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29/06/2014 (Brève 403) Communiqué du FRUD : Affrontements meurtriers entre le FRUD et l’Armée gouvernementale

Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie -FRUD-
frud_djibouti@hotmail.com

Au lendemain de la commémoration du 37ème anniversaire de l’indépendance

Affrontements meurtriers entre le FRUD et l’Armée gouvernementale

Selon des informations émanant du Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie (FRUD), plusieurs accrochages ont eu lieu entre l’armée gouvernementale et les combattants du FRUD dans la journée du 28 juin 2014, dans les Mablas (district de Tadjourah) :

Le 1er accrochage a eu lieu vers 6h du matin , aux environs de Galeila où se trouve un camp militaire de l’AND ;

un autre affrontement s’est déroulé à Débel, non loin de Garbanaba, un véhicule de l’armée a été détruit, 2 morts et 3 blessés parmi les soldats de l’AND.

Partis du Camp de Galeila, les militaires ont affronté les combattants du FRUD à Sismo toujours dans les Mablas de 14h à 18h, 1 soldat tué et 4 autres ont été blessés. Une vingtaine de militaires ont fuit le combat et sont rentrés chez eux.

Le FRUD, de son côté, ne déplore aucune perte.

On apprend aussi que l’armée nationale djiboutienne a interrompu les festivités de la commémoration du 37ème anniversaire de l’indépendance et a envoyé plusieurs détachements à Galeila pour faire face aux éléments du FRUD.

13/07/07 (B403) AFP – Borrel : l’enquête du juge sur le président Guelleh jugée « inconcevable » par Djibouti (Info lectrice)

Le procureur général de Djibouti a jugé jeudi dans un communiqué "inconcevable" qu’un ancien ministre de la justice djiboutien ait pu charger le juge Bernard Borrel d’enquêter sur des trafics auxquels Ismaël Omar Guelleh, actuel président de Djibouti, aurait été mêlé.

Qualifiant cette information "d’étape supplémentaire dans l’intoxication et la manipulation de l’opinion publique, le procureur Djama Souleiman Ali, a souligné dans son communiqué, adressé à l’AFP à Paris, "une contradiction insurmontable" dans cette version.

"Les nombreux témoignages de l’entourage de Bernard Borrel et notamment celui de sa veuve ont toujours corroboré les relations conflictuelles entre le ministre djiboutien de la justice et son conseiller technique (le juge Borrel, NDLR)", a-t-il expliqué.

Un ancien membre du renseignement militaire, qui s’est exprimé le 27 juin dans le bureau de la juge chargée de l’enquête sur la mort du juge Borrel, a affirmé que "le ministre de la Justice de Djibouti, Moumin Badon Farah, avait chargé M. Borrel de constituer un dossier sur l’ensemble des trafics auxquels Ismaël Omar Guelleh était mêlé".

Ceci, afin de trouver des arguments pour écarter Ismaël Omar Guelleh de la course à la succession du président de l’époque, Hassan Gouled Aptidon.

"Il est inconcevable que Moumin Bahdon ait pu chargé M. Borrel d’effectuer pour son compte ou même pour le compte d’autrui une quelconque enquête sur quiconque à Djibouti", affirme le procureur de Djibouti dans son communiqué, en soulignant que B. Borrel n’avait "aucun pouvoir d’investigation", aucune "autorité sur aucun service à Djibouti" et ne parlait pas "les langues locales".

Elisabeth Borrel, veuve du juge, a pour sa part estimé sur France inter que la version du militaire pourrait expliquer "les obstructions" exercées sur la justice durant l’enquête par Paris et Djibouti.

"Je pense qu’il va y avoir d’autres déclassifications (de documents liés à cette affaire) et j’espère qu’on aura alors des éléments qui viendront corroboré ce qu’explique ce militaire", a-t-elle expliqué.

"De plus, personne ne veut me dire quel était ce document qu’on (les autorités françaises de Djibouti, ndlr) m’avait demandé de rechercher pour la France le jour de la mort de mon mari. J’ai le sentiment qu’il avait trait justement à cette affaire là", a-t-elle ajouté.

Mme Borrel a enfin souligné que le ministre de la justice, M. Moumin Bahdon, était à l’époque des faits l’un des principaux opposants à M. Guelleh à Djibouti (dans la course à la présidence, ndlr) et qu’il avait été mis en détention pour "offense au chef de l’Etat" après la mort de son mari.

Le corps du juge Bernard Borrel a été retrouvé le 19 octobre 1995 à 80 km de Djibouti. Le magistrat français travaillait, au titre de la coopération, auprès du ministre de la Justice de Djibouti à la réforme du code pénal.

13/07/07 (B403) Amnesty International : Éthiopie. Le procureur requiert la peine de mort pour des prisonniers d’opinion (Info lectrice)

Amnesty International s’est déclarée choquée à l’issue des débats de ce lundi 9 juillet au cours desquels le procureur a requis la peine de mort contre les 38 accusés au centre d’un procès politique qui dure depuis quatorze mois en Éthiopie.

L’organisation a appelé la Cour à rejeter la demande du procureur.

Le tribunal a accordé trois jours aux accusés pour plaider les circonstances atténuantes. Le verdict est attendu le 16 juillet.

Parmi les 38 accusés figurent deux femmes, des journalistes, un défenseur militant des droits humains et des dirigeants du parti d’opposition Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD).

Tous sont en prison depuis novembre 2005. Ils avaient dans un premier temps refusé de présenter une défense, déclarant qu’ils ne croyaient pas à un procès équitable. Après que les juges eurent décidé, après présentation des faits par l’accusation, qu’ils devaient répondre d’un certain nombre de charges, ils avaient envisagé de soumettre une défense. Toutefois, le 11 juin, les juges auraient coupé court à toute demande concernant la préparation de leur défense et les auraient reconnus coupables des accusations dont ils étaient inculpés.

Les 38 ont été reconnus coupables d’«outrage à la Constitution» et d’«atteinte au pouvoir défensif de l’État» ; cinq d’entre eux ont également été déclarés coupables d’«incitation à la rébellion armée ou organisation ou direction d’une rébellion armée». Ils avaient auparavant été acquittés des chefs de «trahison» et «tentative de génocide», mais le procureur a fait appel de cette décision.

Pour Amnesty International, il est choquant que les accusés soient maintenant confrontés à une possible exécution. D’après les informations dont dispose Amnesty International, la plupart de ces prisonniers d’opinion – voire tous – ont été arrêtés en raison de leurs opinions non violentes et n’ont pas eu recours à la violence ni fait l’apologie de la violence. Amnesty International appelle à leur remise en liberté sans condition.

Plusieurs informations non confirmées laissent entendre que le gouvernement éthiopien envisagerait de libérer les 38 sous certaines conditions – ainsi que d’autres membres de la CUD toujours en attente de jugement – dans les prochains jours.

Des sources variées rapportent que pendant plusieurs mois au cours du procès, les dirigeants emprisonnés de la CUD auraient eu des entretiens privés avec des représentants du gouvernement par l’intermédiaire d’un médiateur éthiopien.

Selon certaines rumeurs, ils pourraient être graciés et libérés en échange d’une déclaration qu’ils auraient signée, avec d’autres membres de la CUD dont le procès est toujours en cours, reconnaissant une part de responsabilité dans les violences qui se sont déroulées au cours des manifestations de juin et novembre 2005 après un scrutin contesté. Quatre-vingt treize manifestants avaient alors été tués par les forces de sécurité et six policiers par des manifestants.

Selon un responsable du gouvernement, une telle grâce ne pourrait être accordée que dans le cadre d’une amnistie présidentielle ou d’une procédure de grâce à l’issue du procès.

Dix des autres accusés dans le même procès présentent une défense ; ils doivent comparaître le 12 juillet. Parmi eux figurent les militants de la société civile Daniel Bekele et Netsanet Demissie, tous deux prisonniers d’opinion.

Un autre procès de membres de la CUD – parmi lesquels Kifle Tigeneh, député élu de la CUD – a été repoussé au 29 octobre. Les accusés risquent également la peine de mort.

Amnesty International suit le procès à titre d’observateur pour s’assurer qu’il répond aux normes internationalement reconnues d’équité des procès. L’Union européenne a également un rôle d’observateur. Amnesty International prévoit d’assister aux audiences au cours desquelles le verdict sera prononcé et aux plaidoiries de la défense.

Complément d’information

Amnesty International s’oppose en toutes circonstances et sans exception à la peine de mort qu’elle considère comme une violation du droit à la vie et le châtiment ultime le plus cruel et le plus dégradant. La peine de mort rend légitime juridiquement un acte irréversible de violence par l’État et fait inévitablement des victimes innocentes. Amnesty International demande donc avec force l’abolition sans condition de la peine capitale partout dans le monde.

13/07/07 (B403) Communiqué du GED : Au nom de toute la Nation djiboutienne et des membres du GED, le Président Mahamoud Ahmed Idriss adresse tous ses voeux au peuple français à l’occasion de la fête nationale du 14 juillet.

Au nom de tous les Djiboutiens, des membres du Ged et en mon nom personnel, j’adresse au peuple français tous nos voeux à l’occasion de la fête nationale du 14 juillet, qui doit revêtir cette année un éclat particulier avec le défilé des troupes déléguées par de nombreux pays. C’est un symbole fort.

En marge de l’affaire Borrel, je suis informé des tentatives vaines et désespérées de M. Guelleh visant à faire croire aux Djiboutiens que les Français ne sont pas nos amis. Je m’inscris en faux contre ces manoeuvres indignes..

Le Peuple djiboutien aime la France et les Français. Il admire les réalisations de cette grande nation et il sait tout ce que les Français sont prêt à faire et à nous donner pour sortir le pays de l’ornière dans laquelle le régime actuel l’a conduite.

Le Peuple djiboutien sait que le Peuple français est à ses côtés dans sa lutte pour la liberté, la justice et la démocratie.

Mais cela va plus loin, car l’opinion internationale bascule progressivement en faveur de nos revendications légitimes. Au sein du GED nous pouvons en prendre la mesure, quand nous constatons l’accueil qui nous est réservé par des hautes autorités européennes, par les chancelleries et par des personnalités influentes.

Bonnes fêtes à toutes les Françaises et à tous les Français.

Permettez-moi d’avoir une pensée spéciale pour tous les Français, civils et militaires, qui vivent à Djibouti. Je sais qu’ils affrontent des moments parfois difficiles en raison du climat suscité par les derniers rebondissements dans l’instruction du meurtre du magistrat Bernard Borrel.

Que l’amitié plus que centenaire de nos deux peuples se perpétue et qu’elle contribue à l’enrichissement réciproque de nos deux nations et au renforcement des liens qui nous unissent.

Mahamoud Ahmed Idriss
Président du Gouvernement en Exil

13/07/07 (B403) Coucou ! Djama Grandes oreilles, bouffon du régime, s’exprime dans l’ADI, qui a réouvert son site après un long silence que nous avions remarqué !!! (Info lectrice)

Le procureur général de Djibouti juge inconcevable une prétendue enquête du juge Borrel sur le président djiboutien

DJIBOUTI (ADI) – 12 Juillet 2007- Dans un communiqué rendu public aujourd’hui, le procureur général de Djibouti, M. Djama Souleman, a jugé "inconcevable" qu’un ancien ministre de la justice djiboutien, en l’occurrence M. Moumin Bahdon Farah, ait pu charger le juge Bernard Borrel d’enquêter sur des trafics auxquels aurait été mêlé le président djiboutien, M. Ismaïl Omar Guelleh.

M. Djama Souleman qui a qualifié cette information "d’étape supplémentaire dans l’intoxication et la manipulation de l’opinion publique, n’a pas manqué de relever, "une contradiction insurmontable" dans cette version.

Selon le procureur, "les nombreux témoignages de l’entourage de Bernard Borrel et notamment celui de sa veuve ont toujours corroboré les relations conflictuelles entre le ministre djiboutien de la justice et son conseiller technique (le juge Borrel, NDLR)".

12/07/07 (B403) En exclusivité sur le site de l’ARDHD, une interview de Mohamed Saleh Alhoumekani, qui répond à l’entretien que Guelleh a donné au Journal Le Monde.

ARDHD :
Monsieur Alhoumekani, nous vous remercions d’abord de nous avoir accordé cet entretien. Dans l’inteview qu’il a accordé le 6 juillet 2007 au Journal Le Monde, le Président Guelleh vous met en cause "(..)un officier, déserteur, qui, pour obtenir l’asile politique, raconte n’importe quoi(…)". Qu’avez-vous à lui répondre ?

Mohamed Saleh Alhoumekani :
Avant de répondre à cette question, j’aimerais vous faire remarquer un point très important. Jusqu’à présent, Ismaël Omar Guelleh ne s’exprimait jamais directement dans le cadre de cette affaire. Il laissait le soin au Procureur Djama Souleiman de le faire à sa place. Aujourd’hui, c’est lui-même qui monte personnellement au créneau.

C’est d’abord probablement, le signe de la disgrâce de Djama Souleiman qui est certainement accusé de n’avoir pas su gérer les développements de l’affaire Borrel, dans le sens souhaité par Guelleh.

Mais c’est surtout le signe que Guelleh prend désormais l’affaire très au sérieux et qu’il sait que les conséquences vont être catastrophiques pour lui.

ARDHD :
Revenons aux accusations du Président Guelleh à votre encontre, même s’il ne vous nomme pas.

MSA :
Comme vous le savez, j’ai été victime de harcèlement et de plusieurs tentatives de subornation, ce qui a motivé la plainte que j’ai déposée avec Monsieur Ali Iftin contre Djama Souleiman, Hassan Saïd et Maître Martinet.

Aujourd’hui, plus personne ne pourrait croire que je suis un militaire déserteur … racontant n’importe quoi. N’oubliez pas que je dirigeais la Sécurité du Palais présidentiel. On ne confie pas ce type de responsabilité à un individu considéré comme instable ou peu fiable ….

Ensuite et c’est le point important, j’ai fait une demande d’asile auprès des autorités belges en 1998. Mon statut a été accepté en 2001 et j’ai été naturalisé citoyen belge en 2004. J’aurais pu obtenir de droit la reconnaissance de la nationalité française par la filiation avec mon père, mais j’ai préféré éviter de m’installer en France, sachant les relations particulières et étroites qu’il y avait entre le Cabinet de Monsieur Chirac et la Présidence. Ces liens font aujourd’hui l’objet de nombreuses révélations dans la presse ….

J’ai préféré m’installer en Belgique et j’ai témoigné devant la Justice belge en Octobre 99. La justice française m’a entendu en Janvier 2000.

On voit clairement que je n’ai pas témoigné pour obtenir un quelconque avantage. Je dirais même que mon témoignage aurait pu avoir l’effet inverse. En effet, si la Belgique n’est pas concernée par l’Affaire Borrel, Mme Moracchini, juge d’instruction française, aurait certainement préféré oublier mon témoignage : pour seule preuve, les pressions qu’elle a tenté d’exercer à mon encontre et qui ont été rendues publiques. A l’époque mon témoignage était un point négatif pour l’acceptation de ma demande de régularisation …

ARDHD :
Ce point capital nous semble être éclairci. Mais sur quelles bases avez-vous obtenu la reconnaissance du droit d’asile en Belgique ?

MSA :
Les autorités belges savent ce qui se passe effectivement en République de Djibouti et les traitements qui sont réservés à tous ceux qui s’opposent à la dictature, à l’asservissement de la population et à la ruine économique du pays : torture, emprisonnements arbitraires, procès montés de toutes pièces, exécutions extra-judiciaires, menaces sur les familles, etc.

Le pourcentage de la population d’origine djiboutienne qui a émigré est impressionnant.

A qui la faute ?

Aux méthodes dictatoriales qui sont initiées par Guelleh et qui sont reprises par le petit noyau dur des "obligés" qui l’entourent et qui profitent en retour de multiples avantages personnels. Ce sont les "intouchables". Ils peuvent tout se permettre en toute impunité. Dilapidation du trésor et des comptes des grandes entreprises (EDD, Port, …), spoliation de leurs compatriotes, extorsion de fonds et trafics en tout genre …

Sauf à appartenir à cette caste ou à accepter de servir avec zèle la dictature, un jeune n’a aucun avenir à Djibouti, même s’il a fait des études. Le taux de chômage est l’un parmi les plus élevés du monde …

Alors les Djiboutiens de souche sont contraints, quand ils en ont encore les moyens, à l’étranger.

ARDHD :
Comment voyez-vous l’avenir de Djibouti ?

MSA :
Djibouti n’a aucun avenir, tant que Guelleh sera en place. La première chose est d’obtenir son départ, ce qui ne devrait pas tarder …

ARDHD :
Comment pouvez-vous être aussi catégorique ? Quels éléments vous permettent d’annoncer cela ?

MSA :
Le vent a tourné dans l’affaire Borrel. Les rebondissements se succèdent. Bientôt à un rythme plus accéléré encore . A mon avis Guelleh n’a plus le soutien de la Présidence française ni de sa diplomatie. La recherche des responsabilités pénales est en marche et Guelleh finira par être désigné pour son rôle effectif …. Sa position deviendra intenable et indéfendable, d’autant plus que d’autres affaires vont sortir dans les prochaines semaines …

ARDHD :
Quelles affaires ?

MSA :
Il est trop tôt pour vous donner des précisions, mais on pourrait imaginer par exemple, des liens avec des organisations terroristes qui sont combattues par les Américains, des trafics d’armes, d’alcool ou de stupéfiants, un trafic d’enfants somaliens et d’autres choses. Mais ce ne sont que des hypothèse à l’heure où je vous parle.

ARDHD :
Comment voyez-vous l’avenir ? Vous nous avez répondu de façon incomplète …

MSA :
Je vous l’ai dit, l’avenir passe par le départ de Guelleh. Ou bien il aura la sagesse de comprendre que c’est fini pour lui et qu’il faut abandonner le poste en rendant aux Djiboutiens tout ce qu’il leur a volé. Ou bien, il sera démis par une action judiciaire et il devra répondre de ses actes devant des tribunaux indépendants …

Par ailleurs, je vous livre un scoop. Grâce au réseau qui a été constitué avec tous les sympathisants du GED, dont je suis le porte-parole, nous avons pu réunir des documents qui compromettent Guelleh et son régime. Ces documents ont été remis à l’U.E., à de nombreuses chancelleries et à des reponsables internationaux…

ARDHD :
Vous voulez dire que Guelleh pourrait ne plus être soutenu par une partie de la communauté internationale ?

MSA :
C’est exactement cela. Les jours de son régime sont comptés. Je le répète, pour lui, la seule issue est de quitter le pouvoir et de rendre le produit de ses malversations. Sinon, il y sera contraint.

Après son départ, en tant que membres du Gouvernement en Exil, nous prendrons nos responsabilités avec le concours de tous les opposants qui voudront se joindre à nous pour participer à la reconstruction du pays, aux rétablissements des valeurs républicaines et à l’instauration d’un Etat de droit.

13/07/07 (B403) Guelleh aurait été soupçonné par Moumin Bahdon de trafics d’armes, d’ivoire et d’alcool détaxé. Ce qui aurait conduit le Ministre de la Justice de l’époque à demander au Juge Borrel de mener cette enquête qui aurait pu le conduire à la mort. (Info lectrice)

__________________________________ AFP (Pierre ROCHICCIOLI)

Le juge Borrel aurait été chargé d’enquêter sur des trafics du président djiboutien

Le juge Bernard Borrel, tué en 1995 à Djibouti, a été chargé avant sa mort par le ministre djiboutien de la Justice d’enquêter sur "des trafics" auxquels Ismaël Omar Guelleh, actuel président djiboutien, aurait été mêlé, selon le témoignage d’un ex-membre du renseignement militaire français, recueilli par la justice française.

Ce militaire, ancien membre du deuxième bureau (renseignement militaire, ancêtre de la DGSE) s’est exprimé le 27 juin dans le bureau de la juge Sophie Clément, chargée de l’enquête sur la mort du juge Borrel, lors d’une confrontation entre plusieurs militaires français en poste à Djibouti à l’époque de la mort de Bernard Borrel.

Selon ce témoin, pour qui "l’assassinat" du juge Borrel ne fait "aucun doute", la mission confiée au magistrat visait les agissements d’Ismaël Omar Guelleh (IOG).

Celui-ci était l’un des candidats au pouvoir, alors détenu par son oncle, le chef de l’Etat Hassan Gouled Aptidon, dont il était le chef de cabinet.

"Il y avait des menaces graves du fait de luttes de pouvoir pour la présidence. C’était des batailles de clans". Selon "mes sources" et celle d’un autre officier dont il cite le nom, "le ministre de la Justice Moumin Badon Farah avait chargé M. Borrel de constituer un dossier sur l’ensemble des trafics auxquels Ismaël Omar Guelleh était mêlé", explique le militaire.

"Il s’agissait d’avoir des arguments pour écarter IOG de la course au pouvoir. Je précise que lorsque je parle de mes sources, cela représente des informations venant d’environ 80 personnes. Cette diversité permet de recouper les informations", précise-t-il.

Selon ses déclarations, Ismaël Omar Guelleh "participait à un certain nombre de trafics qui incluaient des coopérants français". "Agir contre lui dérangeait par conséquent tant la communauté djiboutienne que la communauté française", a-t-il expliqué à la juge Clément.

Ismaël Omar Guelleh était à l’époque des faits le dauphin désigné du président Aptidon auquel il succédera en 1999 et Moumin Badon Farah l’un des nombreux prétendants à cette succession.

Une note de la direction des renseignements généraux (DCRG), versée au dossier d’instruction et que l’AFP a pu consulter, mentionne divers trafics (ivoire, armes et alcool détaxé) dans lesquels Omar Guelleh aurait été impliqué avant d’accéder au pouvoir.

"On ne peut que s’étonner qu’il ait fallu autant d’année à cet ex-membre du renseignement militaire pour venir faire ces révélations", a indiqué à l’AFP Me Francis Szpiner, avocat de Djibouti, selon qui Moumin Badon Farah avait à l’époque "peu de chance d’accéder au pouvoir".

"Elles sont de plus en contradiction avec les propres déclarations de Mme Borrel, selon qui son mari entretenait des relations exécrables avec le ministre de la justice et avec la réalité locale, ce dernier étant connu pour ses sentiments anti-français", a-t-il estimé.

Le corps en partie carbonisé du juge Bernard Borrel a été retrouvé le 19 octobre 1995 en contrebas d’un ravin à 80 km de Djibouti. Le magistrat français travaillait, au titre de la coopération, auprès du ministre de la Justice de Djibouti à la réforme du code pénal.

Parallèlement à l’instruction de Sophie Clément sur la mort du juge, deux magistrates parisiennes, Mmes Pous et Ganascia, enquêtent sur d’éventuelles pressions politiques sur la justice dans ce dossier.

Lundi et mardi, elles ont perquisitionné dans ce cadre les domiciles parisien et provençal de Michel de Bonnecorse, l’ex-"Monsieur Afrique" de l’Elysée durant la présidence de Jacques Chirac.

13/07/07 (B403) La justice tient-elle, pour la première fois, un mobile qui aurait pu conduire à l’assassinat du Juge Bernard Borrel ? (ARDHD)

Jusqu’à présent, la Justice française avait réussi à démontrer qu’il s’agissait d’un assassinat et non d’un meurtre, mais elle cherchait le mobile. Sans mobile, il est difficile d’identifier des coupables …. et des commanditaires éventuels …

Les révélations de ces derniers jours font état d’un mobile possible. Ce n’est peut-être pas le bon, mais il est crédible. La Justice a fait un grand pas.

Ce que nous avons appris : "Le juge aurait été chargé par Moumin Bahdon, Ministre de la Justice et candidat potentiel à la Présidence, avec le soutien de son clan, d’enquêter sur les trafics de Guelleh." Il aurait pu découvrir, selon les déclarations des témoins interrogés par la Juge Clément, des trafics impliquant non seulement Guelleh, mais aussi des affairistes français connus, très présents et très influents à Djibouti. Nombre d’entre eux sont d’origine Corse.

Les deux parties franco-djiboutiennes auraient-elles eu intérêt à éliminer le juge qui fouinait dans leurs petits trafics …. ? On ne peut pas l’exclure …

Sans être coupable, c’est Moumin Bahdon qui aurait envoyé le Juge à la mort en lui confiant cette mission. Est-ce lui qui a été informé en premier de la mort du Juge ? Est-ce un avertissement qu’aurait pu lui avoir envoyé IOG, lui signalant par ce moyen, qu’il était au courant de l’enquête diligentée contre lui par un Ministre de son oncle ? C’est bien dans la tradition des organisations mafieuses. On tue un pion et on prévient le parrain du clan adverse : premier avertissement "Ou bien tu arrêtes ou bien la prochaine fois, cela touchera des personnes plus proches de toi …"

Informé en premier, toujours selon cette hypothèse, Moumin Bahdon, qui avait été réveillé en pleine nuit (nous le savons par des témoins), a-t-il aussitôt informé les autorités militaires françaises, ne serait-ce que pour assurer sa propre protection pesonnelle ?

C’est un scenario crédible, même s’il ne nous appartient pas d’instruire l’affaire à la place des Juges français.

Nous en profitons pour saluer le courage, le travail, le professionnalisme et l’implication d’abord de la Juge Clément, mais aussi des juges Pous et Ganascia.

Maître Aref qui fréquentait beaucoup la famille Bahdon et ses filles à l’époque, sait-il des choses complémentaires qui pourraient éclairer la Justice. Des rumeurs disent qu’il aurait pu se confier en privé … et que son témoignage n’arrangerait pas la situation de Guelleh. Mais ce sont des rumeurs. Il a toujours été le maître du double jeu. Si cela était vérifié, ce ne serait qu’une confirmation …. travaillant pour Guelleh, d’un côté et lui faisant préjudice de l’autre.

Dernière petite question que nous nous posons. Nous aimerions bien connaître les pressions politiques éventuelles qui auraient conduit à délivrer en toute urgence, une médaille en chocolat, officier de la légion d’honneur version pour étrangers, à Ibrahim Zakaria, pendant le délibéré du procès qu’il nous avait intenté, avec Aref comme avocat … plaidant contre nous ?