23/10/2011 (B627) Courrier des lecteurs : Adawa au zénith et Dilleyta au nadir.

La primature n’a trouvé personne pour gober ses “carottes” distillées au sujet de l’éviction du docteur Adawa Hassan Ali.

La vérité, en revanche, n’a pas tardé à éclater au grand jour : le nouveau ministre a été démis de ses fonctions pour avoir tenté de mettre en route une réforme tant attendue par les djiboutiens : elle portait sur la détribalisation des postes de responsabilité et l’abolition de l’enseignement à deux vitesses.

Nommé à la tête du ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle, il y a quelque mois, Adawa aurait déjà réussi à ériger en écoles publiques, les écoles de Dawdaya, Guiroli, Qideyta et Galaamo, pris langue avec l’UNICEF pour la construction d’écoles primaires dans les « zones oubliées » par le régime et manifesté sa volonté de peaufiner le “mammouth” de l’intérieur.

Il n’en fallait guère plus pour provoquer le ronchonnement d’inamovibles parvenus aux soucis maisoniers et pour attirer contre lui, l’ire du dictateur Guelleh.

S’intéresser à la scolarisation des enfants Afar ou se faire l’écho de l’agonie de ces nomades revenant à lever un coin de voile sur le jardin secret du dictateur. La sanction infligée au docteur Adawa n’est pas pour surprendre les Djiboutiens qui, émerveillés par l’intégrité et l’audace de cet homme, saluent en lui un héros national.

Désormais Adawa constitue une référence pour tout Djiboutien qui exige l’éducation pour tous et l’égalité des chances.

Il entre dans l’histoire comme le ministre des “oubliés de l’égalité des chances” qui aura tenté de protéger l’avenir, autant que faire se peut, contre les injustices du passé, et du présent, même si on savait le combat perdu d’avance comme l’avait prédit Saint-Exupery dans cette célèbre sentence : “si la règle est le désordre, tu auras payé pour avoir voulu mettre de l’ordre”

De Doumera à Loyada, on ne peut que partager le rêve du docteur Adawa qui est censé être celui de tous les Djiboutiens.

Même si ce rêve semble à présent brisé, Adawa vient d’ouvrir une brèche dans laquelle tout ministre de l’éducation inspiré de l’esprit de l’équité et soucieux de l’avenir de tous les enfants du pays devra s’engouffrer.