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09/03/07 (B385-B) REUTERS : La force ougandaise en Somalie déplore ses premiers blessés et essuie les plâtres. (2 dépêches – Info lectrice)

1
– REUTERS

MOGADISCIO (Reuters) – Deux soldats ougandais de la force de paix de l’Union
africaine (UA) en Somalie ont été blessés mercredi soir
dans une embuscade à Mogadiscio.

Il s’agit des premiers blessés du contingent ougandais depuis
son arrivée dans la capitale soudanaise mardi.

« Nous avons deux blessés légers », a déclaré
le capitaine Paddy Ankunda, porte-parole de la force de l’UA. « Nous avons
tiré en l’air pour leur faire peur et c’est comme cela que nous nous
en sommes sortis. »

« Nous n’allons prendre aucune décision précipitée.
Nous ne sommes pas là pour imposer nos vues aux Somaliens », a-t-il
ajouté.

Les premiers détachements ougandais sont arrivés la semaine
dernière à Baïdoa. D’autres les ont suivis au début
de cette semaine à Mogadiscio.

Ces troupes constituent les premiers éléments d’une force de
paix africaine qui doit aider à rétablir l’ordre en Somalie.

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2 – REUTERS

La force ougandaise de
l’UA essuie les plâtres en Somalie

MOGADISCIO (Reuters) – Pour la seconde journée consécutive,
l’avant-garde ougandaise de la force de maintien de la paix de l’Union africaine
(UA) en Somalie a été prise pour cible jeudi par des activistes
armés que l’on présume liés à l’éphémère
régime islamiste chassé de Mogadiscio en décembre.

Une roquette tirée dans la matinée par ces insurgés
contre un véhicule ougandais circulant dans la capitale a raté
sa cible et atterri sur une restaurant, tuant neuf civils et déclenchant
une fusillade qui a fait deux autres morts.

« Nous avons eu deux blessés légers. Nous avons tiré
en l’air pour leur faire peur et c’est comme cela que nous nous en sommes
sortis », a déclaré le capitaine Paddy Ankunda, porte-parole
de la force de l’UA.

Il s’agit des premiers blessés au sein des 700 hommes du contingent
ougandais, arrivé mardi dans la capitale somalienne, où il doit
être ultérieurement rejoint par des militaires du Nigeria, du
Ghana, du Malawi et du Burundi.

A terme, la force de l’UA doit compter 8.000 hommes, mais les Etats africains
sollicités n’en ont promis pour le moment que la moitié et il
reste à voir si les premières escarmouches impliquant l’avant-garde
ougandaise ne vont pas les inciter à encore plus de parcimonie.

« PAS DE DECISION PRECIPITEE »

Mercredi, des tirs de mortier avaient déjà visé
les soldats de Kampala qui venaient d’installer leur campement près
de l’aéroport de Mogadiscio, faisant un mort et quatre blessés.
Les militaires ougandais n’avaient pas subi de pertes.

La force de l’UA doit se substituer à l’armée éthiopienne
qui a entrepris en janvier de se retirer de Somalie après y être
intervenue en 2006 pour aider le gouvernement internationalement reconnu à
chasser les islamistes de Mogadiscio.

L’accueil reçu par l’avant-garde ougandaise
de l’UA ravive le souvenir de l’échec de la force de paix américano-onusienne,
contrainte de plier bagage en 1995 sous les coups de boutoir des milices armées
qui faisaient la loi à Mogadiscio.

« Nous n’allons prendre aucune décision précipitée.
Nous ne sommes pas là pour imposer nos vues aux Somaliens », a
déclaré le capitale Ankunda. Les islamistes avaient à
l’avance annoncé qu’ils prendraient l’UA pour cible, comme ils se sont
attaqués ces deux derniers mois aux forces éthiopiennes.

La force de l’UA, dont le financement, l’entraînement et l’équipement
laissent à désirer, comme au Darfour, est censée aider
le régime transitoire du président Abdoullahi Youssouf à
imposer sa fragile autorité à un pays livré à
l’anarchie depuis la chute du dictateur Mohamed Siad Barre en 1991.

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3 – AP Au moins dix civils tués
dans une embuscade tendue à des soldats de l’UA en Somalie, selon des
témoins

MOGADISCIO (AP) – Une attaque à la grenade et des tirs visant
des soldats de l’Union africaine ont coûté la vie à au
moins dix civils et blessé deux militaires de l’UA à Mogadiscio,
ont rapporté jeudi des témoins, alors qu’un dirigeant de la
milice islamiste radicale qui contrôlait la capitale somalienne jusqu’à
décembre a appelé les habitants à lutter contre tous
les « incroyants ».

Les soldats de l’UA ont été attaqués mercredi
soir à un carrefour de Mogadiscio. Moustaf Farah, un restaurateur témoin
de l’attaque, a expliqué qu’il avait entendu une explosion tandis que
passaient trois véhicules transportant des militaires de l’UA, avant
que n’éclatent des coups de feu.

Les quelque 800
soldats en provenance d’Ouganda forment l’avant-garde d’une force plus importante
autorisée par les Nations unies pour aider le gouvernement à
asseoir son autorité. Le gouvernement, soutenu par les troupes éthiopiennes,
a réussi à avoir le dessus sur les radicaux des Tribunaux islamiques
qui contrôlaient la capitale fin décembre, mais peine à
en conserver le contrôle.

Des insurgés, qui feraient partie du Conseil des tribunaux
islamiques, ont organisé pratiquement chaque jour des attaques contre
le gouvernement, les forces armées somaliennes ou l’armée éthiopienne.

Aden Hashi Ayro, commandant militaire des Tribunaux islamiques, a appelé
les Somaliens à s’en prendre aux soldats étrangers, selon un
message mis en ligne mercredi soir sur Internet. « Il est temps pour les
jeunes Somaliens de lutter contre l’occupation de l’Ethiopie ou d’autres »,
a-t-il lancé. « Les musulmans ne
se rendront pas aux incroyants ».

AP

09/03/07 (B385-B) RFI : Accueil au mortier pour l’Amisom

(Carte
: Silvio M. Segala/ RFI)

Le 6 mars,
le début du déploiement à Mogadiscio des quelque 370
soldats ougandais de la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom)
a coïncidé avec de violents combats dans la capitale. A peine
débarqués à Mogadiscio, les soldats ougandais ont en
effet essuyé des tirs de mortier qui ont visé l’aéroport.
Plus tard dans la journée, des combats ont opposé les forces
éthiopiennes toujours sur place à des éléments
armés non identifiés. Les affrontements de ce type sont quotidiens
dans la capitale somalienne, ils ont fait depuis le début de l’année
plus de 60 victimes civiles.

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De notre
correspondante régionale

Mogadiscio est une ville
surarmée. Sa topographie est propice aux embuscades des bandes armées.
Le gouvernement somalien dénonce également la présence
d’ «islamistes liés aux terroristes internationaux».
Sur la côte, les pirates en outre ont repris du service. Avant même
son arrivée, l’Amisom était déjà menacée
de représailles.

Or les échecs sanglants des précédentes missions internationales
sont dans toutes les mémoires. Illustrée dans La chute du Faucon
Noir, le film de Ridley Scott, la débâcle des années quatre-vingt-dix
avait coûté la vie à 150 casques bleus. Au plus fort de
l’opération Restore Hope, la force internationale comptait 38
000 hommes dont 28 000 Américains. Mais en janvier dernier, après
la victoire éclair des troupes éthiopiennes sur les tribunaux
islamiques somaliens, le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi,
a martelé que «la Somalie ne sera pas un nouvel Irak».

La peur
du vide

L’Ethiopie
ne veut pas rester en Somalie, elle espère un passage de relais rapide
avec l’Union Africaine. Addis Abeba s’est toutefois engagée
à ne pas créer une périlleuse situation de vide. Mais
les candidats ne se bousculent par pour participer à l’Amisom.
L’Ouganda est le premier pays africain à déployer ses
forces sous sa bannière, avec quelque 1 500 hommes au total, concentrés
dans la partie centrale du pays qui abrite Baïdoa et Mogadiscio. Quatre
autres pays se sont engagés à fournir des troupes : le Nigeria
et le Malawi à hauteur d’un bataillon (environ 700 soldats), le Ghana
avec 300 hommes et le Burundi deux bataillons, qui ne seront pas disponibles
immédiatement puisqu’ils doivent d’abord être entraînés.
Au total, l’UA veut envoyer 8 000 soldats en Somalie, les engagements
actuels correspondent à la moitié de cet effectif.

Selon Said Djinnit,
commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’UA,
«le plus gros défi reste logistique et financier». Les
contributions sont diverses, c’est la France qui va entraîner,
équiper et acheminer en Somalie les soldats burundais. L’Union
européenne donne pour sa part 15 millions d’euros qui seront
utilisés pour rembourser les dépenses de l’Ouganda. La
Grande-Bretagne apporte 6 millions d’euros, les Etats-Unis, 11. L’Algérie
a fourni des transports de troupe et d’autres pays de l’UA, comme
l’Angola et l’Afrique du Sud, devraient également apporter
une contribution. Mais le maintien de la paix n’est pas le seul secteur
en quête de financement.

Le principe
de non indifférence

Selon le
président somalien, Abdullahi Yusuf, il faut aussi reconstruire les
infrastructures, payer les salaires des 10 000 membres des forces de sécurité
recrutés par le gouvernement de transition et mettre en place un programme
de Désarmement, Démobilisation et Réintégration
(DDR) pour offrir un avenir à des combattants qui ont connu quinze
ans de guerre civile. Reste que l’Union africaine aura besoin de davantage
de moyens pour tenir les six ou sept mois au terme desquels les Nations unies
devraient prendre le relais. Durant cette période, c’est aux
soldats de la paix de créer les conditions du dialogue politique. L’ouverture
d’une conférence de réconciliation nationale est prévue
à Mogadiscio à partir du 16 avril. Sans véritable dialogue,
a prévenu récemment le président exécutif de l’UA,
Alpha Oumar Konaré, l’Amisom sera considérée par
les Somaliens comme une force d’occupation.

Si le dialogue échoue, l’UA risque l’enlisement,
et le pays le retour au chaos.

Avec ce déploiement
organisé en quelques semaine, l’UA a fait mentir les sceptiques
et réussi son pari. «Nous faisons ce que nous devons avec ce
que nous avons», a expliqué Said Djinnit. Selon lui, le déploiement
rapide d’opérations de maintien de la paix correspond à
la mission de l’UA, en vertu du principe de non-indifférence.
L’organisation n’est certes pas dotée de moyens pour les
opérations d’envergure qui restent l’apanage des Nations
unies. Il s’agit plutôt de préparer le terrain à
l’arrivée des casques bleus, en prenant «plus de risques
que l’Onu».

Pour cela, l’UA compte mettre sur pied des brigades en attente,
positionnées dans les 5 régions du continent (nord, est, sud,
centre, ouest), mobilisables rapidement. Un projet embryonnaire dont la nécessité
se fait cruellement sentir.

09/03/07 (B385-B) Selon la BBC, un avion qui transportait des troupes ougandaises aurait pris feu à l’atterissage à Mogadiscio (En anglais – Info lectrice)

Somalia
AU plane ‘catches fire’

A cargo plane transporting Ugandan soldiers to Somalia’s capital caught
fire as it landed at Mogadishu’s airport, officials say.

A Somali Islamic group has claimed it shot at the aircraft, but Uganda’s army
spokesman told the BBC investigations so far suggest a technical problem.

Paddy Ankunda said none of the seven soldiers on board were injured.

Some 1,700 Ugandan troops are being deployed to the country as part of an
African Union peace mission to Somalia.

The AU force is taking over from Ethiopian troops who intervened to help the
interim government oust the Union of Islamic Courts (UIC), which had held
power for six months and restored some order to the anarchic country.

Rockets

Mr Ankunda said initial investigations indicated that the plane, which was
carrying seven soldiers and military equipment, caught fire following mechanical
problems.
(…)

08/03/07 (B385-B) Les violences se poursuivent à Mogadiscio – Les soldats de la Force de Paix sont pris pour cible. Des embuscades leur sont tendues. (3 dépêches – Info lectrice)

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1 – AFP 7/03/07

Somalie : la force de paix se déploie,
la violence perdure

Par Ali MUSA ABDI

MOGADISCIO (AFP) – Une deuxième vague de plusieurs centaines
de soldats de la force africaine de paix en Somalie a débarqué
à Mogadiscio mercredi, au lendemain du déploiement de cette
mission à hauts risques dans la capitale somalienne où les attaques
quasi quotidiennes continuent.

Deux avions-cargos transportant des soldats ougandais et trois autres avions
transportant du matériel militaire ont atterri à l’aéroport
international de Mogadiscio, a annoncé le vice-ministre de la Défense,
Salad Ali Jelle.

"Plusieurs centaines de soldats ougandais sont arrivés ce matin
(mercredi) à l’aéroport international de Mogadiscio et ont atterri
dans le calme après que le gouvernement eut sécurisé
la zone", a-t-il précisé. Selon des témoins, les
troupes arrivées mercredi seraient au nombre d’environ 300.

Mardi, au premier jour du déploiement de cette force africaine appelée
Amisom, quelque 370 soldats ougandais étaient arrivés par avions-cargos
qui avaient également acheminé du matériel et des véhicules
blindés. Au total, l’Ouganda doit envoyer environ 1.500 soldats en
Somalie. L’Amisom, dont l’UA avait décidé le déploiement
le 19 janvier pour six mois, doit compter à terme environ 8.000 hommes,
mais jusqu’à présent, seuls quelque 4.000 militaires venus de
plusieurs pays (Ouganda, Nigeria, Ghana, Malawi et Burundi selon l’UA) sont
disponibles pour y participer.

Peu après le début du déploiement mardi, au moins sept
obus de mortier étaient tombés sur l’aéroport de Mogadiscio,
sans faire de victimes mais provoquant la panique parmi les soldats. Les autorités
somaliennes ont accusé mercredi des islamistes "liés à
des terroristes internationaux" d’être responsables de cette violence
persistante. "Les affrontements de mardi ont été déclenchés
par des attaques non provoquées de +résidus+ d’islamistes qui
ont des liens avec des terroristes internationaux", a accusé M.
Jelle.

Les islamistes somaliens, qui ont été défaits il y a
deux mois par l’armée éthiopienne, avaient juré de s’en
prendre à la force de paix si elle était déployée
dans ce pays ravagé par 16 ans de guerre civile.

La journée de mercredi a également été marquée
par des violences. Deux policiers somaliens ont été tués
par balle à Mogadiscio par un inconnu à un poste de contrôle
à K4, un carrefour important et stratégique sur le chemin de
l’aéroport. Après cet incident, les autorités ont lancé
une opération de ratissage dans les environs à la recherche
d’armes, selon des témoins.

Face à l’insécurité régnant dans la capitale,
M. Jelle a assuré mercredi que "le gouvernement travaillerait
avec les soldats chargés du maintien de la paix pour tenter de ramener
la stabilité à Mogadiscio". "Ils travailleront pour
reprendre Mogadiscio aux +résidus+ d’islamistes et aux hommes armés",
a-t-il martelé.

Mogadiscio, où les islamistes avaient réussi à imposer
la sécurité en 2006 pendant environ six mois, avant leur défaite,
est secouée depuis plusieurs semaines par des violences quasi quotidiennes.
Ces affrontements opposent notamment hommes armés non identifiés
et forces de sécurité somaliennes et éthiopiennes, qui
ont fait plus d’une soixantaine de morts, essentiellement des civils, selon
un décompte de l’AFP.

______________________________ 2 – AFP

Somalie : embuscade contre des soldats
de l’UA, appel islamiste à la résistance

Par Ali MUSA ABDI

MOGADISCIO (AFP) – Des soldats de la force africaine de paix en Somalie (Amisom),
déployés depuis mardi à Mogadiscio, ont été
pris mercredi dans une embuscade qui a fait deux morts civils, peu après
l’appel d’un leader islamiste somalien à combattre les militaires étrangers
présents en Somalie.

L’embuscade "visait les troupes ougandaises, mais il n’y pas de victimes
du côté des soldats de maintien de la paix", a déclaré
à la presse le vice-ministre somalien de la Défense Salad Ali
Jelle.

"Deux civils ont été tués par balles et sept ont
été blessés au cours de l’embuscade au carrefour de K1",
un carrefour stratégique sur la route de l’aéroport de la capitale,
a rapporté à l’AFP un habitant Abdullahi Ibrahim.

Cette attaque est survenue peu de temps après l’appel par un leader
islamiste somalien "à combattre l’occupation (de la Somalie) par
l’Ethiopie et les autres", en référence aux troupes de
la force de paix africaine en Somalie, appelée Amisom.

"C’est le moment pour la jeunesse somalienne de combattre l’occupation
(de la Somalie) par l’Ethiopie et les autres (troupes de la force de paix
en Somalie). Les musulmans ne se rendront pas aux non croyants", a lancé
Aden Hashi Ayro, leader islamiste, sur la radio Koran basée à
Mogadiscio.

Des documents d’identité tachés de sang de ce leader avaient
été découverts après l’attaque aérienne
menée par l’armée américaine contre des suspects présumés
du réseau terroriste Al-Qaïda dans le sud de la Somalie en janvier.

M. Ayro a été blessé lors de cette attaque mais a survécu,
selon des sources concordantes.

Mercredi, l’Amisom a poursuivi son déploiement: deux avions-cargos
transportant des soldats ougandais, 300 selon des témoins, et trois
autres avions transportant du matériel militaire ont atterri à
l’aéroport international de Mogadiscio, a annoncé à l’AFP
le vice-ministre de la Défense, Salad Ali Jelle.

Mardi, au premier jour du déploiement, quelque 370 soldats ougandais
étaient arrivés par avions-cargos avec du matériel et
des véhicules blindés.

Peu après leur arrivée, au moins sept obus de mortier étaient
tombés sur l’aéroport de Mogadiscio, sans faire de victimes
mais provoquant la panique parmi les soldats.

L’Union africaine (UA) a assuré mercredi que "les attaques et
les menaces ne remettent pas en question le plan de déploiement"
de l’Amisom, a affirmé à l’AFP un porte-parole de l’organisation
panafricaine, Assane Ba, à Addis Abeba.

Au total, l’Ouganda doit envoyer environ 1.500 soldats en Somalie. L’Amisom,
dont l’UA avait décidé le déploiement le 19 janvier pour
six mois, doit compter à terme environ 8.000 hommes, mais jusqu’à
présent, seuls quelque 4.000 militaires venus de plusieurs pays (Ouganda,
Nigeria, Ghana, Malawi et Burundi selon l’UA) sont disponibles pour y participer.

Les autorités somaliennes ont accusé mercredi des islamistes
"liés à des terroristes internationaux" d’être
responsables de cette violence persistante.

Les islamistes somaliens, qui ont été défaits il y a
deux mois par l’armée éthiopienne, avaient juré de s’en
prendre à la force de paix si elle était déployée
dans ce pays ravagé par 16 ans de guerre civile.

La journée de mercredi a également été marquée
par des violences. Deux policiers somaliens ont été tués
par balle à Mogadiscio par un inconnu, entraînant une opération
de ratissage dans les environs à la recherche d’armes, selon des témoins.

Mogadiscio, où les islamistes avaient réussi à imposer
la sécurité en 2006 pendant environ six mois, avant leur défaite,
est secouée depuis plusieurs semaines par des violences quasi quotidiennes.

Ces affrontements, qui opposent notamment hommes armés non identifiés
et forces de sécurité somaliennes et éthiopiennes, ont
fait plus d’une soixantaine de morts, essentiellement des civils, selon un
décompte de l’AFP.

_______________________________ 3 – REUTERS

Attaque à la roquette près
de l’aéroport de Mogadiscio

MOGADISCIO (Reuters) – Des activistes ont tiré des roquettes
sur deux camions transportant des troupes éthiopiennes près
de l’aéroport de Mogadiscio, au lendemain de l’arrivée des premiers
détachements de militaires de la force de paix de l’Union africaine.


"Nous avons vu cette énorme explosion et plongé à
terre. Nous sommes restés là trois ou quatre minutes et quand
les coups de feu se sont calmés, nous sommes montés dans nos
voitures et nous nous sommes enfuis", a déclaré à
Reuters un chauffeur de taxi qui a assisté à la scène.

Des témoins ont rapporté que les Ethiopiens avaient riposté
et que des soldats somaliens basés non loin étaient également
intervenus. On ignore dans l’immédiat si cette attaque a fait des victimes.

08/03/07 (B385-B) Sans nouvelle des cinq otages européens disparus en Ethiopie, les autorités lancent une véritable chasse et se concentrent sur plusieurs pistes, en particulier les piste « ERYTHREENNE » et « AFAR ». (3 dépêches – Info lectrice)

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1 – AFP

Ethiopie
: cinq Européens otages depuis une semaine, deux pistes privilégiées

Par Emmanuel GOUJON

ADDIS ABEBA (AFP) – Une semaine après le rapt de cinq Européens
en Ethiopie dans une des régions les plus hostiles au monde, plusieurs
pistes, érythréenne et afar, sont évoquées, alors
qu’aucune revendication n’a été formulée dans cette affaire
mystérieuse où les autorités restent quasi muettes.

Les Européens sont trois hommes de nationalité britannique qui
étaient accompagnés de deux femmes, une Française et
une Italo-britannique. Ils travaillent tous dans des services de l’ambassade
de Grande-Bretagne à Addis Abeba, à l’exception de la ressortissante
italienne qui est l’épouse du directeur du British Council dans la
capitale éthiopienne.

Ils ont été enlevés avec une dizaine d’Ethiopiens le
1er mars à l’aube dans le village d’Hamed Ela (nord-est), à
une cinquantaine de kilomètres de la frontière avec l’Erythrée,
un marché du sel servant de base aux tours opérateurs qui font
visiter la région Afar à des milliers de touristes chaque année.

Cette région semi-désertique est réputée pour
ses mines et lacs de sel situés en-dessous du niveau de la mer, ainsi
que ses zones volcaniques, où la température dépasse
parfois les 50 degrés.

"Plus le temps passe et plus on est inquiet sur leur état de santé",
reconnaît une porte-parole du Foreign Office qui a envoyé une
équipe d’une dizaine de personnes enquêter sur le terrain, dont
un expert en kidnapping selon BBC.

Aucune revendication ou rançon n’a encore été formulée
publiquement pour cet enlèvement conduit, selon la police éthiopienne,
par "des hommes armés".

La thèse du banditisme semble peu crédible dans la mesure où
les trois véhicules dans lesquels voyageaient les otages ont été
abandonnés à Hamed Ela et retrouvés avec des impacts
de balle.

Deux autres hypothèses sont avancées: la piste érythréenne
et la piste afar.

Les otages "sont retenus dans la zone de We’ima en Erythrée",
à une vingtaine de kilomètres de la frontière éthiopienne,
a rapporté mercredi soir l’agence éthiopienne de presse ENA
(officiel), en citant des témoins.

Une thèse qu’avait déjà avancée la semaine dernière
le président de la région Afar, Ismail Ali Sero, accusant les
ravisseurs d’être des "soldats érythréens" et
d’avoir emmené les otages en Erythrée.

De son côté, le gouvernement fédéral éthiopien,
qui a dépêché des militaires et des policiers dans la
région Afar, avait affirmé lundi qu’il ne pouvait "accuser
personne".

L’Erythrée, qui entretient des relations très tendues avec Addis
Abeba depuis leur guerre frontalière (1998-2000), a démenti
vigoureusement et à plusieurs reprises être impliquée
dans l’affaire: cette accusation est un "mensonge flagrant", selon
le ministère des Affaires étrangères à Asmara.

Une autre thèse a été avancée mercredi dans la
journée, cette fois par la Grande-Bretagne, jusqu’à présent
presque muette. "Les indications portent à croire qu’il est probable
que ce soit un problème régional Afar", a déclaré
à l’AFP la porte-parole du ministère britannique des Affaires
étrangères, ajoutant n’écarter "aucune piste".

Les Afars, musulmans sunnites en majorité, sont répartis entre
trois pays de la Corne de l’Afrique, l’Ethiopie, Djibouti et l’Erythrée.
Une rébellion de basse intensité est présente dans cette
zone, revendiquant l’indépendance pour les Afars, notamment contre
l’Ethiopie où vivent 1,4 million des 1,8 millions d’Afars.

En 1995, neuf touristes italiens avaient été enlevés
par des tribus afars dans la zone frontalière entre l’Erythrée
et l’Ethiopie, avant d’être libérés après deux
semaines.

________________________________ 2 – AFP

Rapt d’Européens en Ethiopie : la Grande-Bretagne sur la piste afar

ADDIS ABEBA (AFP) – La Grande-Bretagne a estimé mercredi "probable"
que l’enlèvement de cinq Européens dans le nord-est de l’Ethiopie
soit lié au "problème régional Afar", du nom
de la région où ils ont été capturés, frontalière
avec l’Erythrée.

"Nous n’écartons aucune piste. On ne peut pas être catégorique,
mais les indications portent à croire qu’il est probable que ce soit
un problème régional Afar", a déclaré une
porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères
à Addis Abeba.

"Nous sommes en train de restreindre le nombre d’options. Je ne peux
pas entrer dans les détails, ce serait irresponsable", a-t-elle
ajouté, évoquant la sécurité des touristes capturés
le 1er mars à Hamed Ela (région Afar).

Les enquêteurs britanniques, arrivés vendredi en Ethiopie, semblent
donc écarter de plus en plus la thèse du président de
la région Afar, Ismail Ali Sero, qui avait accusé la semaine
dernière les ravisseurs d’être "des soldats érythréens"
et d’avoir emmené les otages en Erythrée.

De son côté, le gouvernement éthiopien a affirmé
qu’il ne pouvait "accuser personne", et l’Erythrée, qui entretient
des relations très tendues avec Addis Abeba depuis leur guerre frontalière
(1998-2000), a démenti à plusieurs reprises être impliquée
dans cette affaire.

Les touristes enlevés sont quatre Britanniques et une Française.
L’un des otages britanniques, une femme, a aussi la nationalité italienne.

Les Afars sont répartis entre trois pays de la Corne de l’Afrique,
l’Ethiopie, Djibouti et l’Erythrée. Une rébellion de basse intensité
est présente dans cette zone, revendiquant l’indépendance pour
les Afars, notamment contre l’Ethiopie.

Mardi soir à Addis Abeba, l’ambassade britannique en Ethiopie a organisé
pour la presse un briefing sur la région Afar et ses "complexités",
semblant confirmer l’orientation de l’enquête. "La région
Afar d’Ethiopie est l’une des plus pauvres du pays, avec le plus bas niveau
d’infrastructures et d’équipements", a expliqué lors de
cette rencontre Paul Ackroyd, chef du Département pour le développement
international (DFID) de l’ambassade britannique à Addis Abeba.

Certains des touristes disparus travaillaient pour ce département de
l’ambassade à Addis Abeba. La région Afar est "une région
qui émerge après avoir été longtemps marginalisée",
a ajouté M. Ackroyd, notant qu’elle compte "environ 1,4 million
de personnes sur 75 millions d’Ethiopiens". "La majorité
de la population est nomade, c’est une zone où il y a beaucoup de conflits",
a-t-il ajouté, précisant que le DFID "tente de faire entendre
(la voix de ces populations) et subventionne un programme pour réduire
la pauvreté".

________________________________ 3 – AFP

Ethiopie : toujours sans nouvelles des otages
européens, dont une Française


Par Aaron MAASHO

MEKELE (AFP) – Six jours après l’enlèvement en Ethiopie
de touristes européens, dont une Française, les autorités
britanniques et éthiopiennes étaient toujours officiellement
sans nouvelles des otages kidnappés par des hommes armés dans
une région inhospitalière du nord du pays.

Paris a annoncé mardi qu’une Française était au nombre
des cinq Européens, qui travaillent pour l’ambassade du Royaume Uni
à Addis Abeba. Trois autres sont britanniques selon des sources proches
de l’enquête et la quatrième a la double nationalité britannique
et italienne.

Lors d’un point de presse mardi soir à Addis Abeba, une porte-parole
du ministère britannique des Affaires étrangères a précisé
que pour le Foreign Office, ces touristes étaient "portés
disparus" et non "kidnappés".

"Nous ne pensons pas qu’il y a une raison particulière derrière
cette affaire. Ils sont portés disparus, nous ne disons pas qu’ils
ont été kidnappés parce que personne n’a jusqu’à
présent revendiqué une responsabilité, il n’y a pas eu
de demande particulière", a-t-elle dit sous couvert d’anonymat.

Elle a par ailleurs exclu que les touristes se soient trouvés dans
leurs véhicules – retrouvés dans la localité de Hamed
Ela (nord-est) où l’enlèvement a eu lieu le 1er mars à
l’aube – quand ceux-ci ont été criblés de balles. "Nous
ne pensons pas que les gens étaient dans les véhicules quand
ils ont été visés par des tirs", a-t-elle dit.

Une équipe d’experts du Foreign office qui a enquêté lundi
à Hamed Ela, est rentrée mardi à Mekele, la ville la
plus importante à proximité du lieu du rapt.

Elle n’a fait aucun commentaire à la presse sur les constatations effectuées
sur les trois véhicules tout-terrain qui transportaient les personnes
enlevées. L’un était endommagé par une explosion et les
deux autres portaient de nombreux impacts de balles.

Une dizaine d’Ethiopiens ont également été enlevés
lors de cette attaque. Selon des sources concordantes, les prisonniers ont
été emmenés par des hommes armés. Aucune revendication
n’a pour le moment été rendue publique.

A Paris, le ministre français des affaires étrangères,
Philippe Douste-Blazy, a indiqué que "cinq personnes travaillant
pour l’ambassade britannique à Addis Abeba ont été enlevées
dans le nord de l’Ethiopie. L’une de ces personnes est une ressortissante
française".

La région Afar, où les touristes ont été enlevés,
est proche de l’Erythrée, qui entretient des relations très
tendues avec l’Ethiopie depuis leur guerre frontalière (1998-2000).

Mis en cause par un responsable local éthiopien et une personne présentée
par les autorités comme un témoin, le gouvernement érythréen
a formellement démenti toute implication alors que le gouvernement
éthiopien a assuré ne pas être en mesure d’accuser quiconque.

La région Afar, réputée l’une des plus chaudes du monde
et appréciée des touristes pour ses paysages désertiques
et volcaniques et ses lacs de sel, est considérée comme peu
sûre en raison notamment de la présence d’au moins trois groupes
armés autonomistes afars.

Interrogé par l’AFP, le Foreign Office à Londres a indiqué
mardi ne pas disposer de nouvelles informations et travailler en contact étroit
avec les gouvernements érythréen et éthiopien, ainsi
qu’avec ses partenaires européens.
Selon la presse britannique, des commandos sont en état d’alerte pour
lancer une éventuelle opération de sauvetage.

A Addis Abeba, le porte-parole du ministère éthiopien des Affaires
étrangères, Solomon Abebe, a indiqué mardi "ne pas
avoir de nouvelles informations" sur l’affaire.

De son côté, la Mission de l’ONU en Ethiopie et en Erythrée
(Minuee), chargée de surveiller la frontière entre les deux
pays après leur conflit frontalier, a assuré mardi à
Asmara ne pas avoir de nouvelles informations, mais s’est dite être
à apporter "une aide médicale et logistique" si besoin.

08/03/07 (B385-B) Somalie : les Islamistes appellent à la résistance contre les forces de l’U.A. Elles prennent pour cible les soldats qui viennent d’arriver : 12 civils tués au cours d’une confrontation … Les autres pays qui avaient donné leur accord pour participer à cette force de maintien de la paix, vont-ils montrer beaucoup d’ardeur pour envoyer leurs soldats au combat ?? Tous les ingrédients pour une dramatisation de la situation semblent réunis. (ARDHD – 2 dépêches AFP – Info lectrice)

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1 – AFP

MOGADISCIO (AFP) – Somalie: 12 civils tués
dans une embuscade contre la force de paix

Douze personnes,
toutes civiles, ont été tuées à Mogadiscio dans
les échanges de tirs qui ont suivi une embuscade tendue mercredi par
des inconnus contre la force de paix en Somalie (Amisom), selon un nouveau
bilan obtenu jeudi auprès de témoins et de proches de victimes.

Le précédent bilan faisait état de deux morts. C’est
l’une des attaques les plus meurtrières depuis la chute des islamistes
somaliens il y a deux mois.

Aucun militaire de l’Amisom n’a été tué ou blessé
dans cette attaque, a réaffirmé jeudi le vice-ministre somalien
de la Défense, Salad Ali Jelle.

Mercredi, deux soldats ougandais de la force de paix africaine, qui
a commencé son déploiement mardi, avaient été
blessés à Mogadiscio quand leur véhicule avait sauté
sur une mine, selon l’armée ougandaise.

Dans un autre incident, un véhicule de l’Amisom a sauté
sur une mine, blessant deux soldats ougandais, selon l’armée ougandaise
à Kampala. Ces incidents sont survenus peu de
temps après l’appel lancé mercredi par un leader islamiste somalien
à la résistance.


"C’est le moment pour la jeunesse somalienne de combattre l’occupation
(de la Somalie) par l’Ethiopie et les autres (troupes de l’Amisom). Les musulmans
ne se rendront pas aux non croyants", a lancé Aden Hashi Ayro,
leader islamiste, sur la radio Koran basée à Mogadiscio. Des
documents d’identité tachés de sang de ce leader avaient été
découverts après l’attaque aérienne menée par
l’armée américaine contre des suspects présumés
du réseau terroriste Al-Qaïda dans le sud de la Somalie en janvier.

M. Ayro avait été blessé lors de cette attaque mais a
survécu, selon des sources concordantes.

Mercredi, l’Amisom a poursuivi son déploiement pour le deuxième
jour consécutif à Mogadiscio: deux avions transportant des soldats
ougandais, et trois autres appareils transportant du matériel militaire
ont atterri à l’aéroport international de Mogadiscio, a annoncé
M. Jelle.

Environ 800 soldats ougandais de l’Amisom sont désormais à Mogadiscio,
selon la vice-ministre ougandaise de la Défense, Ruth Nankabirwa.

Il s’agit de l’une des missions de paix les plus délicates: les précédentes
missions internationales en Somalie, conduites au début des années
90, s’étaient soldées par des échecs cuisants, avec au
moins 151 Casques bleus tués. Mardi, les premières troupes de
l’Amisom ont été accueillies par au moins sept obus de mortier,
qui sont tombés sur l’aéroport de Mogadiscio, sans faire de
victimes.

"Les attaques et les menaces ne remettent pas en question le plan de
déploiement" de l’Amisom, a assuré mercredi un porte-parole
de l’Union africaine (UA), Assane Ba. L’Amisom, dont l’UA avait décidé
le déploiement le 19 janvier pour six mois, doit compter à terme
environ 8.000 hommes, mais jusqu’à présent, seuls quelque 4.000
militaires venus de plusieurs pays (Ouganda, Nigeria, Ghana, Malawi et Burundi
selon l’UA) sont disponibles pour y participer.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a lancé
d’ailleurs un appel à la communauté mondiale "à
soutenir l’UA en mobilisant les fonds et autre aide nécessaire au déploiement"
de l’Amisom, dans son dernier rapport sur la situation dans le pays publié
mercredi.

Il a également exhorté les parties somaliennes à autoriser
le passage de l’aide humanitaire. Les autorités somaliennes ont accusé
mercredi des islamistes "liés à des terroristes internationaux"
d’être responsables de la violence persistante.

Les islamistes somaliens, qui ont été défaits il y a
deux mois par l’armée éthiopienne, avaient juré de s’en
prendre à la force de paix si elle était déployée
dans ce pays ravagé par 16 ans de guerre civile.

Mogadiscio, où les islamistes avaient réussi à imposer
la sécurité en 2006 pendant environ six mois, avant leur défaite,
est secouée depuis plusieurs semaines par des violences quasi quotidiennes.
Ces affrontements, qui opposent notamment hommes armés non identifiés
et forces de sécurité somaliennes et éthiopiennes, ont
fait plus d’une soixantaine de morts, essentiellement des civils, selon un
décompte de l’AFP.

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2 – AFP

MOGADISCIO (AFP) – Somalie : embuscade
contre des soldats de l’UA, appel islamiste à la résistance

Des
soldats de la force africaine de paix en Somalie (Amisom), déployés
depuis mardi à Mogadiscio, ont été pris mercredi dans
une embuscade qui a fait deux morts civils, peu après l’appel d’un
leader islamiste somalien à combattre les militaires étrangers
présents en Somalie.

L’embuscade "visait les troupes ougandaises, mais il n’y pas de victimes
du côté des soldats de maintien de la paix", a déclaré
à la presse le vice-ministre somalien de la Défense Salad Ali
Jelle.

"Deux civils ont été tués par balles et
sept ont été blessés au cours de l’embuscade au carrefour
de K1", un carrefour stratégique sur la route de l’aéroport
de la capitale, a rapporté à l’AFP un habitant Abdullahi Ibrahim.

Cette attaque est survenue peu de temps après l’appel par un leader
islamiste somalien "à combattre l’occupation (de la Somalie) par
l’Ethiopie et les autres", en référence aux troupes de
la force de paix africaine en Somalie, appelée Amisom.

"C’est le moment pour la jeunesse somalienne de combattre l’occupation
(de la Somalie) par l’Ethiopie et les autres (troupes de la force de paix
en Somalie). Les musulmans ne se rendront pas aux non croyants", a lancé
Aden Hashi Ayro, leader islamiste, sur la radio Koran basée à
Mogadiscio.

Des documents d’identité
tachés de sang de ce leader avaient été découverts
après l’attaque aérienne menée par l’armée américaine
contre des suspects présumés du réseau terroriste Al-Qaïda
dans le sud de la Somalie en janvier.
M. Ayro a été blessé lors de cette attaque mais a survécu,
selon des sources concordantes.

Mercredi, l’Amisom a poursuivi son déploiement: deux avions-cargos
transportant des soldats ougandais, 300 selon des témoins, et trois
autres avions transportant du matériel militaire ont atterri à
l’aéroport international de Mogadiscio, a annoncé à l’AFP
le vice-ministre de la Défense, Salad Ali Jelle.

Mardi, au premier jour du déploiement, quelque 370 soldats ougandais
étaient arrivés par avions-cargos avec du matériel et
des véhicules blindés.

Peu après leur arrivée, au moins sept obus de mortier étaient
tombés sur l’aéroport de Mogadiscio, sans faire de victimes
mais provoquant la panique parmi les soldats.

L’Union africaine (UA) a assuré mercredi que "les attaques et
les menaces ne remettent pas en question le plan de déploiement"
de l’Amisom, a affirmé à l’AFP un porte-parole de l’organisation
panafricaine, Assane Ba, à Addis Abeba.

Au total, l’Ouganda doit envoyer environ 1.500 soldats en Somalie. L’Amisom,
dont l’UA avait décidé le déploiement le 19 janvier pour
six mois, doit compter à terme environ 8.000 hommes, mais jusqu’à
présent, seuls quelque 4.000 militaires venus de plusieurs pays (Ouganda,
Nigeria, Ghana, Malawi et Burundi selon l’UA) sont disponibles pour y participer.

Les autorités somaliennes ont accusé mercredi des islamistes
"liés à des terroristes internationaux" d’être
responsables de cette violence persistante.

Les islamistes somaliens, qui ont été défaits il y a
deux mois par l’armée éthiopienne, avaient juré de s’en
prendre à la force de paix si elle était déployée
dans ce pays ravagé par 16 ans de guerre civile.

La journée de mercredi a également été marquée
par des violences. Deux policiers somaliens ont été tués
par balle à Mogadiscio par un inconnu, entraînant une opération
de ratissage dans les environs à la recherche d’armes, selon des témoins.

Mogadiscio, où les islamistes avaient réussi à imposer
la sécurité en 2006 pendant environ six mois, avant leur défaite,
est secouée depuis plusieurs semaines par des violences quasi quotidiennes.

Ces affrontements, qui opposent notamment hommes armés non identifiés
et forces de sécurité somaliennes et éthiopiennes, ont
fait plus d’une soixantaine de morts, essentiellement des civils, selon un
décompte de l’AFP.

06/03/07 (B385-B) AP : Une Française figure dans le groupe des personnes enlevées en Ethiopie, selon le Quai d’Orsay

PARIS
(AP) – Une ressortissante française figure dans le groupe d’employés
de l’ambassade de Grande-Bretagne enlevé la semaine dernière
en Ethiopie, a annoncé mardi le Quai d’Orsay.

Londres a confirmé que cinq personnes travaillant pour l’ambassade
à Addis Abeba avaient été enlevées dans le nord
de l’Ethiopie. « L’une de ces personnes est une ressortissante française »,
précise le ministre des Affaires étrangères Philippe
Douste-Blazy dans un communiqué transmis par le porte-parole du Quai
d’Orsay, Jean-Baptiste Mattéi.

« Nous sommes en contact maintenant avec les autorités britanniques
à Londres et à Addis Abeba, et je suis personnellement cette
affaire », poursuit le chef de la diplomatie française.

AP

06/03/07 (B385-B) Appel aux autorités françaises et aux présidentiables pour stopper les massacres et protéger les populations (ACAT, SURVIE, MRAP, CCFD)

Darfour
:Appel aux autorités françaises et aux présidentiables
pour stopper les massacres et protéger les populations


Paris, le 2 mars 2007


Objet : sanctions individuelles et implication
de la France
dans le déploiement des casques bleus au Darfour


Monsieur le Président,
Madame la candidate, Monsieur le candidat,

Nos associations
sont horrifiées par l’intensification des exactions commises,
en toute impunité, à l’encontre des populations du Darfour.
En quatre ans, plus de 300.000 personnes ont été tuées
et plus de 2,4 millions de personnes ont été chassées
de leurs foyers. Dans le même temps, dix résolutions ont été
adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies,
sans aucun résultat concret sur le gouvernement de Khartoum. Cette
situation insupportable déstabilise le Tchad et la République
centrafricaine et risque d’embraser l’ensemble de la région.

En refusant, le 15 février 2007, d’octroyer des visas aux membres
de la mission d’enquête du Conseil des Droits de l’Homme
des Nations unies se rendant au Darfour, et en niant le 26 février
2007 toute compétence à la Cour pénale internationale
(CPI) au Darfour, le gouvernement soudanais vient de prouver une nouvelle
fois qu’il n’est pas prêt à mettre un terme aux exactions
commises au Darfour.

Face au refus des autorités soudanaises de protéger ses populations,
il est du devoir de la communauté internationale d’intervenir
urgemment.

Le 15 février 2007, les députés du Parlement européen
ont adopté une résolution sur la situation au Darfour qui «
invite les institutions de l’Union européenne à appliquer des
sanctions visant toute partie, y compris le gouvernement soudanais, qui viole
le cessez-le-feu ou s’en prend aux civils, et à mener toute action
nécessaire contribuant à mettre fin à l’impunité
par l’application du régime de sanction du Conseil de sécurité
des Nations unies qui prévoit des sanctions économiques ciblées,
y compris des interdictions de voyager et des gels d’actifs, à l’instar
des mesures prises par l’Union européenne par le passé à
l’égard d’autres pays ».

Le Parlement européen « souligne que les sanctions à l’encontre
du Soudan devraient également inclure la menace d’un embargo pétrolier
».

…/…

Le 27 février
2007, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno
Ocampo, a demandé aux juges d’assigner ou d’émettre des mandats
d’arrêt à l’encontre de deux hauts responsables des crimes commis
au Darfour : Ahmad Muhammad Harun, ancien ministre de l’Intérieur du
gouvernement soudanais et Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, commandant d’une
milice janjawid, alliée aux forces gouvernementales.

Même si nous
avons bien conscience que la résolution de la crise au Soudan en général,
et au Darfour en particulier, devra nécessairement passer par un accord
de paix inclusif et accepté par les parties, nous sommes convaincus
que les sanctions ciblées individuelles sont indispensables pour contraindre
les belligérants à arrêter les combats et à accepter
le déploiement de casques bleus au Darfour, conformément à
la résolution 1706 des Nations unies.

Jusqu’à présent, malgré ses discours et condamnations
de principe, la France s’en est tenue à une simple diplomatie «
classique », refusant de mettre en oeuvre des sanctions et voyant même
son commerce avec le Soudan croître.

Convaincus du principe qu’on ne doit pas commercer avec des régimes
responsables de crimes contre l’humanité quand on se revendique patrie
des Droits de l’Homme, nous vous demandons de mettre immédiatement
en œuvre, sur le territoire français, une série de sanctions
ciblées individuelles à l’endroit de toute partie qui
viole le cessez-le-feu ou s’en prend aux populations civiles au Darfour :

  • refus de visas, gel
    des avoirs en France de toutes les personnes nommées dans les rapports
    de la Commission d’enquête et du panel d’experts des Nations
    unies et enquête sur les comptes en France des entreprises proches
    du gouvernement afin de préparer la mise en œuvre de nouvelles
    sanctions ciblées ;
  • gel des relations
    commerciales de la France avec les pouvoirs publics et le gouvernement de
    Khartoum et gel des investissements français dans le secteur pétrolier
    soudanais.

Dans
l’hypothèse où le gouvernement soudanais continuerait
de ne pas respecter ses obligations de protection vis-à-vis de ses
propres populations et n’autoriserait pas le déploiement de casques
bleus au Darfour, à l’échéance du mandat de la
Mission préparatoire des Nations unies au Soudan (MINUS), le 30 avril
2007, nous vous demandons d’apporter une contribution financière,
humaine et matérielle au déploiement d’une force onusienne
ayant pour mandat, conformément à la résolution 1706,
sous chapitre VII de la Charte des Nations unies :

  • de
    favoriser les conditions d’un véritable accord de paix
    entre toutes les parties, permettant aux populations déplacées
    ou réfugiées de retourner sur leurs terres, en toute sécurité
    ;

  • de protéger efficacement les populations des violences, notamment
    à travers l’établissement d’une zone d’exclusion
    aérienne sur tout le Darfour ;

  • de mettre en place des corridors humanitaires sécurisés
    permettant aux organisations humanitaires d’accéder à
    l’ensemble des populations nécessitant une aide vitale.
Nous
vous prions d’agréer, Monsieur le Président, Madame la
candidate, Monsieur le candidat, l’expression de notre très haute
considération.

Pour les associations signataires :

Jean-Etienne
de Linares
Délégué Général de l’ACAT-France

Contact
:
Clément Boursin, Chargé de mission Afrique, ACAT-France, 7
rue Georges Lardennois, 75019 Paris, Fax : 01.40.40.42.44, clement.boursin@acat.asso.fr