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18/03/09 (B490-B) Affaire de l’assassinat du Juge Borrel. La presse a largement « couvert » la Conférence de presse de Mme Borrel et les nouvelles révélations à la suite des perquisitions qui avaient été effectuées à l’Elysée. (5 articles en Français)

_______________________________ 5 – Le Monde

La veuve du juge Borrel demande la réouverture de l’enquête pour subornation de témoin

Elisabeth Borrel, la veuve du juge Bernard Borrel tué en 1995 à Djibouti, demande la réouverture d’une enquête pour subornation de témoin, sur la base de documents inédits de l’ex-cellule « Afrique » de l’Elysée saisis par des juges en août 2008, a annoncé mardi une source proche du dossier confirmant une information parue dans Libération de mercredi.

« Il apparaît que ces actes d’instruction ont été extrêmement fructueux, montrant combien l’Etat français, à son plus haut niveau, a tout tenté sous la présidence de M. Jacques Chirac pour étouffer la recherche de la vérité », écrit Mme Borrel dans sa demande adressée le 16 mars au procureur de la République de Versailles.

Le juge Borrel avait été retrouvé mort en 1995 à Djibouti, le corps à demi-calciné. Djibouti a conclu à un suicide mais l’enquête française menée à Paris par la juge Sophie Clément privilégie la thèse d’un assassinat. Des témoignages, dont celui de l’ex-membre de la garde présidentielle Mohamed Saleh Alhoumekani, mettent directement en cause le président Ismaël Omar Guelleh et son entourage.

Parallèlement à l’enquête criminelle, deux enquêtes judiciaires ont été menées en France. La première pour « pression sur la justice », dans le cadre de laquelle des documents élyséens ont été saisis, est toujours en cours à Paris. La seconde pour « subornation de témoins », que Mme Borrel voudrait voir réouvrir, s’est conclue par le renvoi en correctionnelle à Versailles de deux proches du président Guelleh.

L’actuel procureur de Djibouti, Djama Souleiman, et le chef des services secrets djiboutiens, Hassan Said, absents au procès, ont été condamnés respectivement le 27 mars 2008 à dix-huit mois et douze mois de prison ferme. Ces deux hauts responsables ont été reconnus coupables en première instance d’avoir fait pression sur deux témoins clés pour annuler ou discréditer le témoignage visant le président djiboutien.

Un procès en appel est prévu les 25 et 26 mars 2009.

_______________________________ 4 – TF1 – LCI

Affaire Borrel – Des preuves aux « manipulations » de l’Elysée ?

La veuve du juge tué en 1995 à Djibouti affirme avoir « des preuves écrites » aux « manipulations » orchestrées par l’Elysée pour dédouaner « les personnes mises en cause ».

Ces documents, qui proviennent de la cellule Afrique de l’Elysée, ont été remis aux juges qui avaient tenté sans succès de perquisitionner à l’Elysée le 2 mai 2007.

« Une manipulation qui a été faite au sommet de l’Etat français. » C’est en ces termes qu’Elisabeth Borrel, la veuve du juge Bernard Borrel tué en 1995 à Djibouti, met en cause l’Elysée et l’équipe de Jacques Chirac, qui selon elle a coopéré avec les autorités de Djibouti pour étouffer l’enquête sur le crime. Mercredi, elle a dénoncé « des manipulations » orchestrées par l’Elysée visant, selon elle, à dédouaner « les personnes mises en cause dans l’assassinat de son mari ».

La veuve du juge assassinée, qui est également magistrate, s’est exprimée devant la presse au cabinet de son avocat, Me Olivier Morice, sur le contenu de documents saisis par des juges en août 2008 à l’Elysée et dont Libération a publié mercredi des extraits. « Nous avons maintenant des preuves écrites sur le fait que l’Elysée de l’époque était systématiquement avisé de ce qui se passait dans le dossier criminel de mon mari, mais également des interventions directes de l’Elysée dans ce dossier », a affirmé Elisabeth Borrel. « C’est une manipulation qui a été faite au sommet de l’Etat français. On s’en doutait, maintenant on a les preuves de cette volonté de dédouaner les personnes mises en cause dans l’assassinat de mon mari », a-t-elle ajouté.

L’Elysée perquisitionné dans succès

Ces documents proviennent de la cellule Afrique de l’Elysée, dirigée sous Jacques Chirac par le diplomate Michel de Bonnecorse. Ils avaient été remis en août dernier par son successeur aux juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia, qui avaient tenté sans succès de perquisitionner à l’Elysée le 2 mai 2007.

Le juge Borrel avait été retrouvé mort en 1995 à Djibouti, le corps à demi calciné. Djibouti a conclu à un suicide, mais l’enquête française menée à Paris par la juge Sophie Clément privilégie la thèse d’un assassinat. Des témoignages, dont celui de l’ex-membre de la garde présidentielle Mohamed Saleh Alhoumekani, mettent directement en cause le président Ismaël Omar Guelleh et son entourage.

_______________________________ 3 – Rue 89

Affaire Borrel : « Chirac a tout fait pour étouffer les choses »

Par David Servenay

Libération révèle comment l’Elysée a fait pression pour imposer la thèse du suicide. Entretien avec la veuve du juge Borrel.

Quartorze ans bientôt que la justice cherche à savoir comment et pourquoi Bernard Borrel, magistrat détaché au service de la coopération française, est mort, dans la nuit du 18 au 19 octobre 1995, à Djibouti.

Trois dossiers judiciaires sont en cours : celui sur l’assassinat du juge (les expertises ayant prouvé l’impossibilité du suicide), celui sur une subornation de témoins (deux responsables djiboutiens ont été condamnés l’an dernier) et celui sur les pressions sur la justice.

Comme le révèle Libération ce mercredi, l’ancien chef de la cellule africaine de Jacques Chirac, Michel de Bonnecorse, ainsi que l’ancien conseiller juridique du président, Laurent Le Mesle, actuel Procureur général de Paris, ont tout fait pour freiner les juges, afin de privilégier, contre toute vraisemblance, l’hypothèse du suicide. Pour Rue89, Elisabeth Borrel revient sur ces quatorze ans de combat, seule contre l’Etat.

Libération révèle ce mercredi de nouveaux éléments sur les manoeuvres des conseillers de l’Elysée, sous Jacques Chirac, pour étouffer le travail des juges d’instruction qui ont enquêté sur la mort de votre mari. Quel sentiment cela vous inspire ?

C’est presque un sentiment de dégoût, parce que pour moi le président de la République -qui est dans nos institutions le garant de l’indépendance de la magistrature- a en fait utilisé ces informations pour, à partir de 2004 en tout cas, essayer de manipuler les journalistes… pour faire pression et éviter que le dossier aille à son terme.

Quelle manoeuvre vous a le plus choquée ?

Ce qui m’a le plus choqué, c’est la demande de M. Lafaille [ex-journaliste, Chris Lafaille est l’auteur de « Aux portes de l’enfer – L’inavouable vérité sur le juge Borrel », ndlr] à M. de Bonnecorse [chef de la cellule africaine de l’Elysée, ndlr], en lui expliquant le projet de contre-enquête qu’il avait, qui était très clair dans son esprit, en donnant la parole à des gens qui ne l’avaient jamais eue.

On met alors des fonctionnaires à son service, à qui on dit qu’on les lève de tout secret, pour qu’ils puissent parler à cet individu. C’est ce qui m’a le plus choqué : que l’Elysée puisse donner des éléments à un journaliste pour qu’il instruise une contre-enquête sans s’assurer des éléments contraires à ce qu’il racontait et alors que l’Elysée savait parfaitement que c’était une affaire criminelle…

Vous voulez dire que le projet de ce livre, le synopsis, a été validé par la présidence de la République ?

En tout cas, la présidence de la République a apporté une aide et un concours particulièrement efficace au journaliste. Sur le fond, je ne dirai pas que c’est particulièrement efficace, parce que le livre est à mon avis très partial, ce dont je me suis toujours bien gardée. J’ai toujours essayé de garder la tête froide, de réfléchir et d’envisager beaucoup d’hypothèses, ce qui n’est pas du tout le cas de ce journaliste-là.

Un des enjeux était-il que la vérité judiciaire de l’assassinat -qui existe depuis 2002- ne sorte pas du cabinet des juges d’instruction ?

Je pense qu’ils ne voulaient absolument pas que l’assassinat soit démontré et qu’ils ont toujours, toujours nuit à l’instruction. Soit par une instruction partiale et orientée, soit en essayant de nuire aux éléments de preuves qu’on avait de l’assassinat. Il fallait absolument détruire cette vérité.

Dans ces manipulations, il y a aussi des avocats qui sont mis à contribution, à Djibouti et en France…

C’est assez amusant de voir que notamment l’un d’entre eux, entendu dans la plainte pour subornation de témoins, a dit au juge d’instruction qu’il ne s’occupait pas de politique et que dans ce dossier, il était intervenu juste pour accompagner un témoin rédiger une attestation chez un notaire, pour démolir le témoignage d’Alhoumekhani.

Juste avant, il se rend chez l’ambassadeur de France, pour dire que M. Guelleh (le président djiboutien, ndlr) est furieux, que les autorités djiboutiennes sont scandalisées de ce qui se passe en France, que les autorités françaises sont responsables de tout ça. Et deux jours plus tard, cet avocat est à l’Elysée dans le bureau du général Bentegeat (chef de l’état-major particulier du Président, ndlr), pour expliquer que ce témoin vu à Bruxelles est manipulé. Et que des avocats s’occupent « d’organiser la riposte » et notamment maître Szpiner…

Parlons de la subornation de témoins. Deux hauts responsables djiboutiens ont été condamnés l’an dernier. Et aujourd’hui, vous affirmez que le commanditaire de cette opération est le président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh…

Nous le savons. Nous avons des documents qui démontrent que maître Martinet s’est beaucoup agité auprès de l’ambassade de France à Djibouti, en expliquant que ce témoin de Bruxelles raconte n’importe quoi… et qu’on allait bientôt prouver autre chose.

On a aussi un courrier de maître Szpiner, du 19 janvier 2000, donc sur les quelques jours entourant la déposition d’Alhoumekhani à Bruxelles. Maître Szpiner écrit : « M. Iftin pourrait utilement être entendu, c’est quelqu’un qui peut coopérer et dire ce qui s’est passé. » M. Iftin est celui qui fera un témoignage contre Alhoumekhani (militaire qui a fait des révélations sur l’assassinat, ndlr) à Djibouti. (Voir la vidéo tournée en mars 2008)

Pourquoi Jacques Chirac, alors président de la République, soutient une telle position ?

J’ai la conviction, maintenant que l’assassinat a été reconnu et que Djibouti n’a pas renvoyé de coopérants, que ce n’est pas le problème des relations en Djibouti et la France. Parce que si c’était ça, il y a longtemps qu’on ne serait plus à Djibouti. Donc, je ne sais pas. C’est une bonne question qu’il faut peut-être aller lui poser à lui.

Allez-vous demander à ce que Jacques Chirac soit convoqué par la justice ?

Il y a déjà pas mal de personnes à entendre avec les éléments que mes collègues de l’instruction ont obtenu. Bien qu’on ait tout fait pour qu’elles n’aillent pas les chercher. Ensuite, je pense que ça serait intéressant d’entendre M. Chirac. Ce que je n’arrivais pas à concevoir, c’est pourquoi M. Chirac voulait à tout prix donner la copie du dossier criminel de mon mari à Djibouti.

C’est quelque chose que je n’arrive pas à comprendre : c’est rare un assassinat de magistrat. Bernard est intervenu dans un dossier terroriste. Et le chef de l’Etat fait tout dans un premier temps pour étouffer les choses. Et s’applique, une fois la vérité de l’assassinat apparue, à mettre à bas cette vérité qu’il ne veut pas voir perdurer. Je ne sais pas dans quel but, je ne sais pas ce qu’il fallait cacher, mais manifestement, mon mari avait eu connaissance de dossiers pas très reluisants.

En juin 2007, Nicolas Sarkozy vous avait donné des assurances en vous recevant à l’Elysée. A-t-il tenu parole ?

Absolument. Il a demandé mon audition à la Cour internationale de La Haye, qu’il n’a pas obtenue car les Djiboutiens s’y sont opposés. Sur le secret défense, il s’était engagé à le lever. Depuis, Mme Clément (juge d’instruction en charge du dossier principal, ndlr) a demandé la levée du secret défense sur certains documents, elle l’a obtenue. Je pense qu’il en reste encore à déclassifier, notamment toute la période 1994-1997.

Quatorze ans après les faits, vous attendez encore quelque chose de la justice française ?

J’attends qu’on aille au bout de ce dossier, parce qu’on a les moyens d’y aller. Il y a beaucoup de Français -et parmi eux des autorités- qui ne parlent pas. Quand on a connaissance d’un crime, chacun doit le dénoncer. Je crois que tous les documents que l’on a maintenant sont quand même très graves au regard de ces faits-là, car on a le sentiment que le chef de l’Etat s’est bien gardé de dénoncer quoi que ce soit et, au contraire, a fait perdurer une version officielle qui était complètement délirante.

A gauche comme à droite, peu de responsables politiques vous ont soutenue, à de rares exceptions près. Vous attendez un sursaut de leur part ?

Ecoutez, soit on est dans une démocratie, soit on n’y est pas. S’il n’y avait pas eu de juge d’instruction, il n’y aurait pas eu de dossier Borrel. C’est une certitude. Quand on voit le temps qu’il a fallu pour que le parquet accepte de dire qu’il s’agit d’une affaire criminelle. Les premières expertises datent de novembre 2002. Le communiqué est du 19 juin 2007. Cinq ans après… en laissant passer plein d’articles sur des mobiles au « suicide » de mon mari, les plus infamants possibles. On a parlé de sa « pédophilie ». C’est dramatique.

Moi, j’ai le sentiment qu’on est encore dans une démocratie. Il faut qu’on y reste et je me battrai pour cela, dans ce dossier là comme dans les autres.

_______________________________ 2 – Libération

Affaire Borrel Révélations sur les manips de l’Elysée

Après le meurtre du juge Borrel à Djibouti, le pouvoir chiraquien met tout en œuvre pour accréditer la thèse du suicide. «Libération» dévoile les cinq hommes clés de ce dossier.

Par GUILLAUME DASQUIÉ

Libération est en mesure de révéler les détails d’un transport judiciaire peu banal. Le 6 août, dans la plus grande discrétion, deux magistrates se présentent à l’Elysée dans le cadre d’une plainte pour des pressions sur la justice dans l’affaire Bernard Borrel – du nom de ce juge victime d’un meurtre non élucidé, en octobre 1995 à Djibouti.

Les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia entendent déterminer la nature des initiatives de la cellule Afrique de la présidence de la République dans ce dossier. En particulier mettre en évidence d’éventuelles interventions politiques pour (dés)orienter les enquêtes sur les circonstances de la mort de Bernard Borrel. Car depuis au moins 2004, les enquêteurs soupçonnent des dignitaires de Djibouti, allié stratégique de la France dans l’océan Indien. De quoi affoler les diplomates et leurs réseaux.

Placards. Les 9 et 10 juillet précédents, Fabienne Pous et Michèle Ganascia ont déjà perquisitionné deux domiciles de Michel de Bonnecorse, le chef de cette cellule Afrique de 2002 à 2007, sans succès (voir ci-dessous). Perspicaces, elles ont contacté le 30 juillet son successeur à l’Elysée, Bruno Joubert, un ex du Quai d’Orsay passé par les services secrets de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure). Elles insistent pour obtenir l’intégralité des documents susceptibles de les intéresser et qui seraient classés dans les placards de l’Elysée.

Une semaine plus tard, le 6 août, elles obtiennent gain de cause. De 13 h 10 à 18 h 30, à la présidence de la République, elles saisissent près de 150 pages d’un «dossier Borrel» que la cellule Afrique détenait. Elisabeth Borrel, la veuve du magistrat, que nous avons interrogée, ne cache pas sa satisfaction.

Ce dossier, que nous avons pu consulter en totalité, montre que le pouvoir politique s’est compromis de manière systématique en tentant de privilégier les intérêts de Djibouti, au détriment des intérêts de la justice. Grâce à la complicité de hauts magistrats tels Laurent Le Mesle, devenu procureur général près de la cour d’appel de Paris (voir ci-contre), des diplomates ont pu violer le secret de l’instruction. Avec un objectif constant : tenter de promouvoir la thèse du suicide de Bernard Borrel pour innocenter les Djiboutiens. Un courrier du 17 janvier 2004 de Laurent Le Mesle pour Michel de Bonnecorse signale qu’à cette date leur connaissance du dossier ne laissait pas de doute sur l’origine criminelle de la mort de Bernard Borrel. Quinze jours plus tard, le 3 février 2004, Le Mesle ordonne à la hiérarchie judiciaire un «point complet sur le dossier», pour le compte de l’Elysée.

«Communication». Pourtant, un an plus tard, dans un télégramme diplomatique du 17 octobre 2005, on se félicite que les Djiboutiens «adoptent une nouvelle stratégie de communication» pour contrer «la thèse du crime politique». Contactés par Libération, les avocats d’Elisabeth Borrel, Mes Olivier Morice et Laurent de Caunes, se sont refusés à commenter ces révélations. La veuve du magistrat tiendra pour sa part une conférence de presse ce matin au cabinet de ses défenseurs.

Michel de Bonnecorse, diplomate de carrière de 69 ans, a coordonné les affaires de la Françafrique de 2002 à 2007. Lors du deuxième mandat de Jacques Chirac, il dirigeait la cellule Afrique de l’Elysée. Le 4 septembre, devant les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia, l’ambassadeur a confié : «J’étais le chef de file sur le dossier Borrel puisqu’à 90 % ce dossier était diplomatique.»

Cette audition est intervenue à la suite d’une plainte de la veuve de Bernard Borrel pour faire pression sur la justice. Dans le cadre de cette procédure, le domicile de Michel de Bonnecorse dans les Bouches-du-Rhône avait été perquisitionné un an plus tôt, le 9 juillet 2007. Une visite infructueuse. A l’époque, les magistrats cherchaient à déterminer s’il profitait d’une série de violations du secret de l’instruction afin de sans cesse adapter la thèse du suicide du juge Borrel, pour plaire aux Djiboutiens. Or, quelques heures après la fin de la perquisition, les enquêteurs ont enregistré une drôle de conversation entre son épouse, Danielle de Bonnecorse, et leur fils de 27 ans. Extraits.

Le chef de file de la Françafrique

«C’était impressionnant parce qu’il y a huit personnes qui sont arrivées dans deux voitures […]. Enfin, ils venaient voir si papa avait pas de papiers sur l’affaire Borrel», commence la mère.

– Oui, il n’avait rien du tout, non ? répond le fils.

– Heureusement il avait rien, oui. Rien, il avait tout brûlé.

– Mais tais-toi, arrête de dire ça maman, t’es bête ou quoi ? […] Arrête de parler de ça maman, parce qu’on ne sait jamais. T’es peut-être sur écoute […]. Commence pas à parler de ce genre de truc au téléphone.

– Non.

– C’est tellement sensible ce genre de truc qu’il ne faut pas en parler […]. Bon et donc ils sont repartis bredouilles, mais ils ont fouillé partout ?

– Oui, oui, toute la maison…

– Mais ils sont repartis bredouilles quoi ?

– Oui, bredouilles. Ils étaient gentils, enfin ils étaient… Le procureur était très sympa […]. D’ailleurs, le procureur est du côté de papa. Il le défend.

– Ouais, ils se connaissent quoi.

– Oui.

– Bon bah, c’est bien.»

Le 4 septembre, dans le bureau des juges, Michel de Bonnecorse a été interrogé sur le contenu de cette conversation familiale. Selon lui, il s’agit de propos humoristiques qui ne doivent pas être pris «au premier degré».

Le conseiller justice de Chirac

Laurent Le Mesle, haut magistrat, a joué un rôle qui a rendu possibles les violations répétées de la séparation entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif dans l’affaire Borrel.

Les actes qui prêtent le plus le flanc à la critique remontent à la période de 2002 à 2004, quand il officiait comme conseiller justice du président Jacques Chirac. Comme les documents saisis à la cellule Afrique de l’Elysée le révèlent, ses interventions ont permis aux décideurs politiques de connaître en permanence le contenu de l’instruction du dossier Borrel par la juge Sophie Clément.

En organisant une violation quasi-systématique du secret de l’instruction, il a donné la possibilité aux diplomates français de conseiller les décideurs djiboutiens mis en cause pour le meurtre du juge Bernard Borrel. Ainsi, Laurent Le Mesle assurait une sorte d’interface entre la cellule Afrique et la hiérarchie judiciaire.

En introduction d’une note adressée à Michel de Bonnecorse, le chef de cette cellule Afrique, en date du 17 janvier 2004, il écrit : «Ci-joint la synthèse sur les faits et le dossier de l’instruction Borrel. Tu trouveras en conclusions les perspectives. Elles ne m’apparaissent pas très favorables.» Et pour cause, lesdites «perspectives» invalident clairement l’hypothèse d’un suicide et plaident en faveur d’un meurtre.

La suite du document prouve que Laurent Le Mesle, à cette date, a profité d’un accès exhaustif aux rapports des experts judiciaires. «Les éléments de ces expertises, conclut le conseiller juridique, renforcent l’hypothèse d’une piste criminelle [laquelle vise, notamment, l’entourage du président de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, ndlr].» De quoi rendre fou de rage l’allié djiboutien et inciter l’appareil diplomatique français à lui prêter assistance.

Lors de son audition par la justice le 4 septembre, Michel de Bonnecorse a confirmé que le magistrat accueillait avec bienveillance une telle démarche. Pour lui, Laurent Le Mesle «s’est rendu à l’évidence qu’il s’agissait plus d’une affaire diplomatique que d’une affaire judiciaire».

Laurent Le Mesle est actuellement procureur général près la cour d’appel de Paris, poste qu’il occupe depuis octobre 2006. Dans le cadre de notre enquête, Libération a invité Laurent Le Mesle à réagir à ces informations. Il n’a pas répondu.

L’interlocuteur du parquet

Jean-Claude Marin, l’actuel procureur de la République de Paris, a permis la circulation des éléments du principal dossier judiciaire instruit à Paris. Dans la pratique de l’appareil judiciaire, l’affaire Borrel s’appelle en effet un «dossier signalé». Ce qui signifie que le parquet assure une veille discrète sur le travail du juge et informe la direction des affaires criminelles et des grâces – dépendant du cabinet du ministre de la Justice – des principales évolutions. Si dès janvier 2004, Laurent Le Mesle à l’Elysée a pu obtenir tous les détails de l’affaire Borrel, c’est grâce au concours du seul destinataire des rapports du parquet sur le dossier Borrel, le directeur des affaires criminelles et des grâces. Un poste occupé par Jean-Claude Marin de novembre 2002 à novembre 2004.

L’avocat de Djibouti

Alain Martinet est l’avocat français de Djibouti ami des diplomates. Sur place, ce notable conseille le président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, dans la gestion de l’affaire Borrel. Son nom avait été cité dans une affaire de subornation de témoin. Sans être inquiété jusqu’à ce jour.

Il s’agissait de pressions contre des témoins accusant l’entourage du chef de l’Etat d’avoir orchestré l’assassinat de Bernard Borrel. Dans ce dossier, deux officiels de Djibouti ont déjà été condamnés par le tribunal de Versailles. Parmi les papiers saisis à l’Elysée, les magistrats ont découvert une note du 25 janvier 2000 du général Henri Bentegeat, chef de l’état-major particulier du président Jacques Chirac, montrant qu’Alain Martinet aurait pris plusieurs initiatives pour discréditer ces mêmes témoins gênants. Elisabeth Borrel, la veuve du juge, adressera aujourd’hui une requête au procureur de Versailles pour rouvrir le dossier sur ce point.

Le journaliste

Chris Lafaille, 52 ans, auteur et journaliste, collaborateur régulier de Paris Match, a relancé la thèse du suicide de Bernard Borrel dans un livre paru en janvier 2008. Elisabeth Borrel y voit une manœuvre pour satisfaire les décideurs djiboutiens. A l’appui de ce grief, elle cite une note de Chris Lafaille saisie à l’Elysée, où il expose en octobre 2006 à la cellule Afrique le sujet de son reportage : «L’objet de cette contre-enquête est d’enrayer, au moins temporairement, l’interventionnisme de madame Borrel.» Puis, il demande à l’Elysée de le mettre en contact avec des militaires et des diplomates français en poste à Djibouti au moment du drame. Contacté par Libération, Chris Lafaille s’explique : «Quand j’ai commencé à travailler sur l’affaire Borrel, tous les fonctionnaires refusaient de répondre. J’ai demandé à Michel de Bonnecorse et à Claude Chirac de m’ouvrir des portes. Je me suis jeté dans la gueule du loup pour obtenir des introductions.»

Chronologie

Octobre 1995 : le corps calciné du juge Borrel est retrouvé à Djibouti.

Novembre 1995 : les autorités de Djibouti concluent au suicide.

Décembre 1999 : selon un ancien officier djiboutien réfugié en Europe, le pouvoir de Djibouti a voulu supprimer Borrel.

Janvier 2004 : les expertises des légistes plaident pour un meurtre.

Juin 2007 : pour la première fois en public, le procureur de Paris ne favorise plus la thèse du suicide.

Août 2008 : deux juges saisissent le dossier Borrel à l’Elysée.

_______________________________ 1 – Le Figaro avec AFP

Affaire Borrel : l’État français montré du doigt

Jérôme Bouin

Des documents saisis en 2008 à la cellule Afrique de l’Élysée étaieraient la thèse d’une subornation de témoins destinée à écarter la thèse de l’assassinat du juge, mort en 1995. Sa veuve demande la réouverture d’une enquête.

Elle s’est expliquée mercredi matin au cabinet de ses défenseurs. Elisabeth Borrel, la veuve du juge français Bernard Borrel, mort en 1995 à Djibouti, demande la réouverture de l’enquête pour subornation de témoin ouverte en France après la mort de son mari. Elle s’était conclue par le renvoi devant la justice française de deux proches du président djiboutien Guelleh, condamnés en première instance. Parallèlement à l’enquête criminelle, une autre enquête judiciaire a été ouverte pour «pression sur la justice». Dans le cadre de cette dernière, toujours en cours, des documents élyséens ont été saisis.

Elisabeth Borrel dénonce mercredi «des manipulations» orchestrées par la présidence française, visant, selon elle, à dédouaner «les personnes mises en cause dans l’assassinat de son mari». «Nous avons maintenant des preuves écrites sur le fait que l’Elysée de l’époque (le président était alors Jacques Chirac, ndlr) était systématiquement avisé de ce qui se passait dans le dossier criminel de mon mari, mais également des interventions directes de l’Elysée dans ce dossier», affirme-t-elle.

«La recherche de la vérité» étouffée

Pour appuyer sa demande, Elizabeth Borrel, qui cherche à montrer que son mari ne s’est pas suicidé mais a été assassiné à Djibouti, se base donc, selon une source proche du dossier, sur des documents inédits de l’ex-cellule Afrique de l’Elysée saisis par des juges le 6 août 2008. À cette date, explique Libération mercredi, les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia ont obtenu du chef de cette cellule à l’Élysée, la possibilité d’obtenir l’intégralité des documents susceptibles de les intéresser dans le cadre de l’affaire Borrel. Dans sa demande de réouverture de l’enquête, adressée le 16 mars aux services judiciaires, Elizabeth Borrel explique : «Il apparaît que ces actes d’instruction ont été extrêmement fructueux, montrant combien l’Etat français, à son plus haut niveau, a tout tenté sous la présidence de M. Jacques Chirac pour étouffer la recherche de la vérité».

Dans sa requête, Elizabeth Borrel se réfère à deux documents saisis à l’Elysée, inconnus du juge qui a mené l’enquête sur les deux proches du président Guelleh : un télégramme diplomatique confidentiel du 23 janvier 2000 émanant de l’ambassadeur de France à Djibouti, et une note du chef d’Etat major particulier du président Chirac, le général Henri Bentegeat, du 25 janvier 2000. Ces deux documents font état de démarches d’un avocat français, Alain Martinet, présenté comme un proche du président Guelleh, visant à discréditer le principal témoin à charge du dossier. En plus de la réouverture du dossier, la veuve du juge demande l’audition par un juge de l’avocat, de l’ambassadeur de France à Djibouti et d’Henri Bentegeat.

«Violations de la séparation entre judiciaire et exécutif»

Parallèlement, le quotidien Libération porte, dans son édition de mercredi, de sérieuses accusations sur le rôle trouble qu’auraient joué plusieurs conseillers de l’Élysée sous la présidence de Jacques Chirac, dans le but d’accréditer la thèse du suicide de Borrel. Le journal déplore des «violations répétées de la séparation entre pouvoir judiciaire et exécutif, avec la complicité de hauts magistrats tels Laurent Le Mesle», actuellement procureur général près la cour d’appel de Paris, ancien conseiller juridique de Jacques Chirac entre 2002 et 2004.

Des diplomates auraient ainsi pu violer le secret de l’instruction pour innocenter les Djiboutiens. Est également montré du doigt Jean-Claude Marin, actuel procureur de la République de Paris, à l’époque directeur des affaires criminelles et des grâces, et Michel de Bonnecorse. Ce diplomate a dirigé la cellule Afrique de l’Élysée. Selon Libération, l’enregistrement d’une conversation faite en 2007 à son domicile après une perquisition infructueuse des magistrats, porterait à croire que le diplomate était proche de l’autorité judiciaire et qu’il possédait des documents sensibles, qu’il aurait fait disparaître. Michel de Bonnecorse a démenti

18/03/09 (B490-B) La blague du jour … elle est très à la mode et elle circule parmi les industriels français qui sont venus soutenir Guelleh … et qui auraient compris les risques !

Comment repartir après avoir réalisé une petite fortune à Djibouti ?

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18/03/09 (B490-B) La lettre de Djibouti par un lecteur. Est-il possible de proposer, aux Djiboutiens, une alternative à la situation actuelle ?

Ces derniers jours notre pays est entré dans une phase de turbulence politique et sociale.


D’abord IOG a perdu la confiance des communautés afars, issas et GADABOUSSI, donc pour combler ce vide il s’est tourné vers des gens du quartier 3, à chaque fois il y a un meeting un nombre d’auto bus se présent dans ce quartier pour les ramasser.

– En deuxième lieu : les provocations politiques et les incitations à la haine ont été organisées depuis longtemps par le régime d’IOG et un certain "establishment" d’Hargeisa. En effet, si on regarde les liens entre Mohamoud Haid (le frère de Kadra) et certains éléments venue de la somalie voisine, on ne peut être qu’étonné

Finalement KADRA a volé la vedette à son bandit de mari, tant pour les vols du patrimoine national et des ressources pays que pour les soirées dans lesquelles des chants à son gloire sont rabachés sans cesse, pour tenter de faire oublier au peuple la misère dans laquelle il est tombé.

D’ailleurs, les mêmes recettes avaient été utilisées par l’ancien régime de Siad Barre et nous connaissons aujourd’hui le résultat (final).

Par conséquent, les prémices de la fin de dictature, analogues à ceux qui avaient précéd la chute du régime somalien, sont désormais visibles sur le sol Djiboutien.

Le peuple Djiboutien en est grandement conscient. Voici à titre d’exemple, quelque faits qui ont déjà été cités sur votre site et que je reprend à dessein :

A titre d’exemple, des nos jours, des compatriotes malades meurent faute de soin. Transportés d’urgence, dans la nuit, à l’hôpital, ils n’ont pu voir le jour se lever alors que des personnes venue de la république autoproclamé de somaliland (Hargeisa), parce qu’ils sont de la famille de KADRA (épouse de IOG), soit transporter avec un avion privé sous la charge de l’état.

Deuxième exemple, Plusieurs cadres nationaux sont "bras-cassé" (chômage organisé par le régime) alors que des Non-Djiboutiens sont engagés par l’administration pour occuper des postes, pour lesquels, ils n’ont pas toujours les compétences requises. Tous ces salariés ont été engagés par le frère de Kadra (épouse de IOG). Parmi ces gens il y a des personnes qui n’ont jamais mis le pied sur le sol djiboutien. Un comédien somalien toucherait un salaire 200 000 FD alors nos artistes grève de fin dans des maisons non solubles. Pour ce convaincre il suffit de regarder les soirées organisées par Poulette.

Troisième exemple, Des exilés Djiboutiens, issus de la communauté afar et issa ont décidé de créer une compagnie de Transfer d’argent (Hawala) et d’ouvrir une filiale à Djibouti. Là, encore le fameux tribaliste (le frère de Kadra) engagé au service de régime a demandé un pot de vin de 60?000 $ alors que Dahabshil et d’autres compagnies n’ont rien versé.

Quatrième exemple (Voir l’information du lecteur 16/03/09 (B490) Radio-Trottoir) << En 2008 la Gendarmerie avait réalisé un concours pour recruter des agents, ce qui est une procédure légale et habituelle. Un certain nombre des candidats ont été reçus au concours. Le chef de corps de la Gendarmerie a envoyé, pour information avant publication officielle, la liste à la Présidence (je tiens à préciser que, bien que ce soit une première pour le pays, cela ne permet pas de l’accuser de collaboration étroite avec le régime dictatorial).

Parmi les candidats reçus au concours, huit étaient issus de la communauté Gadaboursi. Parmi eux, elle en a rayé six pour les remplacer par des candidats à elle. Sept autres étaient issus de la communauté Issa et trois des Afar. Paulette lui a répondu en lui imposant de préciser devant chaque candidat son origine tribale >>.

Conclusion Est-il possible de proposer, aux Djiboutiens, une alternative à la situation actuelle ?

Ma réponse est oui. Mais il faut une opposition organisée, unifiée et crédible.

Cette dernière doit présenter un programme digne et rassembleur. Il faut mener une campagne d’envergure nationale de réconciliation avec tous les acteurs de notre pays autour de propositions concrètes afin de convaincre la majorité des Djiboutiens de se rallier et de participer (enfin ?) à une élection juste et démocratique.

Le tribalisme qui a détruit la somalie voisine ne doit pas avoir droit de cité dans le jeu politique à Djibouti. Nous n’avons pas de leçon à recevoir des gens venu de Hargeisa car ils ont détruits et divisés leur pays : la Somalie. Depuis notre indépendance nous avons surmontés des difficultés politique et économique.

Mais nous les Djiboutiens, nous sommes restés solidaires. Qui ne souvient pas au lendemain de l’indépendance des Djiboutiens qui ont accordé leur pardon à tous les policiers ou gendarmes qui les avaient pourtant maltraités. Certain avaient même tué des membres de leurs familles alors ils étaient au service du colonisateur.

La lettre de Djibouti…

18/03/09 (B490-B) Le Figaro avec AFP / Affaire Borrel : rebondissement possible

Elisabeth Borrel, la veuve du juge français Bernard Borrel tué en 1995 à Djibouti, demande la réouverture d’une enquête pour subornation de témoin sur la base de documents inédits de l’ex-cellule "Afrique" de l’Elysée saisis par des juges en 2008, a annoncé une source proche du dossier.

"Il apparaît que ces actes d’instruction ont été extrêmement fructueux, montrant combien l’Etat français, à son plus haut niveau, a tout tenté sous la présidence de Jacques Chirac pour étouffer la recherche de la vérité", écrit Borrel dans sa demande adressée le 16 mars à la justice.

Le juge Borrel avait été retrouvé mort en 1995 à Djibouti, le corps à demi-calciné. Djibouti a conclu à un suicide mais l’enquête française privilégie la thèse d’un assassinat. Des témoignages dont celui de l’ex-membre de la garde présidentielle Mohamed Saleh Alhoumekani, mettent directement en cause le président Ismaël Omar Guelleh et son entourage.

Parallèlement à l’enquête criminelle, deux enquêtes judiciaires ont été menées en France. La première pour "pression sur la justice", dans le cadre de laquelle des documents élyséens ont été saisis, est toujours en cours à Paris.

La seconde pour "subornation de témoins", que Borrel voudrait voir réouvrir, s’est conclue par le renvoi en correctionnelle à Versailles (banlieue parisienne) de deux proches du président Guelleh.

18/03/09 (B490-B) Radio-Trottoir : IOG et Kadra continuent à soutenir les négociations entre les représentants des différentes tribus représentées à Djibouti (Lecteur)

Cette contribution fait suite à la première partie que nous avions publiée hier 17/03 : lien

Hier apres-midi, la rencontre entre les responsables coutumiers Gadaboursi et Issa s’est achevée apres plusieurs heures de discusion. Les Issa ont éabli une liste de leurs conditions qu’ils ont fait remettre à IOG et à Kadra sa femme. Un autre rendez-vous a été convenu : il aura lieu à Ali-Sabieh ce jeudi apres-midi et réunira à nouveau des responsables coutumiers Gadaboursi et Issa.

La présence de la Présidente Kadra Haid a été signalée au CDC du Quartier 5, ce matin. Elle était protégée par une escorde "nombreuse" de la Darde républicaine.

Elle a demandé aux responsables coutumiers Gadaboursi d’étudier la liste des revendications qui ont été formulées par les responsables coutumiers Issa.

A la fin de la réunion, les Gadaboursi ont tenu à présenter à Kadra, la liste de leurs propres revendications, qui concernent surtout les injustices et les discriminations tribales dont ils s’estiment être les victimes depuis plus de dix ans.

Les habitants du Quartier 5 sont abandonnés par le Gouvernement.

17/03/09 (B490) Crash aérien / Ouganda : L’illioutchine ougandais aurait été abattu par un missile

Interrogé par la presse russe sur les causes éventuelles de l’accident de l’Illioutchine IL76 de la compagnie Aerolift la semaine dernière au décollage de l’aéroport international de Entebbe (Ouganda) ayant causé la mort de 11 personnes, son dirigeant, Eugene Zakharov a clairement déclaré qu’il ne voyait que la possibilité d’un tir de missile sol-air portable comme explication au crash.

L’avion était plein de carburant et se rendait en Somalie afin d’y apporter du matériel humanitaire et aurait alors été abattu par des ”combattants islamiques” somaliens à l’aide d’un missile portable de type ‘Stinger’ dans le but de perturber les opérations onusiennes dans le pays. Le missile aurait fait exploser les réservoirs et entièrement détruit l’appareil dont il ne reste que des morceaux épars qui remontent à la surface jour après jour.

Aucune preuve ne vient étayer ces affirmations que Eugene Zakharov étaye en dénonçant des organisations criminelles religieuses cherchant à faire peur aux états laïcs de l’Union Africaine, principale pourvoyeuse de troupes sur le continent africain de soldats de la paix chargés de s’interposer dans les conflits actuels, Somalie, Soudan.

17/03/09 (B490) LDDH : Solidarité avec les victimes soudanaises et les défenseurs soudanais des Droits de l’Homme.



Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION
DU 17 MARS 2009

Solidarité avec les victimes soudanaises et les défenseurs soudanais
des Droits de l’Homme

Nos ONG expriment leur solidarité avec les victimes et défenseurs des droits de l’Homme soudanais et soutiennent la Cour pénale internationale dans son action essentielle pour la paix et la justice au Darfour

– Les organisations signataires dénoncent l’extrême gravité de la situation humanitaire au Darfour, qui ne peut en outre que s’aggraver suite à la récente décision du Gouvernement soudanais d’expulser 13 organisations humanitaires internationales.

– En agissant ainsi, les autorités soudanaises démontrent un grand mépris à l’égard de leurs citoyens. Le Bureau des Nations unies pour la Coordination Humanitaire estime que du fait de cette décision, plus de 1,1 million de personnes seront privées de nourriture, 1 million d’individus seront privés d’eau potable et plus de 1.5 millions de soutien médical. En outre, près de 250 000 enfants seront touchés par la fermeture d’écoles.

Nous condamnons également la fermeture de trois ONG nationales de protection des droits de l’Homme (Khartoum Centre for Human Rights and Environmental Development, Amal Centre et Sudan Development Organisation) et le harcèlement continu subi par les défenseurs des droits de l’Homme.

Les enregistrements de ces organisations ont été révoqués, leurs biens saisis et comptes bancaires gelés, en violation de la Constitution et de la loi soudanaises.

Ces actions ont été menées par les forces de sécurité et la Commission des Affaires Humanitaires en l’absence d’une décision judiciaire. La fermeture de ces organisations vise à empêcher tout examen de la situation des droits de l’Homme au Darfour. Ces décisions mettent également en danger la sécurité de ces défenseurs des droits de l’homme.

Nos organisations dénoncent en outre le climat d’impunité au Darfour et au Soudan.

Durant les six années du conflit au Darfour, le gouvernement n’a démontré aucune volonté crédible de juger les auteurs des crimes les plus graves.

Dans ce contexte, la décision de la Cour pénale internationale (CPI) du 4 mars 2009 délivrant un mandat d’arrêt contre le président Omar El Beshir, ainsi que les précédents mandats émis contre Ahmed Harun et Ali Kushyb et la demande d’un mandat d’arrêt contre les responsables des groupes rebelles auteurs de l’attaque d’Haskanita où ont été tué des soldats de la force de maintien de la paix, représentent un pas en avant essentiel dans la lutte contre l’impunité et la paix au Darfour.

Nos organisations rappellent que ce pas historique a pu être franchi notamment par l’important soutien des Etats africains et arabes à la justice internationale.

L’action de la Cour est soutenue par 108 Etats parties dont 30 membres de l’Union africaine. Les membres de la Ligue des Etats arabes ont été particulièrement actifs lors de la Conférence de Rome à l’issue de laquelle fut adopté le Statut de la CPI.

Nos organisations rappellent par ailleurs que l’enquête de la CPI sur la Darfour a été ouverte, suite à la décision du Conseil de sécurité des Nations unies de référer la situation à la CPI , qui terme de sa Résolution 1593, qui oblige aussi le Soudan à coopérer avec la Cour.

Nous appelons la communauté internationale à montrer sa solidarité avec les victimes du conflit au Darfour qui a causé la mort de plus de 300 000 personnes et déplacé plus de 2,5 millions d’individus. Jusqu’à présent aucune réponse n’a été apportée à leur souhait de paix et de justice au Darfour.

Nos organisations

• appellent les autorités soudanaises à revenir sur leur décision d’expulser des ONG humanitaires et de fermer des ONG soudanaises, et à se conformer aux instruments internationaux de protection des droits de l’Homme, notamment aux dispositions de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples et aux résolutions du Conseil de sécurité, l’obligeant notamment à coopérer avec la CPI

• appellent la communauté internationale à condamner fermement ces décisions du gouvernement soudanais

• appellent les parties au conflit à s’engager dans un nouveau processus de paix inclusif.

• apportent leur soutien à la lutte contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves commis au Darfour et s’opposent ainsi à toute suspension des procédures devant la CPI.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

17/03/09 (B490) Nouvelles de Somalie : enlevés lundi matin par des hommes armés, quatre employés humanitaires du PAM (ONU) ont été libérés dans la journée … les religieux et notables somaliens rencontrent à Doha (Qatar) le président mondial des religieux islamiques. (6 articles en Français et en Anglais)

___________________________ 6 – L’Express avec Reuters

Quatre employés humanitaires de l’Onu relâchés en Somalie

MOGADISCIO – Quatre employés humanitaires des Nations unies kidnappés lundi dans le sud de la Somalie ont été remis en liberté dans la journée, annonce le porte-parole du groupe rebelle islamiste Al Chabaab.

« Je vous confirme que les quatre travailleurs humanitaires ont été relâchés sans conditions par les miliciens qui les avaient enlevés ce matin, à la suite d’une démarche », a dit le cheikh Muktar Robow Mansoor.

« Ils sont maintenant auprès de moi avec leurs bagages et nous allons les transférer bientôt. Ils sont libres à présent », a-t-il déclaré à Reuters.

___________________________ 5 – IRIN (ONU) (En Anglais)

Somalie : les récents combats de Galgadud entre milices, ont provoqué l’exode de dizaines de milliers de personnes // SOMALIA: Thousands displaced in Galgadud attack

An estimated 30,000 people were displaced in Wabho town in the Galgadud region following fighting between Islamist groups over the weekend, locals told IRIN.

« Most of the residents of Wabho and the surrounding villages fled after intense fighting between two groups, » said Khalif Kariye, the deputy district commissioner of Eil Buur, 40km northwest of the area of fighting.

He said local people had helped the displaced with food and shelter.

« Many residents and [members of the] diaspora have contributed money to buy food, but it was not enough, » Kariye said, adding that water was a big problem. « We have, so far, been unable to deliver water because we don’t have enough resources. »

Those displaced fled to the countryside, « with some areas lacking even one water well », he said. « Hopefully the situation will stabilise and we can begin returning people but at the moment it is desperate. »

A local journalist, who requested anonymity, said the fighting between the Al-Shabab and Ahlu Sunna Waljama’a (ASW) Islamist groups began on 14 March, with ASW trying to dislodge Al-Shabab from the area.

He said the fighting « was most intense on Sunday, with both sides using heavy weapons ».

Fighting began in late December 2008, with ASW dislodging Al-Shabab from Dusamareb, the regional capital, and Guri-Eil. At least 146 people were killed and 231 injured according to human rights sources.

Lack of medical supplies

Faisal Haji, a doctor at the Eil Buur Hospital, told IRIN the hospital – supported by locals in the diaspora – had run out of all supplies.

« The only thing we have plenty of is gauze, » he said. « We really don’t have much to help the serious injuries. »

He said the injured who reached the hospital were a mix of combatants and civilians. « There are a number of villagers caught in the crossfire. »

The area was reported to be calm on 16 March but the journalist told IRIN the two sides were still facing each other. « I think they are taking their injured to hospitals and burying their dead. »

Abductions

Meanwhile, unknown armed men abducted four UN staff members on 16 March in Waajid, southern Somalia, according to a statement from the office of the UN Resident and Humanitarian Coordinator for Somalia.

« They were on their way to the airport when their convoy was stopped by gunmen, » the statement indicated, adding that « no violence or shooting was reported to have occurred during the incident ».

The UN and local authorities « are doing everything to secure the unconditional release of the staff ».

Aid workers estimate that more than three million Somalis need assistance, but insecurity has made it difficult to access those in need.

_____________________________ 4 – Shabelle (En Anglais)

Le Président mondial des religieux islamiques rencontre des religieux et des notables somaliens à Doha. // World Islamic clerics’ chairman meets with Somali clerics and elders

Sheik Yusuf Al Qardawi, a chairman of world Islamic clerics has met with a delegate led by the Somali clerics and Hawiye traditional elders in the Qatari capital of Doha on Monday.

Sheik Bashiir Ahmed Salaad, a chairman of Somali clerics explained to Sheik Qardawi how peace efforts and mediation of Somalia is going on in the country and how ceasefire agreement can be reached requesting him to be involved in the peace process of Somalia.

Sheik Qardawi had met with Omar Sheik Ali Idiris, a representative of Somali president Sheik Sharif Sheik Ahmed before meeting the Somali clerics and traditional elders and Mr. Idiris handed to Sheik Qardawi a replying letter from the Somali president Sheik Sharif Sheik Ahmed.

The meeting which is attended by the chairman of world Islamic clerics Sheik Qardawi, Somali clerics’ chairman Sheik Bashiir Ahmed Salad and Mohamed Hassan Haad, the chairman of Hawiye traditional elders was talked greatly about matters on Somalia and how it would be solved peacefully and continue mediating and reconciliation to restore the peace and stability of Somalia.

Lastly Sheik Qardawi suggested to all the parts of Somali people to support and welcome the peace process and he urged the Somalia clerics to continue and play crucial role for the peace efforts in the country.

________________________________ 3 – Shabelle (En Anglais)

Le calme revient dans le centre de la Somalie, après les violents affrontements de ces derniers jours entre deux milices islamistes rivales // Calm returns to central Somalia

Reports from central Somalia say that calm has returned to some towns in central Somalia after fierce fighting that has been ongoing in the area for the last three days.

At least 15 people have been killed and a dozen has been injured in the fighting between Ahlu Sunna and allied Hisbul Islam and al-Shabab fighters in central Somali towns.

Sheik Bile Bashir, a spokesman for Ahlu Sunna group claimed they inflicted heavy casualties to the other side saying that they have captured the areas they attacked, but Hisbul Islam Spokesman, Sheik Muse Abdi Arrale said that they have been attacked by the Sufis and defended them selves. He also claimed that they killed many fighters from Ahlu Sunna Waljama’a.

There are no independent sources verifying the remarks of the rival sides, but residents confirm that the fighting stopped and calm has returned to the fighting areas.

The Organization of the Somali clerics condemned the fighting and described as un-Islamic actions.

The spokesman of the clerics, Sheik Nur Barud Gurhan called for the groups fighting in the region to stop the fighting.

________________________________ 2 – AFP

Somalie: 4 employés de l’ONU enlevés une journée par des hommes armés

Quatre employés de l’ONU -trois expatriés et un Somalien-, enlevés lundi matin par des hommes armés en Somalie, ont pu être libérés en fin de journée, a indiqué un responsable des Nations unies sous couvert de l’anonymat.

Les quatre employés de l’ONU ont été enlevés tôt lundi matin « par des hommes armés non identifiés à Wajid », à 250 km au nord-ouest de Mogadiscio, avaient déclaré les Nations unies dans un communiqué, sans préciser les nationalités des otages.

« Ils se rendaient à l’aérodrome quand leur convoi a été bloqué par des hommes armés. Aucun acte de violence ou tir n’a été signalé », selon ce texte.

Lundi matin, un employé local de l’ONU avait affirmé à l’AFP sous couvert de l’anonymat que les quatre otages travaillaient pour le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

En toute fin de journée, un responsable onusien a fait état de leur libération. « Les efforts pour leur libération ont été menés par des chefs coutumiers et des responsables du mouvement des shebab (miliciens islamistes somaliens) », a-t-il expliqué.

« Ces efforts ont finalement payé et les otages sont libres ».

Un chef coutumier de Wajid, Mohamed Moalim Hassan, avait déjà confirmé être impliqué dans le dossier. « Il y a des efforts en cours pour obtenir leur libération », avait-il déclaré à l’AFP, ajoutant que les forces de sécurité « suivaient la trace des ravisseurs ».

« On pense que les ravisseurs sont des miliciens locaux mécontents de récents recrutements par les organisations d’aide », avait-il précisé.

Les organisations humanitaires travaillant en Somalie sont contraintes d’avoir des gardes armés du fait de l’insécurité généralisée dans un pays en guerre civile depuis 1991.

Les emplois de garde pour les organisations étrangères sont particulièrement recherchés par les miliciens présents dans toutes les localités du pays et leur recrutement donne lieu à des tractations serrées avec les autorités locales désireuses de placer leurs « protégés ».

Des étrangers sont régulièrement enlevés en Somalie et libérés contre paiement de rançons. Journalistes et employés d’organisations humanitaires sont particulièrement visés par les preneurs d’otages, notamment dans la région du Puntland (nord), base de groupes de pirates qui attaquent des navires au large des côtes somaliennes.

La journaliste canadienne Amanda Lindhout et le photographe australien Nigel Geoffrey Brennan, enlevés le 23 août sur la route reliant Mogadiscio à Afgoye, à 25 km à l’ouest de la capitale, sont toujours détenus par leurs ravisseurs. Quatre employés européens de l’ONG française Action contre la faim (ACF) et leurs deux pilotes kenyans, enlevés début novembre, sont également toujours otages.

Malgré le danger, les organisations d’aide continuent de maintenir une présence en Somalie, qui connaît une situation humanitaire catastrophique en raison des effets conjugués de la sécheresse, de la flambée des prix alimentaires et des violences.

Les quelque 3,2 millions de Somaliens nécessitant une assistance humanitaire représentent plus de 40% de la population du pays.

Le taux de prévalence de malnutrition sévère chez les enfants s’élève à 18,6% en Somalie, au-delà du seuil de 15%, synonyme de situation critique, selon des données du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

________________________________ 1 – Romandie News avec AFP

Trois employés étrangers de l’ONU enlevés en Somalie

Trois employés étrangers de l’ONU ont été enlevés lundi matin par des hommes armés dans le sud de la Somalie, a indiqué à l’AFP sous couvert d’anonymat une soruce de l’ONU.

Les trois étrangers de l’ONU, accompagnés d’un collègue somalien, ont été enlevés alors qu’ils se rendaient à un aérodrome situé à proximité de la ville de Wajid (250 km au nord-ouest de Mogadiscio), selon cette source jointe au téléphone depuis Mogadiscio.

Des hommes armés ont intercepté leur voiture alors qu’ils allaient prendre un avion après avoir passé la nuit à Wajid, a-t-on ajouté.