29/04/09 (B496) Libération : Le Quai d’Orsay réorganise sa coopération de défense

Le ministère des affaires étrangères réorganise la coopération internationale en matière de défense, en y incluant désormais les questions de sécurité intérieure. Depuis le 16 mars dernier, l’ancienne Direction de la coopération militaire de défense (DCMD) est devenue la Direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD).

Elle est traditionnellement dirigée par un général, détaché au Quai d’Orsay, actuellement le général Emmanuel Beth. A ses activités traditionnelles de coopération militaire, relevant essentiellement de la formation, la DCSD ajoute désormais un champ d’action dans le domaine de la police et de la sécurité civile, des compétences relevant du ministère de l’Intérieur.

La DCSD reste très tournée vers l’Afrique subsaharienne, une zone qui représente plus de 75% de ses activités. Parmi ces réalisations, on compte l’Ecole de maintien de la paix à Bamako (Mali), qui forment les militaires africains dans un cadre très multinational, ainsi que le Centre de déminage au Bénin. La DCSD finance 3000 stages de longue durée par an, dont la moitié se déroule en France. Au total, près de 40.000 personnes seraient peu ou prou concernées par son action. Son budget d’élève à 88 millions d’euros.

Les affaires étrangères s’occupent de "coopération structurelle" et non "opérationnelle" ; il s’agit d’aider les pays demandeurs à se doter de systèmes de sécurité plus performant. A cet égard, le Togo et le Bénin font figure de réussites, affirme-t-on au Quai, puisque les forces armées de ces pays ont joué un rôle stabilisateur lors des processus électoraux troublés, "Les armées africaines sont désormais orientées vers des missions de maintien de la paix, plus que de sécurité intérieure" se réjouit-on au Quai.

En revanche, la Centrafrique apparait comme un échec dans ce domaine.

La DCSD cherche à élargir son action au-delà des anciennes colonies françaises. Elle finance par exemple des cours de français pour les cadets de l’armée éthiopienne et souhaite créer un centre de formation navale en Guinée équatoriale pour lutter contre la piraterie.

Un projet comparable existe dans la Corne de l’Afrique, avec un centre de formation à Djibouti et de coordination au Yemen.

28/09/08 (B467) Libération : L’Ogaden, la sale guerre que personne ne veut voir.

Par VIRGINIE GOMEZ

Des villages brûlés, des populations déplacées, des femmes violées, des assassinats : depuis le début de l’opération militaire éthiopienne en Ogaden, dans l’est du pays, il y a un peu plus d’un an, la presse et les organisations de défense des droits de l’homme ont multiplié la publication de témoignages, systématiquement qualifiés par Addis-Abeba d’allégations sans fondement.

En juin, Human Rights Watch a ainsi accusé l’Ethiopie de crimes de guerre et pointé du doigt «la conspiration du silence» à laquelle participent, selon elle, Bruxelles, Londres et Washington. Il s’agit moins d’un conflit oublié que sciemment ignoré. «Que pouvait faire l’Ethiopie ?» questionne un diplomate africain, résumant le consensus général.

L’opération de l’armée éthiopienne contre le Front national de libération de l’Ogaden (ONLF) a commencé en juin 2007. Quelques semaines auparavant, une station d’exploration pétrolière chinoise avait été attaquée par les rebelles.

L’assaut avait fait 74 morts, 9 Chinois et 65 Ethiopiens, «l’œuvre d’une coalition entre l’ONLF et les milices islamiques somaliennes», affirme une source proche des services de sécurité.

Opacité.

L’Ogaden constitue une partie de la région Somali en Ethiopie. Ses habitants ont en partage avec ceux de la Somalie voisine la langue, la culture et les traditions des éleveurs nomades, et le réseau de téléphone portable. Après leur défaite, en janvier 2007, les tribunaux islamiques somaliens se sont réorganisés en guérilla. L’armée éthiopienne les affronte à Mogadiscio, la capitale somalienne, tandis que de petits groupes extrémistes opèrent également en région Somali.

Le regain d’activité de l’ONLF, constitué il y a plus de vingt ans, est attribué à l’intervention d’Addis-Abeba en Somalie. A l’origine, l’armée éthiopienne aurait dû être relayée par une force internationale. A ce jour, seule l’Union africaine a déployé 3 000 soldats burundais et ougandais, et l’ONU se garde bien d’y renvoyer des Casques bleus.

De leur côté, les Etats-Unis ménagent leur allié, l’un des seuls dans la région, face au Soudan et à l’Erythrée, ouvertement hostiles à Washington.

Autant de facteurs qui expliquent le silence pesant sur la répression dans l’Ogaden.

La demande d’enquête des Nations unies sur la situation des droits de l’homme est restée lettre morte. La communauté humanitaire en Ethiopie est unanime à critiquer l’opacité avec laquelle les agences onusiennes opèrent dans l’Ogaden.

L’aide alimentaire, par exemple, transite par le gouvernement éthiopien, sous escorte militaire. «Dans certaines zones, les villages qui ont la réputation de soutenir l’ONLF n’ont rien reçu depuis le début des distributions», affirment plusieurs observateurs. Le mois dernier, l’ONLF a accusé Addis-Abeba d’«affamer l’Ogaden». Une responsable du Programme alimentaire mondial reconnaît que la situation humanitaire des populations en région Somali reste critique et se serait même détériorée.

Il y a quelques semaines, Médecins sans frontières-Suisse a annoncé qu’elle quittait l’Ogaden. «Il n’a pas été possible d’apporter une assistance médicale dans les zones qui en avaient le plus besoin», souligne le chef de mission, Stéphane Reynier. En cause, les problèmes de sécurité et les tracasseries administratives. Il y a un an, le Comité international de la Croix-Rouge, accusé de soutenir des rebelles, avait été expulsé de la zone.

Dilemme.

Les opérations militaires ont diminué en intensité dans l’Ogaden, le gouvernement a même annoncé avoir «brisé l’échine» de l’ONLF. Mais la latitude d’action des ONG en Ethiopie est en voie de rétrécissement. Un projet de loi réduit leur champ de compétences tout en renforçant drastiquement les contrôles. Une agence instituée à cet effet pourrait mener des enquêtes, assister aux réunions des organisations, nommer ou renvoyer les personnels…

La question de l’Ogaden est aujourd’hui diluée dans celle de la crise nationale.

Suite à la dernière sécheresse, près de 5 millions de personnes ont officiellement besoin d’une aide alimentaire d’urgence, soit un soutien de 300 millions d’euros. Dans le même temps, le gouvernement bataille avec les agences de l’ONU, dont les chiffres sont jugés trop alarmistes. C’est le dilemme d’un pays sous perfusion internationale, mais qui entend mener sa politique intérieure sans contrôle.

19/09/08 (B466) Libération / Pas de répit chez les pirates de mer somaliens

Deux navires ont été interceptés hier malgré la surveillance internationale.

CHRISTOPHE AYAD

Deux cargos en 24 heures. Soit les pirates somaliens ont très peur des menaces de Nicolas Sarkozy et profitent de leurs dernières semaines de liberté, soit ils se moquent comme d’une guigne d’avoir à leurs trousses une force aéronavale européenne promise pour décembre. Hier à l’aube, ils se sont emparés du Centauri, un navire grec avec 25 marins philippins à bord. La veille, ils avaient pris un cargo chinois, le Great Creation, avec 24 marins chinois et un commandant sri-lankais. Pour éviter les navires de guerre occidentaux qui patrouillent dans le golfe d’Aden, les pirates ont attaqué au sud de leur zone habituelle.

«Fast boats».Ces pirates, que l’on a tendance à voir comme une survivance d’un autre âge, sont tout le contraire d’aimables amateurs. Comme le relate Patrick Marchesseau, le capitaine du Ponant, dans son livre sur la prise d’otages qu’il a vécue en avril (1), les pirates sont organisés. Il a été pris par l’une des milices les plus puissantes, les Costiguards. D’après lui, ils seraient trois à quatre cents hommes, équipés d’armes automatiques et de lance-roquettes, en vente libre en Somalie, où la kalachnikov se négocie à moins de 100 dollars. Mais l’arme fatale des Costiguards, ce sont leurs fast boats, ces barques de pêche dotées de moteurs surpuissants achetés à Dubaï. Ils en auraient une centaine, ainsi qu’au moins une dizaine d’appâts et d’espions, des bateaux de pêche qui observent les proies ou feignent la panne, et un «bateau mère», qui sert de navire amiral pour la coordination des opérations. Les hommes correspondent entre eux par Thuraya, des téléphones satellitaires d’un prix modique.

Les vedettes rapides, trop petites, sont indétectables par les radars. L’assaut, mené en général par une dizaine d’hommes, dure moins d’une demi-heure. Une fois à bord, les pirates sont difficiles à déloger à cause des otages, ou de la cargaison quand il s’agit de supertankers. Les navires sont rapidement convoyés vers Eyl, l’un des principaux repaires de la piraterie.

C’est alors qu’entre en scène le négociateur, qui noue le contact avec l’armateur et désigne le compte, le plus souvent à Dubaï, sur lequel doit être virée la rançon, qui va de 300 000 dollars à 2 millions, dans le cas du Ponant. Lorsque le bateau est amarré à Eyl, les otages sont sous la surveillance de gardiens rémunérés. Tout manquement aux règles est sanctionné par des amendes. Dans le cas du Ponant, le chef de l’opération devait toucher 20 000 dollars, un homme de base 8 000. La famille d’un pirate tué en opération touche 15 000 dollars. Cet argent irrigue le village d’Eyl, où ont essaimé des gargotes pour nourrir les otages et des bureaux de transfert de fonds, mais aussi la région autonome du Puntland.

Clanique. Les pirates d’Eyl appartiennent au clan Majarteen, qui contrôle le Puntland et d’où est issu le président somalien, Abdallah Yusuf. De là à dire que les pirates bénéficient de protections au sein du fantomatique Etat somalien… En outre, l’industrie de la piraterie fait vivre plusieurs milliers de familles, via la redistribution clanique de l’argent des rançons, dans un pays dont 40 % des habitants dépendent de l’aide alimentaire internationale.

Ni le gouvernement somalien, trop faible et corrompu, ni les armées occidentales, pas adaptées, n’ont les capacités de prendre durablement le contrôle d’Eyl. Depuis le début de l’année, 55 bateaux ont été attaqués dans cette zone, au débouché du canal de Suez, et les pirates détiennent actuellement onze navires et leurs équipages. Comme le suggère un expert maritime, la seule solution serait de couler les navires des bandits des mers. Mais peut-on combattre la piraterie avec des méthodes de pirate ?

(1) Prise d’otages sur le Ponant, Michel Lafon.

16/09/08 (B465) Libération avec AP / Libération des otages français: « un avertissement » à tous les pirates, prévient Nicolas Sarkozy.

« C’est un avertissement que nous lançons aux pirates », a lancé Nicolas Sarkozy au lendemain de l’opération militaire qui a permis de libérer deux Français et coûté la vie à un des pirates qui s’étaient emparé de leur voilier.

« Un Français en danger, l’Etat mettra en oeuvre tous les moyens pour le protéger et j’appelle les autres pays à faire de même », a lancé le président français depuis l’Elysée. « Le crime ne doit pas payer », a-t-il martelé.

Le président français a confirmé que six pirates avaient été faits prisonniers et qu’ils se trouvaient aux mains des militaires français, en route vers Djibouti. Ils ne seront remis aux autorités somaliennes « que si j’ai la certitude qu’ils seront condamnés et qu’ils effectueront leur peine », a insisté Nicolas Sarkozy.

17/09/08 (B465-B) Libération / En Somalie, une action commando complexe

JEAN-DOMINIQUE MERCHET

Dans la nuit de lundi à mardi, les commandos de la Marine nationale ont libéré les deux otages français, Jean-Yves et Bernadette Delanne, retenus à bord du voilier Carré d’as. Un pirate a été tué au cours de l’assaut et les six autres faits prisonniers (lire ci-dessus). L’opération a eu lieu au large des côtes somaliennes, alors que le voilier se dirigeait vers la ville d’Eyl, qui sert de repaire aux pirates. «C’est un avertissement. La France n’accepte pas que le crime paye. Les pirates doivent savoir qu’ils encourent des risques lourds», a expliqué le président français, Nicolas Sarkozy, pour justifier cette action de «vive force» qui intervient cinq mois après l’affaire du Ponant et au surlendemain de l’attaque d’un thonier français.

Ni l’Elysée ni l’état-major des armées n’ont souhaité s’étendre sur le mode d’action des nageurs de combat du commando Hubert. L’opération n’a duré qu’une dizaine de minutes et une trentaine d’hommes ont participé à l’assaut, lancé à partir de la frégate Courbet.

L’offensive a été préparée dès la capture du couple de marins, le 2 septembre. Des commandos sont arrivés à Djibouti et la frégate Courbet s’est positionnée dans la zone. Des avions de patrouille maritime, y compris un appareil allemand, ont pisté le Carré d’as. L’état de la mer aurait retardé de trois jours le déclenchement de l’assaut. Finalement, Nicolas Sarkozy a donné son feu vert lundi, à 21 heures. Les nageurs de combat ont abordé le voilier par surprise, réalisant l’une des opérations militaires les plus complexes qui soient. En l’absence de blessés, le navire-hôpital, mis à la disposition par la Malaisie, n’aura finalement servi à rien.

17/09/08 (B465-B) Libération / Les pirates égarés dans les filets de la justice française.

CHRISTOPHE AYAD

Ils sont déjà six, bientôt douze, détenus dans les prisons françaises. Ils sont passés presque sans transition des côtes arides du Puntland aux cellules surpeuplées des maisons d’arrêt de la région parisienne. Les six pirates somaliens présumés responsables du détournement du Ponant, capturés par un commando des forces spéciales françaises en avril, sont depuis quatre mois et demi en détention provisoire. Tous mis en examen pour «arrestation et séquestration de plusieurs personnes comme otages en vue d’obtenir une rançon» en bande organisée, un crime passible de la réclusion criminelle à perpétuité.

Traducteur. Les 30 membres d’équipage du Ponant, un voilier de luxe circulant alors sans clientèle, avaient été retenus sans violence, mais sous la menace d’armes, pendant plusieurs jours. Peu après leur libération en échange d’une rançon, l’armée française avait intercepté, en hélicoptère, une voiture avec six pirates présumés et une partie de la rançon.

Pour éviter qu’ils communiquent entre eux, les six Somaliens ont été répartis dans des prisons différentes. «Ils sont dans une situation de quasi-isolement de fait, étant donné leur difficulté à communiquer en français», explique Me Gustave Charvet, qui représente Mohamed Saïd Hote. Désigné d’office comme les autres avocats, Me Charvet doit passer par un traducteur pour parler avec son client, âgé d’une quarantaine d’années et sans profession déclarée. L’avocat s’attend à une longue procédure avant la tenue d’un éventuel procès et regrette à demi-mot que rien n’ait avancé depuis l’audition de son client par les juges d’instruction Gachon et Goetzmann. Depuis cette première audition, aucune confrontation n’a été organisée.

Mohamed Saïd Hote, qui a pu avoir de rares contacts téléphoniques avec des proches, «prend son mal en patience», selon son défenseur. Mais d’autres sont plus déprimés et ne comprennent pas pourquoi ils ont été emmenés en France, selon un autre avocat. Me Charvet craint surtout que son client fasse les frais de la nouvelle prise d’otages, dénouée hier par une intervention de l’armée française (lire ci-dessous) : «Ce sont deux infractions du même style, commises dans le même coin. Est-ce que ça suffit pour établir un lien ?» S’il s’avérait que les pirates du Carré d’As avaient réclamé la libération de ceux du Ponant, cela aggraverait évidemment leur cas.

«Flou».

Les avocats, eux, s’interrogent avant tout sur le «flou» qui entoure la situation des détenus. «C’est une situation particulière, pour ne pas dire plus», résume Me Charvet. Les défenseurs des Somaliens s’interrogent en effet sur les «inquiétantes zones d’ombre que comporte le dossier», notamment sur la qualité de ceux qui les ont interpellés et le statut de leur détention, qui a duré cinq ou six jours, entre leur arrestation en Somalie et leur présentation au parquet à Paris. Les présumés pirates sont-ils de vulgaires malfrats, des «prisonniers de guerre» ou des «ennemis combattants», à l’instar des détenus de Guantánamo ?

«Ce n’est évidemment pas Mohamed Saïd Hote qui a pu avoir des contacts téléphoniques avec ses proches mais son avocat, Me Gustave Charvet. Toutes nos excuses pour cette erreur.»

14/09/08 (B465) Libération / Attaques de pirates: arrêt de la pêche française au large de la Somalie (Info lectrice)

Les navires ont décidé de mettre le cap sur les Seychelles après l’attaque de pirates dont a été victime un thonier de Concarneau samedi matin, alors qu’il se trouvait à 420 milles des côtes somaliennes.

Les navires français qui pêchaient au large de la Somalie ont décidé de cesser leur activité et de rentrer à Mahé, leur port d’attache dans les Seychelles, après l’attaque de pirates contre l’un d’entre eux, a-t-on appris ce dimanche auprès de l’armement CMB basé à Concarneau.

Pierre-Alain Carré, directeur d’exploitation de l’armement CMB, a confirmé l’attaque dont a été victime samedi matin l’un de ses thoniers, le Drennec, alors qu’il se trouvait à 420 milles des côtes somaliennes.

Une vingtaine de navires de pêche français, dont 16 gérés par la CMB, sont actifs dans cette zone de pêche, où se concentrent les bancs de thons en cette saison.

Cet acte de piraterie est le deuxième en deux jours, un thonier espagnol, le Plaja Anzora, ayant été victime d’une attaque similaire le soir du 11 septembre.

« Tous les bateaux, français et espagnols, rentrent à Mahé. Il s’agit d’une décision commune des capitaines de navire pour protester contre le manque de moyens pour assurer la sécurité, a déclaré Pierre-Alain Carré.

On est des pêcheurs, pas des guerriers. On comprend leur décision, on est tous des anciens marins. Pêcher la peur au ventre, ce n’est pas ce qu’on leur demande. »

Des pirates ont tenté samedi, sans succès, d’aborder un thonier de Concarneau en pêche entre l’archipel des Seychelles et la côte somalienne, a révélé France-Info dimanche.

A bord d’une vedette rapide, ils ont tenté de monter sur le thonier le Drennec. Ne pouvant y arriver en raison de l’état de la mer, ils ont tiré deux roquettes sur le bateau sans faire de victimes ni provoquer de dégâts importants.

Selon Pierre-Alain Carré, « le gouvernement français interdit la pêche à moins de 200 milles des côtes somaliennes, et celle-ci est déconseillée à moins de 300 milles », mais l’attaque de samedi montre que le danger va bien au-delà de la stricte zone côtière.

Le responsable des thoniers tropicaux à la CFDT Bretagne, Armand Quentel, a relayé l’inquiétude des marins sur place. « Ils me disent, +nous on est prêts à assumer les risques inhérents au métier de la pêche, mais pas les autres+. C’est un état de guerre d’une nouvelle forme qui se met en place. »

« Au mois d’avril, on a transmis notre inquiétude au préfet maritime, une prise de conscience existe, mais on ne voit rien » et la sécurité « ne sera pas facile à mettre en oeuvre car la zone de pêche est très grande, a déclaré Armand Quentel. Le problème, c’est qu’il faut aller là où se trouve le poisson, et il se trouve au large de la Somalie. »

La Somalie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique ravagé par la guerre civile et sans gouvernement central depuis 1991, est devenu le point chaud de la piraterie planétaire ces derniers mois.

Après Le Ponant en avril, un autre voilier français a été intercepté le 2 septembre par des pirates qui retiennent les deux personnes qui se trouvaient à bord

20/08/08 (B461-B) LIBERATION avec Reuters et AFP / Affaire Borrel: des dossiers saisis à l’Elysée (Info lectrice)

Michele Ganascia et Fabienne Pous, instruites de cette « affaire dans l’affaire », n’avaient pas pu perquisitionner la cellule Afrique du palais présidentiel en 2007. (Reuters)

La magistrate Fabienne Pous, qui enquête sur d’éventuelles pressions politiques sur la justice dans l’affaire de la mort du juge Borrel, détient depuis le 6 août des dossiers de l’Elysée. (afp)

Une juge enquêtant sur d’éventuelles pressions politiques sur la justice dans l’affaire Borrel – magistrat mort en 1995 à Djibouti – s’est fait remettre le 6 août à l’Elysée des documents et télégrammes diplomatiques, a-t-on appris ce mardi de source judiciaire.

La magistrate Fabienne Pous, qui instruit cette affaire dans l’affaire, s’est vu remettre ces dossiers, qui comportent notamment des télégrammes diplomatiques et des coupures de presse, par la cellule diplomatique de l’Elysée le 6 août.

Il s’agit d’un « transport sur les lieux » et non d’une perquisition, a-t-on précisé de même source.

Le juge Bernard Borrel avait été retrouvé mort en 1995 à Djibouti, le corps à demi-calciné. Djibouti a conclu à un suicide mais l’enquête française privilégie la thèse d’un assassinat.

L’affaire sur laquelle enquêtent Mme Pous et Michèle Ganascia avait éclaté après une déclaration officielle très inhabituelle du ministère des Affaires étrangères, le 29 janvier 2005. Le Quai d’Orsay y assurait qu’une copie du dossier d’instruction relatif au décès du juge Borrel serait « transmise à la justice djiboutienne ».

Or, ce communiqué intervenait avant que la juge Sophie Clément, en charge de l’enquête, ne se prononce. Quelques jours plus tard, elle s’y était opposée. Elisabeth Borrel, la veuve du juge, avait alors déposé plainte, et cette instruction avait été ouverte.

Le 5 mai 2007, quelques jours avant le départ de Jacques Chirac de l’Elysée, les deux magistrates avaient tenté de perquisitionner la cellule Afrique du palais présidentiel, une première dans l’histoire judiciaire. Mais l’accès leur avait été refusé en vertu du statut pénal du chef de l’Etat.