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26/04/07 (B392-B) Petite nouvelle des lecteurs. Des étudiants djiboutiens au Soudan envoient un message de joie et d’espérance en prévision de la fête pour le 30ème anniversaire de la République (27 juin)

Nous publierons
leur message une semaine avant cette date anniversaire.

26/04/07 (B392-B) RFI : L’Éthiopie empêtrée dans ses filets. (Un excellent article à lire – Info lectrice)

L’attaque
surprise du Front national de libération de l’Ogaden contre un site
d’exploitation pétrolière chinois ravive les tensions entre
les pays de la Corne de l’Afrique. L’Éthiopie accuse l’Érythrée
d’avoir aidé les indépendantistes de l’Ogaden. Accusation réfutée
par Asmara. Pendant ce temps, l’armée éthiopienne poursuit son
offensive contre les miliciens à Mogadiscio.

Addis Abeba accuse l’Érythrée d’avoir aidé
les «forces terroristes» du Front national de libération
de l’Ogaden (FNLO) dans l’attaque du site pétrolier chinois.
Asmara a aussitôt répliqué : «Les Éthiopiens
veulent créer un prétexte pour prendre des mesures belliqueuses
contre l’Érythrée», en pointant du doigt «l’échec
de la politique raciale fondée sur les divisions ethniques» de
Addis Abeba.

L’échange d’accusations entre les deux capitales
est à prendre au sérieux dans le contexte explosif de la Corne
de l’Afrique.

L’attaque contre le site de la compagnie chinoise, situé à Obala,
dans le nord-est éthiopien, a été menée vers 6
heures du matin, mardi 24 avril, par plus de 200 hommes armés. 68 Éthiopiens
et 9 employés chinois ont été tués. 7 ouvriers
chinois auraient été pris en otage.

Le Zhongyuan Petrolum Exploitation Bureau, installé en Ogaden depuis
2006, travaille dans d’autres régions éthiopiennes ainsi qu’au
Soudan.

Qui étaient les attaquants du site d’exploitation pétrolière
?

Créé en 1984, le FNLO, mouvement pour l’indépendance
de l’Ogaden, est à l’origine de différents incidents
dans la région, (attaques contre l’armée éthiopienne,
prises d’otages) avant d’attirer l’attention en août 2006.

L’armée éthiopienne vient de se déployer à
la frontière avec la Somalie. Il s’agit, dans un premier temps,
de dissuader les miliciens du Conseil des tribunaux islamiques, venus de Mogadiscio,
de s’emparer de Baidoa, la ville siège du gouvernement de transition
somalien. Addis Abeba annonce avoir tué lors d’un affrontement
13 rebelles du FNLO, «des terroristes soutenus par les Tribunaux islamiques
somaliens» et justifie aux yeux du monde le renforcement de sa position
dans la région.

Quelques semaines auparavant, le FNLO a rencontré des représentants
de plusieurs fronts d’opposition éthiopiens dont les plus actifs,
le Front de libération oromo (FLO) et la Coalition pour l’unité
et la démocratie (CUD), afin d’envisager une stratégie
commune.

Depuis les élections parlementaires de mai 2005 qui ont vu
la victoire très contestée du Front démocratique révolutionnaire
du peuple éthiopien (FDRPE), coalition gouvernementale menée
par le Premier ministre Ato Meles Zenawi, une vague de répression s’est
abattue sur le pays. Les manifestations et appels à la désobéissance
civile ont donné lieu à des affrontements, causant la mort de
plusieurs centaines de personnes dans la capitale mais aussi dans les provinces.

Les organisations des droits de l’homme parlent de 12 000 arrestations.
À cette occasion, les mouvements d’opposition comme le CUD et
les groupes nationalistes dont le FNLO ont été particulièrement
ciblés.

Le FNLO est l’un des premiers groupes à protester quand
les troupes éthiopiennes pénètrent en Somalie, en novembre
2006, en dénonçant «l’entreprise colonialiste»
d’Addis Abeba. Il a revendiqué plusieurs attaques contre des
soldats éthiopiens depuis cette date.

L’aventure somalienne

Lorsque les Éthiopiens arrivent à Mogadiscio le 26
décembre dernier, sans vraiment rencontrer de résistance de
la part des miliciens «islamiques», le Premier ministre Meles
Zenawi est persuadé que l’aventure somalienne ne durera pas et
que la communauté internationale, plus précisément les
États-Unis qui appuient financièrement et techniquement l’opération,
lui sera reconnaissante de son intervention.

Quatre mois plus tard, ce qui devait être une promenade de
santé est devenu un cauchemar.

La présence des soldats éthiopiens
à Mogadiscio a déchaîné la hargne des miliciens,
qu’ils soient des Tribunaux islamiques comme les présente le
gouvernement transitoire somalien, ou qu’ils soient plus prosaïquement
attachés à différents clans ou intérêts
d’affaires dans la capitale.

Les violences qui ont débuté fin mars, sous les yeux des 1 500
casques verts ougandais tout juste arrivés, n’ont connu qu’une
courte période d’accalmie. Selon la fondation Elman, une organisation
somalienne qui œuvre pour la paix et la réconciliation, 329 personnes,
dont une majorité de non-combattants, ont été tuées
dans la dernière semaine. Près d’un tiers des habitants
ont fui la capitale et campent dans les environs, hors de portée de
l’aide humanitaire, elle-même bloquée par les combats.

Pour le Premier ministre éthiopien, l’offensive menée
par son armée à Mogadiscio est un «succès».
Il suffira «d’une ou deux semaines de plus pour nettoyer complètement
Mogadiscio des Shebab» (milices islamistes).

Même s’il n’existe aucun lien officiel entre les
attaquants du site de la société chinoise et les miliciens somaliens
de quelque bord qu’ils soient, l’Ogaden étant une région
habitée par des Somali, une collaboration inter-frontalière
paraît plus que probable.

En 1977, la Somalie du dictateur Siad Barré s’était lancée,
avec l’aide de l’Union soviétique, dans la reconquête
de ce territoire, considéré comme une partie intégrante
de la «Grande Somalie». Après un revirement d’alliance
spectaculaire (l’URSS accorde son soutien à Addis Abeba), les
Éthiopiens mettent fin à la guerre en mars 1978.

De façon récurrente, des mouvements somaliens revendiquent la
possession de ce territoire. Les fondamentalistes somaliens, quant à
eux, appuient la demande d’indépendance de l’Ogaden.

Le faux-frère

Depuis la fin des années 1990, Asmara est la capitale des
groupes d’opposants éthiopiens et soudanais. Le régime
mis en place par le président Issaias Afeworki a besoin de ce combustible
pour se donner une aura de médiateur régional et conserver une
certaine légitimité.

En effet, au nom de l’unité nationale (contre l’ennemi
éthiopien), Issaias Afeworki se refuse à appliquer la Constitution
nationale votée en 1997 qui prévoit l’organisation d’élections
multipartites.

Depuis 7 ans, les deux armées, éthiopienne et érythréenne,
campent l’une en face de l’autre, à la frontière,
prêtes à l’offensive. Dans les capitales, c’est la
course aux soutiens internationaux pour faire valoir leurs droits et revendications.
Sans succès jusqu’à présent.

Les relations de l’Érythrée avec
les États-Unis, qui possèdent la plus grande représentation
diplomatique à Asmara, se sont nettement dégradées ces
derniers temps. Washington accuse le gouvernement érythréen
de fournir armes et entraînement aux miliciens des Tribunaux islamiques.

Parallèlement, l’Éthiopie a bénéficié
de livraisons d’armes américaines (19 millions de dollars en
2005 et 2006). La CIA vient de décider d’ouvrir un bureau régional
de lutte contre le terrorisme à Addis Abeba.

Après avoir combattu côte à côte le Négus
rouge, Mengistu Hailé Mariam, au début des années 80,
les «cousins» Issaias Afeworki et Meles Zenawi * se déchirent
après l’indépendance de l’Érythrée
en 1993. L’Éthiopie prend conscience de ce que représente
une négociation avec un État souverain lorsqu’il s’agit d’obtenir
un accès à la mer Rouge.

Les Éthiopiens attaquent l’Érythrée en 1998 suite
à un différend frontalier. La guerre dure 2 ans et s’achève
sur le bilan effroyable de 70 000 morts. Un arbitrage international redessine
la frontière mais l’Éthiopie, qui s’était
pourtant engagée à accepter la décision, refuse le nouveau
tracé.

par
Marion Urban

*
la mère de Meles Zenawi est érythréenne. On a même
prétendu que les deux hommes partageaient la même grand-mère.
C’était avant 1998.

26/04/07 (B392-B) SAPA – AFP : Mogadiscio en flammes, les populations civiles terrifiées ! Mogadishu in flames as fighting rages (En anglais – Info lectrice)

Shells
and machinegun fire pounded the Somali capital on Thursday, setting buildings
on fire, as Ethiopians forces and Islamist guerrillas battled for the ninth
day.

After a night of sporadic shelling, columns of Ethiopian tanks ploughed into
northern Mogadishu, firing mortars and rockets on to suspected rebel positions,
as machine-gun fire ricocheted across neighbourhoods.

Terrified civilians scrambled to escape stray bullets as buildings
were set on fire and Mogadishu was transformed into a virtual "ghost
town", residents said.

"The heaviest fighting is raging this morning. They are exchanging
everything they have, from bullets from anti-aircraft shells; no one can put
his head up," said Salah Doli, a resident of Jamhuriha area.

"Mortars have hit shops and buildings, destroying them and setting
others ablaze," he added.

Resident Ahmed Suad said shelling had destroyed buildings in the
Tawfiq area, forcing civilians to flee as insurgents dug in to resist a bid
by Ethiopian forces to wipe them out.

"As I was fleeing my home, I saw several bodies lying in the streets,"
he said. "This is some of the heaviest fighting ever in northern Mogadishu."

Human rights workers monitoring the death toll said on Wednesday at least
329 people, mostly civilians and insurgents, had been killed in the clashes
that come around three weeks after similar battles claimed at least 1 000
lives.

Dozens of corpses lay rotting in the battle fields as the ongoing fighting
prevented aid workers from collecting them.

Mogadishu doctors have appealed for medical supplies for the wounded in some
of the heaviest clashes in Mogadishu since the 1991 ouster of dictator Mohamed
Siad Barre.

The United Nations says that more than 321 000 people had fled the seaside
capital, home to about a million people, since February 1, but elders said
the figure had shot beyond 400 000.

Many of the displaced are camped in the capital’s outskirts, facing disease
outbreaks and without sufficient water, food and medicine, according to aid
workers.

Alarmed by a looming humanitarian disaster, the UN has pleaded for access
to bring aid to the displaced. — Sapa-AFP

25/04/07 (B392-B) L’HUMANITE : Journal l’Humanité – Les civils somaliens piégés par les combats.

Mogadiscio
. Après six jours de guerre avec les insurgés, le gouvernement,
soutenu par l’armée éthiopienne, persiste sur la voie
militaire.

« Je dois
fuir parce qu’il n’y a aucun espoir si on reste en ville »,
a expliqué hier Hassan Mohamed, un habitant de la capitale somalienne
interrogé par l’AFP.

Comme lui, ils sont des milliers à profiter de la moindre accalmie
pour quitter Mogadiscio où, selon une ONG locale, au moins 230 personnes
ont perdu la vie ces six derniers jours, en raison d’une reprise des
combats entre le gouvernement et ses opposants. Hier, l’armée
éthiopienne, alliée du gouvernement, a continué à
pilonner les positions des insurgés, une coalition hétéroclite
d’anciens islamistes, de nationalistes en lutte contre l’ingérence
d’Addis-Abeba et de chefs traditionnels appartenant notamment au clan
Hawiye.

Selon les témoignages, les deux camps échangeaient des tirs
d’armes lourdes et les habitants ne parvenaient plus à rejoindre
les deux hôpitaux de la ville, déjà submergés de
blessés. Cette vague d’affrontements, qui a débuté
mercredi, est la deuxième depuis que l’armée éthiopienne
est entrée en Somalie fin décembre afin d’y mettre le
gouvernement transitoire au pouvoir et d’en chasser l’Union des
tribunaux islamiques, qui s’étaient emparés du territoire
en juin 2006. Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés
(HCR), ces violences ont depuis le début février fait fuir un
tiers de la population de Mogadiscio. Quant à la force de l’Union
africaine censée imposer la paix, elle n’a reçu que 1
500 des 8 000 hommes prévus.

« Les combats se poursuivront tant que les terroristes ne seront pas
rayés de la carte », a déclaré dimanche Ali Mohamed
Gedi, premier ministre somalien. Le gouvernement fédéral transitoire,
une institution créée en 2004 sous les auspices de la communauté
internationale et qui, jusqu’à l’intervention éthiopienne,
n’était jamais parvenue à exercer le pouvoir, continue
de présenter les insurgés comme des « terroristes liés
à al Qaeda ». Une généralisation qui lui permet
de ne pas s’atteler à la question centrale de la politique somalienne,
celle du partage du pouvoir entre les clans qui structurent la société.

La recherche d’une solution militaire sera « vraisemblablement
contre-productive », avait pourtant estimé à la mi-avril
le secrétaire général de l’ONU.

L’organisation milite pour la tenue de la réunion de réconciliation
nationale, qui a déjà été repoussée d’un
mois le 16 avril dernier. Mais compte tenu des conditions de sécurité,
rien ne garantit qu’elle aura lieu à la mi-mai. D’autant
que la stratégie militaire de l’Éthiopie en Somalie bénéficie
du soutien actif des États-Unis, qui ont été jusqu’à
autoriser, début avril, Addis-Abeba à violer une résolution
onusienne pour acheter des armes à la Corée du Nord. Washington
exerce aussi une forte influence sur au moins trois des sept pays de l’IGAD,
l’instance régionale en charge du dossier, qui a exprimé,
il y a deux semaines, son soutien à la politique éthiopienne.

Une prise de position qu’a invoquée l’Érythrée,
grande ennemie de l’Éthiopie depuis qu’une guerre a opposé
les deux pays entre 1998 et 2000, pour annoncer dimanche son retrait temporaire
de l’IGAD.

Camille
Bauer

25/04/07 (B392-B) UNCHR – Haut Commissariat aux Réfugiés (Nations Unies) Somalie : action d’urgence en faveur des personnes touchées par le conflit (On mesure mieux l’ampleur de la catastrophe humanitaire au travers de ces chiffres absolument consternants) (Info lectrice)

Emetteur:
UNHCR Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés


Les récents combats en Somalie constituent la dernière en date
d’une série de catastrophes qui ont frappé les habitants de
ce pays. À Mogadiscio, la population s’est retrouvée prise au
piège des pires combats jamais enregistrés depuis 15 ans.

Des centaines de personnes ont été blessées tandis que
des centaines de milliers d’autres ont dû fuir la capitale somalienne
pour se réfugier ailleurs, vivant dans des camps de fortune ou chez
des familles qui les hébergent.

Pour soigner les blessés et venir en aide aux familles déplacées,
le CICR a intensifié ses activités humanitaires en Somalie.

En parallèle à cette opération d’urgence, le CICR poursuit
les activités qu’il mène dans le pays depuis 1977, et notamment
le soutien à 23 dispensaires gérés par le Croissant-Rouge
de Somalie dans le centre et le sud du pays, la construction et la réparation
de systèmes d’approvisionnement en eau, des projets dans les domaines
de l’agriculture et des moyens d’existence, et le rétablissement des
les liens familiaux par le biais d’activités de recherches et de l’échange
de messages Croix-Rouge (messages adressés à des proches que
le conflit armé ne permet pas de joindre autrement).

En Somalie, le CICR demeure l’un des principaux fournisseurs d’aide d’urgence
aux personnes touchées par le conflit et les catastrophes naturelles,
et son premier partenaire est le Croissant-Rouge de Somalie.

Activités d’urgence menées par le CICR depuis le 5 avril

Activités médicales

12 tonnes de fournitures médicales ont été
remises à des structures de soins de santé à Mogadiscio
; 20 000 paquets de sels de réhydratation orale ont été
distribués à cinq centres de réhydratation pour patients
atteints du choléra ; 18 opérations ont été pratiquées
jusqu’à ce jour par une équipe chirurgicale envoyée à
Baidoa.

La capacité de l’hôpital de Keysaney a dû être accrue
de manière à faire face à l’afflux massif de nouveaux
patients. Situé à Mogadiscio-Nord, l’établissement est
géré par le Croissant-Rouge de Somalie. Installé à
Mogadiscio-Sud, l’hôpital Medina fonctionne quant à lui avec
la participation de la communauté locale. Ces deux établissements
chirurgicaux sont soutenus par le CICR depuis 1991 et 1999, respectivement.
Chaque mois, le CICR leur fournit du matériel médical et chirurgical,
prend en charge les salaires des employés et s’occupe de l’entretien
des locaux. Il assure en outre la formation du personnel médical et
technique et travaille à développer l’infrastructure de ces
hôpitaux.

D’autres structures médicales de Mogadiscio qui accueillent et soignent
des blessés bénéficient d’une assistance ponctuelle du
CICR.

En mars, les hôpitaux de Mogadiscio soutenus par le CICR ont
prodigué des soins à plus de 1 000 blessés de guerre
; 674 d’entre eux ont été admis dans les hôpitaux de Keysaney
et de Medina. Pendant les mois de janvier et de février, 540 patients
présentant des blessures de guerre avaient été soignés
dans ces deux hôpitaux.

Eau

260 000 litres d’eau sont distribués quotidiennement
à plus de 50 000 personnes.

Les personnes ayant fui Mogadiscio pour le Bas et le Moyen-Shebelle, ou pour
le sud du Galgudud, peinent à se procurer de l’eau potable en suffisance.
Le CICR achemine de l’eau par camions-citernes vers ces régions et
distribue des rations de survie (cinq litres par personne et par jour) aux
déplacés.

Articles ménagers de première nécessité


19 194 familles (115 164 personnes) ont reçu à ce jour des articles
ménagers de première nécessité.

Les familles comptent en moyenne six à dix personnes. Elles
sont généralement épuisées par les dures épreuves
qu’elles ont subies, en particulier les déplacements éreintants
et la faim. L’incertitude concernant leur avenir les affecte en outre considérablement.


Pour aider les familles déplacées à ne plus dépendre
complètement des communautés locales qui les accueillent, et
à regagner ainsi une part de dignité, le CICR leur distribue
des articles ménagers de première nécessité (feuilles
de plastique, assortiments d’ustensiles de cuisine, jerrycans, nattes, couvertures
et vêtements).

25/04/07 (B392-B) (AFP) – L’Ethiopie accuse l’Erythrée dans l’attaque d’un site pétrolier chinois (Info lectrice)


_____________________________________ Note de l’ARDHD

Assistons-nous à une véritable déstabilisation de la
Corne de l’Afrique, comme nous l’avions craint depuis le mois de septembre.

Les équilibres qui étaient imparfaits, mais qui maintenaient
le calme, semblent avoir été rompus après la crise somalienne.
Maintenant L’Ethiopie accuse l’Erythrée dans l’attaque d’un site pétrolier
chinois.

La prochaine étape sera-t-elle une relance des hostilités armées
entre l’Ethiopie et l’Erythrée ? Les ingrédients sont là
!

_____________________________________________

ADDIS
ABEBA (AFP) – L’Ethiopie accuse l’Erythrée dans l’attaque d’un site
pétrolier chinois

Le gouvernement éthiopien a accusé mercredi son voisin et rival
érythréen d’être à l’origine de l’attaque meurtrière
mardi contre un site chinois d’exploration pétrolière dans l’est
du pays, revendiquée par des rebelles séparatistes qui ont également
enlevé au moins six Chinois.

L’Erythrée, qui entretient des relations extrêmement tendues
avec l’Ethiopie depuis des années, a aussitôt nié toute
responsabilité dans cette affaire, accusant à son tour Addis
Abeba de chercher « un prétexte pour prendre des mesures belliqueuses
contre l’Erythrée ».

Selon le ministère éthiopien de l’Information, « les auteurs
de cette attaque terroriste contre les travailleurs chinois et éthiopiens
(…) sont l’auto-proclamé ONLF (Front national de libération
de l’Ogaden), groupe terroriste qui appartient au front de destruction dirigé
par le gouvernement érythréen ».

Mardi à l’aube, des hommes armés ont attaqué un site
d’exploration pétrolière opéré par une société
chinoise dans la province Somali (sud-est), dans laquelle se situe la région
de l’Ogaden.

Neuf ressortissants chinois et de 65 Ethiopiens ont été tués
dans cette attaque revendiquée mardi soir par l’ONLF, qui a en outre
reconnu détenir six autres ouvriers chinois. Les autorités éthiopiennes
et chinoises font état de sept employés chinois enlevés.

« Le gouvernement (éthiopien) est déterminé
à poursuivre les auteurs de cette attaque et à les juger »,
a indiqué par téléphone Berekat Simon, porte-parole du
Premier ministre éthiopien Meles Zenawi.

« Des responsables du gouvernement vont se rendre sur place aujourd’hui,
(mercredi) ainsi que des officiels du ministère de la Défense
pour évaluer la situation », a-t-il ajouté.

Dans un communiqué mis en ligne sur son site officiel, le ministère
chinois des Affaires étrangères a indiqué qu’un « mécanisme
d’urgence a été immédiatement lancé et qu’il a
été demandé au gouvernement éthiopien de tout
faire pour rechercher et sauver les Chinois kidnappés ».

« Nous avons appris de l’Ethiopie que des renforts en troupes
ont été envoyés dans la zone », ajoute ce texte.

Le président de la région Somali, Abdulahi Hassen, joint au
téléphone par l’AFP, a affirmé que « des témoins
ont déclaré que les assaillants portaient des uniformes de type
érythréen et parlaient tigrinya », langue parlée
en Erythrée et dans le nord de l’Ethiopie.

« Leur objectif comme toujours est de saboter les infrastructures économiques
du pays », a-t-il estimé, reconnaissant que « plusieurs incidents »
avaient eu lieu précédemment dans la région.

L’ONLF accuse les autorités éthiopiennes d’avoir spolié
les habitants de l’Ogaden de leurs terres et de les avoir « chassés
de force de leur maison » pour permettre l’installation de la compagnie
pétrolière chinoise, en dépit des avertissements lancés
l’an passé par le mouvement séparatiste.

Dans un message électronique mercredi, l’ONLF souligne avoir déjà
« mené des opérations militaires contre les forces du gouvernement
éthiopien ».

« Nous sommes un groupe nationaliste qui cherche à obtenir une
complète auto-détermination pour le peuple de l’Ogaden »,
poursuit le message.

Interrogé sur les relations entre cette attaque et la situation en
Somalie, pays voisin de l’Ogaden, peuplé également de Somali,
l’ONLF a assuré n’avoir « rien à voir » avec la situation
en Somalie: « nous ne sommes pas partie au conflit en Somalie ».

Le gouvernement éthiopien a plusieurs fois accusé des militants
de l’ONLF, et d’autres groupes séparatistes, de combattre aux côtés
des tribunaux islamiques somaliens, défaits en décembre-janvier
après l’intervention militaire de l’Ethiopie en soutien au gouvernement
somalien de transition.

Selon Addis Abeba, ces groupes sont « soutenus, armés et
entraînés » par Asmara, ce que l’Erythrée a toujours
démenti.

25/04/07 (B392-B) AFP / Ethiopie : 74 morts dans l’attaque d’un site pétrolier, 6 Chinois enlevés (Info lectrice – 2 dépêches)

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1 – AFP

Par Emmanuel GOUJON

ADDIS-ABEBA (AFP) – Neuf Chinois et 65 Ethiopiens travaillant sur
un site d’exploration pétrolière dans l’est de l’Ethiopie ont
été tués mardi par des hommes armés qui ont enlevé
plusieurs ressortissants chinois au cours d’une attaque revendiquée
par un groupe rebelle séparatiste de l’Ogaden.

Le Front national de libération de l’Ogaden (ONLF) a revendiqué
mardi soir cette attaque dans un communiqué publié sur le site
de l’organisation et affirmé qu’il retenait six travailleurs chinois.

Plus tôt mardi, les autorités éthiopiennes et chinoises
avaient de leur côté fait état de la disparition de sept
travailleurs chinois.

« Avant l’aube ce matin (mardi) à 04h30 locales (01h30
GMT) dans l’Ogaden, le commando +Dufaan+ de l’ONLF a mené une opération
militaire dans le voisinage d’Obala, à 30 km au nord-ouest de Degah-Bur,
dans le nord de l’Ogaden », indique le texte du site internet.

« L’opération visait trois unités du régime TPLF
(Front de libération du peuple du Tigray, l’ancienne rébellion
de l’actuel Premier ministre éthiopien Meles Zenawi) qui gardaient
un champ d’exploitation pétrolière », précise le
groupe armé.

Dans un autre communiqué envoyé à l’AFP, l’ONLF dit « avoir
croisé six travailleurs chinois » alors qu »il « rassemblait
des soldats éthiopiens prisonniers ».

« Ils (les six ouvriers chinois) ont été retirés
du champ de bataille pour leur propre sécurité et sont bien
traités », ajoute cette source.

« Des explosions provoquées par les munitions pendant l’affrontement
ont causé la mort d’une poignée de travailleurs chinois »,
affirme le groupe.

L’ONLF assure qu’il avait averti le gouvernement chinois de ses positions
et regrette que « ces avertissements n’aient pas été entendus ».

Berekat Simon avait attribué cette attaque plus tôt dans la journée
à l’ONLF, un groupe séparatiste actif dans cette partie du pays,
frontalière avec la Somalie.

L’attaque a eu lieu contre les installations de la compagnie Zhongyuan Petroleum
Exploration Bureau, situées à Abole, une petite ville de l’Etat
Somali, dans la région de l’Ogaden, avait rapporté plus tôt
l’agence officielle chinoise Chine Nouvelle.

« Neuf Chinois et 65 Ethiopiens qui travaillaient pour eux ont
été tués (…) de sang-froid, c’est un massacre »,
avait déclaré Berekat Simon.

La Chine a « fermement condamné » cette attaque que l’ambassade
de Chine en Ethiopie a confirmé sans donner plus de détails.

Dénonçant un acte « barbare » au cours d’une conférence
de presse, M. Meles a assuré « que ceux qui avaient commis cet
acte paieraient intégralement pour ce qu’ils ont fait (…) Je suppose
qu’il y a des groupes et des forces qui souhaitent nuire à notre développement
économique et déstabiliser l’Ethiopie en utilisant tous les
moyens à leur disposition », a-t-il ajouté.

Selon Chine Nouvelle, « environ 200 hommes
armés non identifiés ont lancé une attaque soudaine vers
06h00 locales (03h00 GMT) mardi contre les installations de la compagnie ».


« 37 Chinois se trouvaient sur place avec plus de 120 employés
éthiopiens », a ajouté l’agence.

L’Ethiopie n’est pas un pays producteur de pétrole, mais a
accordé ces dernières années des licences d’exploration
à des compagnies pétrolières dont le Zhongyuan Petroleum
Exploration Bureau, cible de l’attaque.

En mars 2006, le ministère éthiopien des Mines et de l’Energie
a lancé un appel d’offres pour développer les gisements gaziers
de Calub dans l’Ogaden, à 1.200 km à l’est de la capitale éthiopienne
Addis-Abeba, qui disposeraient d’importantes réserves.

En avril 2006, l’ONLF avait affirmé qu’il ne « tolérerait »
pas une exploration du gaz dans cette région tant que « le droit
fondamental à l’autodétermination serait dénié ».

L’Ethiopie a gagné en 1977 une guerre contre les Somaliens pour le
contrôle de l’Ogaden. Depuis, cette région désertique
a été marquée par des heurts entre armée et groupes
rebelles.


____________________________ 2 – AP

Au moins 74 morts dans une attaque contre une
compagnie pétrolière chinoise

ADDIS ABEBA (AP) – Au moins 74 personnes ont été tuées
mardi et sept autres enlevées lors de l’attaque des installations d’une
compagnie chinoise qui exploite un champ pétrolifère en Ethiopie,
selon des responsables gouvernementaux.

Le Front national de libération de l’Ogaden, un groupe somalien qui
combat aux côtés des insurgés islamistes en Somalie, a
revendiqué l’attaque dans un communiqué envoyé à
l’Associated Press.

Selon Xu Shuang, directeur général
du Bureau d’exploration pétrolière Zhongyuan, 65 employés
éthiopiens ont été tués, ainsi que neuf Chinois.

Sept autres employés chinois ont été enlevés par
le Front national de libération de l’Ogaden, selon un haut responsable
du gouvernement éthiopien, Bereket Simon.

« C’était un massacre de sang froid », a déclaré
Bereket Simon, un conseiller spécial du Premier ministre éthiopien
Meles Zenawi, à l’Associated Press. « C’était organisé ».

Dans son communiqué, le Front national de libération de l’Ogaden
dit avoir lancé « des opérations militaires contre les unités
des forces armées éthiopiennes gardant un site d’exploration
pétrolière ». Il met aussi en garde les compagnies pétrolières
étrangères, leur demandant de ne pas opérer dans la région.

La Chine a accru sa présence sur le continent africain au
cours des dernières années, y compris dans les régions
particulièrement instables, en quête de pétrole et d’autres
ressources naturelles pour alimenter sa croissance économique.

AP

25/04/07 (B392-B) AFP / Somalie : deuxième semaine de combats entre insurgés et armée éthiopienne (Info lectrice)

Par
Mustafa HAJI ABDINUR

MOGADISCIO (AFP) – Les combats dévastateurs à Mogadiscio
entre des insurgés et l’armée éthiopienne sont entrés
mercredi dans leur deuxième semaine, l’objectif affiché d’Addis
Abeba étant de « briser la capacité militaire » des
islamistes qui s’opposent au gouvernement somalien.

L’ONU, dont l’appel lundi à l’arrêt des combats est resté
lettre morte, a demandé aux autorités somaliennes de laisser
les convois d’aide atteindre les populations dénuées de tout,
qui ont fui en masse la capitale.

Après une nuit de calme relatif, les tirs d’artillerie ont repris mercredi
au petit matin, ont rapporté des habitants.

Des chars éthiopiens ont notamment fait mouvement dans le nord de la
ville et ouvert le feu sur des positions des insurgés, qui ont répliqué
par des tirs de mitrailleuses et de mortiers, selon les mêmes sources.

« D’intenses combats ont recommencé », a rapporté Hussein
Bashir, habitant du quartier de Jamhuriha, dans le nord de Mogadiscio: « deux
personnes ont été blessées par des mortiers, mais on
ne peut pas les emmener à l’hôpital en raison des tirs ».

« Nous avons perdu tout espoir car il n’y a aucun signe de trêve.
Personne ne se soucie de dire aux combattants que ces batailles sont inutiles »,
commentait, Kulow Hassan, pharmacien dans le quartier de Tawfiq.

En une semaine, au moins 323 personnes ont été tuées
dans la ville, dont 257 civils, selon l’ONG somalienne Elman Peace and Human
Rights Organisation.

Les organisations humanitaires de l’ONU et le Comité international
de la Croix-Rouge (CICR) ont prévenu que la Somalie sombrait dans le
chaos. La population de Mogadiscio fuit les combats en « flot continu »,
selon ces organisations.

Depuis début février, près d’un tiers du million d’habitants
de la capitale ont déserté la ville en raison des violences,
selon le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

Le patron des opérations humanitaires
de l’ONU, John Holmes, a pressé une nouvelle fois mardi soir le gouvernement
somalien de coopérer avec les agences humanitaires pour apporter une
aide aux déplacés qui s’entassent à la sortie de la capitale,
totalement démunis, survivant sous des arbres.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies s’était ainsi
vu refuser il y a environ deux semaines l’accès aux milliers de déplacés
entassés dans la bourgade d’Afgoye, à 30 km au sud-ouest de
Mogadiscio.

« J’espère que cette position est en train de changer », a
déclaré à la presse M. Holmes, après avoir informé
le Conseil de sécurité de l’ONU de la situation en Somalie.

Le gouvernement somalien « nous a assuré de son soutien
total » pour l’acheminement de l’aide » mais « il reste à
voir si cela se traduira dans les faits », a-t-il relevé.

Le gouvernement éthiopien a rejeté la semaine dernière
toute responsabilité dans le blocage de l’aide, affirmant que ces problèmes
étaient « principalement causés par les extrémistes
et leurs actions terroristes », expression désignant les insurgés,
groupe hétéroclite comprenant notamment les miliciens islamistes.

Mardi soir, le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi a qualifié
de « succès » l’offensive en cours en Somalie, dont l’objectif
est de « briser la capacité militaire » des insurgés,
a-t-il souligné.

L’armée éthiopienne et les forces gouvernementales somaliennes
« ont besoin d’une ou deux semaines de plus pour nettoyer complètement
Mogadiscio des Shebab », les milices islamistes, selon lui.

L’armée éthiopienne est intervenue en Somalie en 2006 pour déloger
les tribunaux islamiques, qui avaient appelé à la guerre sainte
contre le régime d’Addis Abeba et rejetaient l’autorité du gouvernement
de transition, mis en place en 2004 pour stabiliser un pays en guerre civile
depuis 1991.