Articles

19/03/09 (B490-B) Journal de la Flibuste (4 articles en Français et en Anglais)

___________________________ 4 – Ria Novosti (Russie)

Lutte contre la piraterie: la Somalie prône des mesures globales

Le gouvernement somalien a mis au point une série de mesures globales destinées à combattre la piraterie au large de la Corne de l’Afrique, a annoncé Mohamed Handule, ambassadeur de Somalie à Moscou, lors d’une conférence de presse dans la capitale russe.

"L’administration maritime de la Somalie propose de former des caravanes de cargos qui suivront un couloir de sécurité spécialement réservé à cet effet. Le gouvernement s’apprête également à adopter une série de lois visant à améliorer le niveau de vie de la population et à éliminer par là même les causes économiques de la piraterie", a-t-il affirmé.

Selon le diplomate, il serait judicieux de concerner l’itinéraire et le temps de passage des cargos, ainsi que d’établir une même fréquence radio pour l’ensemble de la caravane qui sera escortée par des bâtiments de guerre.

Selon l’ONU, 111 attaques contre les navires marchands ont été perpétrées en 2009 dans la région de la Corne de l’Afrique, soit trois fois plus qu’en 2007. Le golfe d’Aden et la partie nord-ouest de l’océan Indien totalisent près de la moitié des actes de piraterie enregistrés chaque année dans le monde.


___________________________ 3 – Le Matin (Maroc)

L’Onu identifie deux importants réseaux

Par : Abdallah Darkaoui

Deux importants réseaux de piraterie de Somalie sont implantés dans le secteur de la pêche, a indiqué le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon dans un rapport publié mercredi.

L’un est basé dans la région de Puntland, l’autre dans celle de Mudug, selon ce rapport.

"Il apparaît que les groupes de pirates les plus importants aujourd’hui sont implantés dans les communautés de la pêche sur la côte somalienne, particulièrement dans le nord-est et le centre de la Somalie et que leur organisation est le reflet des structures sociales claniques de Somalie", a expliqué M. Ban.

A Puntland, le réseau de piraterie, baptisé "groupe de Eyl" du nom du quartier où il est principalement implanté, détenait fin 2008 six bateaux et leurs équipages et aurait gagné quelque 30 millions de dollars en rançons, selon ce rapport.

M. Ban a souligné l’augmentation des "complicités de membres de l’administration de Puntland dans les actes de piraterie".

Le réseau de Mudug, implanté à Xarardheere, aurait retenu le cargo ukrainien Faina et trois autres bateaux pendant environ 5 mois, de septembre 2008 à février 2009. Le Faina et son équipage de 20 personnes avaient été libérés le 5 février en échange d’une rançon de 3,2 millions de dollars.

"Il est largement admis que certains de ces réseaux rivalisent à présent avec les autorités somaliennes en termes de capacités militaires et de ressources", a commenté M. Ban.

Les pirates somaliens ont attaqué plus de 130 navires marchands au large de la Somalie l’an dernier, une hausse de plus de 200% par rapport à 2007, selon les chiffres du bureau international maritime.

"La question de la piraterie et des vols à main armée en mer au large de la Somalie ne sera résolue qu’à travers une approche intégrant le conflit, le défaut de gouvernance et l’absence de moyens de subsistance durables en Somalie", a ajouté M. Ban.

___________________ 2 – Organisation de la Presse africaine (Suisse)

Piraterie en Somalie : Point de presse quotidien du bureau de la porte-parole du secrétaire général de l’ONU / 18 mars 2009

Dans un rapport sur les actes de piraterie commis au large des côtes de la Somalie, remis au Conseil de sécurité, le Secrétaire général souligne le besoin essentiel de s’attaquer au problème avec une approche multiforme, afin de s’assurer que le processus politique, les efforts de maintien de la paix de l’Union africaine, le renforcement des institutions répressives légales et les initiatives de reconstruction fonctionnent de façon harmonieuse.

Il encourage les États Membres à mettre l’accent sur la résolution de l’état de non droit en Somalie, à travers la concrétisation du processus de paix de Djibouti et le soutien de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).

Le Secrétaire général ajoute qu’il est nécessaire que la communauté internationale mette en œuvre, de façon effective, le cadre juridique international actuel et réfléchisse à son renforcement en vue de faciliter l’arrestation et le jugement des personnes soupçonnées d’avoir commis des actes de piraterie au large des côtes de la Somalie.

SOURCE : United Nations – Office of the Spokesperson of the Secretary-General

_____________________________ 1 – Shabelle (En Anglais)

Des villageois somaliens (Puntland) se sont emparés d’un navire iranien dans des conditions qui sont encore mal précisées, l’accusant de pratiquer une pêche illégale … // Somali villagers seize Iran boat

Somali villagers have detained an Iranian vessel in the northern semi autonomous Puntland region though the circumstances are unclear, a regional maritime official said on Wednesday.

Andrew Mwangura of the East African Seafarers Assistance Program said the ship was reported as seized on Monday. A local vigilante group was holding it either for illegal fishing or for destroying fishermen’s gear.

"I hear that the villagers have taken it because of fishing illegally or for damaging fishing equipment," Mwangura told Reuters. "Vigilantes usually move when you destroy their nets or boats and hold the ship until they are paid back."

A surge in piracy off Somalia has caused international alarm and warships from several countries have tried to curb the hijacks in Somali waters.

Somalia has said that piracy was merely a symptom of a wider problem – illegal fishing and dumping.

Foreign vessels moved into Somali waters en masse after the collapse of the Somali government in 1991 opened the floodgates to unlimited fishing.

19/03/09 (B490-B) Nouvelles de Somalie … toujours des violences. Ben Laden prend la parole pour mettre en cause le nouveau Président somalien et son Gouvernement … (9 articles en Français et en Anglais)

___________________________ 9 – AFP

Somalie : un soldat de la paix africain tué dans un attentat à Mogadiscio

Un soldat de la force de paix de l’Union africaine en Somalie (Amisom) a été tué et trois ont été blessés dans un attentat à la bombe mercredi à Mogadiscio, a indiqué jeudi l’organisation continentale dans un communiqué.

« Deux bombes installées au bord d’une route ont explosé hier (mercredi) entre l’aéroport de Mogadiscio et le km 4 (un carrefour du centre de la ville) provoquant la mort d’un soldat et en blessant trois autres », explique le communiqué.

« Les blessés ont été transférés à Nairobi pour être soignés », ajoute le texte.

Le représentant spécial de l’UA pour la Somalie, Nicolas Bwakira, cité dans le communiqué, « a condamné dans les termes les plus forts ces attaques ».

Selon lui, « l’attaque sur les soldats de la paix est l’une des tentatives désespérées des shebab (insurgés islamistes) pour justifier leur importance en Somalie ».

L’Amisom, seule force étrangère présente en Somalie depuis le désengagement au début de l’année des troupes éthiopiennes, est régulièrement la cible d’attaques des insurgés islamistes.

Le 22 février, 11 soldats burundais avaient été tués et 15 blessés dans un attentat suicide contre leur camp à Mogadiscio.

Cette attaque, la plus meurtrière commise contre l’Amisom, portait à au moins 20 le nombre de soldats de l’UA tués en Somalie depuis son déploiement en mars 2007, selon un décompte établi par l’AFP. L’Amisom compte 3.450 soldats burundais et ougandais.

La Somalie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique, est déchirée par une guerre civile depuis 1991.

___________________________ 8 – Shabelle (En Anglais)

Des centaines de Somalis manifestent à Mogadiscio pour réclamer la Paix et la stabilité dans la capitale. //Somalis demonstrate in support of restoring peace

Hundreds of Somali people most of them were the students of Banadir region have demonstrated in Hodan district in the Somali capital Mogadishu on Thursday for supporting to restore the peace and stability in the capital.

The demonstration was largely organized by the Somali Students Union in Banadir region and Women development Organization and attended many people who walked on the streets near Taribunka area and carrying boards written slogans for restoring peace and reopening the closed streets in the capital.

Many people including teachers, women and students took part the demonstration and talked more about the importance of peace for Somali people demanding to reopen the streets in the capital to open the schools of the students.

The chairman of the Women Development Organization Halimo Sheik Hussein was also one of those who organized the demonstration and lastly addressed the people in Taribunka square saying that many students missed their education for reasons of fighting and closed streets and demanded from all sides of Somalis to reopen the streets to the restart the education of the students.

___________________________ 7 – Shabelle (En Anglais)

Rencontre officielle entre des officiers ethiopiens et des membres du Gouvernement somalien dans la ville d’El Barde. // Ethiopian officers meet with government officials in Eel Barde town

Ethiopian officers have met with government officials in Eel Barde town in Bakool region, witnesses told Shabelle radio on Thursday.

Reports say that the Ethiopian troops were from Ethiopia and met with the transitional government officials those were chased forcibly from Bay and Bakol regions after bitter fighting between them and Islamist insurgents of al-Shabab who controls the regions.

Locals who refused to be disclosed told Shabelle radio that the meeting had been a closed doors meeting and talked more on matters relating yesterday’s fighting in Bay and Bakool regions and added that the Ethiopian officers gave a military supply and other equipments to the transitional government officials.

Witnesses said that the Ethiopian officers were at least 9 and returned back to their country where they flew last night after the meeting with the Somali government officials.

Residents expressed concern about the fighting between the Islamist administration of al-Shabab and government soldiers those were warring in Bay and Bakol regions recently and it is unclear whether another fighting will happen once again in the regions or not.

___________________________ 6 – Shabelle (En Anglais)

Le représentant de l’adminsitration du Banadir en Somalie a condamné le Fond alimentaire mondial, en déclarant que l’organisation internationale n’effectuait pas correctement son travail. // Banadir administration condemns WFP

The deputy governor of Banadir administration has condemned World Food Programme(WFP) on Thursday.

Abdifitah Ibeahim Shaweye, Mogadishu deputy mayor said that WFP does not contribute the aid food properly.

He said that the aid food intended to the poor people does not reach them adding that the food is stored in department stores in Mogadishu and then sold in some Mogadishu markets.

The statement from the deputy mayor comes as the governor of Banadir region Mohamed Osman Ali better known as Dhagahtur said he met World Food Programme officials in Nairobi, the Kenyan capital and talked about how to help the poor people that live in Mogadishu and its outskirts.

___________________________ 5 – Shabelle (En Anglais)

Un employé du Fond alimentaire mondial tué par des inconnus armés en Somalie. // WFP contractor killed in Mogadishu

Unknown gunmen have killed a contractor working with World Food Programme (WFP) in Mogadishu late on Wednesday evening, a relative told Shabelle Media on Thursday.

Relatives told Shabelle Media that Ahmed Hussein Malin, was killed in front of his house in Yaqshid district in north Mogadishu.

The killers were reportedly two men armed with pistols and fled from the scene after they shot him on the head several times.

The deceased man was a contractor working with WFP and was busy with supplying aid food to displaced people in Elasha town about 20 km south Mogadishu recently.

UN agencies attempting to deliver food aid to the 3.25 million Somalis it estimates need humanitarian support have been repeatedly targeted.

Four World Food Programme (WFP) employees have been killed in the war-torn Horn of Africa country since August last year.

___________________________ 4 – Le Monde

Ben Laden menace le nouveau président somalien

Dans un message adressé aux « champions de Somalie », Oussama Ben Laden, le chef d’Al-Qaida, appelle les radicaux islamistes en Somalie à renverser et à combattre le président Sharif Cheikh Ahmed.

Samedi, dans un enregistrement diffusé par la chaîne Al-Jazira, il a accusé des pays arabes de « complicité » avec Israël et ses alliés occidentaux lors de l’offensive israélienne contre Gaza. Le chef d’Al-Qaïda s’en est aussi pris à l’ensemble des dirigeants des pays musulmans qui « de l’Indonésie à la Mauritanie (…) n’ont rien à voir avec l’islam ». Le 14 janvier, il mettait en garde M. Obama contre l’ouverture de nouveaux fronts et critiquait la « passivité » arabe face à l’offensive israélienne à Gaza.

Sharif Cheikh Ahmed, qui dirigeait les Tribunaux islamiques, a succédé à la présidence à Abdullahi Yusuf Ahmed, poussé à la démission fin décembre.

Le Parlement somalien réuni à Djibouti, a élu l’ancien chef de guerre avec la lourde tâche de ramener la paix en Somalie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique en guerre civile depuis 1991. « Il est comme les présidents [arabes], qui sont à la solde de nos ennemis », dit Ben Laden. « La guerre qui s’est déroulée sur votre sol ces dernières années est une guerre entre l’islam et une croisade internationale », ajoute le chef d’Al-Qaida.

Ben Laden met en garde les Somaliens contre « les initiatives présentées comme islamistes mais qui sont contraires à la charia [loi islamique] », les exhortant « à la patience » et à la résistance d’autant qu’ils constituent, selon lui, « la première ligne de défense du sud-ouest du monde islamique ».

Les forces de Sharif Cheikh Ahmed combattent toujours pour reprendre le contrôle de la capitale Mogadiscio et de régions sud du pays contrôlées par des insurgés. L’aile radicale de l’opposition affirme vouloir poursuivre son combat jusqu’au départ de toutes les troupes étrangères du pays, en référence aux 3 400 soldats de la force de paix de l’Union africaine en Somalie.

___________________________ 3 – JDD

Somalie: Ben Laden veut renverser le président

Dans un nouvel enregistrement audio diffusé par al-Jazira, Oussama Ben Laden exhorte les Somaliens à renverser le nouveau président, cheikh Charif Ahmed. « La guerre qui s’est déroulée sur votre sol ces dernières années est une guerre entre l’islam et une croisade internationale », déclare-t-il, avant d’ajouter:

« Ces sortes de présidents sont des auxiliaires de nos ennemis et leur autorité est nulle et non avenue, et comme cheikh Charif est l’un d’entre eux, il doit être renversé et combattu. »

L’enregistrement n’a pas encore été authentifié.

___________________________ 2 – Le Figaro avec AFP

Somalie : appel de Ben Laden

Le chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, a appelé les radicaux islamistes en Somalie à renverser et à combattre le président Sharif Cheikh Ahmed, un islamiste modéré élu fin janvier à la tête de ce pays en guerre, dans un nouvel enregistrement sonore mis en ligne aujourd’hui.

« Ce cheikh Sharif (…), il faut le renverser et le combattre », dit ben Laden dans son message adressé aux « champions de Somalie » qu’il exhorte au combat.

Elu fin janvier par le Parlement somalien réuni à Djibouti, cheikh Sharif avait la lourde tâche de ramener la paix dans un pays en guerre civile depuis 1991.

« Il est comme les présidents (arabes), qui sont à la solde de nos ennemis », dit encore Ben Laden, selon l’enregistrement audio dont l’authenticité ne peut être confirmée dans l’immédiat.

_______________________________ 1 – Nouvel Obs avec AP

Somalie : au moins 14 morts dans des combats dans le sud du pays

Au moins 14 personnes ont été tuées mercredi dans un affrontement entre une milice pro-gouvernementale et un groupe radical islamique dans le sud de la Somalie, selon des témoins.

Des membres d’une milice pro-gouvernementale ont attaqué des combattants d’al-Shabab tôt mercredi, échouant dans leur tentative de prendre la ville de Rab Dhure, à quelques kilomètres de la frontière avec l’Ethiopie.

« J’ai vu huit personnes mortes dans la rue. La plupart des morts et des blessés sont des combattants », a déclaré Mad Ali, un habitant de Rab Dhure, à l’Associated Press.

Une autre personne, Nuney Mo’alim, a vu à un endroit différent de la ville six membres de la milice pro-gouvernementale mourir quand leur véhicule a été atteint par un tir de roquette de leurs adversaires.

La Somalie est divisée en une multitude de fiefs dominés par des chefs de guerres locaux ou par des responsables religieux. Le pays n’a plus de gouvernement central depuis la fin de la dictature de Siad Barre en 1991. Depuis, cette nation de 7 millions d’habitant dans l’anarchie et le chaos.

18/03/09 (B490-B) Affaire de l’assassinat du Juge Borrel. La presse a largement « couvert » la Conférence de presse de Mme Borrel et les nouvelles révélations à la suite des perquisitions qui avaient été effectuées à l’Elysée. (5 articles en Français)

_______________________________ 5 – Le Monde

La veuve du juge Borrel demande la réouverture de l’enquête pour subornation de témoin

Elisabeth Borrel, la veuve du juge Bernard Borrel tué en 1995 à Djibouti, demande la réouverture d’une enquête pour subornation de témoin, sur la base de documents inédits de l’ex-cellule « Afrique » de l’Elysée saisis par des juges en août 2008, a annoncé mardi une source proche du dossier confirmant une information parue dans Libération de mercredi.

« Il apparaît que ces actes d’instruction ont été extrêmement fructueux, montrant combien l’Etat français, à son plus haut niveau, a tout tenté sous la présidence de M. Jacques Chirac pour étouffer la recherche de la vérité », écrit Mme Borrel dans sa demande adressée le 16 mars au procureur de la République de Versailles.

Le juge Borrel avait été retrouvé mort en 1995 à Djibouti, le corps à demi-calciné. Djibouti a conclu à un suicide mais l’enquête française menée à Paris par la juge Sophie Clément privilégie la thèse d’un assassinat. Des témoignages, dont celui de l’ex-membre de la garde présidentielle Mohamed Saleh Alhoumekani, mettent directement en cause le président Ismaël Omar Guelleh et son entourage.

Parallèlement à l’enquête criminelle, deux enquêtes judiciaires ont été menées en France. La première pour « pression sur la justice », dans le cadre de laquelle des documents élyséens ont été saisis, est toujours en cours à Paris. La seconde pour « subornation de témoins », que Mme Borrel voudrait voir réouvrir, s’est conclue par le renvoi en correctionnelle à Versailles de deux proches du président Guelleh.

L’actuel procureur de Djibouti, Djama Souleiman, et le chef des services secrets djiboutiens, Hassan Said, absents au procès, ont été condamnés respectivement le 27 mars 2008 à dix-huit mois et douze mois de prison ferme. Ces deux hauts responsables ont été reconnus coupables en première instance d’avoir fait pression sur deux témoins clés pour annuler ou discréditer le témoignage visant le président djiboutien.

Un procès en appel est prévu les 25 et 26 mars 2009.

_______________________________ 4 – TF1 – LCI

Affaire Borrel – Des preuves aux « manipulations » de l’Elysée ?

La veuve du juge tué en 1995 à Djibouti affirme avoir « des preuves écrites » aux « manipulations » orchestrées par l’Elysée pour dédouaner « les personnes mises en cause ».

Ces documents, qui proviennent de la cellule Afrique de l’Elysée, ont été remis aux juges qui avaient tenté sans succès de perquisitionner à l’Elysée le 2 mai 2007.

« Une manipulation qui a été faite au sommet de l’Etat français. » C’est en ces termes qu’Elisabeth Borrel, la veuve du juge Bernard Borrel tué en 1995 à Djibouti, met en cause l’Elysée et l’équipe de Jacques Chirac, qui selon elle a coopéré avec les autorités de Djibouti pour étouffer l’enquête sur le crime. Mercredi, elle a dénoncé « des manipulations » orchestrées par l’Elysée visant, selon elle, à dédouaner « les personnes mises en cause dans l’assassinat de son mari ».

La veuve du juge assassinée, qui est également magistrate, s’est exprimée devant la presse au cabinet de son avocat, Me Olivier Morice, sur le contenu de documents saisis par des juges en août 2008 à l’Elysée et dont Libération a publié mercredi des extraits. « Nous avons maintenant des preuves écrites sur le fait que l’Elysée de l’époque était systématiquement avisé de ce qui se passait dans le dossier criminel de mon mari, mais également des interventions directes de l’Elysée dans ce dossier », a affirmé Elisabeth Borrel. « C’est une manipulation qui a été faite au sommet de l’Etat français. On s’en doutait, maintenant on a les preuves de cette volonté de dédouaner les personnes mises en cause dans l’assassinat de mon mari », a-t-elle ajouté.

L’Elysée perquisitionné dans succès

Ces documents proviennent de la cellule Afrique de l’Elysée, dirigée sous Jacques Chirac par le diplomate Michel de Bonnecorse. Ils avaient été remis en août dernier par son successeur aux juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia, qui avaient tenté sans succès de perquisitionner à l’Elysée le 2 mai 2007.

Le juge Borrel avait été retrouvé mort en 1995 à Djibouti, le corps à demi calciné. Djibouti a conclu à un suicide, mais l’enquête française menée à Paris par la juge Sophie Clément privilégie la thèse d’un assassinat. Des témoignages, dont celui de l’ex-membre de la garde présidentielle Mohamed Saleh Alhoumekani, mettent directement en cause le président Ismaël Omar Guelleh et son entourage.

_______________________________ 3 – Rue 89

Affaire Borrel : « Chirac a tout fait pour étouffer les choses »

Par David Servenay

Libération révèle comment l’Elysée a fait pression pour imposer la thèse du suicide. Entretien avec la veuve du juge Borrel.

Quartorze ans bientôt que la justice cherche à savoir comment et pourquoi Bernard Borrel, magistrat détaché au service de la coopération française, est mort, dans la nuit du 18 au 19 octobre 1995, à Djibouti.

Trois dossiers judiciaires sont en cours : celui sur l’assassinat du juge (les expertises ayant prouvé l’impossibilité du suicide), celui sur une subornation de témoins (deux responsables djiboutiens ont été condamnés l’an dernier) et celui sur les pressions sur la justice.

Comme le révèle Libération ce mercredi, l’ancien chef de la cellule africaine de Jacques Chirac, Michel de Bonnecorse, ainsi que l’ancien conseiller juridique du président, Laurent Le Mesle, actuel Procureur général de Paris, ont tout fait pour freiner les juges, afin de privilégier, contre toute vraisemblance, l’hypothèse du suicide. Pour Rue89, Elisabeth Borrel revient sur ces quatorze ans de combat, seule contre l’Etat.

Libération révèle ce mercredi de nouveaux éléments sur les manoeuvres des conseillers de l’Elysée, sous Jacques Chirac, pour étouffer le travail des juges d’instruction qui ont enquêté sur la mort de votre mari. Quel sentiment cela vous inspire ?

C’est presque un sentiment de dégoût, parce que pour moi le président de la République -qui est dans nos institutions le garant de l’indépendance de la magistrature- a en fait utilisé ces informations pour, à partir de 2004 en tout cas, essayer de manipuler les journalistes… pour faire pression et éviter que le dossier aille à son terme.

Quelle manoeuvre vous a le plus choquée ?

Ce qui m’a le plus choqué, c’est la demande de M. Lafaille [ex-journaliste, Chris Lafaille est l’auteur de « Aux portes de l’enfer – L’inavouable vérité sur le juge Borrel », ndlr] à M. de Bonnecorse [chef de la cellule africaine de l’Elysée, ndlr], en lui expliquant le projet de contre-enquête qu’il avait, qui était très clair dans son esprit, en donnant la parole à des gens qui ne l’avaient jamais eue.

On met alors des fonctionnaires à son service, à qui on dit qu’on les lève de tout secret, pour qu’ils puissent parler à cet individu. C’est ce qui m’a le plus choqué : que l’Elysée puisse donner des éléments à un journaliste pour qu’il instruise une contre-enquête sans s’assurer des éléments contraires à ce qu’il racontait et alors que l’Elysée savait parfaitement que c’était une affaire criminelle…

Vous voulez dire que le projet de ce livre, le synopsis, a été validé par la présidence de la République ?

En tout cas, la présidence de la République a apporté une aide et un concours particulièrement efficace au journaliste. Sur le fond, je ne dirai pas que c’est particulièrement efficace, parce que le livre est à mon avis très partial, ce dont je me suis toujours bien gardée. J’ai toujours essayé de garder la tête froide, de réfléchir et d’envisager beaucoup d’hypothèses, ce qui n’est pas du tout le cas de ce journaliste-là.

Un des enjeux était-il que la vérité judiciaire de l’assassinat -qui existe depuis 2002- ne sorte pas du cabinet des juges d’instruction ?

Je pense qu’ils ne voulaient absolument pas que l’assassinat soit démontré et qu’ils ont toujours, toujours nuit à l’instruction. Soit par une instruction partiale et orientée, soit en essayant de nuire aux éléments de preuves qu’on avait de l’assassinat. Il fallait absolument détruire cette vérité.

Dans ces manipulations, il y a aussi des avocats qui sont mis à contribution, à Djibouti et en France…

C’est assez amusant de voir que notamment l’un d’entre eux, entendu dans la plainte pour subornation de témoins, a dit au juge d’instruction qu’il ne s’occupait pas de politique et que dans ce dossier, il était intervenu juste pour accompagner un témoin rédiger une attestation chez un notaire, pour démolir le témoignage d’Alhoumekhani.

Juste avant, il se rend chez l’ambassadeur de France, pour dire que M. Guelleh (le président djiboutien, ndlr) est furieux, que les autorités djiboutiennes sont scandalisées de ce qui se passe en France, que les autorités françaises sont responsables de tout ça. Et deux jours plus tard, cet avocat est à l’Elysée dans le bureau du général Bentegeat (chef de l’état-major particulier du Président, ndlr), pour expliquer que ce témoin vu à Bruxelles est manipulé. Et que des avocats s’occupent « d’organiser la riposte » et notamment maître Szpiner…

Parlons de la subornation de témoins. Deux hauts responsables djiboutiens ont été condamnés l’an dernier. Et aujourd’hui, vous affirmez que le commanditaire de cette opération est le président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh…

Nous le savons. Nous avons des documents qui démontrent que maître Martinet s’est beaucoup agité auprès de l’ambassade de France à Djibouti, en expliquant que ce témoin de Bruxelles raconte n’importe quoi… et qu’on allait bientôt prouver autre chose.

On a aussi un courrier de maître Szpiner, du 19 janvier 2000, donc sur les quelques jours entourant la déposition d’Alhoumekhani à Bruxelles. Maître Szpiner écrit : « M. Iftin pourrait utilement être entendu, c’est quelqu’un qui peut coopérer et dire ce qui s’est passé. » M. Iftin est celui qui fera un témoignage contre Alhoumekhani (militaire qui a fait des révélations sur l’assassinat, ndlr) à Djibouti. (Voir la vidéo tournée en mars 2008)

Pourquoi Jacques Chirac, alors président de la République, soutient une telle position ?

J’ai la conviction, maintenant que l’assassinat a été reconnu et que Djibouti n’a pas renvoyé de coopérants, que ce n’est pas le problème des relations en Djibouti et la France. Parce que si c’était ça, il y a longtemps qu’on ne serait plus à Djibouti. Donc, je ne sais pas. C’est une bonne question qu’il faut peut-être aller lui poser à lui.

Allez-vous demander à ce que Jacques Chirac soit convoqué par la justice ?

Il y a déjà pas mal de personnes à entendre avec les éléments que mes collègues de l’instruction ont obtenu. Bien qu’on ait tout fait pour qu’elles n’aillent pas les chercher. Ensuite, je pense que ça serait intéressant d’entendre M. Chirac. Ce que je n’arrivais pas à concevoir, c’est pourquoi M. Chirac voulait à tout prix donner la copie du dossier criminel de mon mari à Djibouti.

C’est quelque chose que je n’arrive pas à comprendre : c’est rare un assassinat de magistrat. Bernard est intervenu dans un dossier terroriste. Et le chef de l’Etat fait tout dans un premier temps pour étouffer les choses. Et s’applique, une fois la vérité de l’assassinat apparue, à mettre à bas cette vérité qu’il ne veut pas voir perdurer. Je ne sais pas dans quel but, je ne sais pas ce qu’il fallait cacher, mais manifestement, mon mari avait eu connaissance de dossiers pas très reluisants.

En juin 2007, Nicolas Sarkozy vous avait donné des assurances en vous recevant à l’Elysée. A-t-il tenu parole ?

Absolument. Il a demandé mon audition à la Cour internationale de La Haye, qu’il n’a pas obtenue car les Djiboutiens s’y sont opposés. Sur le secret défense, il s’était engagé à le lever. Depuis, Mme Clément (juge d’instruction en charge du dossier principal, ndlr) a demandé la levée du secret défense sur certains documents, elle l’a obtenue. Je pense qu’il en reste encore à déclassifier, notamment toute la période 1994-1997.

Quatorze ans après les faits, vous attendez encore quelque chose de la justice française ?

J’attends qu’on aille au bout de ce dossier, parce qu’on a les moyens d’y aller. Il y a beaucoup de Français -et parmi eux des autorités- qui ne parlent pas. Quand on a connaissance d’un crime, chacun doit le dénoncer. Je crois que tous les documents que l’on a maintenant sont quand même très graves au regard de ces faits-là, car on a le sentiment que le chef de l’Etat s’est bien gardé de dénoncer quoi que ce soit et, au contraire, a fait perdurer une version officielle qui était complètement délirante.

A gauche comme à droite, peu de responsables politiques vous ont soutenue, à de rares exceptions près. Vous attendez un sursaut de leur part ?

Ecoutez, soit on est dans une démocratie, soit on n’y est pas. S’il n’y avait pas eu de juge d’instruction, il n’y aurait pas eu de dossier Borrel. C’est une certitude. Quand on voit le temps qu’il a fallu pour que le parquet accepte de dire qu’il s’agit d’une affaire criminelle. Les premières expertises datent de novembre 2002. Le communiqué est du 19 juin 2007. Cinq ans après… en laissant passer plein d’articles sur des mobiles au « suicide » de mon mari, les plus infamants possibles. On a parlé de sa « pédophilie ». C’est dramatique.

Moi, j’ai le sentiment qu’on est encore dans une démocratie. Il faut qu’on y reste et je me battrai pour cela, dans ce dossier là comme dans les autres.

_______________________________ 2 – Libération

Affaire Borrel Révélations sur les manips de l’Elysée

Après le meurtre du juge Borrel à Djibouti, le pouvoir chiraquien met tout en œuvre pour accréditer la thèse du suicide. «Libération» dévoile les cinq hommes clés de ce dossier.

Par GUILLAUME DASQUIÉ

Libération est en mesure de révéler les détails d’un transport judiciaire peu banal. Le 6 août, dans la plus grande discrétion, deux magistrates se présentent à l’Elysée dans le cadre d’une plainte pour des pressions sur la justice dans l’affaire Bernard Borrel – du nom de ce juge victime d’un meurtre non élucidé, en octobre 1995 à Djibouti.

Les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia entendent déterminer la nature des initiatives de la cellule Afrique de la présidence de la République dans ce dossier. En particulier mettre en évidence d’éventuelles interventions politiques pour (dés)orienter les enquêtes sur les circonstances de la mort de Bernard Borrel. Car depuis au moins 2004, les enquêteurs soupçonnent des dignitaires de Djibouti, allié stratégique de la France dans l’océan Indien. De quoi affoler les diplomates et leurs réseaux.

Placards. Les 9 et 10 juillet précédents, Fabienne Pous et Michèle Ganascia ont déjà perquisitionné deux domiciles de Michel de Bonnecorse, le chef de cette cellule Afrique de 2002 à 2007, sans succès (voir ci-dessous). Perspicaces, elles ont contacté le 30 juillet son successeur à l’Elysée, Bruno Joubert, un ex du Quai d’Orsay passé par les services secrets de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure). Elles insistent pour obtenir l’intégralité des documents susceptibles de les intéresser et qui seraient classés dans les placards de l’Elysée.

Une semaine plus tard, le 6 août, elles obtiennent gain de cause. De 13 h 10 à 18 h 30, à la présidence de la République, elles saisissent près de 150 pages d’un «dossier Borrel» que la cellule Afrique détenait. Elisabeth Borrel, la veuve du magistrat, que nous avons interrogée, ne cache pas sa satisfaction.

Ce dossier, que nous avons pu consulter en totalité, montre que le pouvoir politique s’est compromis de manière systématique en tentant de privilégier les intérêts de Djibouti, au détriment des intérêts de la justice. Grâce à la complicité de hauts magistrats tels Laurent Le Mesle, devenu procureur général près de la cour d’appel de Paris (voir ci-contre), des diplomates ont pu violer le secret de l’instruction. Avec un objectif constant : tenter de promouvoir la thèse du suicide de Bernard Borrel pour innocenter les Djiboutiens. Un courrier du 17 janvier 2004 de Laurent Le Mesle pour Michel de Bonnecorse signale qu’à cette date leur connaissance du dossier ne laissait pas de doute sur l’origine criminelle de la mort de Bernard Borrel. Quinze jours plus tard, le 3 février 2004, Le Mesle ordonne à la hiérarchie judiciaire un «point complet sur le dossier», pour le compte de l’Elysée.

«Communication». Pourtant, un an plus tard, dans un télégramme diplomatique du 17 octobre 2005, on se félicite que les Djiboutiens «adoptent une nouvelle stratégie de communication» pour contrer «la thèse du crime politique». Contactés par Libération, les avocats d’Elisabeth Borrel, Mes Olivier Morice et Laurent de Caunes, se sont refusés à commenter ces révélations. La veuve du magistrat tiendra pour sa part une conférence de presse ce matin au cabinet de ses défenseurs.

Michel de Bonnecorse, diplomate de carrière de 69 ans, a coordonné les affaires de la Françafrique de 2002 à 2007. Lors du deuxième mandat de Jacques Chirac, il dirigeait la cellule Afrique de l’Elysée. Le 4 septembre, devant les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia, l’ambassadeur a confié : «J’étais le chef de file sur le dossier Borrel puisqu’à 90 % ce dossier était diplomatique.»

Cette audition est intervenue à la suite d’une plainte de la veuve de Bernard Borrel pour faire pression sur la justice. Dans le cadre de cette procédure, le domicile de Michel de Bonnecorse dans les Bouches-du-Rhône avait été perquisitionné un an plus tôt, le 9 juillet 2007. Une visite infructueuse. A l’époque, les magistrats cherchaient à déterminer s’il profitait d’une série de violations du secret de l’instruction afin de sans cesse adapter la thèse du suicide du juge Borrel, pour plaire aux Djiboutiens. Or, quelques heures après la fin de la perquisition, les enquêteurs ont enregistré une drôle de conversation entre son épouse, Danielle de Bonnecorse, et leur fils de 27 ans. Extraits.

Le chef de file de la Françafrique

«C’était impressionnant parce qu’il y a huit personnes qui sont arrivées dans deux voitures […]. Enfin, ils venaient voir si papa avait pas de papiers sur l’affaire Borrel», commence la mère.

– Oui, il n’avait rien du tout, non ? répond le fils.

– Heureusement il avait rien, oui. Rien, il avait tout brûlé.

– Mais tais-toi, arrête de dire ça maman, t’es bête ou quoi ? […] Arrête de parler de ça maman, parce qu’on ne sait jamais. T’es peut-être sur écoute […]. Commence pas à parler de ce genre de truc au téléphone.

– Non.

– C’est tellement sensible ce genre de truc qu’il ne faut pas en parler […]. Bon et donc ils sont repartis bredouilles, mais ils ont fouillé partout ?

– Oui, oui, toute la maison…

– Mais ils sont repartis bredouilles quoi ?

– Oui, bredouilles. Ils étaient gentils, enfin ils étaient… Le procureur était très sympa […]. D’ailleurs, le procureur est du côté de papa. Il le défend.

– Ouais, ils se connaissent quoi.

– Oui.

– Bon bah, c’est bien.»

Le 4 septembre, dans le bureau des juges, Michel de Bonnecorse a été interrogé sur le contenu de cette conversation familiale. Selon lui, il s’agit de propos humoristiques qui ne doivent pas être pris «au premier degré».

Le conseiller justice de Chirac

Laurent Le Mesle, haut magistrat, a joué un rôle qui a rendu possibles les violations répétées de la séparation entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif dans l’affaire Borrel.

Les actes qui prêtent le plus le flanc à la critique remontent à la période de 2002 à 2004, quand il officiait comme conseiller justice du président Jacques Chirac. Comme les documents saisis à la cellule Afrique de l’Elysée le révèlent, ses interventions ont permis aux décideurs politiques de connaître en permanence le contenu de l’instruction du dossier Borrel par la juge Sophie Clément.

En organisant une violation quasi-systématique du secret de l’instruction, il a donné la possibilité aux diplomates français de conseiller les décideurs djiboutiens mis en cause pour le meurtre du juge Bernard Borrel. Ainsi, Laurent Le Mesle assurait une sorte d’interface entre la cellule Afrique et la hiérarchie judiciaire.

En introduction d’une note adressée à Michel de Bonnecorse, le chef de cette cellule Afrique, en date du 17 janvier 2004, il écrit : «Ci-joint la synthèse sur les faits et le dossier de l’instruction Borrel. Tu trouveras en conclusions les perspectives. Elles ne m’apparaissent pas très favorables.» Et pour cause, lesdites «perspectives» invalident clairement l’hypothèse d’un suicide et plaident en faveur d’un meurtre.

La suite du document prouve que Laurent Le Mesle, à cette date, a profité d’un accès exhaustif aux rapports des experts judiciaires. «Les éléments de ces expertises, conclut le conseiller juridique, renforcent l’hypothèse d’une piste criminelle [laquelle vise, notamment, l’entourage du président de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, ndlr].» De quoi rendre fou de rage l’allié djiboutien et inciter l’appareil diplomatique français à lui prêter assistance.

Lors de son audition par la justice le 4 septembre, Michel de Bonnecorse a confirmé que le magistrat accueillait avec bienveillance une telle démarche. Pour lui, Laurent Le Mesle «s’est rendu à l’évidence qu’il s’agissait plus d’une affaire diplomatique que d’une affaire judiciaire».

Laurent Le Mesle est actuellement procureur général près la cour d’appel de Paris, poste qu’il occupe depuis octobre 2006. Dans le cadre de notre enquête, Libération a invité Laurent Le Mesle à réagir à ces informations. Il n’a pas répondu.

L’interlocuteur du parquet

Jean-Claude Marin, l’actuel procureur de la République de Paris, a permis la circulation des éléments du principal dossier judiciaire instruit à Paris. Dans la pratique de l’appareil judiciaire, l’affaire Borrel s’appelle en effet un «dossier signalé». Ce qui signifie que le parquet assure une veille discrète sur le travail du juge et informe la direction des affaires criminelles et des grâces – dépendant du cabinet du ministre de la Justice – des principales évolutions. Si dès janvier 2004, Laurent Le Mesle à l’Elysée a pu obtenir tous les détails de l’affaire Borrel, c’est grâce au concours du seul destinataire des rapports du parquet sur le dossier Borrel, le directeur des affaires criminelles et des grâces. Un poste occupé par Jean-Claude Marin de novembre 2002 à novembre 2004.

L’avocat de Djibouti

Alain Martinet est l’avocat français de Djibouti ami des diplomates. Sur place, ce notable conseille le président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, dans la gestion de l’affaire Borrel. Son nom avait été cité dans une affaire de subornation de témoin. Sans être inquiété jusqu’à ce jour.

Il s’agissait de pressions contre des témoins accusant l’entourage du chef de l’Etat d’avoir orchestré l’assassinat de Bernard Borrel. Dans ce dossier, deux officiels de Djibouti ont déjà été condamnés par le tribunal de Versailles. Parmi les papiers saisis à l’Elysée, les magistrats ont découvert une note du 25 janvier 2000 du général Henri Bentegeat, chef de l’état-major particulier du président Jacques Chirac, montrant qu’Alain Martinet aurait pris plusieurs initiatives pour discréditer ces mêmes témoins gênants. Elisabeth Borrel, la veuve du juge, adressera aujourd’hui une requête au procureur de Versailles pour rouvrir le dossier sur ce point.

Le journaliste

Chris Lafaille, 52 ans, auteur et journaliste, collaborateur régulier de Paris Match, a relancé la thèse du suicide de Bernard Borrel dans un livre paru en janvier 2008. Elisabeth Borrel y voit une manœuvre pour satisfaire les décideurs djiboutiens. A l’appui de ce grief, elle cite une note de Chris Lafaille saisie à l’Elysée, où il expose en octobre 2006 à la cellule Afrique le sujet de son reportage : «L’objet de cette contre-enquête est d’enrayer, au moins temporairement, l’interventionnisme de madame Borrel.» Puis, il demande à l’Elysée de le mettre en contact avec des militaires et des diplomates français en poste à Djibouti au moment du drame. Contacté par Libération, Chris Lafaille s’explique : «Quand j’ai commencé à travailler sur l’affaire Borrel, tous les fonctionnaires refusaient de répondre. J’ai demandé à Michel de Bonnecorse et à Claude Chirac de m’ouvrir des portes. Je me suis jeté dans la gueule du loup pour obtenir des introductions.»

Chronologie

Octobre 1995 : le corps calciné du juge Borrel est retrouvé à Djibouti.

Novembre 1995 : les autorités de Djibouti concluent au suicide.

Décembre 1999 : selon un ancien officier djiboutien réfugié en Europe, le pouvoir de Djibouti a voulu supprimer Borrel.

Janvier 2004 : les expertises des légistes plaident pour un meurtre.

Juin 2007 : pour la première fois en public, le procureur de Paris ne favorise plus la thèse du suicide.

Août 2008 : deux juges saisissent le dossier Borrel à l’Elysée.

_______________________________ 1 – Le Figaro avec AFP

Affaire Borrel : l’État français montré du doigt

Jérôme Bouin

Des documents saisis en 2008 à la cellule Afrique de l’Élysée étaieraient la thèse d’une subornation de témoins destinée à écarter la thèse de l’assassinat du juge, mort en 1995. Sa veuve demande la réouverture d’une enquête.

Elle s’est expliquée mercredi matin au cabinet de ses défenseurs. Elisabeth Borrel, la veuve du juge français Bernard Borrel, mort en 1995 à Djibouti, demande la réouverture de l’enquête pour subornation de témoin ouverte en France après la mort de son mari. Elle s’était conclue par le renvoi devant la justice française de deux proches du président djiboutien Guelleh, condamnés en première instance. Parallèlement à l’enquête criminelle, une autre enquête judiciaire a été ouverte pour «pression sur la justice». Dans le cadre de cette dernière, toujours en cours, des documents élyséens ont été saisis.

Elisabeth Borrel dénonce mercredi «des manipulations» orchestrées par la présidence française, visant, selon elle, à dédouaner «les personnes mises en cause dans l’assassinat de son mari». «Nous avons maintenant des preuves écrites sur le fait que l’Elysée de l’époque (le président était alors Jacques Chirac, ndlr) était systématiquement avisé de ce qui se passait dans le dossier criminel de mon mari, mais également des interventions directes de l’Elysée dans ce dossier», affirme-t-elle.

«La recherche de la vérité» étouffée

Pour appuyer sa demande, Elizabeth Borrel, qui cherche à montrer que son mari ne s’est pas suicidé mais a été assassiné à Djibouti, se base donc, selon une source proche du dossier, sur des documents inédits de l’ex-cellule Afrique de l’Elysée saisis par des juges le 6 août 2008. À cette date, explique Libération mercredi, les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia ont obtenu du chef de cette cellule à l’Élysée, la possibilité d’obtenir l’intégralité des documents susceptibles de les intéresser dans le cadre de l’affaire Borrel. Dans sa demande de réouverture de l’enquête, adressée le 16 mars aux services judiciaires, Elizabeth Borrel explique : «Il apparaît que ces actes d’instruction ont été extrêmement fructueux, montrant combien l’Etat français, à son plus haut niveau, a tout tenté sous la présidence de M. Jacques Chirac pour étouffer la recherche de la vérité».

Dans sa requête, Elizabeth Borrel se réfère à deux documents saisis à l’Elysée, inconnus du juge qui a mené l’enquête sur les deux proches du président Guelleh : un télégramme diplomatique confidentiel du 23 janvier 2000 émanant de l’ambassadeur de France à Djibouti, et une note du chef d’Etat major particulier du président Chirac, le général Henri Bentegeat, du 25 janvier 2000. Ces deux documents font état de démarches d’un avocat français, Alain Martinet, présenté comme un proche du président Guelleh, visant à discréditer le principal témoin à charge du dossier. En plus de la réouverture du dossier, la veuve du juge demande l’audition par un juge de l’avocat, de l’ambassadeur de France à Djibouti et d’Henri Bentegeat.

«Violations de la séparation entre judiciaire et exécutif»

Parallèlement, le quotidien Libération porte, dans son édition de mercredi, de sérieuses accusations sur le rôle trouble qu’auraient joué plusieurs conseillers de l’Élysée sous la présidence de Jacques Chirac, dans le but d’accréditer la thèse du suicide de Borrel. Le journal déplore des «violations répétées de la séparation entre pouvoir judiciaire et exécutif, avec la complicité de hauts magistrats tels Laurent Le Mesle», actuellement procureur général près la cour d’appel de Paris, ancien conseiller juridique de Jacques Chirac entre 2002 et 2004.

Des diplomates auraient ainsi pu violer le secret de l’instruction pour innocenter les Djiboutiens. Est également montré du doigt Jean-Claude Marin, actuel procureur de la République de Paris, à l’époque directeur des affaires criminelles et des grâces, et Michel de Bonnecorse. Ce diplomate a dirigé la cellule Afrique de l’Élysée. Selon Libération, l’enregistrement d’une conversation faite en 2007 à son domicile après une perquisition infructueuse des magistrats, porterait à croire que le diplomate était proche de l’autorité judiciaire et qu’il possédait des documents sensibles, qu’il aurait fait disparaître. Michel de Bonnecorse a démenti

18/03/09 (B490-B) La blague du jour … elle est très à la mode et elle circule parmi les industriels français qui sont venus soutenir Guelleh … et qui auraient compris les risques !

Comment repartir après avoir réalisé une petite fortune à Djibouti ?

Cherchez un peu !

Vous n’avez pas encore trouvé ? Allons un peu d’effort ! C’est simple !

Je vais vous aider ….

Il suffit d’arriver avec une grosse fortune au départ !

18/03/09 (B490-B) La lettre de Djibouti par un lecteur. Est-il possible de proposer, aux Djiboutiens, une alternative à la situation actuelle ?

Ces derniers jours notre pays est entré dans une phase de turbulence politique et sociale.


D’abord IOG a perdu la confiance des communautés afars, issas et GADABOUSSI, donc pour combler ce vide il s’est tourné vers des gens du quartier 3, à chaque fois il y a un meeting un nombre d’auto bus se présent dans ce quartier pour les ramasser.

– En deuxième lieu : les provocations politiques et les incitations à la haine ont été organisées depuis longtemps par le régime d’IOG et un certain "establishment" d’Hargeisa. En effet, si on regarde les liens entre Mohamoud Haid (le frère de Kadra) et certains éléments venue de la somalie voisine, on ne peut être qu’étonné

Finalement KADRA a volé la vedette à son bandit de mari, tant pour les vols du patrimoine national et des ressources pays que pour les soirées dans lesquelles des chants à son gloire sont rabachés sans cesse, pour tenter de faire oublier au peuple la misère dans laquelle il est tombé.

D’ailleurs, les mêmes recettes avaient été utilisées par l’ancien régime de Siad Barre et nous connaissons aujourd’hui le résultat (final).

Par conséquent, les prémices de la fin de dictature, analogues à ceux qui avaient précéd la chute du régime somalien, sont désormais visibles sur le sol Djiboutien.

Le peuple Djiboutien en est grandement conscient. Voici à titre d’exemple, quelque faits qui ont déjà été cités sur votre site et que je reprend à dessein :

A titre d’exemple, des nos jours, des compatriotes malades meurent faute de soin. Transportés d’urgence, dans la nuit, à l’hôpital, ils n’ont pu voir le jour se lever alors que des personnes venue de la république autoproclamé de somaliland (Hargeisa), parce qu’ils sont de la famille de KADRA (épouse de IOG), soit transporter avec un avion privé sous la charge de l’état.

Deuxième exemple, Plusieurs cadres nationaux sont "bras-cassé" (chômage organisé par le régime) alors que des Non-Djiboutiens sont engagés par l’administration pour occuper des postes, pour lesquels, ils n’ont pas toujours les compétences requises. Tous ces salariés ont été engagés par le frère de Kadra (épouse de IOG). Parmi ces gens il y a des personnes qui n’ont jamais mis le pied sur le sol djiboutien. Un comédien somalien toucherait un salaire 200 000 FD alors nos artistes grève de fin dans des maisons non solubles. Pour ce convaincre il suffit de regarder les soirées organisées par Poulette.

Troisième exemple, Des exilés Djiboutiens, issus de la communauté afar et issa ont décidé de créer une compagnie de Transfer d’argent (Hawala) et d’ouvrir une filiale à Djibouti. Là, encore le fameux tribaliste (le frère de Kadra) engagé au service de régime a demandé un pot de vin de 60?000 $ alors que Dahabshil et d’autres compagnies n’ont rien versé.

Quatrième exemple (Voir l’information du lecteur 16/03/09 (B490) Radio-Trottoir) << En 2008 la Gendarmerie avait réalisé un concours pour recruter des agents, ce qui est une procédure légale et habituelle. Un certain nombre des candidats ont été reçus au concours. Le chef de corps de la Gendarmerie a envoyé, pour information avant publication officielle, la liste à la Présidence (je tiens à préciser que, bien que ce soit une première pour le pays, cela ne permet pas de l’accuser de collaboration étroite avec le régime dictatorial).

Parmi les candidats reçus au concours, huit étaient issus de la communauté Gadaboursi. Parmi eux, elle en a rayé six pour les remplacer par des candidats à elle. Sept autres étaient issus de la communauté Issa et trois des Afar. Paulette lui a répondu en lui imposant de préciser devant chaque candidat son origine tribale >>.

Conclusion Est-il possible de proposer, aux Djiboutiens, une alternative à la situation actuelle ?

Ma réponse est oui. Mais il faut une opposition organisée, unifiée et crédible.

Cette dernière doit présenter un programme digne et rassembleur. Il faut mener une campagne d’envergure nationale de réconciliation avec tous les acteurs de notre pays autour de propositions concrètes afin de convaincre la majorité des Djiboutiens de se rallier et de participer (enfin ?) à une élection juste et démocratique.

Le tribalisme qui a détruit la somalie voisine ne doit pas avoir droit de cité dans le jeu politique à Djibouti. Nous n’avons pas de leçon à recevoir des gens venu de Hargeisa car ils ont détruits et divisés leur pays : la Somalie. Depuis notre indépendance nous avons surmontés des difficultés politique et économique.

Mais nous les Djiboutiens, nous sommes restés solidaires. Qui ne souvient pas au lendemain de l’indépendance des Djiboutiens qui ont accordé leur pardon à tous les policiers ou gendarmes qui les avaient pourtant maltraités. Certain avaient même tué des membres de leurs familles alors ils étaient au service du colonisateur.

La lettre de Djibouti…

18/03/09 (B490-B) Le Figaro avec AFP / Affaire Borrel : rebondissement possible

Elisabeth Borrel, la veuve du juge français Bernard Borrel tué en 1995 à Djibouti, demande la réouverture d’une enquête pour subornation de témoin sur la base de documents inédits de l’ex-cellule "Afrique" de l’Elysée saisis par des juges en 2008, a annoncé une source proche du dossier.

"Il apparaît que ces actes d’instruction ont été extrêmement fructueux, montrant combien l’Etat français, à son plus haut niveau, a tout tenté sous la présidence de Jacques Chirac pour étouffer la recherche de la vérité", écrit Borrel dans sa demande adressée le 16 mars à la justice.

Le juge Borrel avait été retrouvé mort en 1995 à Djibouti, le corps à demi-calciné. Djibouti a conclu à un suicide mais l’enquête française privilégie la thèse d’un assassinat. Des témoignages dont celui de l’ex-membre de la garde présidentielle Mohamed Saleh Alhoumekani, mettent directement en cause le président Ismaël Omar Guelleh et son entourage.

Parallèlement à l’enquête criminelle, deux enquêtes judiciaires ont été menées en France. La première pour "pression sur la justice", dans le cadre de laquelle des documents élyséens ont été saisis, est toujours en cours à Paris.

La seconde pour "subornation de témoins", que Borrel voudrait voir réouvrir, s’est conclue par le renvoi en correctionnelle à Versailles (banlieue parisienne) de deux proches du président Guelleh.

18/03/09 (B490-B) Radio-Trottoir : IOG et Kadra continuent à soutenir les négociations entre les représentants des différentes tribus représentées à Djibouti (Lecteur)

Cette contribution fait suite à la première partie que nous avions publiée hier 17/03 : lien

Hier apres-midi, la rencontre entre les responsables coutumiers Gadaboursi et Issa s’est achevée apres plusieurs heures de discusion. Les Issa ont éabli une liste de leurs conditions qu’ils ont fait remettre à IOG et à Kadra sa femme. Un autre rendez-vous a été convenu : il aura lieu à Ali-Sabieh ce jeudi apres-midi et réunira à nouveau des responsables coutumiers Gadaboursi et Issa.

La présence de la Présidente Kadra Haid a été signalée au CDC du Quartier 5, ce matin. Elle était protégée par une escorde "nombreuse" de la Darde républicaine.

Elle a demandé aux responsables coutumiers Gadaboursi d’étudier la liste des revendications qui ont été formulées par les responsables coutumiers Issa.

A la fin de la réunion, les Gadaboursi ont tenu à présenter à Kadra, la liste de leurs propres revendications, qui concernent surtout les injustices et les discriminations tribales dont ils s’estiment être les victimes depuis plus de dix ans.

Les habitants du Quartier 5 sont abandonnés par le Gouvernement.

18/03/09 (B490-B) Radio-Trottoir : un remaniement ministériel programmé pour bientôt (Jeudi) ? (Lecteur – à prendre avec humour seulement)

La rumeur court : un remmaniement ministériel serait
programmé pour jeudi 19 mars.

Nous avons essayé d’en savoir plus et d’anticiper l’annonce officielle : voici la liste des candidats les plus probables !
Si elle se révélait exact, cela prouverait que nous avons tout compris des méthodes de Guelleh !!! En plus, il y aurait de quoi se poser des questions … mais on s’en pose déjà tellement, que finalement, cela ne changerait rien. La pagaille scientifiquement organisée, la corruption bien huilée et la descente aux enfers économiques continueraient comme avant.

Ce n’est pas un nouveau Ministre qui va transformer la dictature en démocratie. Il fera comme ses prédécesseurs : un peu de bruit, très peu de travail et une grosse fortune …

– Premier Ministre chargé des Droits de l’Homme : A. A. ABDOU,
– Présidente de l’Assemblée Nationale : Degmo,
– Ministre de l’Intérieur chargé du Terrorisme d’Etat : Afgada,
– Ministre des Finances et du silence des détournements : le médiatique Sunil du PUND,
– Ministre de la Santé et des enfants : le timide Gonzalez ;
– 13ème Ministre de la Justice depuis trente ans au Pouvoir, le Tortionnaire : Hersi (le cousin de Silagno toujours en opposition avec le baladeur Riyaleh, cousin de l’actuel ministre l’assureur Said).

Ce remaniement aurait été programmé (en secret) durant le Conseil des ministres dont la RTD a publié de larges extraits, braquant les projecteurs sur les Droits de l’Homme.

Espérons, qu’avec ce léger remodelage, les risques d’une guerre larvée au Somalliland vont échouer à Djibouti, sans turbulence !!!

Un cousin de Tani