07/04/08 (B442) AFP : Djibouti: mandats d’arrêts pour “pédophilie” contre cinq Français.

DJIBOUTI (AFP) — La justice djiboutienne a émis lundi des mandats d’arrêt internationaux pour “actes de pédophilie” contre cinq ressortissants français ayant résidé à Djibouti dans les années 90, a-t-on appris de source judiciaire.

Parmi ces cinq Français figurent deux anciens conseillers, pour les affaires juridiques et la communication, de l’ancien chef de l’Etat djiboutien Hassan Gouled Aptidon (président de Djibouti de 1977 à 1999), a indiqué à l’AFP le juge Abdoulkader Ibrahim Issack, en charge de l’affaire.

Les trois autres Français visés par les mandats d’arrêt sont deux anciens professeurs au lycée d’Etat de Djibouti et un religieux ayant résidé plusieurs années sur place.

Ces mandats d’arrêt ont été lancés par le juge Issack dans le cadre d’une plainte déposée en avril 2007 par deux Djiboutiens, aujourd’hui âgés d’une vingtaine d’années, pour agressions sexuelles présumées.

Selon les deux plaignants, ces ressortissants français auraient abusé sexuellement d’enfants mineurs dans des établissements scolaires ainsi que d’enfants des rues placés dans des institutions caritatives.

Selon M. Issack, les cinq Français “ont été convoquées (…) par la justice dans le cadre de cette affaire. Mais aucun d’eux n’y a répondu”, a-t-il dit.

Plusieurs militaires et diplomates français en poste à Djibouti dans les années 90 seraient aussi dans le collimateur de la justice djiboutienne “pour avoir couvert ces actes de pédophilie et protégé ces criminels”, a déclaré M. Issack.

Les relations entre la France et la République de Djibouti, ancienne colonie française, sont empoisonnées depuis des années par l’affaire de la mort du juge français Bernard Borrel en 1995 à Djibouti.

La thèse d’un suicide a longtemps été privilégiée avant que des expertises n’orientent l’enquête en France vers un meurtre, en 2004.

Les relations entre les deux pays se sont encore tendues récemment après la condamnation le 27 mars par la justice française de deux hauts dignitaires djiboutiens à des peines de prison ferme dans l’affaire de la mort du juge.

La France possède à Djibouti sa plus importante base militaire en Afrique avec 2.900 hommes.