail_une-greve-de-la-faim-pour-denoncer-les-soldats-violeurs-de-djibouti?id=9296317

C’est la deuxième fois en deux mois qu’elles font grève de la faim. A Paris, le mois dernier. A Bruxelles cette fois, depuis 18 jours déjà. Réunies à Saint-Josse, en région bruxelloise, une dizaine de membres du Comité des femmes djiboutiennes contre les viols et l’impunité ont décidé de recourir une fois de plus à cette solution extrême. « C’est notre dernier recours« , explique Aïcha Dabalé, la représentante de ce comité. « Il y a parmi nous des jeunes et des moins jeunes, qui mettent leur vie en danger par obligation, parce que cela fait des années que nous nous battons mais que personne ne nous écoute« .

Viols en toute impunité
Que dénoncent-elles ? Une série de viols commis par des soldats djiboutiens dans le nord et le sud-ouest du petit pays, situé dans la Corne de l’Afrique, entre l’Ethiopie, la Somalie et le Yémen. Des viols commis dans les montagnes et les villages sur des femmes soupçonnées de sympathie avec le mouvement d’opposition (pacifique ou armé), dans un pays qui n’a changé de président qu’une fois en près de 50 ans. « Le plus terrible, c’est l’impunité. La reconstruction de ces femmes est rendue impossible par le fait qu’elles croisent leur bourreau tous les jours dans leur village« , explique Aicha Dabalé.  « Quelques-unes ont porté plainte, sans résultat« , poursuit M., un opposant djiboutien qui désire garder l’anonymat.  Pire : certains de ces soldats seraient même promus. « Tout cela laisse penser que tout est pensé, missionné.« 

Géopolitiquement incontournable
Djibouti, tout petit pays (à peine 630 km²) du continent africain, est, de par sa situation géographique, un lieu géopolitiquement très important. Plusieurs pays étrangers, dont la France, les Etats-Unis et le Japon, y disposent d’ailleurs de bases militaires. La Belgique y a aussi déployé quelques soldats dans le cadre de l’opération Atalante.  « C’est le porte-avion mondial« , explique l’opposant réfugié en France. Et face à un tel atout, les accusations de viols sur les Djiboutiennes font peu le poids. « Nous sommes victimes de notre position géostratégique, alors qu’elle aurait pu être un atout« , explique Aicha Dabalé. « Nous nous retrouvons face à un mur de silence de la part des pays étrangers, un silence complice. Les militaires étrangers s’entraînent dans les villages où sont commis les viols! ».

249 cas recensés
Le Comité des femmes djiboutiennes contre les viols et l’impunité a été fondé en 1993 après le viol et l’assassinat crapuleux d’une Djiboutienne, mère de plusieurs enfants. Depuis lors, l’association a recensé 249 viols, « mais c’est sans compter tous ceux qui sont tus, car il est difficile d’en parler, c’est considéré comme un terrible déshonneur« , explique Aicha Dabalé. C’est donc presque clandestinement que ces viols sont recensés à Djibouti.

Sans répondre vraiment aux accusations à l’encontre de ses soldats, le gouvernement djiboutien se contente de dénoncer une manœuvre électoraliste. Le porte-parole du gouvernement, interrogé par RFI, incite par ailleurs les femmes à porter plainte. « Mais celles qui osent le faire sont menacées d’être à nouveau violées. Et de toute façon, il n’y a jamais eu la moindre condamnation« , explique M.

Le Parlement européen réagit
Aujourd’hui pourtant, l’action des militantes djiboutiennes semble commencer à porter ses fruits. Le Parlement européen a adopté aujourd’hui une résolution concernant Djibouti, dans laquelle il demande  » qu’une enquête internationale indépendante puisse être mise en place afin de mettre fin à l’impunité vis-à-vis des viols commis par l’armée djiboutienne , que tout soit mis en œuvre pour mettre fin à de tels actes, que les responsables soient poursuivis et condamnés et que les femmes victimes de ces crimes bénéficient d’un soutien psychologique et physique« . Un soulagement pour le Comité, qui espère qu’à terme, ces crimes seront également reconnus comme des crimes de guerre. En attendant, il a lancé le hashtag #stopvioldjibouti pour également sensibiliser l’opinion publique.

11/05/2016 (Brève 788) Des femmes Kurdes apportent leur soutien aux Djiboutiennes en grève de la faim à Bruxelles pour dénoncer les viols et l’impunité des coupables (photos)

Les Femmes kurdes solidaires de la lutte difficile que mènent depuis le 25 Avril 2016 à St Josse (Bruxelles) les Djiboutiennes contre les viols des femmes Afar par les soldats dans le Nord et le Sud Ouest du pays.

Mise à la disposition du Comité des Femmes Djiboutiennes contre les Viols et l’Impunité de leur bureau de la rue de deux églises et en observant une grève de la faim durant 48 heures, le 6 et le 7 mai

Femmes kurdes solidaires des Djiboutiennes en grève de la faim à Bruxelles Femmes kurdes solidaire

09/05/2016 (Brève 786) STOP AU VIOL DES FEMMES ET FILLES AFAR A DJIBOUTI /Fédération Internationale De la Diaspora Afar (FIDA) / International Federation of Afar Diaspora (FIDA).

COMMUNIQUE DE PRESSE:

Date: 3 Mai 2016

Ref: 002/FIDA/16

Fait à: Bruxelles, Belgique

Nous, FÉDÉRATION INTERNATIONALE DE LA DIASPORA  AFAR (FIDA), représentant  les
organisations de la diaspora afar dans le monde, publions ce communiqué au nom des femmes et filles afar qui ne peuvent pas s’exprimer. Ces mêmes femmes afars qui ont été et continuent d’être victimes de viols systématiques et routiniers depuis longtemps à Djibouti.

Au moins 246 femmes et filles du groupe ethnique Afar ont été violées par l’armée Djiboutienne et les forces de sécurité, en particulier dans les districts au nord: Obock, Tadjourah et au sud: Dikhil. Et cela depuis que la guerre civile entre le gouvernement djiboutien et le Front de Restauration de l’Unité et la Démocratie (FRUD) a commencé au début des années 1990. Depuis, la politique délibérée d’utilisation du viol et des violences sexuelles pour des buts politiques et militaires par le gouvernement djiboutien a été utilisée avec l’impunité la plus totale. Jusqu’à présent, personne n’a été jugé ou condamné pour ces crimes. Le nombre de victimes de viol mentionné ici correspond aux cas qui ont été rapportés, et il est certain que ce n’est que la partie immergée de l’iceberg et que les vrais chiffres sont beaucoup plus élevés.

Nous sommes profondément préoccupés par le fait que les viols et violences sexuelles pour des raisons politiques soient aussi largement répandus et continuent d’être perpétrés régulièrement dans le pays pendant que les auteurs de ces crimes bénéficient d’un haut degré d’impunité. Il est tragique que le gouvernement de Djibouti et ses agences qui ont été investis de la responsabilité de protéger ces femmes et jeunes filles sans défense et vulnérables soient eux-mêmes les principaux responsables de ces atrocités, crimes contre l’humanité et violations des droits humains. C’est clairement inacceptable et condamnable. La pratique brutale et infâme des viols systématiques est contre les lois internationales qui protègent les droits humains et contre la loi nationale du pays. Le viol a de sérieuses conséquences sur la santé des victimes (tant physique que psychologique), leur survie et développement. Ceci est à l’antipode de l’Islam, la religion d’une vaste majorité de Djiboutiens.

Nous sommes profondément inquiets et extrêmement préoccupés par le silence de la communauté internationale, des organisations pour les droits humains et en particulier des grandes puissances possédants des bases militaires à Djibouti, qui ont un meilleur accès  aux informations et qui sont donc informées sur ce qui se passe dans le pays.

Nous saluons, d’un autre côté, les efforts et actions entreprises par « Stop au viol maintenant
–une action de l’ONU contre la violence sexuelle dans les conflits et la campagne internationale pour faire cesser le viol et la violence de genre dans les conflits (http://www.stoprapeinconflict.org). Nous exprimons notre admiration et soutien à ces organisations et à d’autres qui travaillent sans relâche pour amplifier les voix des survivantes de viol (en particulier ARDHD), la presse télévisée et Radio 1 le Grand Débat, (http://africa1.com/IMG/mp3/le_grand_debat_-_29_03_16_-_pad.mp3), et mettre fin aux viols dans les conflits.

Récemment, un groupe de courageuses femmes Afar de Djibouti a lancé une grève de la faim collective à Paris et à Bruxelles pour attirer l’attention sur la détresse des femmes et filles qui sont victimes de viols systématiques, de violences sexuelles et d’harcèlement à Djibouti ; un crime commis par les forces de sécurité et l’armée du pays en toute impunité.

Le groupe de 10 femmes qui ont commencé la grève de la faim le 25 mars 2016 sont restées inébranlables dans leur détermination à faire entendre leurs voix même quand leur santé physique devenait extrêmement préoccupante. Deux d’entre elles avaient déjà été admises  à l’hôpital après une fragilisation de leurs conditions de santé, Ouma après 18 jours et Fafi après 15 jours en grève de la faim. Après un total de 19 jours de grève de la faim à Paris, le groupe a décidé d’organiser une grève de la faim similaire à Bruxelles. La grève de la faim à Bruxelles se poursuit à l’heure de publier ce communiqué.

Selon Mme Aicha Dabale, la porte-parole du groupe et pour le mouvement de lobbying basé en France Femmes solidaires, personne à l’intérieur du pays n’ose dénoncer ce crime par crainte de représailles de la part du gouvernement; et c’est pourquoi le groupe a lancé une grève de la faim collective à Paris et Bruxelles, afin d’attirer l’attention sur cette question. Pour plus d’informations, voir ce lien : http://www.loubakdongolo.com/jibouti/hunger-strike- day-10-one-of-the-djiboutian-women-striker-admitted-to-hospital-on-day-10.

Nous, la Fédération Internationale de la Diaspora Afar (FIDA), saluons l’action entreprise par ces femmes courageuses à Paris et Bruxelles pour dénoncer les viols organisés par le régime djiboutien et ciblant les femmes et filles Afar et exprimons notre solidarité avec elles.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté le caractère systématique et largement répandu du viol et des violences sexuelles en toute impunité contre les femmes et filles afar innocentes à Djibouti.

Nous exigeons que le gouvernement djiboutien cesse sans délai cette politique d’utilisation du viol et des violences sexuelles comme une arme contre le groupe ethnique des Afar et démontre son sérieux en amenant devant la justice les auteurs de ces exactions pour que cesse la culture de l’impunité dans le viol.

Nous appelons la communauté internationale et les organisations humanitaires à prendre des mesures concrètes pour soutenir les survivantes des viols systématiques à Djibouti. Le gouvernement djiboutien, qui porte la responsabilité première de protéger les victimes de violence y compris de viol, a non seulement failli à remplir ses obligations constitutionnelles et à respecter les droits humains de ses citoyens, mais est également la force principale derrière ces crimes. Nous appelons la communauté internationale et les organisations pour les droits humains à travailler activement pour que ces faits arrivent devant la Cour Pénale Internationale (ICC – CPI). Il existe déjà une abondance de preuves de violations flagrantes des droits humains et qui relèvent de crimes contre l’humanité commis par le gouvernement djiboutien contre le groupe ethnique des Afar et ceux et celles qui élèvent leurs voix pour demander un changement démocratique dans le pays.

05/05/2016 (Brève 780) Le soir (BE) Des viols au Djibouti, une grève de la faim à Bruxelles

Lien avec l’article (consultation payante) : http://plus.lesoir.be/38879/article/2016-05-04/des-viols-au-djibouti-une-greve-de-la-faim-bruxelles

– La chambre est calme.
Enroulées dans leurs couvertures, les dix grévistes de la faim économisent leurs forces. Elles ne bougent presque pas. A peine suivent-elles du regard les quelques visiteurs qui pénètrent de temps à autre dans leur campement de matelas et couettes colorées. « Le médecin passe tous les deux jours, explique Aicha Dabale, la porte-parole. A partir de ce mercredi, quand cela fera dix jours, il viendra quotidiennement. Pour l’instant, tout va bien. Nous avons choisi des jeunes filles en bonne santé. Deux d’entre elles sont un peu plus fatiguées que les autres. Mais leur volonté est intacte ! »

– « Violée puis brûlée vive »
Les dix grévistes font partie du « Comité des femmes djiboutiennes contre le viol et l’impunité ». Un collectif d’abord créé au pays, puis en France, et qui compte depuis quelques années une branche belge. « En 1992, un cas de viol particulièrement odieux a déclenché le mouvement : une mère de famille nombreuse a été violée par des soldats puis brûlée vive pour ne pas qu’elle témoigne, raconte Aicha Dabale. Le comité au Djibouti a été créé en 93. Ce sont elles, les militantes les plus importantes : elles travaillent clandestinement sur le terrain, en risquant l’emprisonnement et les tortures. Elles recensent les cas de viol et nous les font parvenir pour que nous soyons informées. »

C’est que les viols continuent, dans ce petit pays de moins d’un million d’habitants, situé dans la Corne de l’Afrique. « En mars dernier, on nous a à nouveau informées de trois viols, pointe Aicha. L’impunité des soldats les encourage ! » Dirigée par un président, Ismaïl Omar Guelleh, qui vient d’être « réélu » à 87 %, la République du Djibouti réprime toute opposition. « C’est un pays liberticide, où les droits humains sont bafoués ; les journalistes, les syndicats et les opposants emprisonnés, torturés… » 

Et où les soldats gouvernementaux violent les femmes pour terroriser les populations.

Il suffit qu’un frère, un père, ou une simple connaissance soit considéré par le régime comme opposant et les femmes sont violées par les forces armées, explique encore la militante. Les militaires ne sont jamais poursuivis et les avocats, comme les médecins, préfèrent s’abstenir de déposer des plaintes ou de délivrer des attestations pour viol, sachant qu’ils prennent le risque que le gouvernement ferme leur cabinet illico. Si quelques plaintes et jugements pour viol ont déjà été rendus dans le pays, les soldats, eux, ne sont jamais inquiétés.


« Côtoyer leurs bourreaux tous les jours »

Dans les jeunes femmes présentes dans ce local de Saint-Josse, qui carburent uniquement à l’eau et au thé sucré, une femme légèrement handicapée, sourde-muette, a été violée à l’âge de 17 ans. Si elle ne jeûne pas, elle ne cesse de prendre les visiteurs en photo, insistant pour que chacun d’entre eux prenne la pose avec le panneau «  #StopViolDjibouti  ».

Toutes ici ont connu une amie, une cousine, une connaissance de son village d’origine qui a été victime de viol par les forces gouvernementales. C’est ce qui les porte dans leur combat. Une des grévistes, très fatiguée, raconte du bout des lèvres qu’une amie de son village a été violée par trois soldats. « C’était une simple bergère, qui gardait ses chèvres et ses moutons, s’emporte Aicha. Trop de femmes sont détruites ! Pour empêcher toute reconstruction, les viols se font souvent devant les parents, les familles, parfois les enfants. Et ensuite, les victimes doivent côtoyer tous les jours leurs bourreaux ! Sans parler des viols sur des très jeunes filles… Sachant qu’au Djibouti presque 100 % des filles sont incisées et infibulées. Vous imaginez une gamine de 14 ans, excisée et cousue, qui se fait violer par trois militaires ? »

– « Silence complice »
Mais pourquoi entamer une grève de la faim, ici, en Belgique ? En réalité, le Djibouti est surtout une base militaire stratégique. Ainsi, la France y est implantée depuis des décennies (c’est la mission sur place la plus importante, aux alentours de 3.000 militaires), les Etats-Unis y sont présents dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et le Japon pour les réseaux pirates maritimes. La Belgique devrait y envoyer quelque 160 militaires. « Il y a un vrai silence complice de la communauté internationale, dénonce la porte-parole du mouvement. Les Américains viennent pour s’entraîner au Djibouti, les Français sont présents en nombre. Comment pourraient-ils ne pas entendre les cris des femmes ? Nous avons tout essayé. Cela fait plus de 20 ans maintenant qu’en France, en Europe, on interpelle des députés, on introduit des questions écrites, etc. Il faut que des femmes mettent leur santé en danger pour que l’on nous entende. »

Les militantes dénoncent également l’argent que verse la communauté internationale au Djibouti, sans conditions. Le comité réclame une enquête internationale, ainsi que la reconnaissance de ces viols comme crimes de guerre et des jugements et condamnations pour les soldats. En France, le comité français a initié une grève de la faim il y a plusieurs semaines. Elle a pris fin après 19 jours et s’est soldée par un engagement de la diplomatie française à mettre la question des droits des femmes et des viols sur la table à chaque rencontre bilatérale entre les deux pays. Un comité de « suivi » s’est mis en place.

Les grévistes de Saint-Josse espèrent beaucoup de la Belgique, qui, pensent-elles, doit être « plus libre » que la France, puisque cette dernière a davantage d’intérêts en jeu. Elles ont déjà reçu la visite des députés européens Louis Michel et Marie Arena, qui se sont engagés à déposer un projet de résolution. Des députés bruxellois se sont aussi présentés.

Dans l’entrée du 126, rue des deux églises à Saint-Josse (local des « femmes socialistes kurdes » qui accueillent les grévistes), plusieurs hommes prennent un café. Camille a lui aussi fui le Djibouti : « En tant qu’hommes, on n’en parlait pas beaucoup. C’est vrai qu’on parlait surtout des tortures, des emprisonnements des opposants… Même les femmes en parlaient peu, il y a encore des tabous, des pressions dans les familles. Mea culpa. Maintenant, on est là aussi. »

APPEL AU RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN AUX FEMMES VICTIMES DE VIOLS EN REPUBLIQUE DE DJIBOUTI
Devant l’Ambassade de Djibouti à Bruxelles :
Avenue Franklin Roosevelt, 204 – 1050 Bruxelles

le 7 mai 2016 de 16h à 18h

03/05/2016 (Brève 778) Comité des Femmes Djiboutiennes Contre les Viols et l’Impunité / APPEL AU RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN AUX FEMMES VICTIMES DE VIOLS EN REPUBLIQUE DE DJIBOUTI – Bruxelles, le 7 mai 2016 de 16h à 18h

Comité des Femmes Djiboutiennes Contre les Viols et l’Impunité

djiboutiennes-contrelimpunite@hotmail.fr

Tél : 0465 48 00 45 ou 0465 12 35 63

# stopvioldjibouti – Non à l’impunité 

APPEL AU RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN AUX FEMMES VICTIMES DE VIOLS EN REPUBLIQUE DE DJIBOUTI
Devant l’Ambassade de Djibouti à Bruxelles :
Avenue Franklin Roosevelt, 204 – 1050 Bruxelles

le 7 mai 2016 de 16h à 18h

 

Pour dénoncer les viols des Femmes  Afar  par des soldats djiboutiens  qui continuent dans l’impunité totale depuis septembre 1993, dans le Nord et le Sud-Ouest du pays, 10 femmes de Djibouti ont cessé de s’alimenter depuis le 25 Avril à St Joss dans la continuité des actions menées à Arcueil (France)

Elles entendent protester  contre ces violences et briser le mur de silence érigé  autour des viols. Ces crimes se déroulent à quelques kilomètres des bases militaires française, américaine, nippone et chinoise.  

A Djibouti comme dans d’autres régions d’Afrique et du monde, le viol est utilisé comme une arme de guerre, visant à détruire l’identité des communautés. L’impunité érigée en système en République de Djibouti rend impossible toute reconstruction pour ces femmes.  

Depuis le début de la guerre civile en 1991, des centaines de femmes Afars ont été violées par l’armée gouvernementale à Djibouti. Ces femmes gardent pour beaucoup d’entre elles des séquelles physiques. Elles sont toutes marquées à vie dans leur corps, leur dignité, leur conscience.   

Malgré la répression et la honte qu’elles éprouvent, certaines victimes ont eu le courage de porter plainte. Aucune plainte n’a pu aboutir jusqu’à ce jour. 

Cette grève de faim se déroule dans un contexte politique très tendu, avec une terrible répression et de nombreux accrochages entre le FRUD et l’armée : massacre de Bulduqo, arrestations arbitraires des civils, deux personnes sont décédées sous la torture en février 2016, et toujours les viols des femmes (derniers cas de viols en mars à Margoïta)
   
Le Comité des Femmes Djiboutiennes contre les Viols et l’Impunité lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle condamne les viols des femmes djiboutiennes et l’impunité de ces crimes.  

Nous exigeons :   

  • La reconnaissance de ces viols comme crimes de guerre
  • L’ouverture d’une enquête internationale sur toutes les exactions à l’encontre des femmes en République de Djibouti
  • Le jugement des soldats coupables des viols
  • Le respect des conventions régionales et internationales ratifié par Djibouti dont le CEDAW   

Fait à Bruxelles, Le 2 Mai, 2016