04/03/06 (B340-A) ALERTE ROUGE : L’Armée française assure-t-elle la formation d’anciens tortionnaires djiboutiens ? Nous venons d’apprendre de source généralement bien informée, que le Lt-Colonel Zakaria Hassan Aden de la Gendarmerie Djiboutienne, suivrait des cours à l’Ecole de Guerre à Paris. (ARDHD selon une info d’un correspondant)

Le Lt-Colonel Zakaria Hassan Aden
est un personnage bien connu
de notre Association,
pour de nombreux crimes et délits,
qu’il pourrait avoir commis

L’Armée française forme-t-elle aussi des anciens tortionnaires ?

Zakaria Hassan Aden (à ne pas confondre avec le Général du même nom, qui avait porté plainte contre notre Association) aurait été invité par l’Armée française pour suivre des cours à l’Ecole de Guerre, ce que nous avions annoncé “en première” le 13 nov. 2005, dans un article publié à son sujet, à une époque de sa carrière où sa popularité auprès de Guelleh semblait en chute libre. (Lien avec l’article)

Il a fait des études à la faculté de Poitiers, où il aurait commencé ses premiers exploits. Selon des témoins dignes de confiance, il aurait laissé des “ardoises”, sous la forme de chèques sans provision à plusieurs commerçants qui s’en souviendraient encore … Mais les faits sont prescrits puisqu’ils remontent aux années 80.

Ensuite, il a rejoint la Gendarmerie au sein des forces militaires djiboutiennes, franchissant à marche forcée les échelons de la hiérarchie, en raison des “immenses services” (affaires tordues, torture, élimination, commando de la mort dans les rues d’Addis Abeba, etc…) rendus à la dictature, d’abord pour Gouled, puis pour Guelleh..

Depuis 1999, sa photo est publiée sur notre site dans la catégorie “Bourreaux et criminels”. Pour quelles raisons ?

Parce que, Lieutenant, puis Capitaine (et maintenant Lieutenant-Colonel ou plus), il est cité par de nombreux témoins pour avoir exercé personnellement des actes de torture d’une rare sauvagerie contre des Djiboutiens. Nous vous présentons trois extraits signés nominativement par les victimes de Zakaria Hassan – (lien avec tous les témoignages) :

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Extrait du témoignage N°1 : M. ALI ROBLEH DARAR
Prisonnier politique détenu à Gabode depuis août 1996

Au cours de mon interrogatoire, le colonel Mahdi Cheikh Moussa, commandant de la gendarmerie nationale et membre de la famille du président Gouled, a ordonné aux lieutenants Zakaria Hassan et Mohamed Adoyta qui en étaient chargés de me torturer d’une manière intense.

Le lieutenant Mohamed Adoyta a refusé de me torturer, mais mes co-détenus ont été tous torturés cruellement. Ces derniers ont subi: – coups de pieds – coups de matraques – coupes de crosse de pistolet – étouffement à l’aide de l’eau mélangée au javel (système de balançoire) (…)

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Extrait du témoignage N°2 : M. ADEN SAID HARED

Prisonnier politique détenu politique à Gabode
depuis sept. 1998

Je soussigné Aden Saïd Hared né le 13 janvier 1969 à Wéa-Djibouti, célibataire, déclare :


J’ai été arrêté le mercredi 23 septembre 1998 vers midi à Wéa par les gendarmes de la brigade Arta-Wéa. Ils m’ont incarcéré dans des cellules pleines d’urine, sans courant d’air, ni électricité.


J’ai passé une semaine d’interrogatoire permanent, ils m’ont interrogé sans relâche. J’ai subi toutes sortes de tortures (balançoire, étouffement avec un mouchoir imbibé de javel, …).


Depuis ces temps jusqu’à ce jour, j’ai des problèmes d’ouie, de vue, et mentalement je ne me sens pas bien.


Le 1 er octobre 1998 ils m’ont présenté devant le juge et je n’ai pas manqué d’exposer ma douleur. Mais aucune démarche n’a été fait suite à ma déclaration.


Toute cette opération est dirigée par le capitaine Zakaria. (…)


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Extrait du témoignage N° 3 : M. ELLEYEH AMIN OBSIEH,

Prisonnier politique détenu à Gabode depuis sept. 1998


Je soussigné Elleyéh Amin Obsieh né en 1959 à Cheikheyti (district de Dikhil), père de deux enfants, de nationalité djiboutienne, employé comme gardien chez Ismaël Guedi Hared, l’ancien directeur de cabinet de la présidence aujourd’hui opposant pour avoir refusé de cautionner la tyrannie.


Je déclare sur l’honneur que: j’ai été arrêté mercredi 28 août 1996 vers six heures du matin par la gendarmerie de la brigade d’Arta. J’ai été torturé de plusieurs manières pendants dix jours. Ils m’ont fait subir l’étouffement avec une serpillère imbibée de javel, des coups de crosses, des coups de pieds au ventre… J’en ai gardé des séquelles et j’ai même craché du sang.


Les soldats qui m’ont torturé étaient commandés par le capitaine Zakaria de la gendarmerie nationale.


J’ai été relâché le 3 août 1996 vers 10 heures sans me présenter devant la justice. J’ai été soigné à la clinique pendant une dizaine de jours. J’ai déposé une plainte auprès de la Justice mais aucune démarche n’a été lancée. (…)


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Affaire Borrel :
Nous n’avons aucune information sur son implication directe dans l’assassinat du juge, mais en revanche, il était le Chef des enquêteurs de la Gendarmerie qui ont fait les premiers constats, après que fut connue la mort du Juge Borrel.


La Justice française profitera-t-elle de sa présence à Paris, pour entendre son témoignage et ses conclusions qui devraient pouvoir apporter des éléments d’information complémentaires ?


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La traque d’Ali Iftin à Addis Abeba – Mai – Juin 2002 :
C’est lui qui était en tête du “Commando de la Mort”, chargé d’éliminer Ali Iftin, qui venait de fuir Djibouti, à pied et qui s’était réfugié à Addis Abeba, en attendant que la France lui accorde un visa d’entrée dans l’U.E. (Ce qu’elle ne fera jamais, au termes de manoeuvres aussi ridicules que dilatoires et finalement ce sont les autorités belges qui lui ont accordé le visa d’entrée …)


A plusieurs reprises, Zakaria à la tête de ses troupes a tenté d’intercepter Ali Iftin, allant même, selon certains témoins, jusqu’à faire sauter une partie d’un hôtel de la capitale éthiopienne.


Mais Ali Iftin était plus malin que lui et c’est tout penaud que Zakaria et son équipe de tueurs (après avoir été identifiés par la sécurité éthiopienne) sont rentrés “ventre à terre” à Djibouti, avec ces mêmes forces de sécurité aux trousses.


Une deuxième fois, il avait tenté la même opération, mais sans n’obtenir de meilleur succès, ce qui avait déclenché, dit-on, une colère mémorable de Guelleh.
(lien1) 12/05/02 Troisième échec pour Guelleh en trente jours ! Cette fois il tente un coup en Ethiopie, mais le renard des sables devient le chasseur … et Hassan Zakaria détale …en battant tous les records du marathon


(lien2) 03/06/02 Partie de chasse à Addis Abeba : un commando composé d’une dizaine de rabatteurs de la SDS a pris position au Ras hôtel.


(lien3) 23/06/02 Les agents de Guelleh (SDS) qui s’étaient installés à Addis ont replié leurs bagages, après avoir été repèrès et largement photographiés par les services éthiopiens.


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Conclusion :

Comme chacun l’aura compris, le Lt-Colonel Zakaria Hassan n’est pas un enfant de coeur et de lourdes présomptions de torture, de crime et de tentative d’assassinats se portent sur sa tête.

Il se dit volontiers “sur de lui” et surtout de la gratitude de Guelleh en remerciement de tous les coups tordus qu’il a commis pour l’aider dans des situations difficiles. Il semble que son optimisme le conduise parfois sinon au rêve au mois à des analyses qui manquent parfois de réalisme. C’est ainsi qu’en partant pour l’Ecole militaire à Paris, il annonçait, qu’à son retour, il deviendrait le numéro 2 de l’Etat-Major … (à suivre !)

L’Armée française, dont les services de renseignement à Djibouti, sont parfaitement opérationnels, ne peut ignorer son pédigrée, d’autant plus qu’il leur suffit de lire notre site (ce qui est naturellement fait très régulièrement par les officiers du renseignement militaire)

Nous, nous sommes terriblement choqués par cette nouvelle consternante : l’Armée française assure la formation (d’anciens ?) tortureurs et probablement criminels ?

Bien entendu, nous allons adresser une lettre ouverte à Mme Alliot-Marie, Ministre français de la Défense et au Directeur de l’Ecole de Guerre pour leur donner nos informations et leur faire passer les témoignages qui nous ont été adressés.

Nous demandons à toutes les Associations de se joindre à nos actions pour diffuser l’information et pour demander qu’une commission d’enquête soit désignée pour éclaircir le passé de ce militaire djiboutien, en formation, au sein d’une école prestigieuse, qui ne pourrait qu’être gravement éclaboussée par un scandale de ce type, s’il venait à être repris par la presse fançaise !

Mais la Justice française n’aura peut-être pas le temps de convoquer le petit Lieutenant-Colonel, car, fidèle à ses habitudes (comme son Chef Madhi Cheik Moussa qui s’était refugié en avril 2003 dans un petit hôtel de Paris pour éviter une invitation judiciaire (lien) … ou son grand Chef Guelleh, qui avait fui l’Elysée pour les mêmes raisons en mai 2005 (lien) ), il pourrait prendre le premier avion en partance … en séchant les cours de l’Ecole militaire !!!