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18/10/05 (B320) L’attitude du MRD et de DAF dans l’affaire du procès sont incompréhensibles et inacceptables. Nous avons été floués ! (Lecteur)

Tout d’abord, je tiens à vous assurer de mon soutien.



Ensuite, laissez moi vous faire part de mon sentiment de honte vis à vis de
DAF et du MRD.

Oui, j’ai honte de cet incroyable revirement et surtout de ce lachage.

Leur comportement est tellement incompréhensible que je ne trouve plus de
mot pour le définir.

Faut croire que la bétise humaine n’a pas de limite.

Qu’est ce qui est demandé à DAF dans cette affaire si ce n’est de combattre
le système d’IOG et ainsi d’apporter son soutien au peuple Djiboutien ?

Comment se fait-il que quelqu’un sur lequel misait pas mal de Djiboutiens se
débine ainsi et sans explications ?

A quoi donc rimaient toutes ces manifestations à BRUXELLES??????????????

J’y ai moi même participé.

De la poudre aux yeux, hélas

En tout cas la Communauté Djiboutienne de BELGIQUE sait à quoi s’en tenir
maintenant.

Ce qui définit un homme politique, c’est sa capacité à faire face à ses responsabilités.

DAF et le MRD nous ont prouvé le contraire.

Je ne peux pas croire que ce monsieur va continuer à se balader dans les

rues de Bruxelles alors qu’un Procès dont les conséquences peuvent être

décisives se déroule à PARIS.

Je vous promets que si je le croise, je lui pose la question.

Pour conclure, je vous réitère mon soutien le plus absolue (c’est tout ce
que je peux faire à mon niveau) et vous souhaite bonne chance.

A défaut d’opposition(a part les temoins que vous avez cités) claire nous
comptons sur vous.

Le jour viendra…….



Un lecteur floué de BRUXELLES



17/10/05 (B320) CISL : rapport 2004 sur les violations syndicales commises dans le monde.

L’embargo sur le rapport tombe ce lundi soir à minuit. Nous publierons aussitôt la partie qui concerne Djibouti et qui est fort instructive et franchement extrêmement critique … Déjà en 2004. Mais les forces de répression du régime à l’encontre des salariés ont accéléré le rythme depuis septembre 2005, ce qui est confirmé par les nombreux communiqués émis par la CISL.

18/10/05 (B320) LDH Toulon : il y a dix ans, le juge Bernard Borrel disparaissait.

lundi 3 octobre 2005

Bernard Borrel, magistrat français, a été assassiné le 19 octobre 1995 à Djibouti ; par crainte de perdre une base militaire française, tout a été tenté pour maquiller ce crime en suicide ; depuis 10 ans, pressions et manipulations se sont multipliées pour faire obstacle à la vérité ; seuls le courage et la détermination d’Elisabeth Borrel ainsi que les soutiens reçus ont évité que ce dossier ne soit définitivement enterré.

A l’initiative d’ Elisabeth Borrel, de sa famille et du syndicat de la magistrature, une conférence de presse, précédée de la projection d’un film réalisé par Canal plus et suivie d’un débat, aura lieu le 19 octobre 2005.

 

L’ÉNIGME BORREL
par Gérard Davet, Le Monde du 3 février 2005

Suicide ou assassinat ? La mort d’un juge français, en 1995, à Djibouti, garde sa part de mystère et pèse sur les relations entre ce pays et la France

Un rire nerveux ponctue ses phrases, mais il ne faut guère s’y fier : Elisabeth Borrel, 47 ans, n’a plus le coeur à rire. Le temps lui manque. Elle lutte contre un cancer, et tente d’élever seule ses deux fils, âgés de 17 et 14 ans. Simple juge d’instance toulousaine, à ses heures perdues, elle guerroie contre deux Etats, la France et la République de Djibouti, bien décidée à faire admettre à tous que son mari, Bernard Borrel, magistrat détaché à Djibouti en 1994, est mort assassiné le 18 octobre 1995.

« Assassiné », répète-t-elle, et non, comme l’indique la thèse officielle, « suicidé », à 80 km de Djibouti, au pied d’une falaise, en s’immolant par le feu. « J’irai jusqu’au bout, assure Mme Borrel. On m’a enlevé mon mari, mon pays, mon métier. Il ne me reste plus rien. On s’aimait, on aimait la justice. Bernard valait bien mieux que tous ceux qui l’ont utilisé. Et maintenant, je veux la vérité. Pas une vérité relative, une vérité absolue… »

La recherche de cette « vérité absolue » vire aujourd’hui à l’affaire d’Etat sur fond de crise diplomatique. Pour avoir consacré un dossier à l’histoire du juge Borrel, Radio France internationale (RFI) a vu ses émissions interrompues à Djibouti le 14 janvier. Six coopérants français ont été expulsés dans la foulée par les autorités locales, irritées par des articles de presse parus sur ce sujet. A Paris, l’Elysée ne cache plus ses inquiétudes, car 12 000 Français vivent à Djibouti ; 2 700 soldats de la plus grande base militaire française en Afrique y sont également casernés. Au-delà, une crise avec Djibouti compliquerait les relations, déjà difficiles, entre la France et le continent noir. Le dossier ivoirien est au point mort, l’Angola fait des misères à Total depuis l’affaire Falcone, et le Quai d’Orsay s’attend à ce que le Rwanda réagisse fortement aux conclusions du juge Jean-Louis Bruguière, chargé d’enquêter sur la responsabilité de Paul Kagamé (actuel chef de l’Etat) dans l’attentat du 6 avril 1994, contre l’avion de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana.

En avril 2004, Jacques Chirac avait déjà dû se fendre d’un appel téléphonique à Ismaël Omar Guelleh, son homologue djiboutien, afin de le rassurer sur les intentions françaises. Mais comment lui faire comprendre que les juges d’instruction, en France, oeuvrent en toute indépendance ? « Le mensonge s’installe, c’est une manipulation de l’opinion, s’exclame Me Francis Szpiner, l’avocat de la République djiboutienne. Mme Borrel voudrait la vérité sur un homme courageux tué par la raison d’Etat. Mais, à ce jour, je ne sais toujours pas si le magistrat a été tué ou s’il s’est suicidé. »

A quelques semaines de l’élection présidentielle, prévue en avril, le président Guelleh ne supporte plus les mises en cause répétées de son administration. Il a très mal vécu le fait que la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles ordonne, le 10 janvier, l’audition du chef des services secrets de son pays, Hassan Saïd, dans une affaire connexe de subornation de témoins. M. Guelleh avait très mal compris, également, la position de la juge Sophie Clément, chargée du dossier Borrel. Dans un courrier du 17 septembre 2004, elle expliquait que le défunt avait été en relation avec son collègue français Roger Le Loire, chargé d’enquêter sur l’attentat du Café de Paris, en 1990 (1 mort, 14 blessés). « Il a été retrouvé dans les documents de M. Borrel copie d’une commission rogatoire internationale délivrée par M. Le Loire et annotée de la main de Bernard Borrel, écrivait-elle. […] Or les policiers chargés de l’enquête sur le Café de Paris ont mis au jour l’hypothèse d’une manipulation de l’enquête par les services spéciaux djiboutiens dirigés [à l’époque] par Ismaël Omar Guelleh. »

La juge Sophie Clément s’appuyait en outre sur un document de la DGSE, déclassifié, daté du 21 janvier 2000, qui faisait état des déclarations de deux témoins djiboutiens ayant révélé que « le clan de l’actuel président de la République de Djibouti aurait commandité l’assassinat du juge Borrel ». Pour Mme Borrel et ses conseils, Me Laurent de Caunes et Olivier Morice, il ne faisait guère de doute, depuis longtemps, que cette affaire était directement liée à celle du Café de Paris. La juge d’instruction, à son tour, a donc suivi cette piste. D’où l’inquiétude des autorités françaises… Le ministère des affaires étrangères a dû publier, le 28 janvier, un communiqué alambiqué dans lequel son porte-parole, Hervé Ladsous, affirme que « rien ne permet de conclure à la mise en cause des autorités djiboutiennes » dans l’enquête sur la mort de M. Borrel. Il déclare également qu’une copie du dossier pénal sera transmise à la justice de ce pays. Cette même transmission, réclamée par Djibouti, que la juge Clément avait pourtant déclarée « inopportune » le 13 septembre 2004. Me de Caunes voit là « une tentative scandaleuse d’immixtion du pouvoir exécutif dans l’action judiciaire ».

Elisabeth Borrel a pris l’habitude d’être ainsi confrontée à la raison d’Etat. Elle a tout connu, en dix ans de combat : les courriers anonymes, avec un briquet glissé dans l’enveloppe, pour rappeler les circonstances de la mort atroce de son mari, les tracasseries administratives, les suspicions de toutes sortes. Rien ne l’avait préparée à cela. Sa vie, elle la voyait plutôt comme celle d’un couple de magistrats, catholiques fervents, entre code pénal et éducation des enfants. Elle rencontre Bernard Borrel en 1982, à Privas, dans l’Ardèche, où elle effectue son premier stage de magistrate. Ils se marient en 1985. M. Borrel est muté à Lisieux (Calvados), où il devient procureur de la République. Elisabeth Borrel est juge d’application des peines à Caen. On lui propose de partir comme magistrat coopérant à Djibouti. Le couple hésite. Et puis, un jour, Elisabeth Borrel est prise en otage au centre de détention de Caen. Un détenu la menace avec un couteau. « Tous les détenus criaient « Plante-la ! », se souvient-elle. Le directeur de la prison a réussi à neutraliser mon agresseur devant la dernière porte. » Cette fois, c’est décidé, le couple part à Djibouti.

A leur arrivée, en avril 1994, ils déchantent : « Nous avons été choqués par la misère, il y avait des lépreux. Et puis nous n’étions pas des coopérants professionnels, comme beaucoup de Français qui vivent comme cela toute leur vie, en profitant de l’argent français. » Mme Borrel ne travaille plus, elle s’occupe du club de peinture sur porcelaine, fréquente les épouses de militaires. Son mari, lui, se rend chaque matin au bureau, où il conseille le ministre djiboutien de la justice. L’après-midi, c’est la plage, avec les deux enfants. Il n’y a pas de cinéma à Djibouti, la population, miséreuse, est musulmane et ne cesse de mâcher du khat, une substance hallucinogène. Difficile, dans ces conditions, de s’intégrer.

« C’est un beau pays, dit encore Mme Borrel, mais complètement pourri. » Les relations de M. Borrel avec son ministre de tutelle se tendent. Il perd de son enthousiasme. Puis il apprend le suicide, en France, d’un ami magistrat. « Il n’a pas compris, raconte Mme Borrel. Il me disait : « Comment peut-on se suicider quand on a deux enfants ? » A la suite de ce décès, il a fait un zona. »

Le 17 octobre 1995, les époux ont une discussion. « Il était très angoissé, explique Mme Borrel. Il m’a dit : « Il faudrait que je te parle, mais je ne peux pas. » Il a ajouté : « Je ne suis pas digne de toi. » Je me reproche de ne pas avoir su le faire parler. A aucun moment, nous n’avions songé à nous séparer. » Le 18 octobre 1995, Bernard Borrel est aperçu une dernière fois, à une station-service, où il se fait servir six litres d’essence. Un homme, de type européen, serait à ses côtés. La veille, il avait solli- cité un découvert bancaire auprès de la BNP, à Lisieux, et retiré une somme de 1 450 000 francs djiboutiens (7 600 euros). Le 19 octobre 1995, son corps est retrouvé, en partie calciné, au pied d’une falaise. « Quand on m’a annoncé son décès, je me suis dit que c’était la pire des morts, assure Elisabeth Borrel. Mais j’ai cru à son suicide. C’était simple de me manipuler, tant j’étais effondrée. »

Deux lettres sont retrouvées dans la sacoche du magistrat. Dans la première, il signale à sa femme le retrait de la somme d’argent. Dans une deuxième, intitulée « Ce que je dois », il détaille le nom de ses créanciers et explique comment vendre au mieux sa collection de médailles militaires. « Il serait revenu, je n’aurais rien su de tout cela, puisque ces courriers étaient dans sa sacoche », dit Mme Borrel. Celle-ci quitte rapidement Djibouti pour la France. « Tous les gens qui m’entouraient alors ont disparu, se souvient-elle. J’ai senti qu’il y avait des choses que l’on voulait me cacher. »

Une information judiciaire est ouverte, le 6 février 1996, à Toulouse. Une autopsie est ordonnée, puis pratiquée le 15 février 1996. Elle conclut à l’absence de lésions suspectes. Mme Borrel fait pratiquer elle-même un examen médico-légal privé. Selon cette étude, les brûlures ne seraient pas caractéristiques d’une autoaspersion. Elle insiste, écrit au juge, au procureur. Tant et si bien que le dossier est délocalisé à Paris, où la brigade criminelle est saisie.

LES enquêteurs se rendent à Djibouti, entendent une cinquantaine de personnes. Un travail méticuleux, professionnel. Et les policiers acquièrent une conviction : le juge n’a pas été assassiné, il s’est suicidé. Dans un rapport de synthèse daté du 21 septembre 1999, les policiers détaillent leur enquête. Ils s’interrogent, ainsi, sur le fait que Mme Borrel ait, de « façon étrange », dissimulé aux autorités djiboutiennes être en possession de la somme d’argent laissée par son mari, et de sa lettre. « Ce n’est pas logique, s’emporte aujourd’hui Mme Borrel. Pourquoi aurais-je voulu dissimuler quoi que ce soit, alors que je croyais au suicide à l’époque ? »

Les enquêteurs pointent également la topographie des lieux où a été découvert le cadavre. Un lieu qui rend, selon eux, impossible tout transport du corps par une tierce personne. Ils exhument des accusations de pédophilie contre M. Borrel, avant de les réfuter, faute de preuves. Enfin, ils retrouvent un psychiatre militaire, Régis Pouech, ami du couple Borrel, qui relate la « souffrance secrète » du magistrat, sa « détresse ». Ils reconstituent, aussi, la visite de Tania Piquionne, la filleule de Bernard Borrel, à l’été 1995, à Djibouti. Cette jeune fille, âgée de 13 ans à l’époque, est la fille de Jeanne Piquionne, une métisse dont s’était épris Bernard Borrel avant de renoncer à cette relation, poussé par sa mère. Tania serait-elle la propre fille de Bernard Borrel ? Jeanne Piquionne dément. « Cette histoire était claire, j’étais au courant, confie Mme Borrel. Et je suis prête à confronter l’ADN de mes enfants à celui de Tania. »

Au final, les policiers ne trouvent pas un seul mobile de nature à accréditer la thèse de l’homicide. Ils minimisent également le rôle joué par M. Borrel dans le dossier Café de Paris. Ils recommandent, pourtant, une nouvelle expertise médico-légale. Pendant de longs mois, le dossier se tasse. Les autorités sont rassurées par l’enquête des policiers. Mais Mme Borrel insiste. Et le 8 novembre 2002 elle tient sa revanche, des experts concluent un premier rapport en ces termes : « L’hypothèse d’une autoagression à l’origine du décès est difficilement plausible. Dès lors, l’hypothèse de l’intervention d’un ou de plusieurs tiers peut être envisagée. » Le 30 juillet 2003, après la troisième autopsie du corps, les experts estiment leur opinion renforcée par des « éléments étayant l’hypothèse de la survenue d’un traumatisme crânien, notamment à la suite d’un coup porté par un instrument vulnérant » et par « la constatation d’une fracture du cubitus gauche, pouvant évoquer une lésion de défense face au danger représenté par un agresseur ».

Le professeur Jean-Claude Martin établit que l’essence retrouvée sur le cadavre provenait probablement de deux récipients différents : un détail essentiel puisque, dans l’enquête initiale, il avait été établi que M. Borrel avait versé l’essence dans un seul bidon. « Tous les éléments du dossier viennent aujourd’hui expliquer que j’avais raison. On a assassiné mon mari », constate Mme Borrel. « Cette femme n’est pas corruptible, on ne l’achètera pas avec de l’argent, déclare Me Morice. Si le dossier ne va pas jusqu’au bout, c’est que l’Etat français l’aura étouffé. »

Gérard Davet

17/10/05 (B320) En quoi l’absence de DAF à la barre des témoins au procès du 18 octobre est-elle regrettable et porteuse de soupçons ? (Jean-Loup Schaal)

Rien ne permet d’affirmer avant le début de l’audience, que DAF sera absent de la Salle d’audience. On ne peut pas faire de procès d’intention.

En revanche, on peut déjà affirmer qu’il ne témoignera pas. La liste des témoins doit être signifiée environ 45 jour avant l’audience s’ils résident en France et 75 jours environ s’ils résident à l’étranger. En dépit de mes appels téléphoniques personnels et des appels sur le site, il n’a pas manifesté son désir de témoigner.

Pour qu’il puisse témoigner à l’audience, il faudrait un accord de toutes les parties : partie civile de Zakaria, Juges et Procureur de la République. Cela m’étonnerait que nous l’obtenions, encore faudrait-il même que DAF le sollicite. Ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.

Personnellement et sans n’en tirer aucune conclusion hâtive ou anticipée, je ne comprends pas son attitude pour de nombreuses raisons, que je citerai par ordre croissant d’importance :

  • La première est la gratitude et la responsabilité. Un samedi d’avril 2003, dès que je fus alerté par ses plus proches collaborateurs, de son emprisonnement, nous avons aussitôt déclenché l’alerte rouge de l’ARDHD, ce qui signifie la mise en place d’un système d’information spécifique et renforcé. En dehors des informations publiées sur le site, nous informons la presse et les organisations concernées, en l’occurrence, surtout RSF et Survie.
    • Ensuite notre association a relayé tous les messages (y compris ceux du MRD de Belgique), de soutien et d’appel à manifester en France, en Belgique. Comme elle l’avait annoncé plusieurs jours à l’avance, elle a lancé une pétition internationale, qui a recueilli plusieurs centaines de signatures.
    • Rappelons que notre association s’est fixée pour mission de permettre à tous les opposants, sans distinction (hormis l’appartenance ou non à l’opposition) de s’exprimer librement. A ce titre, elle a publié tous les communiqués, messages et compte-rendu de manifestation du MRD, comme ceux d’ailleurs de tous les autres partis, syndicats et associations. N’ayant aucune ambition politique à Djibouti, je me suis toujours refusé à pratiquer la censure que je dénonçe par ailleurs et j’assume mes choix, dans le seul intérêt du Peuple djiboutien. 
  • La deuxième est l’importance de ce procès « exceptionnel »: il va se dérouler avec en fond l’affaire Borrel : en particulier les récents refus de Djama Souleiman, d’Hassan Saïd et de Guelleh de se rendre aux convocations de la justice française. Il va permettre d’exposer devant une Cour française impartial et devant des journalistes français et étrangers, toutes les violations des Droits de l’Homme commises à Djibouti : tortures, viols, emprisonnements arbitraires, exécutions extrajudiciaires, destructions de villages, d’écoles et de centres de soin, génocides, utilisation d’armes chimiques contre les civils, …. La présence de DAF aurait été utile, car il dispose certainement d’informations que nous n’avons pas et son témoignage aurait été d’un grand intérêt et d’une grande utilité, pour dénoncer les pratiques condamnables du régime de Guelleh, ce qui devrait être l’objectif de tout opposant convaincu.
    • N’oublions pas que parmi les textes qui nous seraient reprochés, nombreux seraient signés par le MRD de Belgique, qui a renoncé formellement, à l’époque, à bénéficier de l’anonymat que nous garantissons à tous nos lecteurs pour assurer la sécurité des familles. C’est la raison pour laquelle je réponds personnellement au Tribunal, ayant refusé de divulguer nos sources.
    • La partie civile pourrait être tenté d’utiliser l’absence de DAF pour tenter de nous déstabiliser.
  • La troisième et la plus importante est le fait que DAF avait l’occasion unique de montrer qu’il était totalement engagé dans l’opposition et que les procès à Djibouti, étaient montés de toutes pièces par une Justice aux ordres de la dictature et qu’il était innocent et condamné pour d’autres raisons …
    • Une condamnation de l’ARDHD entrainerait automatiquement la reconnaissance du bien-fondé de la condamnation de DAF par le Tribunal de Djibouti et donc la matérialité des faits qui lui étaient reprochés. Ne pas venir le 18 octobre, c’est prendre ce risque …

Quoi qu’il en soit et au-delà, non pas de cette trahison, mais de ce lâchage surprenant, je suis confiant dans notre défense. Avec la présence à mes côtés du bâtonnier Roger-Vincent Calatayud, militant des Droits de l’homme et membre de plusieurs instances nationales, nous serons présents le 18 octobre et nous présenterons un dossier complet, lourd et documenté … qui sera confirmé par les témoins qui ont accepté de se présenter à la barre et parmi eux Roger Picon, Ali Iftin, Mohamed Alhoumekani, Abdallah Deberkalleh, Abdourahman Yassin, Ali Coubba, …. Nous aurons aussi une pensée émue et particulière pour François-Xavier Verschave qui aurait du être présent lui aussi, si la maladie ne l’avait pas emporté fin juin.

Alors l’absence de DAF : une faute politique majeure ?

Nous ne pouvons le dire. Son absence laissera quand même supposer à de nombreux observateurs (dont certains s’expriment sur le site) qu’il pourrait ne pas être un opposant aussi engagé que certains le pensent et que l’existence d’accords privilégiés avec le régime en serait la raison essentielle. Nous nous refusons toujours à envisager un double jeu possible, bien que depuis le revirement de Me Aref, qui défendra le Général Zakaria contre nous, nous soyons contraints à plus de vigilance.

En application du principe de précaution, compte-tenu du doute sérieux et tant qu’il ne sera pas publiquement levé, nous ne publierons plus aucune information en provenance du MRD sur le site de l’ARDHD.

Jean-Loup Schaal
Président de l’ARDHD

18/10/05 (B320) Le Nouvel Obs /AP : La veuve du juge Borrel demande la levée du secret défense .

AP | 17.10.05 | 09:12



PARIS (AP) — Elisabeth Borrel, veuve du magistrat Bernard Borrel retrouvé mort en 1995 à Djibouti, demande à l’Etat français de lever le secret défense dans un entretien publié lundi dans le quotidien « Libération ».

« Le 19 octobre, c’est le dixième anniversaire de l’assassinat de mon mari et l’on ne sait toujours pas -avec certitude- qui l’a tué et pourquoi », déclare-t-elle.

« Je demande que l’Etat français remette à la juge (Sophie Clément) la totalité des documents émanant de ses services et pouvant avoir un lien avec ce crime », poursuit-elle.

Bernard Borrel a été retrouvé mort et brûlé le 19 octobre 1995 face à l’Ile du Diable à Djibouti. Elisabeth Borrel soutient que son mari a été assassiné et accuse le président Ismaïl Omar Guelleh d’être le commanditaire du crime.

Cette version est fermement contestée par Djibouti, où des premières investigations entreprises après la découverte du corps du magistrat ont conclu à son suicide. Une thèse appuyée par les premiers juges d’instruction français, mais mise à mal par de nouvelles expertises médico-légales qui concluent au meurtre de M. Borrel.

Dans l’entretien accordé à « Libération », Mme Borrel rappelle que « des témoins mettent en avant l’implication de personnalités djiboutiennes autour de l’actuel président de la république de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, reçu chaleureusement par Jacques Chirac en mai dernier ».

Ismaïl Omar Guelleh, convoqué le 18 mai comme témoin par la juge d’instruction parisienne en charge de l’enquête sur le décès du magistrat, ne s’est pas présenté au cabinet de la magistrate au Palais de justice de Paris. Il avait été reçu le 17 mai par le président Chirac à l’Elysée, avant de quitter la France. AP

17/10/05 (B320) LDDH – Note d’information sur les harcèlements quotidiens à l’encontre des travailleurs et des syndicalistes du Port


Le Président

NOTE D’INFORMATION
DU 15 OCTOBRE 2005

SUR LA REPRESSION
ET LES HARCELEMENTS QUOTIDIENS
CONTRE LES TRAVAILLEURS
ET DIRIGEANTS SYNDICAUX
DE
L’UNION DES TRAVAILLEURS DU PORT (L’UTP)


I) – Rappel Chronologique

– Le 17 mars 2005, suite au refus de la Direction de se conformer aux accords collectifs du 29 mars 2004, le syndicat UTP fait appel aux services du Représentant du Gouvernement pour la conciliation ;

– Le 24 mars 2005 le syndicat UTP a saisi l’inspection de travail qui, dans ses sentences, a confirmé les irrégularités dénoncées par UTP et a demandé aux autorités du port d’annuler des décisions entachées d’illégalités. La conclusion de l’inspection de travail fut classée sans suite par les autorités portuaires ;

– Le 30 juin 2005 le syndicat UTP a alerté les plus hautes personnalités de l’Etat (les autorités de port et des zones franches ; le ministre de l’équipement et de transport, le ministre de l’emploi) sur la dégradation de climat social : découragements, craintes et méfiances des employés ;

– Le 27 août 2005le syndicat UTP a saisi l’autorité suprême du Pays son excellence Monsieur le Président de la République S/C Premier Ministre ;

– Le 10 septembre 2005 le syndicat UTP, à l’issue d’une assemblée générale a lancé un préavis de grève. Ultime recours pour contraindre la direction à accepter l’ouverture de dialogue sociale ;

– Le 14 septembre 2005, déclenchement d’un arrêt de travail pacifique. Les plus hautes autorités de l’Etat dont son excellence le Premier Ministre et Chef du Gouvernement par intérim et le ministre de l’emploi ont demandé aux autorités portuaires d’accepter l’ouverture du dialogue social sous l’égide de ministère de l’Emploi. La grève a aussitôt été suspendue ;

– Le17 septembre 2005 à la demande des autorités du port, un délai d’une semaine pour faire des propositions concrètes a été accepté ;

– Le 24 septembre 2005 le directeur général du port a brutalement décidé de boycotter la médiation du ministère de l’Emploi et ce sans tenir compte des engagements des autorités portuaires du 14 septembre. Immédiatement, 36 membres de l’UTP se sont vus retirer leur carte d’accès au port et ont été licenciés sur place ;

– Le 24 septembre 2005, au cours d’une réunion extraordinaire qui s’est tenue au siège de l’UTP, les travailleurs en colère et choqués suite aux licenciements expéditifs et abusifs, ont appelé à l’arrêt du travail à partir de 22h00 ;

– Le 25 septembre à, 00 h 30 les Forces de Police en présence du Procureur de la République ont embarqué manu militari les syndicalistes et les travailleurs qui observaient pacifiquement sur leur lieu du travail une grève entamée suite

1. aux agressions et à la rupture de la trêve du 17 septembre 2005
2. aux décisions unilatérales, arbitraires,
3. obstructions des activités syndicales.

– Toutes ces répressions ont été provoquées par le directeur du port et ensuite approuvées par le Président des autorités du port ;

– .Le 8 octobre 2005 Le Secrétaire Général de l’UTP a écrit une lettre au Président de la République et Chef du Gouvernement, en l’informant que la Direction du Port a arbitrairement licencié 36 personnes (en laissant 36 familles sans revenu) et continue d’harceler les travailleurs (120 agents furent sévèrement sanctionnés : dernier avertissement avant licenciement).

– Dans cette lettre il est demandé à son Excellence de bien vouloir user de son autorité suprême pour trouver une solution à la situation de crise que traverse le Port depuis le 24 septembre 2005, depuis que la Direction du port a décidé de boycotter la médiation du ministère de l’Emploi.

II) – Sur la forme.

Rappelant que par Communiqué du 1er octobre 2005 l’Union des Travailleurs du Port avait clairement positionné ses revendications en dénonçant toutes exploitations à « des fins politiciennes « notamment des Partis Politiques de l’Opposition, et en lançant un Appel « aux autorités compétentes de l’Etat, pour que soient reconsidérées les sanctions sévères prises à l’encontre des membres de l’UTP et d’autres travailleurs suite aux événements du 14 septembre 2005..

Dans ce même Communiqué l’UTP demande l’ouverture d’une enquête afin de déterminer l’exactitude matérielle des accusations portées par les autorités portuaires à l’encontre de l’UTP ;

III) – Sur le Fond

Constatant que le Représentant du Gouvernement chargé de veiller à l’application des normes législatives et réglementaires ( Décret n°2004-0178; ne remplit pas son rôle

Rappelant que la Fédération Internationale par informations on-line a :

1. sous la signature de son Secrétaire Général Guy Ryder a écrit une lettre du 27 septembre 2005 au Président djiboutien Ismaël Omar Guelleh pour manifester sa profonde inquiétude ;

2. prévenu, qu’en absence d’une réaction positive du Président de la République de Djibouti, la CISL porterait plainte auprès de l’Organisation Internationale du Travail pour violation de la Convention n°87 sur la liberté syndicale et de la Convention n°98 sur le droit à la négociation collective, toutes deux ratifiées par Djibouti ;

3. rappelé que le Secrétaire de la Section des dockers de l’IFT , M. Frank Leys avait déclaré : « les employeurs préfèrent envenimer les choses que dialoguer. Les droits humains et syndicaux – dont ceux inscrits dans les Conventions de l’OIT qui ont été ratifiées par Djibouti – ne sont pas que des simples bouts de papier. Ces syndicalistes doivent être libérés, réintégrés et autorisés à exprimer leurs revendications »

IV) – Contexte général

Deux faits démontrent une défaillance de l’Etat de droit :

1) l’absence d’un véritable dialogue entre la puissance publique et les syndicats,

2) le refus d’une instance subordonnée de se soumettre aux décisions d’une instance supérieure.

Sur le premier point, l’absence de dialogue entre les différents partenaires sociaux impliqués dans la crise que traverse le Port de Djibouti témoigne des difficultés que connaissent les syndicats dans leur reconnaissance de la part de l’Etat djiboutien et de la société privée en charge de la gestion du Port.

Djibouti a un lourd passif en matière de déni du droit syndical, ce qui a souvent valu à la République de Djibouti de multiples condamnations dans les instances internationales, notamment au sein de l’Organisation Internationale du Travail. La répression que subit aujourd’hui l’Union des Travailleurs du Port n’en est donc que la malheureuse illustration.

A ce déni s’ajoute le flou juridique relatif à l’actuel statut du Port : bien public concédé en gestion privée.

Dans des conditions jamais rendues publiques de fait, en raison de ces conditions contractuelles opaques et imprécises entre le DPI (société propriétaire) et le GGR (Groupe de Gestion Responsable) il s’avère que le sous-traitant (GGR) effectue les véritables services de gestion normalement dévolus au DPI. Il en découle une double rémunération des services supportée par le Port de Djibouti, donc le contribuable djiboutien, qui paye ainsi deux fois la même prestation. Surcoût de frais d’exploitation s’élevant en 2002 à 368.678.438 FDJ.

Sur le second point, le fait que la Direction du Port ait refusé de se plier aux directives du ministère djiboutien de l’Emploi appelant au dialogue et au respect de la règle de droit dans l’intérêt de ce service public, montre clairement que le flou juridique sur le statut du Port profite en fait à la société chargée de sa gestion privée.

A tel point que, dans une note de service n°607/DP en date du 24 septembre 2005, la société gestionnaire Dubaï Port International (DPI) s’autorise à porter à la connaissance de l’ensemble du Personnel du Port que « la retenue sur salaire au profit du syndicat est supprimée ». Décision unilatérale constituant une violation des textes en vigueur.

En l’espèce, comme le regrette le syndicat des travailleurs du Port, c’est ce flou quant au véritable statut du Port qui explique la non application des rares textes de loi en vigueur et l’absence d’un Règlement intérieur actualisé uniformément applicable à tous les travailleurs du Port.

L’on est donc bel et bien dans une situation de non-droit dans laquelle il est légitime de se demander à qui appartient le Port de Djibouti : aux citoyens djiboutiens ou seulement à quelques individus au-dessus des lois ?

La réponse à cette question conditionne le sort réservé aux travailleurs dans leur ensemble, au droit syndical d’une manière générale et à la crédibilité de cet outil de développement qu’est le Port de Djibouti en particulier.

PAR CES MOTIFS

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) Invite instamment le Gouvernement djiboutien à
1. rendre public le contrat de concession du Port,
2. reconnaître la liberté syndicale,
3. mettre en place un véritable cadre juridique réglementant le travail au sein du Port ;

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) demande aux instances internationales de condamner avec fermeté :
1. les entraves au droit syndical en République de Djibouti d’une manière générale et au sein du Port en particulier ;
2. de porter plainte contre de tels abus afin de sanctionner le régime djiboutien coupable de tels abus ;
3. d’encourager les syndicats djiboutiens dans leurs droits inaliénables à défendre les intérêts des travailleurs djiboutiens.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

18/10/05 (B320) Libération : La veuve du magistrat, soutenue par des personnalités, veut la levée du secret défense.

Dix ans après, l’appel pour la vérité sur la mort du juge Borrel
Par Brigitte VITAL-DURAND

lundi 17 octobre 2005 (Liberation – 06:00)


Balthazar Garzon, magistrat, Claude Chabrol, cinéaste, Louis Besson, Corinne Lepage, Anicet Le Pors, anciens ministres. Mais aussi Daniel Cohn-Bendit, Catherine Trautmann, Anne d’Ornano, Nicole Borvo. Et encore des avocats, intellectuels, magistrats, représentants d’organisations. Ils sont une cinquantaine de personnalités à signer «l’appel pour la vérité sur l’assassinat de Bernard Borrel» lancé par sa veuve, Elisabeth Borrel, avec l’appui de ses avocats Olivier Morice et Laurent de Caunes, ainsi que du Syndicat de la magistrature (SM). Mercredi, un débat est organisé à la Maison de l’Amérique latine, à Paris, avant que la juge d’instruction Sophie Clément reçoive Elisabeth Borrel et ses fils.

Qu’allez-vous demander à la juge ?

Le 19 octobre, c’est le dixième anniversaire de l’assassinat de mon mari, et l’on ne sait toujours pas ­ avec certitude ­ qui l’a tué et pourquoi. Je demande que l’Etat français remette à la juge la totalité des documents émanant de ses services et pouvant avoir un lien avec ce crime. Je veux que l’on lève le «secret défense» imposé sur le dossier de Bernard.

Qu’allait-il faire à Djibouti ?

J’étais juge d’application des peines à Caen, Bernard procureur à Lisieux. On ne voyait pas nos enfants grandir. Il a eu cette proposition d’aller à Djibouti. Il était conseiller du ministre de la Justice. C’est lui qui a fait adopter en mai 1995 le nouveau code pénal qui a supprimé la Cour de sûreté de l’Etat, la peine de mort, et qui a pénalisé l’excision..

Saviez-vous si votre mari travaillait sur des dossiers plus secrets ?

Tout le monde parlait de l’attentat du Café de Paris, en 1990 à Djibouti. Ce dossier gênait les relations entre la France et Djibouti. Au moment de sa mort, Bernard travaillait, notamment à la demande de la France, pour que l’affaire soit jugée à Paris.

Avait-il conscience d’un danger ?

Il ne m’en a fait part à aucun moment. Même quand on invitait le juge Roger Leloire, qui enquêtait sur l’attentat, et qu’il venait avec trois gardes du corps. Bernard n’a jamais demandé de protection.

Que s’est-il passé la veille de sa mort ?

C’était le 17. Il n’arrivait pas à dormir, et il m’a dit des choses que je n’ai pas comprises: «Il ne faudra jamais qu’on se sépare», «je ne fais pas assez de choses avec toi et les enfants», alors que nous menions une vie qu’on n’avait jamais connue. Ensemble, tous les après-midi. Il était très angoissé. Il m’a dit : «Il faudrait que je te parle, mais je ne peux pas.»

Vous commencez, en 2005, à entrevoir ce qu’il voulait dire ?

Aujourd’hui, je pense que, soit il était habilité à un certain niveau de secret défense, soit il avait mis la main sur un document classifié, dont il ne pouvait pas me parler. Le 18 au matin, il est parti travailler normalement. On a déjeuné tard, je l’ai senti très soucieux. Comme avant les assises, il marchait de long en large. L’après-midi, je l’ai trouvé un peu apaisé. Comme s’il avait pris une décision. Laquelle, je n’en sais rien. Il m’a embrassée comme on n’embrasse pas quelqu’un qu’on va revoir deux heures après. Je ne l’ai pas revu.

Et le 19 ?

Au matin, le consul est arrivé et m’a dit que mon mari s’était immolé par le feu dans le désert, et il est reparti. J’ai quitté Djibouti, le dimanche, avec la promesse d’une autopsie. J’apprendrai bien plus tard qu’il n’y en a pas eu, et que les premières radiographies du corps ont disparu.

Et votre retour à Toulouse ?

Le corps a été rapatrié le 3 novembre. Le 4, après les obsèques, on s’est tous retrouvés à la maison. Il y avait Yvette Roudy, qui m’a dit : «Comment vous pouvez croire à ça ?» Mon père, ma mère, sa mère, les collègues. Pour tous, il était impossible qu’il se soit suicidé.

Fin novembre, vous faites une demande d’autopsie.

Je reprends mes fonctions début janvier 1996 à Toulouse. Je n’ai eu les résultats qu’en février 1997. Pendant ce temps ­ je l’ai appris tardivement ­, des bruits ont couru au tribunal sur ma folie. On me disait «égarée par la douleur», «hystérique». L’autopsie, je n’en ai jamais vu une aussi courte : 4 pages ! Pas de suie dans les bronches, mais il avait quand même pu mourir par le feu !

Vous déposez plainte pour assassinat en mars 1997. En juillet, vous demandez une contre-expertise : l’absence de suie dans les bronches démontrerait que votre mari était mort lorsqu’il a brûlé.

C’était un immense soulagement. On nous avait dit que Bernard avait agonisé en brûlant au milieu du désert. C’était affreux à imaginer.

Fin 1997, vous obtenez le transfert à Paris du dossier. Les juges Moracchini et Leloire, qui ont défendu la thèse officielle, seront dessaisis en 2000.

Une grande victoire ! Entre-temps, la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris, cherchant un mobile au suicide, avait accusé mon mari d’avoir une enfant adultérine à Djibouti, une maîtresse, des relations avec des pédophiles, et de se droguer. Tout cela était faux. Un troisième juge est nommé, Jean-Baptiste Parlos. A ma demande, il fait réaliser des expertises sur le corps exhumé. Une radio montre qu’il a reçu un violent coup au crâne et à l’avant-bras, une blessure de défense. D’autres experts analysent les lieux de sa mort, et parlent d’une mise en scène.

C’était en juin 2003. Vous avez des preuves de l’assassinat et vous butez sur le secret défense.

Des témoins mettent en avant l’implication de personnalités djiboutiennes autour de l’actuel président de la République de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, reçu chaleureusement par Jacques Chirac en mai dernier.

17/10/05 (B320) PANAPRESSE : à lire une dépêche concernant le procès du 18 octobre. (Texte intégral réservé aux abonnés)

Lien : http://www.panapress.com/paysindexlat.asp

13/10/2005 Un général djiboutien porte plainte à Paris contre une ONG
Paris, France (PANA) – Le tribunal correctionnel de Paris examinera mardi prochain la plainte pour « diffamation » portée par le général Ibrahim Zakaria, Chef d’état-major-adjoint de l’Armée djiboutienne, contre l’Association pour le respect des droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD), a appris jeudi la PANA, de source judiciaire.