Articles

18/01/2016 (Brève 640) Communiqué de l’ARDHD : Opération réussie pour l’exfiltration et le sauvetage du député Said Houssein Robleh, blessé par les balles de la police le 21 décembre 2015 à Djibouti (Français et Anglais

Saïd Houssein Robleh17 janvier 2016
COMMUNIQUE (Français)
(English version below)

PARIS –  DJIBOUTI  : 
Opération réussie pour l’exfiltration et sauvetage du député djiboutien  Said Houssein Robleh, blessé par les balles de  la police du régime le 21 décembre dernier  

Le député d’opposition et Secrétaire Général de la Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme,  Said Houssein Robleh,  – blessé par les balles de la police djiboutienne le 21 décembre 2015,  en même temps que plusieurs représentants de l’opposition et de la défense des droits de l’homme, après le massacre de Balbala – , est arrivé d’Addis Abeba à Paris le 16 janvier 2016 au matin, après exfiltration sur l’Ethiopie, avec un visa d ’évacuation sanitaire délivré par l’ambassade de France en Ethiopie.

Il est  maintenant en sécurité à Paris.

Il exprime sa solidarité et son soutien à M. Omar Ewado , Président de la LDDH, Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme, injustement condamné à de la prison ferme ce dimanche 17/01/16  par le Tribunal de Djibouti pour avoir dit la vérité en publiant la liste des morts, disparus et blessés du massacre de Balbala.

Il remercie grandement l’ambassadrice de France en Ethiopie,  et aussi les autorités françaises qui ont autorisé le visa,  ainsi que toute la chaine des acteurs, associations et ONG,  et particulièrement l’équipe de l’ARDHD, ainsi que l’EHAHRP, la FIDH, Survie, les organisations internationales et européennes, comme les diplomaties et représentants élus des gouvernements démocratiques e de l’Union Européenne qui se sont mobilisés pour lui, en France, en Belgique, à Djibouti, en Ethiopie, en Afrique, et à l’international.

Jean-Loup Schaal – Président
Anne-Marie de Vaivre – Vice-présidente

___________________________________________________

English version

PRESS RELEASE
The injured opposition member, deputy at National Assembly
and Secretary General of the Djiboutian League of Human Rights,
Said Houssein Robleh is now safe  in  Paris

Paris, January 17, 2016  ;  successful operation
for infiltration and escue of   Mr. Said Houssein Robleh,
opposition deputy at the National Assembly if Djibouti,
wounded by police bullets of the regime on  December 21

The opposition deputy at the National Assembly of Djibouti and Secretary General of the LDDH (Djiboutian League of Human Rights),  Mr Said Houssein Robleh, (critically wounded by police on December 21st pm in an opposition leaders meeting after the massacre of Buldhuqo in the morning)  – has arrived in Paris January 16, 2016 the morning,  after his exfiltration over Ethiopia, with a visa for medical evacuation issued by the Embassy of France in Ethiopia.

Said Robleh is now safe in Paris.

He expresses his strong solidarity and support to Mr. Omar Ewado, President of the LDDH, Djiboutian League of Human Rights, unjustly sentenced to three months imprisonment this Sunday 01.17.16 by the Court of Djibouti for telling the truth by publishing the list of dead, missing and injured  in Buldhuqo Balbala police massacre.

He greatly thanks the Ambassador of France to Ethiopia, and also the French authorities which have authorized the visa, and he thanks the whole chain of actors, NGOs and associations , especially the team of ARDHD and the EHAHRP, FIDH, SURVIE, and also  the international and European organizations, as well as diplomats and elected representatives of democratic governments and Eropean Uion who mobilized for him,  in France, Belgium, Ethiopia, in Africa and internationally
.

27/01/2012 (B640) 14 ans de prison pour deux journalistes inculpés de "terrorisme"

Une semaine après avoir été reconnus coupables de "participation à une organisation terroriste et préparation d’une attaque terroriste", les deux journalistes éthiopiens Reyot Alemu, éditorialiste pour l’hebdomadaire en amharique Fitih, et Woubeshet Taye, directeur adjoint de l’hebdomadaire en amharique Awramba Times – lequel a cessé de paraître – ont été condamnés, le 26 janvier 2012, à 14 ans de prison ferme.

"L’obstination de la justice éthiopienne à appliquer avec la plus grande fermeté la loi antiterroriste, alors même qu’elle est accusée d’empiéter sur les libertés garanties par la Constitution, est incompréhensible. De même que celle de reconnaître coupables des journalistes dont il n’a pas été prouvé qu’ils aient fait quoi que ce soit d’autre qu’être en contact avec des personnalités de l’opposition", a déclaré Reporters sans frontières.

L’organisation estime que des preuves irréfutables de leur culpabilité, nécessaires pour les reconnaître comme des criminels, n’ont pas été fournies par le procureur.

"Ces peines de prison sont navrantes et nuisent gravement à l’image de l’Ethiopie. Nous espérons vivement que cette affaire sera revue en appel. Reyot Alemu et Woubeshet Taye ne sont pas des criminels, ils doivent être libérés", a conclu Reporters sans frontières.

L’organisation vient d’effectuer une mission d’enquête en Ethiopie, du 9 au 12 janvier 2012.

Plus d’informations sur Reyot Alemu et Woubeshet Taye, ainsi que sur l’état de la liberté de la presse en Ethiopie, dans le rapport de cette mission, intitulé "Les journalistes ne sont pas terroristes" :

http://fr.rsf.org/ethiopie-les-journalistes-ne-sont-pas-des-24-01-2012,41758.html

Ambroise PIERRE
Bureau Afrique / Africa Desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
47, rue Vivienne
75002 Paris, France
Tel : (33) 1 44 83 84 76
Fax : (33) 1 45 23 11 51
Email : afrique@rsf.org / africa@rsf.org
Web : www.rsf.org
Twitter : RSF_Africa

27/01/2012 (B640) A lire sur LOI … cette semaine

_________________________ 1 – Djibouti

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1325 – 28/01/2012
Charly s’installe au Kempinski
Un sulfureux businessman franco-marocain, Ahmed Chaker, dit Charly, s’est retrouvé des racines familiales à Djibouti, où il passe de plus en plus de temps. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1325 – 28/01/2012
Ocean Group
La compagnie commerciale italienne Ocean Group vient de créer une filiale à Djibouti. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1325 – 28/01/2012
Djibstep Research Center
Deux habitants de Roubaix (Nord de la France) vont lancer un institut de sondage et d’études de marché à Djibouti. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1325 – 28/01/2012
Djibouti
Avocat basé au Yémen, Mujeeb Al Rahman Saad Mohamed Harmal vient de constituer à Djibouti Unimark pour la propriété intellectuelle. (…).

__________________________ 2 – Ethiopie

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1325 – 28/01/2012

L’insécurité règne aux marches de l’empire
Après deux décennies au pouvoir, l’Ethiopian People’s Revolutionary Democratic Front (EPRDF) n’est toujours pas parvenu à pacifier durablement certaines régions périphériques du pays, et à y installer des administrations régionales disposant d’une forte légitimité aux yeux des populations locales. Ce terreau de défiance, dont les différentes élections ne rendent pas vraiment compte, est propice à l’activité sporadique de groupes d’opposition armés, aux manigances de l’Erythrée voisine, ainsi qu’à la propagande des courants islamistes radicaux. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1325 – 28/01/2012
La dette extérieure explose
L’initiative PPTE a fait baisser la dette extérieure éthiopienne en 2008. Mais depuis lors, cette dernière a repris une pente ascendante. Surtout au second semestre 2011. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1325 – 28/01/2012
Les dirigeants locaux sont ingérables
Le Somali Regional State fait la sourde oreille aux recommandations adressées par la House of Federation. (…).

27/01/2012 (B640) Chroniques du Sergent Ariko : le journal du vendredi

Le premier ministre parle du sida. Mais à qui s’adresse « la vache qui rit » ??

Lui qui s’est réservé une chambre au 3ème étage de l’hôtel Kempisky Palace ! Elle est surveillée chaque jeudi par deux policiers Afar, sous les ordres de son aide de camp, le commandant Idriss Houmed Garda. Il ferait mieux de se taire. Lui, qui n’est plus aimé par le couple diabolique au pouvoir depuis le 9 avril 1999 date de la naqba djiboutienne (la catastrophe en arabe).

L’opposition a pris ses responsabilités en mettant Ismail Guedi Hared hors du combat démocratique.

Il ne faut pas oublier que c’est l’homme qui a contribué à installer la dictature au pays. Hier, directeur de cabinet du vieux Gouled, ce monsieur s’est recyclé dans l’opposition, mais sa démarche ne trompe ni Allah ni l’opinion publique djiboutienne. Personne n’est dupe de cette supercherie.

Le juge Mohamed Souleiman cheik Moussa croupit toujours à Gabode pour avoir appelé les Mamassan à la révolte contre le régime. Ce serait sur ordre de la dernière dame. Le régime le fait payer pour son esprit critique et aussi pour avoir refusé de cautionner la thèse du suicide du Juge Borrel. Ce n’est plus IOG qui commande ce pays mais sa femme. Les Mamassan refusent de se soumettre à la dictature de Kadra / Hachi Afeweneh.

Le malaise touche maintenant le plus sommet de l’état. Tout le monde cherche à fuir avant que cela n’éclate. Djibouti est engagé maintenant sur la voie de la somalisation. IOG n’a plus d’argent pour le pays et il se cache ces jours-ci pour éviter le regard des Djiboutiens. De loin, il observe la construction de sa villa sur les hauteurs d’Ali Sabieh comme s’il voulait assommer le peuple qui le rejette à 99 %. Les familles des dignitaires commencent à fuir le pays comme la peste.

Le compte à rebours a-t-il commencé pour IOG ?

L’aile du FRUD commence à trouver que la réalisation concrète des promesses d’IOG tardent à venir.. Le secrétaire général Ougoureh, à qui IOG avait promis le poste de Président de l’Assemblée nationale, a compris que cette « désignation » n’était plus à l’ordre du jour. D’ou son mécontentement face à son patron qui lui a menti. Cela fait le bonheur d’Idriss Arnaoud qui rit à pleine dent, tandis qu’Ougoureh, la rage au cœur, se mord les doigts. Il s’est fait rouler dans la farine, le pauvre Ougoureh.

À Djibouti, une fine pluie s’est abattue sur l’ensemble du territoire national. Merci a Allah. Pour tenter de s’attirer la sympathie du peuple le régime vient de décréter une réduction du prix du kilowatt en conseil des ministres. Mais cette dernière trouvaille d’IOG ne fait plus sourire personne. Personne ne croit plus à ses promesses sans lendemain.

Le personnel des ambassades de Djibouti à l’étranger subit un retard de paiement d’un mois de salaire. Le régime est aux abonnés absents. Ce qui provoque la fuite des familles du personnel diplomatique djiboutien. On murmure que des familles du personnel de notre ambassade a Sanaa au Yémen ont déjà pris le large vers l’Europe tandis que d’autres vont bientôt les suivre. Le régime IOG laisse les familles de ses diplomates, crever de faim dans des pays étrangers.

Depuis le retour du colonel Abdillahi Abdi d’Allemagne où il était allé se faire soigner, le lieutenant colonel Omar Hassan Matan n’est plus que l’ombre de lui-même. Le régime l’a écarté pour des motifs qui n’ont pas encore été élucidés. Le tortionnaire arrogant d’hier se fait tout petit désormais. A-t-il compris enfin que la fin du régime était proche et qu’une place est réservée pour lui à la prison de Gabode pour acte de tortures sur des djiboutiens innocents ?

La grogne touche maintenant la police où certains moyens de lutte contre les manifestations ont disparu : les gaz importés de Chine, les matraques pour taper sur les manifestants et des menottes ont disparu des réserves de la police nationale. Le régime a demandé au Colonel directeur de diligenter rapidement une enquêtes, mais le « beau » Colonel touché par une balle, n’a même pas lever le petit doigt pour… diligenter une enquête sérieuse sur ces vols. Les compagnies d’interventions commencent à se plaindre de n’avoir plus d’armes pour bastonner le petit peuple. Il reste encore la Garde républicaine qui est à disposition du régime s’il veut à tout prix l’utiliser au cas où le peuple se réveillerait de nouveau. Le régime n’a pas encore oublié le 18 février 2011.

Rien ne va plus entre le haut commandement des forces armées de l’AMISOM et le régime RPP.

Faute d’un accord entre les deux parties, le régime a ordonné que l’on renvoie les soldats du contingent, qui n’étaient pas encore partis pour la Somalie, dans leurs anciens cantonnements de Doumera.

L’envoyé spécial des Nations-Unies pour la Somalie, n’a pas du tout apprécié que Djibouti joue au chat et à la souris avec les Nations-Unies à un moment ou les soldats étaient attendus pour apporter du renfort. Derrière les rires de composition, devant les caméras de la RTD aux ordres du régime, les discussions entre le régime et les Nations-Unies sont au point mort. Djibouti demande des compensations financières revues à la hausse tandis que les Nations-Unies voudraient que le régime s’engage à fond dans cette guerre contre les milices El Shebbab, comme l’a fait le Kenya.

Ce qu’ignore le représentant des Nations-Unies, c’est que des membres d’Al Shebbab circulent tranquillement à Djibouti ville sans n’être jamais inquiétés.

Collusion entre le régime et les milices ?

Le régime profite d’une non-paix qui est favorable à Djibouti et il permet aux chefs de cette milice de se rendre en Érythrée en passant par Djibouti. D’ou la méfiance du représentant de l’ONU vis-à-vis du régime. Les négociations étaient conduites, pour la partie djiboutienne, par le général Soubagleh commandant de l’Isbrig et pour l’AMISOM par des officiers ougandais et burundais.

La dernière trouvaille du régime envers la jeunesse qui croupit dans la misère est d’envoyer quelques centaines de jeunes en inde pour se perfectionner dans un domaine « cher » au port de Djibouti. La jeunesse djiboutienne se débat dans la misère institutionnalisée en mode de gouvernement par ce régime irresponsable qui a jeté les jeunes dans les affres de l’exil. Ceux qui sont restés à Djibouti se droguent avec la Damahi, le Kobo, le Faja et autres drogues importées illégalement d’Éthiopie. Le régime veut absolument que la jeunesse se drogue afin d’éviter qu’elle ne se révolte.

Mais le régime oublie qu’il faut se méfier de l’eau qui dort.

26/01/2012 (B640) Point de vue (Lecteur). Un lecteur écrit au Président de l’UAD, à la suite du communiqué paru hier soir.

Cher Monsieur le président de l’UAD,

Depuis quand la capitale de la République de Djibouti, Djibout-ville, regrouperait-elle, à elle seule 80% de la population djiboutienne ? Sur la base de quels éléments probants ce chiffre (fictif) est-il fondé ? Y a-t-il eu un recensement digne de ce nom dans toute la République de Djibouti depuis l’indépendance ?

Dans notre pays, il n’y a aucun outil des statistiques qui puisse corroborer l’exactitude du chiffre de 80% de la population djiboutienne que vous avancez pour la seule capitale de la République de Djibouti.

Selon votre calcul, déduction faite de la population de la capitale, soient 80%, les régions de l’intérieur totalisent 20% de la population djiboutienne. Sur ces 20%, il faut soustraire du calcul la population d’Arta, d’Ali-sabieh et une partie de la population de Dikhil d’origine Issa.

Au final, la population djiboutienne habitant le reste du pays, disons-le clairement Afar, représenterait au plus 10% de la population totale, au moins 5%. Évidemment, c’est une estimation hasardeuse et un tel calcul est erroné et absurde ! A quoi donc rime tout cela ?

Les Djiboutiens ont eu un passé douloureux et tout le monde le sait. Je ne vais pas ici abonder dans le sens de la politique de division entreprise par vous-même et par le président Hassan Gouled à l’indépendance.

La teneur de ce chiffre inventé divise plus qu’il ne rassemble les Djiboutiens.

Je ne voudrais surtout pas voir à la tête de mon pays, un responsable politique qui tiendrait un tel discours et pour qui l’ethnie Afar, même si ce chiffre inclut les habitants de la capitale, constitue une « minorité » dans un pays où, faut-il le rappeler, elle occupe plus des 3/4 du pays.

Ayant été vous-même le bras séculier du régime pendant des longues années, vous ne pouviez ignorer que tous les chiffres avancés par ce régime sont faux.

Le comptage démographique étant manipulé, le but inavoué de cette manœuvre consiste à minorer le poids démographique de la population « afare » dans le reste du territoire djiboutien.

Vous-même, Monsieur, avez été l’artisan de cette politique de marginalisation de la population Afar sous l’ère du président Hassan Gouled. Ce chiffre reflète, le moins que l’on puisse dire, la volonté de continuer cette même politique, si un jour vous arriviez au pouvoir. Toute personne a droit à la rédemption, mais laissez-moi douter de la sincérité de votre combat politique pour l’instauration de la démocratie en République de Djibouti.

Ce chiffre inventé est révélateur de l’état d’esprit de certains hommes politiques djiboutiens, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition. Au vu de ce communiqué, la dénonciation de la fraude électorale par le régime dictatorial mise à part, vous êtes resté au fond celui que vous avez toujours été depuis le début de votre carrière politique. Vous n’avez jamais été pour l’égalité entre les citoyens ni pour la répartition équitable de richesse entre toutes les composantes de la nation djiboutienne.

Monsieur le président de l’UAD, vous et Monsieur Aden Robleh Awaleh, devriez arrêter de mentir aux Djiboutiens ! Depuis quand un député qui siège à l’Assemblée nationale est-il opposant en quoi que ce soit à la politique tribale de celui-là même qui le rémunère ?

ARA n’est pas un « député » au sens conventionnel de la fonction, mais un « salarié » subordonné à son employeur qui n’est autre que Monsieur Ismail Omar Guelleh. Personnellement, je ne crois pas une seule seconde à votre soudain intérêt pour les vertus démocratiques. Cette « virginité » démocratique, vous ne l’avez pas parce que vous n’y croyez pas !

18 février 2011 a montré des accointances, un double jeu, une relation douteuse que vous entretenez avec le régime. Ce dernier vous a d’ailleurs rendu la monnaie de la plus belle des manières : vous êtes l’opposant, de loin, le plus « raisonnable » de tous aux yeux de Monsieur Ismail Omar Guelleh. Courtiser, c’est déjà tromper !

Ce chiffre noté dans un communiqué officiel signé de la main du président d’une soi-disant coalition des partis politiques d’opposition appelée UAD, en somme une coquille vide, révèle le peu de considération et d’intérêt que vous, comme la plupart de vos semblables, manifestez pour le reste du territoire djiboutien, y compris le district d’Ali-sabieh, hormis la capitale.

Une telle logique délibérée de minoration implicite du poids démographique de l’ethnie afare dans la République de Djibouti, n’ayant aucun mobile électoraliste mais purement idéologique est préjudiciable pour la cohabitation des différentes composantes de la « nation djiboutienne », voire même pour l’avenir du pays.

Il est de notoriété publique qu’une telle manœuvre de comptage de la population djiboutienne fondé sur aucun recensement fiable soit une machination ourdie par le régime, mais qu’elle provienne de l’opposition elle-même, censée substituer le mensonge par la vérité, la corruption par la justice, la discrimination par le droit; et de surcroit de la part d’un responsable politique qui connait tous les arcanes de la dictature est manifestement tendancieuse et scandaleuse.

Le président de l’Union pour l’Alternance Démocratique, appellation complètement anachronique quand on sait qu’il n’y aura jamais d’alternance démocratique par les urnes à Djibouti tant que ce régime dictatorial perdurera (remarque mentionnée à juste titre par l’Ard) se discrédite tout seul sur la scène politique, quand, comme je l’ai dit plus haut, ce n’est pas le président Ismail Omar Guelleh lui-même qui le discrédite en le qualifiant d’être, de loin, le « plus raisonnable » de tous les opposants.

Je laisse les Djiboutiens juger par eux-mêmes la latitude du degré de raison pour plaire à ce régime. Le « raisonnable » est devenu un label ou une marque de respectabilité délivrés par les autorités djiboutiennes au « bon opposant ». A contrario, le « mauvais opposant » est persona non grata sur le territoire djiboutien ou croupit en prison, voire torturé. Pour le président de la République, IGH est de loin le « bon opposant » de tous les opposants au régime dictatorial. Allez savoir pourquoi !

In fine, Messieurs les caciques infiltrés du régime, arrêtez de nous mentir !

Tant que vous serez, vous et vos semblables, à la tête de vos boites familiales et tribales, la démocratie ne viendra pas de sitôt en République de Djibouti. La nouvelle génération est majeure et vaccinée contre le tribalisme et la corruption. Du moins, je l’espère et le souhaite de tout cœur ! Vous avez eu votre temps ! Laissez maintenant les Djiboutiens choisir d’eux-mêmes leurs dirigeants et prendre leur destin en main !


Mohamed OBAKAR

26/01/2012 (B640) : LDDH / Le Juge intègre Mohamed Cheick SOULEIMAN encore à Gabode dans une cellule fortement isolée par les tentacules de la SDS forces des répressions d’Etat.


Le Président

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 26 JANVIER 2012

Le Juge intègre Mohamed Cheick SOULEIMAN encore à Gabode dans une cellule fortement isolée par les tentacules de la SDS forces des répressions d’Etat.

Quelle honte pour le Conseil Supérieur de la Magistrature de la République de Djibouti, quelle honte pour le Conseil du Barreau actuellement, évidement, dans les mains de Maître Alain Martinet et Martinet, quelle honte pour les juges du parquet notamment les deux Procureurs aux voitures flamboyantes, qui ne donnent aucune considération à leur confrère le juge du Siège Mohamed Cheick SOULEIMAN Cheick MOUSSA.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dénonce la complicité du Ministère Public qui téléguide les Faux motifs d’inculpation, alors que le seul reproche qu’on peut lui retenir rigueur est celui d’avoir ridiculiser, lors des procès bidons, le Procureur de la République le jeune Maki qui vient très rarement à son Bureau, spécialiste des emprisonnements expéditifs avec ses mandats de dépôts directement ou indirectement.

Quelle absurdité d’apprendre que les motifs d’incarcération d’un Juge sans que son immunité de Juge soit levée, sans avocat, sans médecin prévus par tous les textes fondamentaux nationaux et internationaux, sans même l’assistance d’un de ses pairs Juge.

Voilà les décisions prises par les deux procureurs sous l’œil attentif d’un premier magistrat passible de crimes de tortures et soupçonné d’allégeance à des groupes de la mafia transrégionale qui ont crée la famine, la misère et participent actuellement à l’extermination du peuple Somali.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) rappelle que la Juge d’Instruction de la Cour Suprême avait accepté qu’au 27 décembre à 12 heures 45 de remettre une partie de l’ensemble des dossiers aussi bien pour les deux défenseurs membres de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) et journalistes de la Voix de Djibouti MM Houssein ROBLEH DABAR et Farah ABADID HILDID, ceux du juge Mohamed Cheick SOULEIMAN, ont été remis à Maître ZAKARIA.

D’autres documents et dossiers manquent. Espérons que l’ensemble de tous les documents seront remis avant la venue des Avocats Sans Frontières qui ont accepté de défendre et d’assister le Juge illégalement et d’une manière Arbitraire en prison ainsi les deux défenseurs des Droits de l’Homme et journalistes.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant à l’Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT), à l’Observatoire des prisons, aux Reporters Sans Frontières, à l’Observatoire des Défenseurs, à la FIDH, à Amnesty à Human Rignts Wacht et à toutes les Organisations Internationales des Droits de l’Homme de dénoncer ces arrestations suivies de tortures par la SDS et la Gendarmerie, d’exiger la libération immédiate du Juge intègre arbitrairement incarcéré.

Nos remerciements aux Avocats Sans Frontières qui vont venir en République de Djibouti pour plaider en faveur du juge, aux côtés de Maître ZAKARIA.

NOEL ABDI Jean-Paul

25/01/2012 (B640) Communiqué de l’U.A.D pour dénoncer la fraude électorale

UAD – Union pour l’alternance démocratique
BP : 752 – TEL: 82 99 99 – Djibouti, République de Djibouti

Djibouti, le 24janvier 2012

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

UN REVERS SANS PRÉCÉDENT DE L’UMP LORS DES ÉLECTIONS
RÉGIONALES DU 20 JANVIER 2012

80% des électeurs de la ville de Djibouti ont boycotté le scrutin des élections régionales du Vendredi 20 janvier.

Lcs cinq partis de l’Union pour la Majorité Présidentielle (RPP, FRUD, PSD, UPR et PND) qui détiennent sans partage le pouvoir exécutif et législatif depuis l’indépendance durant 34 ans, viennent d’obtenir 20% de suffrage soit en moyenne 4% par parti.

Les hauts responsables de ces partis conscients de leur impopularité due à leur dictature et à leur mal gouvernance n’ont rien négligé durant la campagne électorale. Ils ont sillonné la ville pendant la campagne et distribué de nombreuses prébendes aux électeurs comme ils ont l’habitude de le faire chaque fois qu’il y a des simulacres d’élections.

Les électeurs Djiboutiens viennent de rejoindre massivement l’exigence de l’UAD qui réclame à cor et à cri depuis 2004 des élections libres, honnêtes, démocratiques et transparentes par la mise en place des 9 conditions arrêtées en 2004 par I’UAD ,sans lesquelles toute élection serait une véritable mascarade

L’UAD félicite et remercie infiniment les électeurs de la ville de Djibouti où vivent 80% des habitants du pays, d’avoir osé infliger un cuisant échec par le boycott de 1’UMP.

Le rejet du régime dictatorial en place par le peuple n’est pas nouveau .Celui-ci aveuglé par le désir de garder le pouvoir à tout prix, s’est toujours maintenu par les intimidations permanentes, la répression, la corruption et par les emprisonnements arbitraires des Djiboutiens.

Le rôle éminent pour faire chuter cette dictature qui a tout détruit et fait de notre cher pays malgré ces atouts, le plus misérable et le plus mal gouverné, incombe à tous les Djiboutiens.

VIVE LA RÉPUBLIQUE DE DJIBOUTI, VIVE LE PEUPLE DJIBOUTIEN,

VIVE LA DÉMOCRATIE ET LA LIBERTÉ.

Le Président de 1’UAD:

25/01/2012 (B640) RSF / Djibouti classé à la 159ème position … sur 179 dans le palmarés de la liberté de la presse !

En Afrique, les écarts se creusent entre bons et mauvais élèves

Chutes vertigineuses de pays ayant réprimé des contestations populaires

Si le printemps arabe de 2011 n’a pas débordé en Afrique subsaharienne au point de faire tomber des gouvernements, certains régimes ont fait face à de fortes revendications politiques et sociales. Les journalistes couvrant ces manifestations ont souvent subi de plein fouet la réponse brutale apportée par les forces de police, promptes à réprimer sans discernement et à s’en prendre aux témoins gênants.

Cela a été le cas en Angola (132e) où plusieurs journalistes ont été arrêtés pendant les manifestations, en septembre. Entre l’élection présidentielle de février – marquée par des violences et la surveillance de journalistes – et la répression brutale des "Walk-to-Work protests", plus tard dans l’année, au cours desquelles des dizaines de journalistes ont été interpellés, 2011 restera un mauvais souvenir pour la presse en Ouganda (139e), qui perd 43 places. Pire encore pour le Malawi (146e) qui enregistre la plus forte chute au niveau mondial en perdant 67 places. Pendant l’été, les journalistes ont été victimes de la répression au même titre que les manifestants. Plusieurs reporters ont été arrêtés et malmenés. Du matériel a été cassé. En septembre, l’étudiant et blogueur Robert Chasowa a été retrouvé mort, sans doute assassiné. Les médias qui souhaitent enquêter sur cette affaire sont intimidés. Tout ceci alors que la législation sur la presse s’est fortement durcie en début d’année, entraînant certains partenaires européens à suspendre une partie de leur aide.

Les pays les plus fermés et autoritaires en queue de classement

Pour le contrôle qu’exercent les autorités sur les médias et la liberté d’expression en général, Reporters sans frontières juge la situation "très grave" au Rwanda (156e) et en Guinée équatoriale (161e).

Perdant 49 places, Djibouti (159e) vient s’immiscer entre ces deux pays. Le chef de l’État, Ismael Omar Guelleh, a été réélu début 2011 au terme d’une élection présidentielle jouée d’avance et sans possibilité pour l’opposition de s’exprimer dans les médias. La presse libre n’existe pas, six collaborateurs d’une radio en exil ont été emprisonnés pendant quatre mois, les réseaux sociaux ont été surveillés pour étouffer les contestations.

La présence de la Côte d’Ivoire (159e, ex æquo avec Djibouti) au sein de ce groupe ne doit tromper personne. Dans ce pays, la presse existe là où chez Teodoro Obiang Nguema ou Ismael Omar Guelleh elle n’existe pas, et elle s’exprime là où chez Paul Kagamé cela lui est très difficile.

Mais la Côte d’Ivoire paie un premier semestre 2011 qui fut dramatique pour la presse lorsque la crise postélectorale s’est soldée par des pressions en tout genre sur les rédactions, des actes de violence et les assassinats d’un journaliste et d’un collaborateur des médias. Pendant la bataille d’Abidjan, début avril, il était impossible pour un journaliste de sortir et de traverser la ville.

Insécurité, censure et prison : trois pays d’Afrique de l’Est aux dernières places du continent

Année après année, les professionnels de l’information sont exposés au chaos et à l’anarchie qui règnent en Somalie (164e), pays en guerre, sans gouvernement stable depuis 1991. En 2011, à Mogadiscio, quatre journalistes ont été tués. La pratique de la censure préalable et les suspensions de journaux, auxquelles se sont ajoutés des interpellations de journalistes, des détentions et des mauvais traitements, justifient le très mauvais score du Soudan d’Omar el-Béchir (170e).

Enfin l’Érythrée (179e) occupe pour la cinquième année consécutive la dernière place de ce classement mondial. Ce pays, dictature totalitaire de la corne de l’Afrique, subit l’étouffoir dans lequel le président Issaias Afeworki l’a plongé. Comme les autres libertés, celle d’exprimer son opinion n’existe pas. Une trentaine de journalistes au moins sont emprisonnés, certains depuis plus de dix ans, dans des conditions effroyables.

À l’autre extrême de ce classement, plusieurs pays d’Afrique confirment l’enracinement de leur respect pour la liberté de l’information ou enregistrent des progrès notables.

Le groupe des bons élèves s’élargit

On trouve en 2011 davantage de pays africains dans le top 50 (9 contre 7 l’an passé), de même que dans le top 100 (27 contre 24 en 2010). Le premier État non-européen du classement vient d’Afrique et il fait partie des dix pays au monde les plus respectueux de la liberté de la presse. Il s’agit du Cap-Vert (9e), démocratie en bonne santé, modèle de bonne gouvernance, où l’alternance fait partie de la vie politique, ce qu’a encore prouvé l’élection présidentielle de l’été dernier. Les journalistes y sont pleinement libres et l’accès de toutes les forces politiques aux médias publics est garanti. La Namibie (20e) occupe également une très bonne place, devant le Japon ou le Royaume-Uni par exemple.

Le Botswana (42e), qui enregistre une progression de 20 places, et les Comores (45e), qui gagnent 25 places, se rapprochent du Mali (25e) et du Ghana (41e) – traditionnels moteurs du continent en matière de respect des journalistes.

Une progression spectaculaire et des percées notables

Le Niger (29e) effectue la plus forte progression mondiale avec un bond de 75 places. La presse évolue dans un contexte économique précaire, mais elle est libre et bénéficie d’une législation favorable. Les violations ont presque disparu.

L’amélioration s’observe tant au niveau des mesures concrètes que des symboles. En fin d’année, le président Mahamadou Issoufou, élu au printemps, a été le premier chef d’État à signer la Déclaration de la Montagne de la Table, s’engageant ainsi à promouvoir la liberté de la presse. D’autres chefs d’État pourraient l’imiter, comme par exemple Mohamed Ould Abdel Aziz, président de la Mauritanie (67e). Dans ce pays, l’adoption d’une loi sur la presse électronique, la libéralisation de l’audiovisuel, et un nombre d’incidents limité ont permis de gagner 28 places, une progression qui doit être confirmée.

Plombé en 2010 par le décès en détention du journaliste Bibi Ngota, le Cameroun (97e) regagne une place honorable même si toute la lumière doit encore être faite sur ce drame ainsi que sur le décès, en novembre 2011, du journaliste anti-corruption et correspondant de Reporters sans frontières, Jules Koum Koum. Ce pays a par ailleurs cruellement besoin de réformes : dépénalisation des délits de presse et modernisation de la loi sur la communication. Après sa chute consécutive à la crise de 2009, Madagascar (84e) continue de progresser, mais l’année électorale 2012 sera pleine d’enjeux.

Dans le ventre mou

L’absence d’incidents majeurs pour les médias au Sénégal (75e) permet au pays de gagner 18 places, mais la situation demeure fragile, à un mois d’une élection présidentielle qui s’annonce tendue. Comme au Cameroun, les autorités de Dakar ne se sont toujours pas résolues à protéger les journalistes contre les peines de prison en dépénalisant les délits de presse. En dépit d’un usage abusif de poursuites judiciaires contre les médias, le Liberia (110e) est un pays où la presse peut exercer librement, mais qui perd cette année vingt-six places en raison des suspensions de médias et des agressions de journalistes qui ont émaillé la réélection de la présidente Ellen Johnson Sirleaf, en octobre et novembre, suite au boycott du scrutin par son opposant Winston Tubman.

Enfin, indépendant depuis le 9 juillet 2011, le Soudan du Sud (111e) fait son apparition pour la première fois dans ce classement mondial à une place honorable. Le défi de ce pays est de construire un État solide et viable, dans un environnement régional très instable, tout en garantissant la liberté d’expression. Juba doit absolument éviter de plonger là où ont sombré ses voisins.

Dans le reste du monde

Un classement bouleversé par la répression des mouvements de contestation

La Syrie, le Bahreïn et le Yémen n’ont jamais été aussi mal classés

"Les changements ont été nombreux dans la dixième édition du classement de la liberté de la presse. Changements qui reflètent une actualité incroyablement riche, notamment dans le monde arabe. De nombreux médias ont payé cher la couverture des aspirations démocratiques ou des mouvements d’opposition. Le contrôle de l’information reste un enjeu de pouvoir et de survie pour les régimes totalitaires et répressifs. 2011 illustre également le rôle prépondérant joué par les net-citoyens pour la production et la diffusion de l’information », a déclaré Reporters sans frontières, à l’occasion de la publication de son classement mondial de la liberté de la presse, le 25 janvier 2012.

"‘Répression’ a été le mot de l’année écoulée. Jamais la liberté d’information n’a été autant associée à la démocratie, jamais le travail de journaliste n’a autant gêné les ennemis des libertés. Jamais les actes de censure et les atteintes à l’intégrité physique des journalistes ne semblent avoir été si nombreux. L’équation est simple : l’absence ou la suppression de libertés publiques entraînent mécaniquement celle de la presse. Les dictatures craignent et interdisent l’information, surtout quand elle peut les fragiliser."

"Le trio infernal – composé de l’Érythrée, du Turkménistan et de la Corée du Nord, dictatures absolues où n’existe aucune liberté publique – occupe sans surprise la fin du classement. Il est talonné cette année par la Syrie, l’Iran et la Chine, trois pays qui semblent avoir perdu contact avec la réalité, aspirés qu’ils sont dans une folle spirale de terreur ; mais également le Bahreïn, le Viêt-nam, régimes d’oppression par excellence. D’autres pays, comme l’Ouganda et le Bélarus se sont également enfoncés davantage dans la répression."

"Le classement 2011-2012 voit toujours en tête le même socle de pays – Finlande, Norvège, Pays-Bas, etc. – respectueux des libertés fondamentales, nous rappelant à la fois que l’indépendance de la presse ne peut être préservée que dans les démocraties fortes et que la démocratie se nourrit de la liberté de la presse. Il est à noter l’entrée du Cap-Vert et de la Namibie dans les vingt pays les mieux classés, deux pays africains où aucune entrave au travail des journalistes n’a été recensée en 2011", a ajouté Reporters sans frontières.

Les mouvements de contestation

Le monde arabe a été moteur de l’histoire en 2011 avec un bilan pour l’instant contrasté des évolutions politiques. Aux antipodes, la Tunisie et le Bahreïn. La Tunisie (134e) progresse de 30 places et accouche dans la douleur d’un régime démocratique qui ne donne pas encore une place entière à une presse libre et indépendante. Le Bahreïn (173e) perd 29 places en raison de l’implacable répression des mouvements démocratiques, des procès en série des défenseurs des droits de l’homme, du verrouillage de tout espace de liberté.

Si la Libye (154e) a tourné la page de l’ère Kadhafi, le Yémen, en proie à des violences entre l’opposition et les partisans du président Ali Abdallah Saleh, stagne en 171e position.

Ces deux pays présentent un futur incertain ; la question de la place accordée à la presse y reste en suspens. Tout comme en Égypte qui perd 39 places (166e) et où les espoirs des démocrates ont été déçus par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis février 2011, qui n’a pas mis fin aux pratiques en vigueur sous la dictature d’Hosni Moubarak. Le pays a par ailleurs connu trois épisodes – en février, novembre et décembre – d’une rare violence à l’égard des journalistes.

Déjà très mal classée en 2010, la Syrie s’enfonce un peu plus dans le classement (176e) : censure absolue, surveillance généralisée, violences aveugles et manipulations du régime ont rendu impossible le travail des journalistes.

Dans d’autres régions du monde, certains mouvements démocratiques ont cherché à s’inspirer de l’exemple arabe mais se sont heurtés à une répression féroce. Le Viêt- nam (172e) a multiplié les arrestations. Le régime chinois (174e), rendu fébrile par des contestations régionales ou locales, par l’impatience de la population face à certains scandales et injustices, a renforcé son système de contrôle de l’information, multiplié les détentions extrajudiciaires, durci la censure du Net. Violences, menaces et interpellations ont explosé en Azerbaïdjan (162e), où le régime autocratique d’Ilham Aliev n’a pas hésité à jeter des net-citoyens en prison, à faire enlever des journalistes d’opposition et à se fermer aux médias étrangers pour imposer le black-out sur la contestation.

L’Ouganda (139e), sous la houlette de son Président, Yoweri Museveni, a lancé une vague de répression sans précédent contre les mouvements d’opposition et la presse indépendante suite aux élections de février 2011. De même, le Chili (80e) perd 47 places en raison des nombreuses atteintes à la liberté d’informer, très souvent commises par les forces de l’ordre, constatées dans le contexte des protestations étudiantes. Les États-Unis (47e) doivent également leur chute (-27 places) aux nombreuses arrestations de journalistes couvrant les cortèges d’Occupy Wall Street.

Plusieurs pays européens décrochent du reste du continent

Le classement accentue le décrochage de certains pays européens avec le reste du continent. La répression de la contestation à la réélection du président Loukachenko vaut au Bélarus de perdre 14 places (168e). À l’heure où elle s’affiche comme un modèle régional, la Turquie (148e, -10 places) opère un grand retour en arrière. Loin des réformes promises, la justice a lancé des rafles de journalistes d’une ampleur inédite depuis le régime militaire.

Au sein de l’Union européenne, le classement traduit une certaine stagnation de la situation, toujours marquée par une coupure nette entre les pays traditionnellement bien notés (Finlande, Pays-Bas) et ceux comme la Bulgarie (80e), la Grèce (70e) et l’Italie (61e) qui ne résolvent pas leurs problèmes d’atteintes de liberté de la presse, essentiellement par absence de volonté politique en la matière. La France, elle, progresse peu, passant de la 44e à la 38e place. Tout comme l’Espagne (39e) et la Roumanie (47e). La liberté de la presse est plus que jamais un défi à relever dans la péninsule balkanique, prise entre le désir d’intégration européenne et les effets délétères de la crise économique.

La pérennisation de la violence

Plusieurs pays sont marqués par une culture de la violence à l’égard de la presse qui s’est durablement implantée. Il sera difficile d’inverser la tendance sans une lutte efficace contre l’impunité. Le Mexique et le Honduras figurent respectivement à la 149e et 135e position. Le Pakistan (151e) est pour la deuxième année consécutive le pays le plus meurtrier pour les journalistes.

La Somalie (164e), en guerre depuis une vingtaine d’années, ne laisse entrevoir aucune issue à une situation de chaos où les journalistes paient un lourd tribut.

En Iran (175e), la répression et l’humiliation des journalistes ont été érigées depuis de nombreuses années en culture politique du pouvoir. Le régime se nourrit de la répression des médias. L’Irak (152e) perd 22 places et se rapproche de façon inquiétante de sa position de 2008 (158e).

Des variations notables

Le Soudan du Sud, jeune nation qui fait face à de nombreux défis, fait son entrée dans le classement à une position honorable (111e) pour cette émanation d’un des pays les plus mal classés, le Soudan (170e). La Birmanie (169e) est légèrement mieux notée que les années précédentes, suite aux changements politiques survenus ces derniers mois et qui suscitent quelques espoirs, toutefois à confirmer. Le Niger (29e) enregistre la plus grosse progression dans le classement avec 75 places gagnées grâce à une transition politique réussie.

C’est également sur le continent africain qu’on comptabilise les chutes les plus importantes : Djibouti, discrète petite dictature de la corne de l’Afrique, perd 49 places (159e). Le Malawi (146e) perd 67 places en raison de la dérive totalitaire de son Président, Bingu Wa Mutharika. Cité plus haut, l’Ouganda (139e) perd 43 places. Enfin, la Côte d’Ivoire chute de 41 places (159e) en raison du conflit entre les camps de Laurent Gbagbo et d’Alassane Ouattara qui a durement touché la presse.

En Amérique latine, la chute la plus sensible concerne le Brésil (99e, -41 places), en raison d’une insécurité élevée qui s’est notamment traduite par la mort tragique de trois journalistes et blogueurs.