25/10/08 (B471) BBC : Djibouti: “risque de guerre” avec l’Erythrée Omar Guelleh avertit que son pays risque de n’avoir “qu’un seul choix” .

Le président djiboutien Omar Guelleh avertit que son pays va devoir entrer en guerre contre l’Erythrée à moins d’une intervention des Nations unies pour résoudre les tensions de plus en plus graves provoquées par un différend frontalier.

Le pays a accusé l’Erythrée d’avoir envahi son territoire et son ambassadeur à l’ONU a déclaré à la BBC qu’elle esquive les efforts de médiation.

Omar Guelleh a demandé l’aide du Conseil de sécurité pour aider à régler le litige. Selon lui “une poursuite de l’inaction encouragerait l’Erythrée à persister dans son attitude” ce qui, ajoute-t-il, “ne laisserait qu’un seul choix à mon pays, celui de la guerre”.

Rappelons que 9 soldats djiboutiens ont déjà été tués lors d’affrontements entre les forces des deux pays il y a quelques mois, qui ont aussi fait une soixantaine de blessés.

En juin dernier, Le Conseil de sécurité avait appelé Djibouti et l’Erythrée à conclure un accord de cessez-le-feu, demandant à la partie érythréenne de retirer ses troupes de la zone des combats.

La France (l’ancienne puissance coloniale à Djibouti) demande elle aussi aux deux camps d’engager des pourparlers sur leur différend frontalier.

Elle prépare un plan qui sera soumis au Conseil de sécurité, réclamant notamment le retrait des forces érythréennes.

L’Ethiopie accusée

La frontière est située dans une zone stratégiquement importante

L’ambassadeur de l’Erythrée à l’ONU, Araya Desta, affirme de son côté que son pays n’a aucune ambition territoriale et veut vivre en bon voisinage avec Djibouti. Mais il accuse l’Ethiopie de déployer des troupes sur les hauteurs à la région frontalière entre les trois pays.

Selon lui “l’Ethiopie a construit, à parti du côté djiboutien, un réseau de routes menant à ces positions et déployé des pièces d’artillerie à longue portée et d’autres équipements lourds, qui visent le territoire érythréen”.

Mais l’ambassadeur djiboutien à l’ONU, Roble Olhaye, accuse l’Erythrée d’avoir “rejeté ou esquivé toutes les tentatives internationales de médiation”.

Sornettes

Répondant aux question du programme de la BBC Network Africa, le diplomate a précisé: “depuis quatre mois toutes les organisations internationales essaient de parler aux Erythréens. Toutes les organisations régionales ont essayé d’envoyer des missions à ASmara (la capitale éryhtréenne) mais elles n’ont même pas reçu de visas”.

Quant aux accusations de concentrations de troupes éthiopiennes dans la région frontalière, Roble Olhaye les rejette catégoriquement, les qualifiant de “sornettes”.

Son homologue érythréen de son côté déclare que son pays ne veut pas se laisser entraîner dans un “conflit artificiel”.

Rappelons que depuis son indépendance en 1993, l’Erythrée a déjà été opposée à ses voisins dans deux conflits majeurs.

A noter en outre que la frontière entre le pays et Djibouti est située dans une zone stratégiquement importante, à l’entrée de la Mer rouge. Et la France ainsi que les Etats-Unis ont des forces stationnées en territoire djiboutien.