03/05/2013 (Brève 141) Djibouti : peut mieux faire !!! Selon le classement mondial 2013 de la liberté de la presse, publié par RSF, Djibouti n’arrive encore qu’en 13ème position, mais il gagne 8 places par rapport au classement 2011-2012

Lien avec le site de RSF

Selon le classement mondial 2013 de la liberté de la presse, qui a été publié
ce matin par RSF, Djibouti est classé en 13ème position sur 179 pays classés. C’est un progrès certain à mettre au crédit de Guelleh et de son régime dictatorial et sanguinaire, puisque l’année dernière, il était classé 21ème !

Encore un effort Monsieur Guelleh ! Bientôt Djibouti pourra figurer parmi les 10 premiers pays les plus lliberticides de la planète. Rappelons que le champion cette année est toujours l’Erythrée. Pour se hisser sur les plus hautes marches du podium, IOG devra interdire sans exception, toutes les publications même « clandestines » et multiplier les emprisonnements de journalistes. A noter qu’il est sur la bonne voie dans ces domaines.

L’équipe de l’ARDHD tient à saluer comme il se doit, ce nouveau recul des libertés à Djibouti et les efforts constants du régime djiboutien pour anéantir toutes les formes d’expression et de contestation de l’arbitraire, de l’injustice et des violations quotidiennes des Droits humains, sous le regard placide (et parfois attendri ??) des différents Ambassadeurs en poste et des forces militaires pré-positionnées sur le territoire

      Classement annuel
Les plus
liberticides
  cote 2013 Evolution 2011-2012
1 Érythrée 84,83 179 0 179
2 Corée du Nord 83,90 178 0 178
3 Turkménistan 79,14 177 0 177
4 Syrie 78,53 176 0 176
5 Somalie 73,59 175 -11 164
6 Iran 73,40 174 +1 175
7 Chine 73,07 173 +1 174
8 Vietnam 71,78 172 0 172
9 Cuba 71,64 171 -4 167
10 Soudan 70,06 170 0 170
11 Yémen 69,22 169 +2 171
12 Laos 67,99 168 -3 165
13 Djibouti 67,40 167 -8 159

30/01/2013 (Brève 103) Encore un énorme succés pour Guelleh et pour son ambition de maintenir le pays sous l’asservissement de sa famille et de quelques proches ? Selon le rapport annuel de RSF, Djibouti a encore progressé cette année de 8 places et il se classe maintenant parmi les 12 premiers de la liste des pays les plus liberticides ….Encore bravo M. Guelleh, sous votre férule et dans ce domaine, bientôt Djibouti va pouvoir rattraper le régime érythréen de votre ancien ami

Lien avec l’article sur le site RSF

Classement mondial de la liberté de la presse 2013 –

Afrique Djibouti (167e)

L’Afrique de l’Est stagne dans les profondeurs du classement, le Mali dégringole

L’Afrique de l’Est, cimetière pour journalistes En Somalie (175ème place, -11), dix-huit professionnels de l’information ont été tués, victimes d’attentats à la bombe ou directement visés dans des assassinats ciblés, faisant de l’année 2012 la plus meurtrière de l’histoire pour la presse de ce pays.

Cet État de la corne de l’Afrique fut en 2012 le deuxième pays le plus dangereux au monde pour les acteurs de l’information après la Syrie. En Érythrée (179ème, dernière place du classement pour la sixième année consécutive), on ne tue pas, mais on laisse mourir, ce qui revient à peu près au même.

La plus grande prison d’Afrique pour les journalistes en renferme au moins une trentaine. Sur les onze incarcérés depuis 2001, sept ont succombé à leurs conditions de détention ou se sont suicidés. Depuis la suspension de la presse privée il y a plus de dix ans, les médias indépendants n’existent pas, sauf en exil, et la terreur règne. L’est du continent est aussi une terre de censure et de répression.

Le Soudan d’Omar el-Béchir, où les confiscations de journaux n’ont pas cessé et où de nombreux journalistes ont été interpellés pendant l’été, reste bien ancré à la 170ème place, parmi les dix derniers pays au classement.

Djibouti (167ème, -8), pays sans presse privée, a détenu, pendant plus de trois mois, un collaborateur du site d’informations La Voix de Djibouti.

Malgré la libération de deux journalistes suédois arrêtés en 2011, l’Éthiopie (137ème) perd dix places en raison de l’application liberticide de la loi anti-terroriste de 2009 et du maintien en détention de plusieurs journalistes locaux.

03/04/2012 (B650) Un lecteur, que nous remercions, nous envoie un article en Anglais paru dans la presse américaine (plus la traduction automatique réalisée avec Google, qui présente certains défauts) // The world’s enduring dictators: Ismael Omar Guelleh, Djibouti

By Joshua Norman



This is an installment in the WorldWatch series, « The world’s enduring dictators, » inspired by events in Tunisia and Egypt, in which CBSNews.com takes a look at the men who continue to rule their lands unimpeded by law. See a complete explanation of the series and a list of others profiled here.



Length of rule: 12 years. Guelleh was anointed as president in 1999 as the handpicked successor to his uncle, Hassan Gouled Aptidon, who had ruled Djibouti since independence 22 years earlier. Gammeh was recently sworn in for a third term as president after he won 80 percent of the vote in a presidential election in April that was largely boycotted by the opposition amid complaints over widespread irregularities.



Most despotic acts: Guelleh’s regime, on occasion, has been accused of arbitrary detentions and torture of opposition members. Prior to April’s elections, the government banned all demonstrations and arbitrarily arrested and prosecuted peaceful protesters and opposition leaders, according to Human Rights Watch. In general, Guelleh’s regime is not accused of some of the more heinous human rights abuses of many of its neighbors, but Djibouti is in general believed to be host to a several kinds of human rights abuses, including: poor prison conditions; denial of fair public trial; interference with privacy rights; restrictions on freedoms of the press, assembly, and association; lack of protection for refugees; corruption; discrimination against women; female genital mutilation; discrimination against persons with disabilities; and restrictions on unions, according to the U.S. State Department.



Outlook for change: Despite the aforementioned protest ban, protesters still tried to gather and demonstrate against Guelleh’s rule. Riot police moved against an estimated 6,000 people at an opposition political rally on Feb. 18, and opposition politicians said five people were killed and dozens wounded. Before his reelection, Guelleh insisted to Agence France Presse that he would not run for a fourth term. Guelleh has done a decent job of parlaying his country’s geographic importance in the fight against terrorism, courting good favor from throughout the Middle East, as well as Djibouti’s former colonial master, France. Additionally, Djibouti is home to the only U.S. military base on African soil. To sum, Guelleh will most likely only leaves office when he feels like it.



Djibouti stats:


  • Population: 757,074; Somali 60 percent, Afar 35 percent, other 5 percent (includes French, Arab, Ethiopian, and Italian); Median Age is 22
  • Constitution and the Rule of Law: Republic; Everyday law based on French civil law system, traditional practices, and Islamic law.
  • Economic Indicators: Overall GDP is $2.1 billion (world rank is 183); Per capita GDP is $2,800 (world rank is 170); unemployment rate of 59 percent (world rank is 194).
  • Press freedom index world rank: 110

_______________________ Traduction en Français (Google)

publiée avec les réserves d’usage



Les dictateurs durables du monde: Ismael Omar Guelleh, Djibouti

Par Joshua Norman



C’est un épisode de la série Worldwatch, «Le monde des dictateurs durables», inspiré par les événements en Tunisie et en Egypte, dans laquelle CBSNews.com jette un regard sur les hommes qui continuent à se prononcer sur leurs terres sans être gênés par la loi. Voir une explication complète de la série et une liste des autres présentés ici.



Longueur de la règle: 12 ans. Guelleh a été oint en tant que président en 1999 comme le successeur trié sur le volet à son oncle, Hassan Gouled Aptidon, qui avait régné sur Djibouti depuis l’indépendance 22 ans plus tôt. Gammeh a été récemment prêté serment pour un troisième mandat en tant que président après avoir remporté 80 pour cent du vote dans une élection présidentielle en Avril qui a été largement boycottées par l’opposition suite à des plaintes plus nombreuses irrégularités.



La plupart des actes despotiques: régime Guelleh, à l’occasion, a été accusé de détentions arbitraires et la torture de membres de l’opposition. Avant les élections d’avril, le gouvernement a interdit toutes les manifestations et d’arrestations arbitraires et de poursuites des manifestants pacifiques et leaders de l’opposition, selon Human Rights Watch. En général, le régime de Guelleh n’est pas accusé d’un des abus les plus odieux des droits de l’homme d’un grand nombre de ses voisins, mais Djibouti est en général considéré comme l’hôte d’un de plusieurs types de violations des droits de l’homme, y compris: les mauvaises conditions carcérales, le refus de la foire procès public; ingérence dans les droits à la vie privée, les restrictions sur les libertés de la presse, de réunion et d’association, le manque de protection des réfugiés, la corruption, la discrimination contre les femmes; les mutilations génitales féminines, la discrimination contre les personnes handicapées et les restrictions sur les syndicats, selon le Département d’Etat américain.



Perspectives pour le changement:



Malgré l’interdiction de protestation ci-dessus, les manifestants ont toujours essayé de rassembler et de manifester contre la règle Guelleh. La police anti-émeute a pris des mesures contre eux. On estime à 6.000 le nombre de personnes à un rassemblement de l’opposition politique, le 18 février, et politiciens de l’opposition a déclaré que cinq personnes ont été tuées et des dizaines de blessés. Avant sa réélection, a insisté Guelleh à l’Agence France Presse qu’il ne courrait pas pour un quatrième mandat. Guelleh a fait un travail décent de propager l’importance géographique de son pays dans la lutte contre le terrorisme, courtiser les bonnes grâces de l’ensemble du Moyen-Orient, ainsi que de Djibouti ancien maître colonial, la France. En outre, Djibouti abrite la seule base militaire étasunienne sur le sol africain. Pour résumer, Guelleh sera très probablement que le bureau des feuilles quand il en a envie.

Djibouti statistiques :



  • Population: 757 074; somalienne de 60 pour cent, 35 pour cent Afar, d’autres 5 pour cent (y compris français, arabe, éthiopien et italien); Âge médian est de 22





  • Constitution et la primauté du droit: République, le droit au quotidien basé sur le système de droit civil français, les pratiques traditionnelles, et la loi islamique.





  • Indicateurs économiques: PIB global est de 2,1 milliards de dollars (rang mondial est de 183); PIB par habitant est de $ 2.800 (rang mondial est de 170); taux de chômage de 59 pour cent (rang mondial est de 194).




  • Liberté de la presse rang mondial indice: 110

29/01/2012 (B641) RSF / Le directeur du Shabelle Media Network assassiné à Mogadiscio

Le directeur du Shabelle Media Network, Hassan Osman Abdi, mieux connu à Mogadiscio sous le nom de « Hassan Fantastic », a été assassiné devant son domicile dans la capitale somalienne, le 28 janvier 2012, à 18 heures 30, a appris Reporters sans frontières par l’intermédiaire de son organisation partenaire en Somalie, l’Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ).

« Hassan Osman Abdi est le premier journaliste tué en 2012 en Somalie, le pays le plus meurtrier d’Afrique pour les journalistes. Nos pensées vont à ses proches et à ses collègues, frappés par un nouveau deuil. Après Bashir Nur Gedi en 2007 et Mukhtar Mohamed Hirabe en 2009, ce journaliste est le troisième directeur du Shabelle Media Network à être assassiné », a déclaré Reporters sans frontières.

« La violence contre les journalistes en Somalie est un fléau entretenu par l’impunité. Il ne fait aucun doute que Hassan Osman Abdi a été délibérément visé. Nous demandons qu’une enquête sérieuse et impartiale permette de retrouver ses meurtriers », a ajouté l’organisation.

Le journaliste a été assassiné par balles alors qu’il revenait de la station. Selon les témoins de la scène, cinq hommes armés lui ont tiré dessus, juste devant son domicile, après l’avoir suivi depuis son bureau.

Radio Shabelle avait récemment dénoncé des cas de corruption au sein du gouvernement somalien.

Né le 1er juillet 1982 dans la Lower Juba Region (extrême-sud de la Somalie), Hassan Osman Abdi avait 29 ans et était père de trois enfants. Il était membre de la NUSOJ à Banadir. Il travaillait pour Radio Shabelle depuis trois ans et était devenu le directeur du Shabelle Media Network – un groupe de presse qui compte une radio, Radio Shabelle, ainsi qu’une chaîne de télévision et un site Internet – le 20 octobre 2011.

Radio Shabelle est la station privée la plus réputée de Somalie et aussi la plus exposée. En décembre 2010, elle avait obtenu le prix Reporters sans frontières pour la liberté de la presse dans la catégorie « Médias » : http://fr.rsf.org/somalie-le-prix-2010-de-la-liberte-de-la-10-12-2010,39001.html

La Somalie figure à la 164e position, sur 179 pays, dans le classement mondial de la liberté de la presse publié le 25 janvier dernier par Reporters sans frontières.

Dans son bilan annuel 2011, l’organisation avait classé Mogadiscio parmi les dix lieux les plus dangereux du monde pour les journalistes.

25/01/2012 (B640) RSF / Djibouti classé à la 159ème position … sur 179 dans le palmarés de la liberté de la presse !

En Afrique, les écarts se creusent entre bons et mauvais élèves

Chutes vertigineuses de pays ayant réprimé des contestations populaires

Si le printemps arabe de 2011 n’a pas débordé en Afrique subsaharienne au point de faire tomber des gouvernements, certains régimes ont fait face à de fortes revendications politiques et sociales. Les journalistes couvrant ces manifestations ont souvent subi de plein fouet la réponse brutale apportée par les forces de police, promptes à réprimer sans discernement et à s’en prendre aux témoins gênants.

Cela a été le cas en Angola (132e) où plusieurs journalistes ont été arrêtés pendant les manifestations, en septembre. Entre l’élection présidentielle de février – marquée par des violences et la surveillance de journalistes – et la répression brutale des "Walk-to-Work protests", plus tard dans l’année, au cours desquelles des dizaines de journalistes ont été interpellés, 2011 restera un mauvais souvenir pour la presse en Ouganda (139e), qui perd 43 places. Pire encore pour le Malawi (146e) qui enregistre la plus forte chute au niveau mondial en perdant 67 places. Pendant l’été, les journalistes ont été victimes de la répression au même titre que les manifestants. Plusieurs reporters ont été arrêtés et malmenés. Du matériel a été cassé. En septembre, l’étudiant et blogueur Robert Chasowa a été retrouvé mort, sans doute assassiné. Les médias qui souhaitent enquêter sur cette affaire sont intimidés. Tout ceci alors que la législation sur la presse s’est fortement durcie en début d’année, entraînant certains partenaires européens à suspendre une partie de leur aide.

Les pays les plus fermés et autoritaires en queue de classement

Pour le contrôle qu’exercent les autorités sur les médias et la liberté d’expression en général, Reporters sans frontières juge la situation "très grave" au Rwanda (156e) et en Guinée équatoriale (161e).

Perdant 49 places, Djibouti (159e) vient s’immiscer entre ces deux pays. Le chef de l’État, Ismael Omar Guelleh, a été réélu début 2011 au terme d’une élection présidentielle jouée d’avance et sans possibilité pour l’opposition de s’exprimer dans les médias. La presse libre n’existe pas, six collaborateurs d’une radio en exil ont été emprisonnés pendant quatre mois, les réseaux sociaux ont été surveillés pour étouffer les contestations.

La présence de la Côte d’Ivoire (159e, ex æquo avec Djibouti) au sein de ce groupe ne doit tromper personne. Dans ce pays, la presse existe là où chez Teodoro Obiang Nguema ou Ismael Omar Guelleh elle n’existe pas, et elle s’exprime là où chez Paul Kagamé cela lui est très difficile.

Mais la Côte d’Ivoire paie un premier semestre 2011 qui fut dramatique pour la presse lorsque la crise postélectorale s’est soldée par des pressions en tout genre sur les rédactions, des actes de violence et les assassinats d’un journaliste et d’un collaborateur des médias. Pendant la bataille d’Abidjan, début avril, il était impossible pour un journaliste de sortir et de traverser la ville.

Insécurité, censure et prison : trois pays d’Afrique de l’Est aux dernières places du continent

Année après année, les professionnels de l’information sont exposés au chaos et à l’anarchie qui règnent en Somalie (164e), pays en guerre, sans gouvernement stable depuis 1991. En 2011, à Mogadiscio, quatre journalistes ont été tués. La pratique de la censure préalable et les suspensions de journaux, auxquelles se sont ajoutés des interpellations de journalistes, des détentions et des mauvais traitements, justifient le très mauvais score du Soudan d’Omar el-Béchir (170e).

Enfin l’Érythrée (179e) occupe pour la cinquième année consécutive la dernière place de ce classement mondial. Ce pays, dictature totalitaire de la corne de l’Afrique, subit l’étouffoir dans lequel le président Issaias Afeworki l’a plongé. Comme les autres libertés, celle d’exprimer son opinion n’existe pas. Une trentaine de journalistes au moins sont emprisonnés, certains depuis plus de dix ans, dans des conditions effroyables.

À l’autre extrême de ce classement, plusieurs pays d’Afrique confirment l’enracinement de leur respect pour la liberté de l’information ou enregistrent des progrès notables.

Le groupe des bons élèves s’élargit

On trouve en 2011 davantage de pays africains dans le top 50 (9 contre 7 l’an passé), de même que dans le top 100 (27 contre 24 en 2010). Le premier État non-européen du classement vient d’Afrique et il fait partie des dix pays au monde les plus respectueux de la liberté de la presse. Il s’agit du Cap-Vert (9e), démocratie en bonne santé, modèle de bonne gouvernance, où l’alternance fait partie de la vie politique, ce qu’a encore prouvé l’élection présidentielle de l’été dernier. Les journalistes y sont pleinement libres et l’accès de toutes les forces politiques aux médias publics est garanti. La Namibie (20e) occupe également une très bonne place, devant le Japon ou le Royaume-Uni par exemple.

Le Botswana (42e), qui enregistre une progression de 20 places, et les Comores (45e), qui gagnent 25 places, se rapprochent du Mali (25e) et du Ghana (41e) – traditionnels moteurs du continent en matière de respect des journalistes.

Une progression spectaculaire et des percées notables

Le Niger (29e) effectue la plus forte progression mondiale avec un bond de 75 places. La presse évolue dans un contexte économique précaire, mais elle est libre et bénéficie d’une législation favorable. Les violations ont presque disparu.

L’amélioration s’observe tant au niveau des mesures concrètes que des symboles. En fin d’année, le président Mahamadou Issoufou, élu au printemps, a été le premier chef d’État à signer la Déclaration de la Montagne de la Table, s’engageant ainsi à promouvoir la liberté de la presse. D’autres chefs d’État pourraient l’imiter, comme par exemple Mohamed Ould Abdel Aziz, président de la Mauritanie (67e). Dans ce pays, l’adoption d’une loi sur la presse électronique, la libéralisation de l’audiovisuel, et un nombre d’incidents limité ont permis de gagner 28 places, une progression qui doit être confirmée.

Plombé en 2010 par le décès en détention du journaliste Bibi Ngota, le Cameroun (97e) regagne une place honorable même si toute la lumière doit encore être faite sur ce drame ainsi que sur le décès, en novembre 2011, du journaliste anti-corruption et correspondant de Reporters sans frontières, Jules Koum Koum. Ce pays a par ailleurs cruellement besoin de réformes : dépénalisation des délits de presse et modernisation de la loi sur la communication. Après sa chute consécutive à la crise de 2009, Madagascar (84e) continue de progresser, mais l’année électorale 2012 sera pleine d’enjeux.

Dans le ventre mou

L’absence d’incidents majeurs pour les médias au Sénégal (75e) permet au pays de gagner 18 places, mais la situation demeure fragile, à un mois d’une élection présidentielle qui s’annonce tendue. Comme au Cameroun, les autorités de Dakar ne se sont toujours pas résolues à protéger les journalistes contre les peines de prison en dépénalisant les délits de presse. En dépit d’un usage abusif de poursuites judiciaires contre les médias, le Liberia (110e) est un pays où la presse peut exercer librement, mais qui perd cette année vingt-six places en raison des suspensions de médias et des agressions de journalistes qui ont émaillé la réélection de la présidente Ellen Johnson Sirleaf, en octobre et novembre, suite au boycott du scrutin par son opposant Winston Tubman.

Enfin, indépendant depuis le 9 juillet 2011, le Soudan du Sud (111e) fait son apparition pour la première fois dans ce classement mondial à une place honorable. Le défi de ce pays est de construire un État solide et viable, dans un environnement régional très instable, tout en garantissant la liberté d’expression. Juba doit absolument éviter de plonger là où ont sombré ses voisins.

Dans le reste du monde

Un classement bouleversé par la répression des mouvements de contestation

La Syrie, le Bahreïn et le Yémen n’ont jamais été aussi mal classés

"Les changements ont été nombreux dans la dixième édition du classement de la liberté de la presse. Changements qui reflètent une actualité incroyablement riche, notamment dans le monde arabe. De nombreux médias ont payé cher la couverture des aspirations démocratiques ou des mouvements d’opposition. Le contrôle de l’information reste un enjeu de pouvoir et de survie pour les régimes totalitaires et répressifs. 2011 illustre également le rôle prépondérant joué par les net-citoyens pour la production et la diffusion de l’information », a déclaré Reporters sans frontières, à l’occasion de la publication de son classement mondial de la liberté de la presse, le 25 janvier 2012.

"‘Répression’ a été le mot de l’année écoulée. Jamais la liberté d’information n’a été autant associée à la démocratie, jamais le travail de journaliste n’a autant gêné les ennemis des libertés. Jamais les actes de censure et les atteintes à l’intégrité physique des journalistes ne semblent avoir été si nombreux. L’équation est simple : l’absence ou la suppression de libertés publiques entraînent mécaniquement celle de la presse. Les dictatures craignent et interdisent l’information, surtout quand elle peut les fragiliser."

"Le trio infernal – composé de l’Érythrée, du Turkménistan et de la Corée du Nord, dictatures absolues où n’existe aucune liberté publique – occupe sans surprise la fin du classement. Il est talonné cette année par la Syrie, l’Iran et la Chine, trois pays qui semblent avoir perdu contact avec la réalité, aspirés qu’ils sont dans une folle spirale de terreur ; mais également le Bahreïn, le Viêt-nam, régimes d’oppression par excellence. D’autres pays, comme l’Ouganda et le Bélarus se sont également enfoncés davantage dans la répression."

"Le classement 2011-2012 voit toujours en tête le même socle de pays – Finlande, Norvège, Pays-Bas, etc. – respectueux des libertés fondamentales, nous rappelant à la fois que l’indépendance de la presse ne peut être préservée que dans les démocraties fortes et que la démocratie se nourrit de la liberté de la presse. Il est à noter l’entrée du Cap-Vert et de la Namibie dans les vingt pays les mieux classés, deux pays africains où aucune entrave au travail des journalistes n’a été recensée en 2011", a ajouté Reporters sans frontières.

Les mouvements de contestation

Le monde arabe a été moteur de l’histoire en 2011 avec un bilan pour l’instant contrasté des évolutions politiques. Aux antipodes, la Tunisie et le Bahreïn. La Tunisie (134e) progresse de 30 places et accouche dans la douleur d’un régime démocratique qui ne donne pas encore une place entière à une presse libre et indépendante. Le Bahreïn (173e) perd 29 places en raison de l’implacable répression des mouvements démocratiques, des procès en série des défenseurs des droits de l’homme, du verrouillage de tout espace de liberté.

Si la Libye (154e) a tourné la page de l’ère Kadhafi, le Yémen, en proie à des violences entre l’opposition et les partisans du président Ali Abdallah Saleh, stagne en 171e position.

Ces deux pays présentent un futur incertain ; la question de la place accordée à la presse y reste en suspens. Tout comme en Égypte qui perd 39 places (166e) et où les espoirs des démocrates ont été déçus par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis février 2011, qui n’a pas mis fin aux pratiques en vigueur sous la dictature d’Hosni Moubarak. Le pays a par ailleurs connu trois épisodes – en février, novembre et décembre – d’une rare violence à l’égard des journalistes.

Déjà très mal classée en 2010, la Syrie s’enfonce un peu plus dans le classement (176e) : censure absolue, surveillance généralisée, violences aveugles et manipulations du régime ont rendu impossible le travail des journalistes.

Dans d’autres régions du monde, certains mouvements démocratiques ont cherché à s’inspirer de l’exemple arabe mais se sont heurtés à une répression féroce. Le Viêt- nam (172e) a multiplié les arrestations. Le régime chinois (174e), rendu fébrile par des contestations régionales ou locales, par l’impatience de la population face à certains scandales et injustices, a renforcé son système de contrôle de l’information, multiplié les détentions extrajudiciaires, durci la censure du Net. Violences, menaces et interpellations ont explosé en Azerbaïdjan (162e), où le régime autocratique d’Ilham Aliev n’a pas hésité à jeter des net-citoyens en prison, à faire enlever des journalistes d’opposition et à se fermer aux médias étrangers pour imposer le black-out sur la contestation.

L’Ouganda (139e), sous la houlette de son Président, Yoweri Museveni, a lancé une vague de répression sans précédent contre les mouvements d’opposition et la presse indépendante suite aux élections de février 2011. De même, le Chili (80e) perd 47 places en raison des nombreuses atteintes à la liberté d’informer, très souvent commises par les forces de l’ordre, constatées dans le contexte des protestations étudiantes. Les États-Unis (47e) doivent également leur chute (-27 places) aux nombreuses arrestations de journalistes couvrant les cortèges d’Occupy Wall Street.

Plusieurs pays européens décrochent du reste du continent

Le classement accentue le décrochage de certains pays européens avec le reste du continent. La répression de la contestation à la réélection du président Loukachenko vaut au Bélarus de perdre 14 places (168e). À l’heure où elle s’affiche comme un modèle régional, la Turquie (148e, -10 places) opère un grand retour en arrière. Loin des réformes promises, la justice a lancé des rafles de journalistes d’une ampleur inédite depuis le régime militaire.

Au sein de l’Union européenne, le classement traduit une certaine stagnation de la situation, toujours marquée par une coupure nette entre les pays traditionnellement bien notés (Finlande, Pays-Bas) et ceux comme la Bulgarie (80e), la Grèce (70e) et l’Italie (61e) qui ne résolvent pas leurs problèmes d’atteintes de liberté de la presse, essentiellement par absence de volonté politique en la matière. La France, elle, progresse peu, passant de la 44e à la 38e place. Tout comme l’Espagne (39e) et la Roumanie (47e). La liberté de la presse est plus que jamais un défi à relever dans la péninsule balkanique, prise entre le désir d’intégration européenne et les effets délétères de la crise économique.

La pérennisation de la violence

Plusieurs pays sont marqués par une culture de la violence à l’égard de la presse qui s’est durablement implantée. Il sera difficile d’inverser la tendance sans une lutte efficace contre l’impunité. Le Mexique et le Honduras figurent respectivement à la 149e et 135e position. Le Pakistan (151e) est pour la deuxième année consécutive le pays le plus meurtrier pour les journalistes.

La Somalie (164e), en guerre depuis une vingtaine d’années, ne laisse entrevoir aucune issue à une situation de chaos où les journalistes paient un lourd tribut.

En Iran (175e), la répression et l’humiliation des journalistes ont été érigées depuis de nombreuses années en culture politique du pouvoir. Le régime se nourrit de la répression des médias. L’Irak (152e) perd 22 places et se rapproche de façon inquiétante de sa position de 2008 (158e).

Des variations notables

Le Soudan du Sud, jeune nation qui fait face à de nombreux défis, fait son entrée dans le classement à une position honorable (111e) pour cette émanation d’un des pays les plus mal classés, le Soudan (170e). La Birmanie (169e) est légèrement mieux notée que les années précédentes, suite aux changements politiques survenus ces derniers mois et qui suscitent quelques espoirs, toutefois à confirmer. Le Niger (29e) enregistre la plus grosse progression dans le classement avec 75 places gagnées grâce à une transition politique réussie.

C’est également sur le continent africain qu’on comptabilise les chutes les plus importantes : Djibouti, discrète petite dictature de la corne de l’Afrique, perd 49 places (159e). Le Malawi (146e) perd 67 places en raison de la dérive totalitaire de son Président, Bingu Wa Mutharika. Cité plus haut, l’Ouganda (139e) perd 43 places. Enfin, la Côte d’Ivoire chute de 41 places (159e) en raison du conflit entre les camps de Laurent Gbagbo et d’Alassane Ouattara qui a durement touché la presse.

En Amérique latine, la chute la plus sensible concerne le Brésil (99e, -41 places), en raison d’une insécurité élevée qui s’est notamment traduite par la mort tragique de trois journalistes et blogueurs.

21/12/2011 (B635) Nouveaux rebondissements dans l’affaire Borrel. La presse audio et écrite est unanime à citer le nouveau témoignage qui prouverait que l’Armée était au courant de l’assassinat dès le premier jour. (A écouter / télécharger)

__________________________ Note de l’ARDHD

Il ne servirait à rien de reprendre tous les articles publiés aujourd’hui dans l’intégralité de la presse.

Nous nous limiterons à des extraits de 1°) France Culture, 2°) de France-Info et 3°) du Monde.

Le nouveau témoignage de ce militaire qui était en poste à Djibouti en 1995 confirmerait que l’Armée française qui écoutait les services de Gendarmerie djiboutien a été informée de l’assassinat (et non du suicide) du juge dans les premières heures de la matinée …

Sans que son témoignage, à notre connaissance, ne permette de désigner de nouvelles culpabilités, il pose des questions sur l’attitude des autorités françaises qui ont maintenu la thèse du suicide pendant tant d’années, soit jusqu’en 1997, quand M Sarkozy a reçu Mme Borrel, ses enfants et ses avocats à l’Elysée.

A l’époque il lui avait promis la déclassification des documents classés « secret défense ». Or Mme Borrel n’a obtenu que quelques documents datés, semble-t-il, de 1997 et au-delà. Aujourd’hui, elle réclame la déclassification de tous les documents relatifs à cette affaire de 1994 à 1997 …

Nous continuons à la soutenir dans son combat légitime. Ce nouveau témoignage confirme la légitimité de son combat depuis les premières semaines qui ont suivi le décès de son époux, jusqu’à ce jour, en dépit des obstacles qui lui avaient été imposés, des autopsies trompeuses du Docteur Dominique Leconte et des « illuminations » de Me M-P Morrachini. En dépit aussi des pressions exercées contre elle et des allégations diffamatoires à son encontre et à celle de son mari.

____________________________ 1°) France culture

Exclusif : du nouveau dans l’affaire du juge Bernard Borrel

C’est une information que l’on doit à Laure de Vulpian. Un témoignage que notre consoeur a recueilli renforce la thèse selon laquelle le juge Bernard Borrel a été assassiné.

Le corps du magistrat a été retrouvé le 19 octobre 1995 en contrebas d’un ravin, à 80 km de Djibouti. Les autorités françaises ont pendant des années privilégié la piste du suicide.

Des révélations aujourd’hui qui fragilisent encore un peu plus la thèse officielle.

Une affaire également évoquée ce mardi dans Les Matins par Olivier Morice, avocat d’Elisabeth Borrel, la veuve du juge.

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______________________________ 2°) France-Info

Assassinat du juge Borrel : l’armée française savait dès 1995

L’enquête française avait d’abord privilégié le suicide, avant de retenir la thèse de l’assassinat. Sa veuve réclame toujours la déclassification des documents secret défense, promise pourtant par Sarkozy en 2007.

L’Etat français savait depuis le début que le juge Borrel avait été assassiné, se révolte sa veuve, Elisabeth Borrel qui réclame la déclassification des documents classés secret défense.

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C’est une affaire qui a empoisonné pendant des années les relations entre Paris et Djibouti, son ancienne colonie : la mort du juge Bernard Borrel, magistrat détaché à Djibouti. Son corps est retrouvé, en partie carbonisé, le 19 octobre 1995. Dans un premier temps, l’enquête française parle de suicide, avant de se raviser et de pencher pour l’assassinat.

Or il se trouve que l’on aurait pu gagner pas mal de temps… Car l’armée française savait dès le début que le magistrat avait été assassiné.

Selon le témoignage d’un appelé de l’époque, qui l’a raconté à la juge Sophie Clément, en juillet dernier, l’armée française avait intercepté des communications de la police djiboutienne qui faisaient état d’un Français immolé par le feu. Selon ce témoin, la Prévoté – le détachement de la gendarmerie – est alors intervenue. Catégorique, l’appelé estime qu’il y a « forcément une trace » de tout ça, « sauf si elle a été délibérément supprimée ».

Un nouveau témoin éclaire d’un jour nouveau l’affaire Borrel. Laure de Vulpian

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Après ce témoignage, la veuve du juge demande à nouveau la déclassification de tous les documents secret défense relatifs à la mort de son mari. « Le chef de l’Etat m’avait assuré en 2007 que le secret-défense serait levé. Or rien n’a été fait. Il faut que tous les documents datés d’avril 1994 à 1997 soient déclassifiés », martèle Elisabeth Borrel. Histoire de mettre un peu la pression sur Nicolas Sarkozy, qui recevait cet après-midi le président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh

________________________________ 3°) Le Monde

Selon un militaire, l’armée française savait dès 1995 que le juge Borrel a été assassiné

Le juge Borrel a été retrouvé mort en 1997, à Djibouti, début du combat judiciaire de sa veuve Elisabeth Borrel, qui depuis veut prouver qu’il a été assassiné.

Détaché en avril 1994 de ses fonctions de procureur de Lisieux pour un poste de conseiller technique à Djibouti, où il travaillait au ministère de la justice, Bernard Borrel a été retrouvé, en partie carbonisé, en bas d’une falaise. Depuis, la justice n’a jamais tranché : s’agit-il d’un suicide ou d’un assassinat ?

Bernard Borrel a été assassiné et l’armée française le savait. C’est ce qu’aurait déclaré, devant la juge française en charge de l’affaire, Sophie Clément, un ancien militaire français, en mission à Djibouti entre 1995 et 1997, rapporte la journaliste Laure de Vulpian, de France Culture.

« IL A ÉTÉ TUÉ ET DES MILITAIRES ÉTAIENT AU COURANT »

A en croire Fabrice Paraschos, chauffeur au détachement autonome de transmission de l’armée française à Djibouti, « c’est-à-dire aux ‘grandes oreilles’ de l’armée qui écoutent, en ce qui concerne l’Afrique de l’Est, toute intrusion sur le territoire djiboutien », il n’ y a pas de doute possible. « Aujourd’hui je peux donc affirmer que M. Borrel ne s’est pas suicidé. Il a été tué et des militaires étaient au courant », a-t-il déclaré devant Mme Clément, en juillet dernier.

« Un jour, j’ai entendu dire au centre qu’un homme avait été immolé par le feu par des personnes du nord du territoire à l’aide de jerricanes d’essence. C’était un Français qui avait été brûlé non loin du Goubet. C’était dans la ville d’Arta », a-t-il déclaré à la juge. Or, le corps de M. Borrel a été retrouvé non loin du Goubet, le 19 octobre 1995.

Tandis qu’il n’était pas « censé entendre les écoutes », M. Paraschos dit avoir été informé de la découverte du corps « vers 11 heures-midi ». « C’était une information provenant de la surveillance des communications internes de la police djiboutienne », précise-t-il, avant d’assurer qu' »il y a forcément une trace » de l’écoute de la police djiboutienne « sauf si elle a été délibérément supprimée ».

SECRET-DÉFENSE

M. Pascharos n’est pas le premier à affirmer que l’armée française était informée de la découverte du corps, mais il vient détailler les circonstances de l’obtention de cette information.

Il n’est pas le premier non plus à contredire la version des faits établie dans les premières semaines ayant suivi l’affaire par les autorités djiboutiennes. Sans mener d’autopsie, elles ont de suite défendu la version du suicide après une déception amoureuse.

Une version, à l’époque, relayée par les autorités françaises. Une version à laquelle n’a jamais cru sa veuve, Elisabeth Borrel, elle aussi magistrate, qui depuis 1996 mène un combat judiciaire pour connaître les circonstances exactes du décès de son mari.

Depuis près de quinze ans, Mme Borrel, défendue par Me Olivier Morice, mène un intense combat judiciaire.

Ne croyant pas à la thèse du suicide, Mme Borrel porte plainte en France pour assassinat, dès 1997. Depuis le dossier Borrel est devenu un véritable imbroglio judiciaire, aux multiples ramifications, dépassant le cadre de l’assassinat pour celui de l’affaire d’Etat.

Si l’enquête française menée à Paris par la juge Sophie Clément privilégie désormais la thèse criminelle, à Djibouti, on fait tout pour minimiser l’affaire et accéder aux pièces de l’instruction. C’est que dans ce pays, où l’armée française possède sa base militaire la plus importante à l’étranger, certaines voix ont accusé le président Omar Guelleh d’avoir commandité ce meurtre. Des témoignages, dont celui de l’ex-membre de la garde présidentielle Mohamed Saleh Alhoumekani, mettent, en effet, directement en cause le président Guelleh et son entourage.

« SI LE DOSSIER NE VA PAS JUSQU’AU BOUT, L’ÉTAT FRANÇAIS L’AURA ÉTOUFFÉ »

En 2006, Mme Borrel écrit un livre, intitulé Un juge assassiné, dans lequel elle soupçonne le régime djiboutien d’avoir commandité l’assassinat de son mari et les autorités françaises d’avoir voulu étouffer l’affaire au nom de la raison d’Etat et de la protection de ses relations avec Djibouti.

« Si le dossier ne va pas jusqu’au bout, c’est que l’Etat français l’aura étouffé », déclarait en février 2005 au Monde l’avocat de Mme Borrel, Me Olivier Morice, l’actuel avocat des familles de victimes de l’attentat de Karachi.

Après la publication de ce nouveau témoignage, qui vient accréditer sa thèse, la veuve du juge Borrel demande à nouveau que tous les documents classés secret-défense relatifs à la mort de son mari soient déclassifiés. « Le chef de l’Etat [Nicolas Sarkozy] m’avait assuré en 2007 que le secret-défense serait levé. Or rien n’a été fait. Il faut que tous les documents datés d’avril 1994 [date d’arrivée du juge à Djibouti] à 1997 soient déclassifiés », a-t-elle réagi.

Hasard du calendrier, le témoignage de M. Pascharos est rendu public alors que le président Nicolas Sarkozy doit s’entretenir, mercredi 21 décembre, à Paris avec son homologue djiboutien Ismaël Omar Guelleh, et tenter de réchauffer des relations diplomatiques, empoisonnées depuis près de quinze ans par le fantôme du juge Borrel.

10/02/11 (B590-B) Flash Info : Al Jazeera « persona non grata » à Djibouti – Décidément le dictateur applique les 5 règles de base d’une bonne dictature, telles que nous les avions diffusées il y a quelques jours en reprenant un article humoristique publié par Leposte.fr.(ARDHD)

___ Retrouver l’article sur les 5 règles de base du parfait dictateur :
Lien avec notre article, extait sur site Lepost.fr), que nous vous rappelons pour mémoire : « Censurer la Presse Locale et Internationale », « Couper les Communications Cellulaires », « Imposer un Couvre Feu », « Censurer la toile et les Réseaux Sociaux », et « Avoir la confiance de l’armée ».

_________________________ AlJazeera refoulé par deux fois !!

On vient de nous informer qu’une équipe d’AlJazeera a été interdit de pénétrer sur le territoire djibotuien à deux reprises : une première fois à l’aéroport de Djibouti et une deuxième fois au poste frontière de Loyada.

Guelleh applique la première règle : censurer la presse locale (déjà fait depuis longtemps, puisqu’il n’y en a plus) et la presse internationale (ce refoulement d’une équipe d’AlJazeera le confirme…)

Et la presse française ? Pas besoin de la refouler !
Il est probable que le représentant local de l’AFP tienne bien les choses en main, pour éviter que les atrocités commises par le régime et les atteintes aux droits de l’homme ne s’ébruitent.

Pas de grande inquiétude à avoir de toutes les façons ! La presse française dans son ensemble (à quelques exceptions près que nous saluons : Libération, !Nouvel Obs et France 24, entre autres) s’auto-censure. Elle ne diffuse aucune information sur la situation alarmante et probablement « pré-explosive » sur le terrain. Pas de bruit, pas de problème

Et pourtant ce n’est pas faute d’envoyer régulièrement des informations, de la part de l’ARDHD, du GED et certainement d’autres mouvements.

La Loi du Silence médiatique s’applique pour Djibouti.

On ne peut pas s’empêcher de penser qu’il y pourrait y avoir des instructions ou des pressions « amicales » qui seraient exercées par les plus hauts niveaux du régime français …. (A suivre)

22/07/10 (B561) LDDH :Les autorités burundaises se doivent de libérer Jean-Claude Kavumbagu.



Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION DU 21JUILLET 2010

Les autorités burundaises se doivent de libérerJean-Claude Kavumbagu, un journaliste arrêté pour trahison le 17 juillet, déclarent aujourd’hui le Comité pour la protection des journalistes, l’East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project (le Projet des défenseurs des droits de l’homme de l’Est et de la Corne de l’Afrique) et Human Rights Watch.

L’arrestation porte atteinte au
droit à la liberté d’expression de ce journaliste, affirment les trois
organisations.

« que « l’inquiétude était réelle à Bujumbura et tous ceux qui ont appris [les
attentats] hier
à Kampala étaient convaincus que si les miliciens Shebbab voulaient tenter
"quelque chose" dans notre pays, ils réussiraient avec une facilité
déconcertante tellement nos forces de défense et de sécurité brillent plus par leur capacité à
piller et à tuer leurs compatriotes qu’à défendre notre pays ».

Article de KAVUMBAGU

Pour publication immédiate
Burundi : trois organisations demandent la libération d’un journaliste détenu
pour trahison

Les autorités burundaises se doivent de libérer
Jean-Claude Kavumbagu, un journaliste arrêté pour trahison le 17 juillet,
déclarent aujourd’hui le Comité pour la protection des journalistes, l’East and
Horn of Africa Human Rights Defenders Project (le Projet des défenseurs des
droits de l’homme de l’Est et de la Corne de l’Afrique) et Human Rights Watch.
L’arrestation porte atteinte au droit à la liberté d’expression de ce
journaliste, affirment les trois organisations.

Kavumbagu, rédacteur en chef de Net Press, un journal en ligne, aurait été
arrêté en raison d’un article publié le 12 juillet dans lequel il critiquait les
forces de sécurité burundaises et mettait en doute leur capacité à défendre le
pays contre une éventuelle attaque. L’article faisait suite aux attentats
perpétrés le 11 juillet à Kampala, en Ouganda, et aux menaces proférées par le
groupe d’insurgés somaliens Shebbab contre le Burundi du fait de la présence de
troupes burundaises au sein de la mission de l’Union africaine en Somalie
(AMISOM).

« L’arrestation de Kavumbagu marque un recul considérable pour la liberté
d’expression au Burundi », a déclaré Rona Peligal, directrice de la division
Afrique de Human Rights Watch. « Sa détention prolongée et les poursuites dont
il fait l’objet font l’effet d’une douche froide, laissant entendre qu’aucune
critique des forces de sécurité n’est tolérée.

Les poursuites devraient être
abandonnées sur-le-champ. »

Dans son article, Kavumbagu écrivait que « l’inquiétude était réelle à Bujumbura
et tous ceux qui ont appris [les attentats] hier à Kampala étaient convaincus
que si les miliciens Shebbab voulaient tenter "quelque chose" dans notre pays,
ils réussiraient avec une facilité déconcertante tellement nos forces de défense
et de sécurité brillent plus par leur capacité à piller et à tuer leurs
compatriotes qu’à défendre notre pays ».

Les autorités accusent Kavumbagu de trahison au sens de l’article 570 du code
pénal burundais, qui interdit à tout Burundais « en temps de guerre [de
participer] sciemment à une entreprise de démoralisation de l’Armée ou de la
Nation ayant pour objet de nuire à la défense nationale ».

La trahison est punie
d’un emprisonnement à perpétuité.

Les autorités n’ont fourni à l’avocat de Kavumbagu aucune explication sur la
manière dont son article aurait pour objet de nuire à la sécurité nationale.
Elles n’ont pas non plus déclaré explicitement que le Burundi se trouve « en
temps de guerre » pour justifier le chef d’inculpation de trahison telle que
définie dans le code pénal. L’avocat de Kavumbagu n’était pas présent lors de
son interrogatoire.

« Le dynamisme de la presse burundaise est mis à mal chaque fois que les
autorités s’en prennent à des journalistes pour la simple raison qu’ils émettent
une opinion provocatrice ou impopulaire parmi les instances gouvernementales »,
a déclaré Tom Rhodes, consultant Afrique de l’Est pour le Comité pour la
protection des journalistes.

« Il est impératif que le gouvernement inverse
cette tendance. »

Au moment de l’inculpation de Kavumbagu, le magistrat a ordonné sa détention
provisoire, sans aucune explication. En vertu de l’article 71 du code de
procédure pénale du Burundi, la détention préventive ne peut être ordonnée que
si elle constitue l’unique moyen de conserver les preuves, de préserver l’ordre
public, de protéger l’inculpé, de mettre fin à l’infraction ou de prévenir son
renouvellement, ou de garantir le maintien de l’inculpé à la disposition de la
justice.

Le Comité pour la protection des journalistes, l’East and Horn of Africa Human
Rights Defenders Project et Human Rights Watch
ont déclaré que les critiques
émises par Kavumbagu concernant les forces de sécurité constituent un discours
protégé par le droit international qui ne devrait pas être passible de sanctions
pénales. En vertu du Pacte international relatif aux droits civils et
politiques, dont le Burundi est partie, les limitations à la liberté
d’expression pour des raisons de sécurité nationale doivent être prévues par la
loi et strictement nécessaires et proportionnelles à l’objectif recherché.

Les Principes de Johannesburg relatifs à la sécurité nationale, à la liberté
d’expression et à l’accès à l’information, formulés par des experts de la
liberté d’expression en 1996 et approuvés par le Conseil des droits de l’homme
des Nations Unies, prévoient que toute loi qui restreindrait la liberté
d’expression « doit être accessible, sans ambigüités, écrite de manière précise
et étroite de façon à permettre aux individus de savoir si une action précise
est illégale ».

Par ailleurs, « [n]ul ne peut être puni pour avoir critiqué ou
insulté la nation, l’État ou ses symboles, le gouvernement, ses institutions ou
ses fonctionnaires à moins que la critique ou l’insulte ne soit destinée à
inciter à la violence imminente ».

« Jean-Claude Kavumbagu doit être libéré sur-le-champ », a déclaré Hassan Shire
Sheikh, directeur exécutif de l’East and Horn of Africa Human Rights Defenders
Project. « La situation sécuritaire tant au Burundi qu’en Afrique de l’Est en
général ne peut servir de prétexte pour porter atteinte aux principes
fondamentaux de la liberté d’expression ou pour faire reculer les efforts de
décriminalisation du délit de presse à travers le monde. »

Contexte
Kavumbagu a été arrêté vers midi le 17 juillet par le colonel David Nikiza, qui
s’était rendu à son bureau muni d’un mandat d’amener délivré par le bureau du
procureur de Bujumbura. Kavumbagu a été conduit devant un magistrat pour être
interrogé.

L’interrogatoire a principalement porté sur un article de Kavumbagu dans lequel
il affirmait que le Burundi était vulnérable aux miliciens Shebbab. Le jour de
la parution de l’article, Sheikh Ali Mohamed Raghe, du mouvement Shebbab, a
déclaré aux journalistes que le Burundi serait attaqué s’il ne retirait pas ses
forces de Somalie.

Au bout de deux heures d’interrogatoire, Kavumbagu a été inculpé de trahison et
immédiatement transféré à la prison de Mpimba, à Bujumbura.
Des organisations médiatiques du Burundi et de la région, dont l’Union
burundaise des journalistes et l’Association des journalistes de l’Afrique de
l’Est, ont condamné cette arrestation.

Le Burundi est souvent reconnu pour le dynamisme de ses médias, qui comprennent
plus d’une douzaine de stations de radio privées, une chaîne de télévision
privée et plusieurs journaux, dont beaucoup expriment des opinions critiques à
l’égard du gouvernement.

Des journalistes y ont cependant été arrêtés de manière
arbitraire, harcelés ou menacés à de nombreuses reprises.

En avril 2006, trente journalistes avaient été brièvement détenus par la police
lors d’une conférence de presse organisée chez un ancien député. En juin 2006,
Aloys Kabura, de l’Agence burundaise de presse, avait été condamné à cinq mois
d’emprisonnement pour diffamation après avoir remis en cause, au cours d’une
conversation privée dans un bar, le comportement de la police lors des
événements d’avril. En novembre 2006, trois autres journalistes – Serge Nibizi
et Domitille Kiramvu de la Radio Publique Africaine et Mathias Manirakiza de
Radio Isanganiro – avaient tous été détenus pour atteintes présumées à la
sécurité nationale du pays. Ils ont été jugés et acquittés en janvier 2007.

Kavumbagu a déjà été arrêté à cinq autres reprises.

La dernière fois, qui
remonte à 2008, il a été mis en détention provisoire pendant sept mois pour
diffamation après avoir publié un article accusant le Président Pierre
Nkurunziza d’avoir détourné des fonds publics lors des Jeux olympiques de 2008
en Chine. Kavumbagu a été jugé et acquitté en mars 2009, bien que le procureur
ait fait appel contre son acquittement, et ce dossier n’a toujours pas été clos.

Ces derniers mois, plusieurs journalistes burundais ont été battus ou menacés
par la police ou des militants de partis politiques alors qu’ils couvraient les
élections. Dans d’autres cas, des défenseurs des droits de l’homme, dont des
membres de trois organisations burundaises, à savoir l’Association pour la
protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), le Forum pour
le renforcement de la société civile (FORSC) et l’Observatoire de lutte contre
la corruption et les malversations économiques (OLUCOME), ont été menacés ou
soumis à une surveillance après avoir critiqué le gouvernement.

Une chercheuse de Human Rights Watch, Neela Ghoshal, a été expulsée du Burundi
en mai dernier suite à la publication par Human Rights Watch d’un rapport sur la
violence préélectorale. Le gouvernement a estimé que le rapport avait pour
objectif de dénigrer l’image des forces de sécurité.

Pour consulter d’autres communiqués et rapports de Human Rights Watch sur le
Burundi, veuillez suivre le lien :
http://www.hrw.org/fr/africa/burundi

Pour en savoir davantage sur les travaux menés au Burundi par le Comité pour la
protection des journalistes, veuillez consulter :
http://cpj.org/africa/burundi/

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :

À Nairobi, pour le Comité pour la protection des journalistes,
Tom Rhodes
(anglais) : +254-715-822-165

À Kampala, pour l’East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project,
Laetitia Bader (anglais, français) : +256-(0)-775-141-756 (portable)

À Kampala, pour Human Rights Watch, Neela Ghoshal (anglais, français) :
+256-718-705-903 (portable)

À New York, pour Human Rights Watch, Rona Peligal (anglais) : +1-212-216-1232 ;
ou +1-917-363-3893 (portable)

À Washington, pour Human Rights Watch, Jonathan Elliott (anglais, français) :
+1-917-379-0713 (portable)