19/08/10 (B565) La vocation de Djibouti est-elle de devenir une immense base militaire internationale, dont le bailleur-président fixe et encaisse les loyers – Les Japonais confirment leur projet d’implantation d’une base militaire et révèlent la signature avec Guelleh d’un contrat de location pour le terrain ? (ARDHD)

________________________ Note de l’ARDHD
Selon une dépêche en Anglais sur AfrikNews (ci-après), le japon aurait confirmé officiellement son intention de louer un emplacement pour construire une base militaire et surtout navale à Djibouti.

Cela confirme les informations que nous avions publiées à propos de la fin programmée des activités commerciales du Port de Djibouti et de la diversification dans le militaire.

La réponse que nous n’avons pas encore, est le montant du loyer demandé par Guelleh. Dans un souci d’équité va-t-il le fixer à 30 millions, comme pour les français ou les américains ?

Mais dans quelle monnaie (€ ou US$ ?) le contrat a-t-il été rédigé.
Il faut savoir, compte-tenu de la parité actuelle de l’Euro face au Dollar, que les français payent actuellement environ 20% de plus que les américains … !

Ce que les Djiboutiens doivent savoir, c’est qu’il sera très difficile de revenir en arrière : expulser de force un locataire qui s’incruste, lorsqu’il est plus puissant militairement que vous, relève de la magie !

Qu’est-ce que le pays va gagner ? Guelleh et sa clique encaissent directement tous les loyers, donc il n’y aura de retombées économiques de ce côté-là. L’argent partira vers les paradis fiscaux pour dictateurs. Les seules retombées seraient à rechercher au niveau des achats locaux et de l’emploi de main d’oeuvre.

On sait que les militaires américains achètent peu localement.

Tradtionnellement, ils préfèrent s’approvisionner dans leurs magasins spécialisés (PX) où ils trouvent tous les produits importés de leurs pays, les seuls en qui ils aient véritablement confiance…

Quelle est la culture des Japonais dans ce domaine ? Nous ne disposons pas d’information, car ce sera la première base du Japon à l’étranger (à notre connaissance). Mais tout laisse à penser que les japonais préfèreront consommer des produits venant de chez eux ! On peut se tromper.

La fin de l’indépendance ?

Quoiqu’il en soit, les Djiboutiens ne devraient pas retirer beaucoup d’avantages financiers, de cette militarisation à outrance du pays. Et ils perdront à la fois

– les rentrées qui étaient générées par les activités commerciales,
– les derniers touristes qui n’auront plus aucune envie de faire un voyage d’agrément dans une ville de garnisons et qui savent que des déchets “toxiques” ont été déversés à proximité des zones d’exploration sous-marine,

– et, enfin, toutes les chances d’établir un régime libre et totalement indépendant : qu’on le veuille ou non, les grandes puissances militaires seront tentées de dicter directement ou indirectement la conduite à tenir et d’imposer au final des grandes orientations … conformes à leurs intérêts nationaux.

______________________ AfrikNews (En Anglais)

Le japon officialise son plan militaire à Djibouti pour participer à la lutte contre la piraterie et va construire une base militaire à Djibouti, après avoir signé un bail de location pour un terrain. // Japan reveals military plan in Djibouti to fight Somali pirates

The Japanese government is to build its foreign military base in Djibouti. The plan is aimed at strengthening and sustaining its fight against Somali pirates, Japanese ambassador to Ethiopia, Kinchi Komano, has announced.

After the signing of a land leasing agreement a few weeks ago between Japan and Djibouti allowing the construction of a military facility in Djibouti, Japan will be the third country to have a military base in Djibouti next to US and France.

Japan has deployed two military ships and two reconnaissance airplanes to dispose of the pirates attack and as a contribution for the international effort against the piracy in the Gulf of Aden, the ambassador noted. With close to 90 percent of Japanese exports being shipped through the Gulf of Aden North into the Red Sea and the Mediterranean, the Asian country’s international trade had been threatened by Somali pirate attacks.

In order to create an internationally recognized transit corridor that provides security for about 30,000 cargo ships that transit the Gulf of Aden every year, some 24 countries formed the Contact Group on Piracy off the Coast of Somalia under the umbrella of the United Nations to maintain an international naval force in the corridor in January 2009. The group as at April 2010, included 47 countries and 10 international organizations ensuring that there is an average of about 17 naval ships on patrol in the troubled waters on any given day.

September last year, Japan and a host of other countries including Britain, Cyprus, Singapore and the United States, in a concerted effort to coordinate international naval patrols, shipping self-protection measures and discourage the payment of millions of dollars in ransom to pirates, came together to sign the “New York Declaration,” an international plan to protect ships and thwart piracy off the coast of Somalia.

Explaining why his government needs to have its own facility, Ambassador Kinichi indicated that while Japanese reconnaissance airplanes are now using Djibouti’s airport for landing and refueling his government does not intend to continue seeking accommodation at the US military base for their operational staff on a long-term basis.