29/12/09 (B531) Mise au point de l’ARD sous la signature de Cassim Ahmed Dini, à propos de la résolution des Nations unies, visant des sanctions contre l’Erythrée.

Paris, le 28 décembre 2009


Alliance Républicaine
pour le Développement

Mise au point du 28 décembre 2009

Comme si Djibouti était stable!

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, le 23 décembre 2009, une résolution demandant, entre autres “à l’Érythrée de régler par la voie pacifique le différend frontalier qui l’oppose à Djibouti”.

Nous soutenons pleinement cet appel au dialogue, conforme aux dispositions du chapitre VI de la Charte des Nations unies et souhaitons qu’une nouvelle confrontation armée soit évitée et que la paix revienne entre Djibouti et l’Érythrée.

Cette évidence étant posée, I’ARD ne peut totalement souscrire à la perception des réalités djiboutiennes qui semble être celle du Conseil de sécurité lorsqu’il « Exige de tous les Etats Membres et en particulier de l’Érythrée qu’elle cesse d’armer, d’entraîner et d’équiper les groupes armés et leurs membres, dont Al Shabaab, qui visent à déstabiliser la région ou fomenter des violences et des désordres civils à Djibouti … ».

Est-ce à dire que la paix civile règne à Djibouti, havre de paix dans une région tourmentée, qu’une force maléfique extérieure chercherait à déstabiliser ?

Si tel est le postulat qui sous-tend cette assertion du Conseil de sécurité, qu’il nous soit permis d’estimer, nous, émanation d’un mouvement politico-militaire cosignataire de l’accord de paix du 12 mai 2001 violé par la partie gouvernementale, nous, membres d’une opposition djiboutienne à laquelle est quotidiennement et brutalement dénié le droit fondamental de concourir à l’expression du suffrage universel, que c’est le régime djiboutien qui, en aggravant les causes du conflit armé, constitue le plus grand danger pour la paix civile.

Présenter Djibouti comme un modèle de stabilité relèverait à la fois de l’onction thaumaturgique et de la politique de l’autruche: c’est la violence répressive que cette dictature sortie des urnes impose aux partis politiques, aux syndicats et à la société civile dans son ensemble qui pousse un nombre croissant de Djiboutiens à choisir des voies radicales.

Bien que nous souscrivions à l’indispensable curialisation des oppositions, afin que les inévitables confrontations se déroulent dans un cadre pacifié, nous estimons toutefois que l’on ne peut condamner une légitime Contestation armée sans donner toutes ses chances à une opposition pacifique légalement constituée.

Ne pas admettre que Djibouti est fondamentalement instable du fait de la nature dictatoriale du régime en place, fait enfin désagréablement suite au silence complaisant de la communauté internationale (et singulièrement les grandes démocraties militairement présentes à Djibouti) face à la répression sauvage de l’opposition pacifique et aux exactions récurrentes et impunies contre les populations civiles du nord et du sud-ouest de notre pays.

Pour nous, Djibouti n’est pas seulement un port, une position géostratégique ou un avant-poste pour des forces militaires étrangères: c’est un Peuple déterminé à en finir avec une dictature qui s’asservit depuis trop longtemps et à pleinement se réaliser dans un développement harmonieux.

Quand le bulletin de vote n’est que le papier peint d’un vaste décorum démocratique et que les revendications pacifiques ne rencontrent que des tirs à balles réelles, c’est au Peuple et à lui seul de définir le meilleur moyen de se libérer d’un régime qui constitue une intolérable calamité pour ses citoyens ainsi qu’une grave menace pour ses voisins.

Le délégué plénipotentiaire de l’ARD
Cassim Ahmed Dini