22/08/10 (B566) Nouvelles de Somalie – Les shebabs accusent l’ONU de distribuer des céréales avariées – Des activistes tués par leurs bombes – Au moins dix combattants islamistes tués dans une explosion à Mogadiscio – Condamnation de l’interdiction imposée aux agences humanitaires – forte explosion à Mogadiscio – Les Chebaab brûlent des céréales – Des militants somaliens mettent le feu à des sacs d’aide alimentaire – l’ONU appelle à un accès sans entrave de l’aide humanitaire aux civils – La dangereuse vie d’Hassan, ambulancier de Mogadiscio (9 articles)

___________________ 9 – RFI

Les shebabs accusent l’ONU de distribuer des céréales avariées

Des hommes déchargent des sacs de céréales fournis par le Programme alimentaire mondial

Les rebelles islamistes Shebab ont annoncé, le 20 août 2010, avoir brûlé près de 500 sacs de céréales donnés à la Somalie par le Programme alimentaire mondial (PAM). Ils affirment que les aliments étaient avariés. L’organisation onusienne a fermement démenti.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) est confronté, en Somalie, à des accusations récurrentes. L’organisation onusienne, qui coordonne les efforts de la communauté internationale pour éviter une crise alimentaire en Somalie, est d’abord confrontée aux pirates.

Depuis près de trois ans, ces navires sont escortés militairement jusqu’à la Somalie. Le PAM est aussi confronté aux shebabs, avec lesquels les relations sont exécrables. Pour la sécurité de son personnel, l’organisation a dû suspendre, au début de l’année 2010, la distribution de nourriture dans le sud du pays. Il y a quelques mois, l’organisation était épinglée par une enquête interne de l’ONU. Les auditeurs avaient estimé que les partenaires locaux de l’organisation avaient détourné une partie de l’aide alimentaire à leur profit.

Record mondial de la malnutrition infantile

Aujourd’hui, les shebabs, liés à al-Qaïda, accusent le PAM d’avoir distribué des sacs de blé, de millet et de maïs avariés. « Nous les avons confisqués sur les marchés », a affirmé un responsable de la milice. Porte-parole du PAM, Peter Smerdon dément. « Les shebabs disent que les vivres étaient périmés, mais le PAM n’autorise pas la distribution de nourriture périmée en Somalie. Donc ce n’est pas le PAM qui allait distribuer ces vivres.

On ne sait pas d’où cela venait, nous enquêtons, mais c’est difficile, vu que les shebabs disent avoir brûlé ces sacs de céréales. » Le PAM affirme fournir de l’aide alimentaire à 2 millions de Somaliens, y compris, par l’intermédiaire de partenaires, dans les zones où ses opérations sont suspendues.

Selon l’agence onusienne, la Somalie détient le triste record mondial du plus fort taux de malnutrition sévère chez les enfants : un enfant sur six en souffre.

___________________ 8 – JDD

Somalie: Des activistes tués par leurs bombes

Onze activistes, étrangers pour la plupart, ont été tués à Mogadiscio en préparant des bombes qui se sont déclenchées prématurément, a annoncé samedi le ministère somalien de l’Information.

Dix des activistes sont morts en préparant une voiture piégée et un autre alors qu’il posait une bombe en bordure de route.

Le mouvement al Chabaab, lié à al Qaïda, et d’autres milices islamistes combattent depuis le début de 2007 le gouvernement somalien soutenu par les Occidentaux qui ne contrôle qu’une partie de la capitale.

_____________ 7 – Le Nouvel Obs avec AP

Au moins dix combattants islamistes tués dans une explosion à Mogadiscio

Une série d’explosions dans une maison du sud de Mogadiscio a causé la mort dans le courant de la nuit d’au moins dix combattants islamistes, dont sept étrangers, a annoncé samedi le ministère somalien de l’Information.

Il pourrait s’agir de l’explosion prématurée d’une voiture piégée en cours de préparation. Trois Pakistanais, deux Indiens, un Afghan et un Algérien se trouvent parmi les victimes, précise le ministère, citant des sources sécuritaires.

La milice Al-Shabab est le plus actif et dangereux des groupes islamistes de Somalie, et selon les autorités, des militants étrangers ayant combattu en Afghanistan et en Irak participent à la formation de ses troupes.

Peu après une série d’explosions, les habitants du quartier se sont retrouvés encerclés par des dizaines de membres d’Al-Shabab lourdement armés, a expliqué un témoin, Abdulahi Ibrahim.

Le mois dernier, la milice a réalisé son premier attentat en dehors de Somalie, faisant 76 morts en Ouganda au sein d’un groupe réuni devant la télévision pour la finale de la coupe du monde de football en Afrique du Sud.

____________________ 6 – IRIN (Nations unies)

SOMALIE: Condamnation de l’interdiction imposée aux agences humanitaires

L’interdiction d’exercer imposée par Al Shabab à trois organisations humanitaires a été prononcée alors que les Nations Unies annonçaient le renforcement prévu de leur présence en Somalie (photo d’archives)

Les responsables du gouvernement, les bénéficiaires de l’aide et les travailleurs humanitaires du centre-sud de la Somalie ont condamné l’interdiction d’exercer imposée à trois organisations humanitaires par le groupe islamiste Al Shabab, qui contrôle la majeure partie de la région.

« Absolument rien n’excuse un tel acte », a dit à IRIN Abdi Haji Gobdon, conseiller médias du Premier ministre Omar Abdirashid Ali Sharmarke, le 10 août. « Ces organismes sont venus aider les milliers de personnes qui ont besoin de leur aide. C’est une preuve, s’il en fallait une, du mépris d’Al Shabab pour le bien et le bien-être du peuple somalien. Ils s’en moquent, tout simplement ».

Dans un communiqué publié à Mogadiscio le 9 août, Al Shabab accusait World Vision, l’Adventist Development and Relief Agency (ADRA) et Diakonia de prosélytisme.

« Ces trois organismes, qui, sous [le couvert de] l’aide humanitaire, jouent le rôle de missionnaires, répandent leurs idéologies corrompues dans le but d’entacher la croyance pure du peuple musulman de Somalie », a déclaré le groupe. « Nous avertissons les autres organismes locaux qu’ils ne doivent ni reprendre les opérations des organisations qui font l’objet de cette interdiction, ni s’associer secrètement à celles-ci sous peine de se voir infliger les mesures disciplinaires appropriées ».

« Il ne convient pas de chasser les organisations humanitaires venues jusqu’ici, en Somalie, pour aider les populations dans le besoin. Le peuple somalien a besoin d’urgence de recevoir davantage de secours ; j’appelle Al Shabab à ne pas faire obstacle à ceux qui souhaitent aider notre peuple », a dit à IRIN, en réaction à l’interdiction, Mohamed Ali, une personne déplacée vivant à Km 13, une banlieue de Mogadiscio.

Toutefois, pour Asha Abukar, une autre personne déplacée, qui vit à Baidoa, dans la région de Bay, l’interdiction ne changera rien.

« C’est une preuve, s’il en fallait une, du mépris d’Al Shabab pour le bien et le bien-être du peuple somalien. Ils s’en moquent, tout simplement » « J’ai fui Mogadiscio avec ma famille il y a six semaines ; qu’Al Shabab interdise ou non la présence d’organisations humanitaires ne changera rien pour les populations somaliennes vulnérables, qui souffrent, comme moi, et ne reçoivent visiblement aucune aide », a-t-elle dit. « Déjà, de nombreuses [personnes déplacées] vivent dans des conditions déplorables, alors que la présence des organismes soit interdite ou non, cela n’a aucune conséquence pour nous ».

« Accusées à tort »

Dans un communiqué publié le 9 août, World Vision se dit « surpris et déçu » de la décision d’Al Shabab, fondée, selon l’organisme, sur des accusations fallacieuses.

« World Vision est un organisme chrétien, motivé par sa foi à aider les enfants, les familles et les communautés qui vivent dans la pauvreté, mais l’organisme s’est également doté de politiques interdisant spécifiquement le prosélytisme ; il est également signataire du Code de conduite de la Croix-Rouge, qui garantit une distribution impartiale de l’aide », a déclaré l’organisme. « La décision de mettre fin aux opérations de l’organisme en Somalie est malheureuse, en particulier à l’heure où plus de 3,6 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire d’urgence, en Somalie. Parmi les personnes dans le besoin, 700 000 sont des enfants ».

L’organisme, qui opère en Somalie depuis 18 ans, a dit avoir suspendu ses opérations dans les régions touchées en préparation des prochaines mesures.

Selon l’ADRA, qui a également nié les accusations de prosélytisme formulées à son endroit, l’interdiction aura des répercussions négatives sur au moins 180 000 personnes, dans les régions de Bakool, Bay et Hiiraan, où l’organisme construisait et réhabilitait des puits, assurait une aide aux moyens de subsistance et s’efforçait d’améliorer l’accès des populations à l’éducation.

Le 10 août, Diakonia, organisme international d’aide au développement fondé conjointement par cinq églises suédoises, n’avait quant à lui pas encore réagi à l’interdiction.

Les associations de la société civile ont également condamné l’interdiction et appelé les parties prenantes au conflit à permettre aux organisations humanitaires de se rendre auprès des populations dans le besoin. Al Shabab et Hisbul Islam continuent de combattre les soldats du gouvernement à Mogadiscio, provoquant le déplacement de centaines de milliers d’habitants.

L’interdiction ne fera qu’aggraver la situation des populations les plus vulnérables, selon une source de la société civile à Mogadiscio. « Ce sont les gens qui n’ont pas de travail, n’ont pas d’autre moyen de gagner leur vie et vivent dans la rue, pour la plupart. Que se passe-t-il quand on les prive du peu d’aide qu’ils recevaient ? Ils [les civils] sont livrés à eux-mêmes. C’est l’histoire de la Somalie », a-t-il déploré, appelant Al Shabab à autoriser la présence de tout organisme souhaitant aider les populations vulnérables.

« S’ils ont ne serait-ce qu’une once d’humanité, ils autoriseront la présence de quiconque souhaite aider leurs frères et leurs sœurs », a-t-il ajouté.

L’interdiction décrétée par Al Shabab est intervenue alors que les Nations Unies annonçaient le renforcement prévu de leur présence en Somalie.

____________________ 5 – Le Figaro avec AFP

Somalie: forte explosion à Mogadiscio

Une violente explosion d’origine indéterminée a détruit hier soir une habitation d’un quartier sud de Mogadiscio, bastion des insurgés islamistes, ont indiqué des témoins.

Au total, ce sont trois explosions qui ont été entendues dans le quartier de Barubah, et la zone a été immédiatement bouclée par des insurgés shebab. “Nous ignorons la cause de ces explosions mais la maison touchée s’est totalement effondrée, et j’ai vu au moins un corps carbonisé dans les ruines”, a déclaré un témoin. “Les explosions ont été très puissantes, tout le monde les a entendues mais des dizaines de combattants shebab se sont immédiatement déployés et nous ont empêchés d’aller sur place”, a expliqué un autre témoin sous couvert d’anonymat.

Selon des habitants du quartier, la maison détruite abritait un atelier clandestin de véhicules piégés. “Il y avait une voiture à l’intérieur qui a explosé. Je pense qu’ils préparaient un attentat suicide”, a affirmé l’un des habitants. Dans un incident séparé, un insurgé présumé a trouvé la mort au cours de la nuit dans l’explosion prématurée d’un engin piégé qu’il était en train de dissimuler au bord d’une route, toujours dans le sud de Mogadiscio.

____________________ 4 – JDD

Somalie: Les Chebaab brûlent des céréales

Les rebelles islamistes des Chebaab ont fait savoir vendredi qu’ils avaient brûlé un demi-millier de sacs de céréales fournis à la Somalie par le Programme alimentaire mondial (PAM), a révélé l’agence Reuters. “Le PAM a fourni à notre peuple des aliments avariés, qui auraient pu faire un grand nombre de victimes.

C’est pourquoi nous avons retrouvé ces céréales, nous les avons confisqués sur les marchés et nous avons décidé de les détruire par le feu”, a expliqué Cheikh Ali Mohamed Hussein, le responsable de la milice pour la région de Mogadiscio, qui est en grande partie contrôlée par les insurgés. A Nairobi, Peter Smerdon, porte-parole du PAM, a réfuté ces accusations.

“Le PAM n’autorise pas la distribution en Somalie de vivres arrivées à péremption.

L’ensemble des vivres du PAM se trouve stockée dans notre entrepôt du port (de Mogadiscio). S’ils ont brûlé des vivres du Pam, nous ignorons comment ils ont pu mettre la main dessus”, a-t-il assuré.

____________________ 3 – Nouvel Obs avec AP

Des militants somaliens mettent le feu à des sacs d’aide alimentaire

Des combattants islamistes en Somalie ont saisi des denrées du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) et mis le feu à plus de 500 sacs de maïs et de blé.

Cheikh Ali Mohamed Hussein, un responsable d’Al-Shabab, le plus puissant groupe militant du pays, a affirmé vendredi que les denrées étaient périmées.

Des photos des faits montrent des sacs blancs frappés d’un drapeau américain et du cachet de l’USAID. D’autres sacs provenaient du Programme alimentaire mondial.

Peter Smerdon, un porte-parole du PAM, a déclaré qu’il vérifiait les informations selon lesquelles des sacs auraient été brûlés. Il a précisé que le Programme alimentaire mondial ne fournissait pas pour la distribution des vivres périmées.

____ 2 – Quotidien du Peuple (Chine) avec XINHUA

Somalie : l’ONU appelle à un accès sans entrave de l’aide humanitaire aux civils

Un haut responsable de l’ONU a appelé jeudi toutes les parties du conflit somalien à faciliter l’accès de l’aide humanitaire aux civils dans le besoin, étant donné de l’aggravation de la crise humanitaire et politique dans le pays, où des milliers de personnes ont récemment fui leur maison.

“Je voudrais profiter de cette occasion pour renouveler mon appel à toutes les parties du conflit en Somalie à créer un environnement où l’assistance pourra être délivrée de façon sûre et efficace”, a indiqué Mark Bowden, coordinateur humanitaire permanent de l’ONU pour la Somalie, à l’occasion de la Journée mondiale humanitaire, le 19 août.

Le responsable de l’ONU chargé de l’assistance dans le pays de la Corne de l’Afrique a fait savoir que l’opération humanitaire en Somalie est devenue de plus en plus difficile ces dernières années, déplorant que la capacité des travailleurs humanitaires d’accéder à la population dans le besoin s’est affaiblie, notamment dans les régions centre-sud où plusieurs bureaux de l’agence humanitaire ont été occupés, les travailleurs humanitaires harcelés et les opérations interrompues.

A cause du conflit en cours, la Somalie est devenue l’un des pays ayant enregistré le plus grand nombre de personnes déplacées au monde, environ 1,4 million de personnes s’étant déplacées au sein du pays et 595.000 autres s’étant réfugiées dans les pays voisins. Le groupe radical al-Shabaab contrôle la plupart du sud somalien et certaines parties de Mogadiscio, la capitale somalienne et combat l’armée gouvernementale et les casques bleus de l’Union africaine.

____________ 1 – Romandie News (CH) avec AFP

La dangereuse vie d’Hassan, ambulancier de Mogadiscio

Dans Mogadiscio en guerre, où tant d’énergie est consacrée à tuer son prochain, peu de gens ont sauvé autant de vies que l’ambulancier Hassan Mohamoud Mohamed.

Trois années de violences entre insurgés islamistes et forces pro-gouvernementales ont fait de la capitale somalienne un piège mortel pour les civils.

Quand la détonation assourdissante d’un tir de mortier résonne dans le lointain, Hassan, un ancien chauffeur de taxi, descend d’un trait son verre de thé et agrippe son téléphone portable, dans l’attente d’un inévitable appel de détresse.

“Toute ma vie j’ai été derrière le volant, mais les jours où j’attendais le touriste à l’aéroport de Mogadiscio sont bien loin”, raconte-t-il, appuyé sur son mini-bus déglingué.

“Maintenant, je récupère mes clients dans une mare de sang, au milieu de ruines fumantes. Inutile de dire qu’ils ne payent pas la course”, ironise-t-il.

De permanence ou de retour de mission, quand il nettoie à grande eau le plancher sanguinolent de son véhicule, Hassan se repasse en boucle les scènes de carnage auxquelles il est quotidiennement confronté.

Comme ce matin, dans le district d’Hamarweyn. Le téléphone sonne: “Allô? Combien de victimes?”.

Au volant de la vieille ambulance blanche et jaune, il se lance à tombeau ouvert dans la circulation, zigzague entre les trous dans la chaussée, et tente de se faire un chemin toute sirène hurlante parmi la foule des piétons, en vociférant, un bras passé par la fenêtre du véhicule.

“C’est comme ça que nous travaillons. On attend un appel téléphonique, généralement après la chute d’un obus de mortier sur une zone habitée”.

“L’endroit est souvent difficile d’accès, et j’ai manqué plus d’une fois de me faire tuer”: par les tirs d’artillerie, des miliciens embusqués sur un check-point ou camouflés dans une tranchée.

“Les routes sont en très mauvais état, souvent bloquées, il faut connaître tous les raccourcis. Et il faut garder à l’esprit que vos passagers sont agonisants. Leur survie dépend de votre conduite”.

Pour Hassan, qui reconnaît n’avoir aucune connaissance médicale, le moment le plus difficile est sans doute quand, au milieu d’une famille décimée par un obus, il faut se faire un chemin parmi les corps déchiquetés. Puis trier les blessés, en privilégiant ceux qui ont une chance de survie.

Depuis 1991 et le début de la guerre civile qui ravage Mogadiscio, les transports médicaux d’urgence se résument à la plate-forme d’un pick-up, une charrette tirée par un bourricot ou une simple brouette.

En 2008, des volontaires ont mis en place un service d’ambulances, avec le soutien d’une société de téléphonie mobile locale, Nation Link. Comme Hassan, pour trois dollars par jour, six autres ambulanciers évacuent aujourd’hui les blessés des champs de bataille de la capitale vers trois principaux hôpitaux.

Ali Muse Sheikh Mohamoud dirige ce service d’ambulances. Rien que pour juillet, ses chauffeurs ont amené 700 blessés à l’hôpital de Medina.

“Nous avons besoin d’aide, de personnels médicaux à bord de nos ambulances pour donner les premiers soins aux victimes”, plaide-t-il. “Tout cela est organisé sur la base du volontariat, nos moyens sont limités, alors que les violences sont quotidiennes”.

Hassan, dont les deux prédécesseurs ont été tués au volant de leur ambulance, a évacué récemment sa famille du nord de Mogadiscio, où les combats se sont intensifiés. Pour ne jamais avoir à les amener à l’hôpital, explique-t-il.

A 51 ans, il sait qu’il a déjà dépassé l’espèrance de vie moyenne d’un homme à Mogadiscio. “Depuis des mois, cette ambulance est comme ma maison. Ma vie, mon travail, c’est d’attendre les mauvaises nouvelles”, philosophe-t-il. “Je suis presque surpris quand, au téléphone, on ne m’annonce pas un carnage…”