22/04/2013 (Brève 136) Contribution d’Aïnaché à la Conférence sur la situation à Djibouti qui s’est tenue à Paris le 20 avril 2013


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Par Aïnaché

CONFÉRENCE SUR LA SITUATION A DJIBOUTI

PARIS, Samedi 20 avril 2013

Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
Chers compatriotes,

Avec l’introduction de ce fameux 20 % à la proportionnelle, lors de l’élection législative du 22 février dernier, certains d’entre nous avaient espéré.

Ils ont voulu croire qu’il y avait là, une avancée, minime, certes, très minime, mais une amorce de démocratisation  à Djibouti.

Nous savons hélas, aujourd’hui, que c’était un leurre.

Cette manœuvre du gouvernement en place avait pour objectif de mettre  fin aux critiques persistantes qui pleuvaient sur la pratique antidémocratique de la non représentation des opposants à l’Assemblée Nationale.

Cette fausse ouverture assouvissait également  les appétits de quelques assoiffés d’un mandat.

Ce piège grossier a été tendu par les tenants du pouvoir  pour sortir de dix ans de boycottage des élections dont la population djiboutienne avide de s’exprimer, commençait à se lasser.

L’opposition ne s’était pas remise du détournement des résultats des élections de 2003 et avait décidé de ne plus participer à aucune autre élection tant que le pouvoir ne lui donnerait pas satisfaction sur les garanties d’une élection véritablement démocratique.

A cette occasion, comme  un de mes amis a eu la gentillesse de me le rappeler, j’avais pris la liberté de m’exprimer dans un article consultable sur le site ARDHD, du 27/11/02 – LA VOIX AU CHAPITRE : Échéance Électorale.

 Je n’ai rien à retirer de ce que j’ai écrit il y a presque 11 ans.

En effet, rien n’a changé.  Nos dirigeants sont restés des experts en tripatouillage électorale.

Le 9 octobre 2004, l’Opposition unie avait interpellé le Président de la République. Nos exigences portaient, outre l’indispensable refonte du Conseil Constitutionnel, prévu par l’accord de paix du 12 mai 2001 sur :

  1. La refonte et la réactualisation des listes électorales 
  2. L’établissement de ces listes par bureaux de vote dans les régions de l’Intérieur
  3. La publication des listes et leur mise à disposition de  tous les partis politiques 
  4. La mise en place d’une véritable Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), composée à parité égale de représentants de l’opposition et de représentants des partis au pouvoir, sous la présidence d’une personnalité indépendante acceptée par les deux parties ;
  5. L’élaboration conjointe (Opposition/Gouvernement) d’un Statut Spécial pour  la ville Capitale ;
  6. La modification de la Loi relative aux élections dans ses articles 27 et 54, portant sur la proclamation des résultats et la remise des Procès-verbaux, consécutive au dépouillement du résultat des scrutins. Désormais, pour une réelle transparence des élections, nous demandions que chaque partie dispose d’un exemplaire du PV et des résultats proclamés par la CENI ;
  7. L’abandon pur et simple des pratiques de l’ancien système du parti unique dans la désignation des assesseurs. Ces assesseurs devront représenter les parties en compétition ;
  8. L’accès libre et équitable des partis politiques aux médias publics ;
  9. L’amendement et l’application effective de la loi de 1992 sur la communication qui autorise l’ouverture de radios et de télévision libres.
Neuf revendications guidées par le souci d’instaurer enfin une démocratie digne de ce nom en République de Djibouti.
 
Pas d’accusé de réception, pas de réponse .

Sans l’assurance d’un changement de pratique de la part du pouvoir, nous avons cherché des garanties auprès de nos partenaires et amis avant de nous lancer dans cette campagne.

Avant les élections, les démarches effectuées auprès de la représentation à Djibouti par l’opposition, comme celles entreprises ici à Paris se sont conclues invariablement par :

 ‘‘Allez aux élections, nous serons vigilants sur leur déroulement”.

Fort de ces encouragements et de ces promesses, et compte tenu des forces d’opposition formelles et informelles grandissantes au sein d’une population opprimée qui attendait ces élections, nous,  l’opposition intérieure et extérieure, avons décidé de participer à l’élection législative du 22 février dernier.

Des nouveaux partis tels que le MoDel et RADD  s’étaient  créés et avaient demandé leur agrément afin de concourir aux élections législatives.

L’élection locale de l’année dernière a montré la lassitude des Djiboutiens, à l’égard du tenant du pouvoir et a donné la victoire à la liste indépendante ”RADD” encore tolérée. Ce qui a créé un réel espoir de changement.

Cette fois, le gouvernement en place n’a pas eu le temps de manipuler ces partis émergeants. Pourtant, la méthode était rodée : il suffisait de cloner ces nouveaux partis, ces syndicats ou ces associations. On en crée d’autres, on leur donne les mêmes appellations et bien sûr, on met à leur tête, des marionnettes dociles et soumises…

Des méthodes de ce genre, le pouvoir en invente régulièrement et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est sans vergogne. C’est ainsi que, suite à la dernière élection législative, il a licencié comme de simples employés les Elus du Conseil Municipal de Djibouti Ville : le Maire et ses adjoints !

Cette fois, le MoDeL et le RADD ont échappé au clonage et ont rejoint l’opposition. Ces renforts ont permis la création de l’Union de Salut National (USN).

Une dynamique était née.  Cette nouvelle opposition a galvanisé les foules, comme en témoignent les réunions et les manifestations tenues durant les 12 jours de cette campagne électorale.

On connaît la suite :

  • panique au plus haut sommet de l’État au vu du succès grandissant et de l’engouement suscité lors des différents meetings de l’opposition à Djibouti-ville comme dans toutes les villes et les villages à travers le pays
  • intervention télévisée menaçante  du chef de l’État, après la clôture de la campagne électorale transformant l’élection législative en un référendum : Pour ou contre le Président.
  • fraude massive  qui a abouti purement et simplement à l’inversion des résultats du scrutin, après un conciliabule de nos dirigeants durant neuf longues heures. 

L’ Ambassadeur de France a alors ouvertement cautionné cette élection frauduleuse constatée par tous les observateurs en place en félicitant le parti du Président et les Elus.

Cette sortie ridicule a bien sûr été exploitée par le gouvernement en place qui a largement diffusé son intervention dans les médias.

Silences gênés de nos amis français qui contrastaient avec leurs encouragements appuyés qu’ils nous avaient prodigués avant les élections…

Ce manque de clarté de la France, ces attitudes ambiguës, ce double langage entre  pouvoir en place et opposition sont déstabilisants.

Nous avons apprécié l’attitude de la représentation des États-Unis d’Amérique présente à Djibouti qui est resté fidèle à la politique prônée par Le Président Barack OBAMA vis à vis des dictateurs africains dans la ligne qu’il  avait fixée lors de son discours à Accra du 11 juillet 2009 affirmant  :

 L’AFRIQUE N’A PAS BESOIN D’UN HOMME FORT, MAIS D’UNE INSTITUTION FORTE-  .

C’est ainsi que le Président OBAMA

  • s’est bien gardé de féliciter notre Président à l’issue de la reconduite de son troisième mandat anticonstitutionnel.
  • ne l’a jamais invité à la Maison Blanche comme il l’a fait pour les différents Présidents africains démocratiquement élus. Ces rencontres, comme celles du 31 juillet 2011 et récemment du 28 mars 2013 sont qualifiées de « rencontres de solidarité démocratique qui visent à saluer des démocraties solides et émergentes. »

Notre Président, vexé de cet affront, s’est agité avec frénésie pour s’inviter  -sans y être convié- à la réception  donnée par le Président OBAMA à New-York en septembre 2011.

Et, aujourd’hui, ici, à Paris, nous voulons dire haut et fort à la France, le pays des droits de l’homme qu’elle nous a déçus :

Elle nous avait assuré de son soutien,

Elle s’était porté garante du bon déroulement des élections.
…. pour se taire, une fois de plus, à la proclamation de résultats honteusement manipulés
…et pour, par la voix de son ambassadeur, féliciter les artisans de cet outrage à la démocratie…

Quant à nous, les membres de l’opposition à ce régime indigne,
Si, nous avons été meurtris par ce nouvel épisode douloureux dans notre combat, nous continuerons à œuvrer, nous continuerons à nous faire entendre, nous continuerons notre marche pour une nation libre et digne.

Pour finir, et toujours, pour plaider pour cette nation libre et digne, permettez-moi, en tant qu’ancien directeur de la RTD, Radio et Télévision de Djibouti, de dresser un portrait de l’univers médiatique de notre pays.

Ce ne sera pas long !

C’est un désert unique en son genre. Aucun pluralisme: Un journal unique, une radio et une télévision étatique. point final. Manifestement, il est admis que les médias gouvernementaux suffisent aux besoins de la population.

A Djibouti, on n’aime pas les journalistes, aucun n’obtient de visa pour entrer. Plusieurs journalistes se sont vu refuser leurs demandes de visa, d’autres se sont vu refoulés à l’aéroport.

 Ce fut la mésaventure du correspondant de la chaîne Qatari ”AL JAZIRA” dans la région qui avait essayé sur plusieurs frontières de rentrer à Djibouti lors des manifestions unitaires de l’opposition de février 2011.

C’est simple, dans nos représentations et notamment à Paris, la première question que les agents d’accueil posent aux demandeurs de visa est  celle-ci ”êtes-vous journaliste ?”. Ce qui désarçonne les simples touristes et finalement en décourage certains.

Il y a quand même une exception à ces refus, les journalistes du Magazine Jeune-Afrique. Ces derniers n’ont pas besoin de faire de démarches pour obtenir des visas. Ils ne risquent aucun refus comme leurs collègues car ils sont régulièrement invités par le pouvoir à chaque fois que celui-ci a besoin de faire passer un message.

Il n’est pas étonnant que notre pays se loge au 167ème rang  du classement mondial de « Reporters Sans Frontière ». Ce classement est amplement justifié car, outre l’interdiction de créer un média indépendant, l’opposition n’a pas accès aux médias étatiques.

Le pouvoir s’est fait violence durant la campagne électorale en couvrant partiellement les réunions de l’opposition. La couverture obligatoire se transformait régulièrement en un sabotage. En effet,  les trois minutes octroyées généreusement à l’opposition, dans ”l’Édition Spéciale élection” se résumait à un plan large de la réunion et quelques phrases hachées des différents orateurs donc forcément dénaturées. Cela frisait le ridicule.

La plupart du temps, pour ne pas dire quotidiennement, le journal télévisé se limite intégralement à l’activité présidentielle. Il n’est pas surprenant pour ceux qui subissent le déroulement du journal télévisé, de voir de longues minutes, des images du chef de l’Etat sans commentaires, comme au temps des films muets…

En effet, les journalistes de différentes rédactions, journal écrit, agence de presse,  radio et télévision ne produisent rien sur les informations locales : ils reçoivent  du cabinet présidentiel les textes à lire et à imprimer.

Il n’est pas étonnant que les Djiboutiens suivent les radios et télévisions étrangères.  Cela agace prodigieusement le pouvoir. Il fait régulièrement des tentatives auprès des médias étrangers et particulièrement des chaînes qui diffusent des informations en langue somalie : BBC de Londres et VOA de Washington. Il se murmure que les  journalistes de ces différentes radios seraient approchés régulièrement par des émissaires  gouvernementaux afin de  monnayer un contenu bienveillant pour le pouvoir en place…

Quant à RFI, Radio France International … Le pouvoir ne s’est pas gêné pour fermer purement et simplement son relais pour la région de la corne d’Afrique.

Vous avez dit démocratie ?

AÏNACHÉ

14/03/13 (Brève 123) La voix au Chapitre : UNE CITOYENNETÉ CONTRARIÉE (Par Aïnaché (article déjà publié sur un autre site le 27 juin 2012)


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LA VOIX AU CHAPITRE
du 27 juin 2012

UNE CITOYENNETÉ CONTRARIÉE

Par Aïnaché

Une des revendications principale durant la période coloniale était la reconnaissance aux personnes de leur statut de citoyen, qui avait été confisqué par les colonialistes pour un besoin évident de régner en maître absolu sur notre destin.

La division de notre peuple selon les circonstances en privilégiant tantôt telle communauté plutôt que telle autre d’une manière criante permettait à l’administration coloniale de se procurer une paix royale pour nous gouverner à sa guise .

Les plus avertis de nos responsables politiques avaient décelé le piège tendu par l’administration coloniale et ont combattu sévèrement cette politique de division de notre population.
Cette politique compromettait notre accession à l’indépendance. Elle nous cloisonnait en fractions ethnico-tribale et c’est l’une des causes qui a retardé de dix sept ans notre indépendance en regard de la grande vague de décolonisation, de la grande majorité des peuples d’Afrique, des années soixante.

Le rêve éveillé de tout djiboutien consistait tout bonnement à ne plus entendre parler de tribalisme entre nous et de guérir de ce cancer que le colonialisme avait fait germer dans nos esprits.
Bien entendu, les tribus existent et elles font partie de nos cultures et traditions ancestrales .

Elles nous enseignent nos origines souvent évoquées avec ” exagération” lorsque nous parlons de nos ancêtres glorieux.

L’Islam n’a pas glorifié non plus le tribalisme, en référence à la sourate (AL-HUJURAT -les Appartenants) Il est écrit ainsi : ” Ô hommes! Nous vous avons créé d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre connaissiez.

Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand-Connaisseur.”
Il faut reconnaitre, que le système tribal n’est pas arrivé dans les soutes des bateaux , avec le colonialisme. Il n’empêche, ils ont bien su en développer le coté négatif avec le concours de quelques nationaux cupides et créer ainsi le tribalisme.

Notre ambition était de nous défaire du tribalisme fétide qui nous divisait en détruisant notre unité et notre sens de la solidarité. Notre objectif consistait à développer le civisme qui privilégie ce qui nous a tant manqué : la reconnaissance à chacun dans son statut de citoyen.

Développer le civisme : tribu oui, tribalisme non !


Hélas, il est regrettable d’avouer que le tribalisme a survécu après l’indépendance et a même été amplifié par le tenant du pouvoir depuis trente cinq ans. Aujourd’hui, il est impossible de postuler un emploi public ou privé, faire des études ou même se soigner sans faire état de son appartenance tribale. Pour bénéficier de quoi que ce soit, il faut appartenir à la bonne tribu ou avoir un appui tribal.

Qui ne connait pas dans sa famille ou ses relations, des personnes privées de documents administratifs les plus élémentaires tel que: les pièces d’identités, la délivrance d’extrait de naissance ou le renouvellement de passeport etc…
Les plus démunis d’entre-nous, subissent des humiliations pour se faire délivrer ce genre de documents et finissent par y renoncer.

Dans le période coloniale, la discrimination n’allait pas aussi loin, car il était possible, et c’était de bonne guerre, que le postulant biaise sur son appartenance ethnico-tribale, ce qui n’est plus possible actuellement car le demandeur a affaire à ses compatriotes.
Il est désolant de constater, que les générations nées après le 27 juin 1977, tout au moins certaines d’entre elles, trouvent normales la pratique du tribalisme et y ont recours sans vergogne .

Ces jeunes sont après tout excusables car malheureusement, ils n’ont connu que cette pratique valorisée par nos dirigeants actuels qui ont trahi l’esprit de notre rêve. Ils n’ont pas connu non plus tous les dégâts causés par le système de division ethnico-tribale dans les périodes coloniales.

Le tenant du pouvoir s’est gardé de développer le civisme, encore moins de l’enseigner à la nouvelle génération.
Pour éradiquer cette carence, il appartiendra à la future équipe, qui accédera aux responsabilités politiques, de développer le civisme à tous les niveaux, dans les écoles, les médias et dans les associations.

Comme il me parait indispensable d’ instaurer l’enseignement de notre Histoire.

C’est une des priorités pour sortir de l’une des crises qui nous empêche de construire une nation digne de ce nom.

AÏNACHÉ

09/06/12 (Brèves 002) La voix au Chapitre : LE RÉVEIL DE L’ARDOUKOBA (Par Aïnaché)


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LA VOIX AU CHAPITRE
du 9 juin 2012

LE RÉVEIL DE L’ARDOUKOBA

Par Aïnaché

Grâce à un certain nombre d’initiatives, l’opposition Djiboutienne s’est
réveillée, comme l’ARDOUKOBA. Ce fameux volcan qui avait eu une éruption dans notre pays en novembre 1978 après un repos volcanique de 3.000 ans.

Comme il nous a été révélé par les scientifiques, ce volcan avait provoqué des phénomènes observables à ciel ouvert : LA DERIVE DES CONTINENTS.

Sans vouloir se hasarder à une quelconque comparaison, force est de constater que les activités de l’opposition Djiboutienne à la fois discrètes ou publiques redonnent l’espoir. Et c’est  heureux ainsi !

APPEL A MANIFESTER

La dernière initiative unitaire de l’opposition Djiboutienne est l’Appel à manifester le samedi 23 juin prochain à Bruxelles devant les Institutions Européennes.

Cette manifestation, à 5 jours de l’anniversaire à l’accession de notre souveraineté nationale, est voulue, et réunira l’ensemble des forces politiques Djiboutiennes d’opposition : membres de la CNDD, de l’UAD, de l’UMD ainsi que les sociétés civiles donc le CDS. Excusez du peu !

Cette manifestation a pour but de redire une fois de plus NON à la dictature à la confiscation de l’État, à la répression arbitraire, aux violations massives des Droits de l’Homme etc…

Elle a pour but également de dénoncer  l’absence de la démocratie après 35 ans de parti unique et l’absence quasi unique de la liberté d’expression qui demeure jusqu’à présent un délit.

Les manifestants émettront le souhait, comme stipulé dans le manifeste de l’Appel : NON à une nouvelle guerre civile, OUI à la paix et à la justice.

Il va sans dire que les Djiboutiennes, les Djiboutiens, et les amis démocrates de Djibouti sont attendus nombreux à cette action de masse collective. 

Je suis persuadé qu’il en sera de même partout où des Djiboutiens sont présents à travers le monde et particulièrement à OTTAWA.

Malgré l’entrave de la liberté et la confiscation de l’État dans tous les domaines, bien que nous soyons le seul pays où aucun contre pouvoir ne fonctionne, nous fêterons quand même le 27 juin de cette année, le 35ème anniversaire de notre accession à l’indépendance nationale.

CROISSANCE ÉCONOMIQUE

Depuis  ces 35 ans nous subissons  la même politique
socio-économique et les mêmes dirigeants à quelques variantes près.

A l’avènement de notre accession à la  souveraineté nationale, il faut bien admettre qu’une  fée protectrice s’est penchée sur notre berceau !
Les pays amis et ceux plus proche de nous, les monarchies de golfe n’ont pas lésiné pour nous couvrir, lors de notre naissance, de cadeaux sonnants et trébuchants.

Cette générosité est sans doute dû à notre territoire à la dimension étroite (23.000 km2), à une faible population estimée à l’époque à environ  un peu plus de 300.000 habitants, et également au poids des réfugiés  Somaliens accueillis chez nous, suite à la guerre entre les deux pays voisins (Ethiopie et Somalie).

Les réfugiés recensés alors,  représentaient  pratiquement dix pour cents (10%) de notre population.

Bien que le bébé se soit transformé en un monstre insatiable, certains continuent à nous aider et  nous font l’amitié de ne pas nous abandonner à la mal gouvernance et aux détournements criants de nos politiques, ce qui n’a  plus de secret pour personne.

Grâce à la vigilance de nos amis et malgré nos dirigeants insatiables, la croissance de notre économie demeure soutenue.

 A cause de la mal gouvernance, cette croissance n’a pas permis de réduire,  loin sans faut, la pauvreté endémique dans notre pays.

Si nos dirigeants ne torpillent pas les activités portuaires et les investissements étrangers, comme ils ont l’habitude de le faire, les investissements en provenance des pays du Golfe devraient s’accélérer au cours des prochaines années

Comme chacun le sait, le Fond Monétaire International (FMI) a vu rouge en constatant le dérapage habituel en matière de fiscalité en 2009, et a fermement demandé aux autorités Djiboutiennes de s’atteler à rétablir un équilibre des finances publiques pour les prochaines années.

L’accélération de l’inflation est tirée principalement de la croissance des prix des produits alimentaires, pratiquement  tous importés, ainsi que par, dans une moindre mesure, les prix du poste : – logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles et de celui des transports.

En réalité, nous ne manquons pas d’atouts  pour renforcer le positionnement de notre pays comme plaque tournante des échanges commerciaux, de logistique et de services connexes. Nous avons la possibilité de mieux nous positionner comme fournisseur de services financiers, de nombreux corridors routiers à réaliser et pour certains à réhabiliter avec  les pays voisins, l’Ethiopie et la Somalie notamment.

Bien que les banques de dépôts et de crédits les plus anciennes se retirent, on constate une floraison des nouvelles banques  qui ont vu le jour. Le nombre d’institutions présentes sur la  place financière au jour d’aujourd’hui  se portent à onze pour un petit pays comme le notre. Et manifestement ce n’est pas fini.

Pour attirer les investisseurs, le gouvernement multiplie les  réformes structurelles, comme la refonte du code des investissements, la loi sur les sociétés et les faillites, ou encore la refonte du code du travail.

Je dois admettre qu’au moins dans les secteurs financiers le tenant du pouvoir se donne les moyens.  Mais, comme toujours les résultats ne profitent pas à la population.

Notre économie est peu diversifiée, nous dépendons presque exclusivement des activités portuaires et du secteur tertiaire.  Ces derniers représentent 76 % du PIB, tandis que le secteur primaire n’a qu’une faible contribution, de l’ordre de 3.9 %.

Notre pays est entièrement, pour ne  pas dire complètement, tourné vers l’extérieur pour notre approvisionnement alimentaire. Notre production agricole domestique ne couvre que 10 % de nos besoins récurrents.

Depuis  longtemps, l’énergie électrique est gérée par l’inamovible cousin du président, elle reste limitée et coûteuse. Cela entrave considérablement le développement de notre pays. La construction lancée avec un grand fracas de publicité, d’une ligne d’interconnexion avec l’Éthiopie  afin d’importer de l’électricité, ne nous a pas encore démontrée son efficacité.

Enfin, bien que nous ne manquions  pas d’atouts  et que la croissance de l’économie soit soutenue, elle ne bénéficie pas,  malheureusement  à  l’ensemble de la population.

Les fonctionnaires sont payés avec du retard, leur salaire est figé depuis des décennies.

Le chômage demeure élevé et la pauvreté touche pratiquement plus de 70 % de la population.

Il faut souligner malheureusement le fait que, malgré une certaine croissance apparente, la majeure partie de la population vit dans des conditions horribles, peut être les pires en Afrique.

Pour que la potentialité de notre positionnement, plaque tournante des échanges commerciaux et géopolitiques profite à l’ensemble de la population, il faut mettre fin à la politique désastreuse menée depuis 35 ans.

CONFISCATION DES MÉDIAS

Pour ce qui concerne la liberté d’informer, il n’y a aucune possibilité d’émettre ou de publier dans notre pays. Bien que la constitution de 1992, ait prévue  :   

– La Commission Nationale de la Communication-, elle n’a jamais été mise en œuvre.

Que dit la constitution :
” La Commission Nationale de la Communication est une autorité indépendante prévue par la loi n°2/AN/92 2ème L du 15 septembre 1992 relative à la liberté de la communication.

La liberté de communication est garantie par la Constitution et est définie par l’article 3 de la loi susvisée: “La liberté de communication est le droit, pour chacun de créer et d’utiliser librement le média de son choix pour exprimer sa pensée en la communiquant à autrui, ou pour accéder à l’expression de la pensée d’autrui.

Le citoyen a le droit à une information complète et objective, et le droit de participer à l’information par l’exercice des libertés fondamentales de pensée, d’opinion et d’expression proclamées par la Constitution.

La Commission Nationale de la Communication est chargée de veiller au respect du pluralisme de l’information”.

Dernièrement, le pouvoir a voulu réanimer cette Loi qui n’a jamais été mise en œuvre durant 22 ans,  pour trouver une parade et  se prémunir d’ éventuelles demandes  de l’opposition dans ces domaines.

Le dynamisme de l’opposition inquiéterait donc le pouvoir qui cherche comment faire barrage.

Ainsi, ce ne serait pas Le Président qui aurait interdit, la création des outils des médias, mais une instance en principe autonome et libre de sa décision.

Bien entendu  et comme il est de coutume, il mettra à la tête de cette commission un homme de paille qui portera ”le chapeau”.

Le Président n’a t-il pas affirmé dans son journal préféré : ” Jeune Afrique”  n°2655-du 27.11. au 03.12.12.2011- en réponse à la question du journaliste : Pourtant, il n’y a chez vous ni télévision ni radio indépendantes….

Le président avait répondu sans hésiter : ”Ce n’est pas un problème de censure mais un problème d’argent”. On se demande pourquoi sont censurés les sites internet de l’opposition et des défenseurs des Droits de l’Homme comme l’ARDHD ?

D’anciens fonctionnaires qui ont déposé une demande pour la création d’un journal auprès du gouvernement depuis le mois de février dernier attendent toujours  à ce jour une réponse (LOI n°1332).

Le dynamisme de l’opposition et les méthodes évoluent et cela accroit l’espoir et l’attente des Djiboutiens.

Autant je redoute pour mon pays le réveil du volcan l’ARDOUKOBA, autant je me réjouie de la dynamique de l’opposition réunie.

Nous fêterons donc, joyeusement dans l’unité de l’opposition, notre 35ème année d’indépendance, du 27 juin 2012.

AÏNACHÉ

15/04/2012 (B652) Disparition de Jean-Paul Noël Abdi. Aïnache adresse ses condoléances à la famille.

Une voix vient de s’éteindre.



C’est avec une réelle tristesse que j’ai appris le décès de notre ami Jean-Paul Abdi Noël, survenu loin de sa terre natale à Marseille en France, ce vendredi 13 avril 2012.



Jean-Paul était une voix forte de la lutte pour le Respect des Droits Humains de notre pays, reconnu et respecté, et particulièrement par les militants et les démocrates à travers le monde.



Comme, beaucoup de ses amis, je suis peiné et attristé de la disparation de ce grand militant de la cause noble des Droits Humains.



Je suis d’autant plus peiné, car Jean-Paul était de ma génération et nous avions partagé de nombreuses années les bancs de l’école Charles de Foucauld.



Je tiens à présenter mes sincères condoléances et ma solidarité à sa famille et à ses amis.

26/09/11 (B623) La voix au chapitre : Un régime démonétisé (Par Aïnaché)


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LA VOIX AU CHAPITRE : AÏNACHÉ – le 26.09.2011

UN RÉGIME DÉMONÉTISÉ

Depuis la falsification de la constitution et la soi disant élection qui a suivie, le régime djiboutien est définitivement démonétisé, au regard du monde et particulièrement des grandes démocraties.

En effet nous observons de plus en plus et d’une manière constante que les chefs d’Etats et des gouvernements, des pays démocratiques, évitent soigneusement de rencontrer, encore moins de se faire photographier en présence de nos dirigeants.

Nous avons tous noté, suite à cette fameuse ‘’élection’’, l’absence des vœux de nombreux chefs d’États des pays démocratiques, et en premier lieu le président des Etats-Unis d’Amérique.

Par contre le Président B. OBAMA n’a pas manqué d’envoyer ses vœux le 27 juin, au peuple djiboutien, pour le féliciter à l’occasion de la célébration du 34ème anniversaire de son indépendance.

De même, notre président n’a pas été invité par le Président B. OBAMA le 31 juillet dernier, à la Maison Blanche, avec les chefs d’États francophones nouvellement élus ou réélus démocratiquement.

Le Président OBAMA en accord avec son discours d’Accra du 11 juillet 2009, n’a pas voulu se déjuger, en invitant à la Maison Blanche, un président falsificateur de la constitution, avec les présidents démocratiquement élus.

Cette invitation, à ces chefs d’États démocratiquement élus ou réélus, s’inscrit dans la nouvelle ligne politique africaine des États-Unis qui consiste à soutenir ‘’les institutions démocratiques fortes’’.

C’est surement sa manière de mettre en garde les régimes usés, et de dénoncer les manœuvres qui visent à pérenniser des autocrates corrompus au pouvoir.

Il se dit par ci par là, avec beaucoup d’insistance, que notre président à voulu aller cette année à l’assemblée générale des N.U., qu’il avait boycottée depuis des années, dans l’espoir d’être reçu par le président des États-Unis d’Amérique. Il a cru habile de faire coïncider sa présence avec celle du Président B. OBAMA, afin d’effacer l’affront qu’il a subi suite à sa ‘’réélection’’ où ce dernier s’est bien gardé de le féliciter.

C’est mal connaitre, le très efficace service du protocole des Etats-Unis qui a fermement déjoué toutes les tentatives et les ruses de nos ‘’chers diplomates’’.

Certains nous apprennent que notre président se serait contenté d’une poignée de main, même furtive, dans le couloir de l’immeuble de N.U. ou dans l’hôtel Waldorf Astoria, où il a séjourné à grand frais à New-York.

Ce que les contribuables Djiboutiens ignorent, peut-être, c’est que notre président avait pris avec sa délégation le même hôtel que le président des Etats-Unis. Rien n’est trop beau ni trop cher pour notre chef !

Pendant ce temps les salaires des fonctionnaires ne sont pas payés.

Il n’hésite pas à se mesurer au chef de la plus grande puissance du monde, pour son confort personnel, lors de ses déplacements à l’étranger. Ne venez pas lui casser les pieds avec la famine et la soif qui perdure dans notre pays, la décence et les scrupules ne sont pas dans son logiciel.

La plupart des chefs d’États et de gouvernements responsables n’ont séjourné à New-York, en fonction de leurs agendas, que 24H ou au plus 48 H. Notre président, lui s’est offert une dizaine de jour au frais des contribuables Djiboutiens qui eux crient famine.

Au diable l’avarice, puisque c’est le peuple affamé djiboutien qui régale !

Sans être invité, il parait qu’il a voulu se rendre à la réception que le président B.OBAMA avait organisée pour les chefs d’États africains présents à N.Y. à l’occasion de l’assemblée générale des N.U. de ce mois septembre.

Là aussi, il a subi le refus ferme mais très courtois du service du protocole des États-Unis, malgré les démarches insistantes encore une fois de nos ‘’chers diplomates’’.

Si ces informations se révèlent exactes, je suis profondément gêné pour mon pays, et espère que mon peuple et mon pays soient mieux représentés au plus vite. Djibouti et son peuple ne méritent pas ça !

Par contre, notre président a finalement été reçu, à défaut du président B. OBAMA ou de la Secrétaire d’État madame Hillary CLINTON, en signe de compensation, par la Sous-secrétaire d’État chargée des affaires politiques Mme Wendy SHERMAN.

Enfin le travail de nos ‘’chers diplomates’’ a été payant,- et l’honneur est ainsi sauf, en quelque sorte !!!

Notre président, rentre donc au pays, malgré les dépenses excessives, sans la photo avec le Président B. OBAMA, pour laquelle il a fait ce très couteux voyage.

AÏNACHÉ

19/09/11 (B622) La voix au Chapitre : MANIFESTER CONTRE L’OUBLI (Par Aïnaché)


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LA VOIX AU CHAPITRE
du 19 septembre 2011

MANIFESTER CONTRE L’OUBLI

Par Aïnaché

Une invitation à manifester, nous vient de nos amis d’OTTAWA, contre l’oubli de la trouble journée du 27 septembre 1990, où une composante de la communauté nationale, a été arbitrairement ciblée.

Comme nul n’ignore à présent, il y a eu deux morts, un nombre incalculable d’arrestations suivies, comme il est de coutume dans notre pays, de tortures .De nombreuses victimes en gardent encore des séquelles.

Ce triste anniversaire auquel nos amis de l’APDDP (Association pour la Promotion de la Démocratie et le Droit de la Personne) et son dynamique animateur, Monsieur Hassan Abdi Aden, nous invitent, est hélas le 21ème anniversaire de cette triste et terrible journée : dite ‘’Attentat du Café de Paris’’.Cette journée hante les mémoires des familles de victimes, les amis et tous les démocrates épris de paix et de justice dans notre pays.

Tant que ceux qui avaient planifié, ordonné, ciblé arbitrairement, cette paisible communauté de la composante nationale, et leurs exécutants zélés, ne seront pas jugés il faudra continuer à dénoncer et se battre contre l’oubli.

Malgré l’évidence démontrée par diverses sources indépendantes, nationales et internationales, nos dirigeants n’ont toujours pas daigné rendre justice aux victimes encore moins présenté des excuses.

En accord total avec l’APDDP, il est impératif de continuer à manifester notre indignation à chaque exaction de ce genre afin de rappeler à la face du monde qu’un jour des pauvres compatriotes ont subi la foudre sans en comprendre la raison.

Chacun de nous, qui n’est (heureusement) pas tombé dans les griffes des bourreaux de nos dirigeants, connaît une victime torturée ou expulsée de son propre pays.

C’est une particularité singulière propre à notre pays. Il faut savoir au risque de choquer que Djibouti est le seul pays au monde à expulser ses propres nationaux !
Il m’est insupportable de rappeler que le seul régime qui a pratiqué cette détestable méthode fut l’Allemagne nazie. Aucun autre pays n’a pratiqué ni imité (heureusement) sauf nos dirigeants.

Personnellement, j’ai été touché et, le mot est faible, choqué, lorsque j’ai appris, certes très tardivement, que l’un de mes amis très proche, un homme d’affaire respectable et d’ailleurs très respecté avait été arrêté sans ménagement, avec une brutalité inouïe, en présence de ses enfants ahuris,

La pratique des exactions arbitraires n’a pas faibli, bien au contraire. Ils ont recommencé pratiquement un an après, le 18 décembre 1991, avec le massacre d’Arhiba. Comme chacun sait ce fut un véritable carnage sur une population civile sans défense.

Inutile de rappeler que la pratique perdure à ce jour.

En ce moment même, des défenseurs des Droits de l’Homme, des syndicalistes, des militants de divers partis politiques et de simples citoyens croupissent dans les prisons officielles ou secrètes sans jugement.

Pour toutes ces victimes nous avons le devoir de manifester.

Je m’associe sans réserve avec nos compatriotes d’Ottawa, qui manifesteront en mémoire de nos victimes le samedi 1er octobre 2011, autour de la flamme du centenaire de la colline du parlement du Canada entre 11h. et 13h.

J’émets le vœu que cette manifestation citoyenne, se déroule sous le soleil en ce début automnale canadien et bénéficie de la grâce oh combien spécifique, qu’on appelle là- bas : l’été Indien.

AÏNACHÉ

24/03/11 (B596) La voix au chapitre : LE RISQUE D’ENLISEMENT


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LA VOIX AUX CHAPITRE :
Le 20 mars 2011

LE RISQUE D’ENLISEMENT

-Le massacre du 19 mars 1967 fut l’œuvre d’un colonialiste en retard sur l’histoire qui s’accéléra en Afrique, et la cupidité d’une petite minorité de collabos.

Cette date fut précédée par la guerre tribale de 1949 et la répression aveugle suite au référendum de 1958.

Toutes ces dates qui se répétaient cycliquement ont été effacées, du moins nous l’espérions, par notre accession à l’indépendance en 1977 soit dix ans après, pour interrompre ce cycle de malheur de dix ans.

Il appartient à nos historiens de tirer les leçons de notre vie politique avant et après le colonialisme.

La malédiction Djiboutienne réside dans la division persistance et entretenue depuis notre accession à l’indépendance, du tribalisme érigé en système de gouvernement.

Nous n’avons pas encore réussi à forger dans nos esprits une citoyenneté Djiboutienne et à balayer cette méthode de gouvernement basée sur un fragile équilibre ethnique et un semblant de dosage tribal.

Le malheur veut que même l’opposition, du moins à ses débuts, ait copié la méthode, tout en la dénonçant. L’un des sports national, consiste en la dénonciation du tribalisme, cependant tout le monde le pratique fidèlement.

Heureusement, du coté de l’opposition on voit à présent germer une prise de conscience de ce cancer qui nous a relégué depuis toujours à la dernière place des nations

Ce n’est quand même pas un hasard si nous avons accédé à notre souveraineté nationale, dix sept ans après la grande vague des indépendances de notre continent.

Il faut espérer que le vent du changement qui vient de souffler sur les différents pays et notamment, la Tunisie et l’Egypte, nous débarrasse de cette maladie qui paralyse nos esprits critiques.

Il a fallu à nos amis démocrates Tunisiens, vingt trois jours (23) pour balayer vingt trois ans (23) de dictature féroce, dont se réclamait comme son modèle, notre président, sans complexe.

-Le basculement commence à s’opérer : le pouvoir qui n’avait pas l’habitude de gestion de crise, commence à paniquer à la première manifestation d’envergure, en multipliant les méthodes héritées du colonialisme, jusqu’à puiser dans les lois et les règlements dont nous nous sommes libérés en accédant à notre souveraineté nationale. Le pouvoir démontre, si besoin était, qu’il a conservé précieusement la logistique coloniale

Nos dirigeants seraient-ils nostalgiques de cette époque que nous aimerions jeter à la poubelle de l’histoire ?

Le risque d’enlisement :
Le pouvoir multiplie les arrestations arbitraires. Malgré les intimidations, la population désireuse du changement n’hésite plus à manifester son mécontentement tous les vendredis*. La contestation ne s’essouffle pas et certains voudraient que les manifestations soient quotidiennes !

Pour toute réponse le pouvoir continue à interdire les manifestions même pacifique, encadrées par des partis responsables .Il expulse aussi, les associations étrangères qui sont venues dans notre pays, sans partie pris, afin de nous aider à combler nos déficits démocratiques !

C’est le cas de l’association Etats-uniennes : Democracy International qui avait budgétisé plus de deux millions de dollars américain pour nous aider à nous familiariser avec la méthode de bonne gouvernance et de citoyenneté.

Mal lui en a pris de s’attaquer à ce genre d’ONG qui a pignon sur rue et de la traiter, comme une « simple » association ou parti politique djiboutien. Voilà que maintenant les journaux étrangers dévoilent le véritable visage de nos dirigeants.

Et il en était temps.

Chasser le naturel il revient au galop : Nos dirigeants ne supportent pas la moindre critique d’où qu’elle vienne et ne comprennent pas qu’on puisse se permettre de montrer une autre réalité que la leur.

Lorsque le président est habitué à se voir encenser tout au long du journal télévisé chaque jour, il lui est difficile d’entendre où de voir des critiques sur sa gestion de la république.

Cette république qu’il a pratiquement réduite à une entreprise privée avec drapeau et un siège dans les instances internationales.

A suivre un journal télévisé de la RTD, nous nous demandons s’il se passe autre chose dans le pays et dans le monde en dehors des activités quotidiennes du président

Dans ce monde de communication accélérée, notre pays avec la Corée du Nord reste hermétique aux journalistes.

Le pouvoir ne se gène pas de fermer les antennes étrangères qui se risquent d’émettre la moindre critique sur sa gouvernance. Souvenez-vous de la brusque fermeture de l’antenne de RFI, dont il n’a pas pu supporter son indépendance éditoriale

C’est une angoisse persistante de nos dirigeants actuels : ils détestent les journalistes indépendants qu’ils n’ont pas pu ‘’acheter’’ ou tout autres observateurs libres.

Depuis longtemps, aucun journaliste n’a pu rentrer dans notre pays.

Nous avons appris le mois dernier la tentative avortée du correspondant de la chaine AL JAZIRAH, qui souhaitait couvrir la grande manifestation unitaire de l’opposition, du 18 février dernier.

Une des questions que les agents de nos représentations posent sans complexe, aux demandeurs de visa quelque ce soit sa motivation, -familiale, touristique ou autre, est : Etes-vous journaliste ? Ce qui désarçonne le commun du mortel et surtout décourage le simple touriste qui commence à se poser des questions.

Nul n’ignore que les pays qui se méfient à ce point des observateurs et notamment des journalistes, n’ont pas la conscience tranquille et ont des choses à cacher.

Un signe qui ne trompe pas : Lorsque sur une population estimée à environ 800.000 âmes sur l’ensemble de la République, dix pour cent (10%) de cette population manifeste dans la capitale sans aucun moyen de communication autre que le bouche à oreilles, tout le monde s’accorde à admettre qu’il y a un désir inébranlable de changement et un rejet sans appel du tenant du pouvoir. Les manifestations ont été aussi importantes, si non plus dans les différents villes et villages de l’intérieur de la République qu’à Djibouti ville.

Depuis cette manifestation, que nous pouvons qualifier d’historique, le pouvoir à repris ses vieilles méthodes héritées du colonialisme sans honte en puisant dans les décrets-lois révolus et en instaurant un ‘’Etat de siège’’ non assumé mais de fait.

La multiplication des tensions entre jeunes de différents quartiers qui ressurgissent soudainement par le pur des hasards, comme dans le passé, à la veille des événements importants m’exaspère au plus haut point. Je ne crois pas à la spontanéité de ces bagarres de jeunes des quartiers. Ils sont manipulés et financés à dessein. C’est une honte d’utiliser la jeunesse pour se rendre indispensable et se maintenir indéfiniment au pouvoir.

Pour finir, l’avenir de notre pays m’inquiète :

Si malgré la volonté du changement souhaité par la grande majorité de la population, le tenant du pouvoir s’entête à organiser le 8 avril prochain, c’est-à-dire dans trois semaines, une mascarade d’élection.

Le dirigeant quelque soit sa responsabilité se doit d’anticiper l’événement et non de le subir

S’accrocher coute que coute à son fauteuil ne peut servir de programme, à la manière de l’Ivoirien BAGBO ou du Libyen le colonel KHADAFI ou plus près de nous le yéménite ALI ABDALLAH SALEH. Ces despotes, pour conserver leur fauteuil, n’hésitent pas à massacrer leurs peuples.

Mon souhait, est que nous réussissions malgré tout, à éviter ce genre de méthode pendant qu’il en est encore temps.

AÏNACHÉ
* MALIINTA JIMCAAY – JAABUUTII LAJIRAAY –
GUUMEESIGA JIIFFIYAA JIILCIIYAY –
SIIDAD OOLAH JIDHAAY KII TAGUE –
KANJOGANAAH – JAANTA UUKO LAAB

12/03/11 (B595) La voix au Chapitre : MALIINTA JIMCAAY (Par Aïnaché)


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LA VOIX AU CHAPITRE PAR AÏNACHÉ
Le 11 mars 2011

MALIINTA JIMCAAY

Les arrestations se multiplient et nous en apprenons chaque jour de nouvelles.

La raison qui motive le pouvoir à procéder de la sorte est la crainte que les gens manifestent, malgré les interdictions.

Le pouvoir, par l’entremise du ministre de l’intérieur multiplie les communiqués des mises en garde et menace toute personne qui songerait à manifester même pacifiquement comme préconise les chefs des partis de l’opposition.

L’interdiction des réunions et des manifestations ne sont pas nouvelles en notre république et cela n’étonne que ceux qui découvrent le régime qui gouverne notre pays depuis l’Indépendance, le 27 juin 1977.

Par contre ce qui me scandalise, c’est la lettre du ministre de l’intérieur du 9 mars dernier, par laquelle il répond à la demande de l’opposition de manifester pacifiquement tous les vendredis de 14 heures à 18 heures.

En effet, le ministre se réfère à un décret-loi de 1935 : Là, les bras m’en tombent,

Le ministre a-t-il oublié que nous sommes indépendants depuis bientôt trente quatre ans (34 ans) et que nous nous sommes libérés de la tutelle du colonialisme et de ce genre de décret-loi fait sur mesure pour les sujets français comme on nous appelait jadis.

Pour ceux qui se souviennent de cette période que nous voulions révolue :

Il y avait : ‘’les citoyens français’’, pour une petite minorité de nos compatriotes et pour la grande majorité nous étions appelé avec dédain : ‘’des sujets français’’.

Le ministre a tort et il est maladroit de se référer aux décrets-lois coloniaux car ce genre de référence est une insulte à nos martyrs qui sont morts pour notre liberté, et humiliants pour notre identité Djiboutienne.

Depuis bientôt trente quatre ans, le ministre n’a pas pu trouver une loi ou une jurisprudence pour se référer au lieu de puiser dans l’arsenal répressif colonial ?

Ceci est une preuve supplémentaire pour ceux qui en douteraient encore, que notre parlement n’est qu’une chambre d’enregistrement et n’est jamais consulté pour des questions politiques ou sociétales.

La lettre nous renseigne également sur le côté peu respectueux du pouvoir en place, vis-à-vis de l’opposition, car le ministre répond aux chefs des partis la veille de la manifestation.

Ce qui est particulièrement scandaleux et discourtois.

La réponse à ce genre de demande doit être au minimum de quinze jours avant la date de la manifestation afin de permettre aux organisateurs de prendre les dispositions nécessaires pour informer leurs partisans et sympathisants de l’annulation ou des reports éventuels de leur manifestation.

Nous savons tous, que l’opposition n’a pas accès aux médias nationaux et ne possède pas non plus d’organe d’information pour informer la population sur les démarches à suivre.

La diaspora Djiboutienne fait de son mieux pour relayer l’opposition à travers les différents sites particulièrement actifs, mais rien ne peut remplacer les médias locaux pour toucher le plus grand nombre de nos concitoyens.

Les Djiboutiens de l’étranger ont ‘’eux’’ eu le droit de manifester un peu partout dans les grandes capitales où ils résident. La palme de la bravoure revient dans mon classement à nos compatriotes d’Ottawa qui ont bravé les intempéries particulièrement redoutable de l’hiver canadien. BRAVO A EUX.

Les uns et les autres projettent de continuer à manifester aussi longtemps que ce sera nécessaire. En tout cas tant que les Djiboutiens ne pourront pas librement manifester pacifiquement dans leur propre pays les vendredis comme ils le souhaitent.

Par contre, le pouvoir a multiplié (par les médias nationaux) les menaces et les avertissements à toute personne ou groupe qui se hasarderait à répondre à l’appel de l’opposition et à manifester les vendredis sur le territoire national.

En procédant de telle sorte, nous sommes amenés à nous demander si le pouvoir ne cherchait pas un prétexte pour réprimer la population en la poussant à la faute ?

Pour ce qui concerne les responsables politiques ou associatifs, il semble que le tenant du pouvoir n’a plus besoin de prendre de précaution car il les arrête sans mandat dans leurs logements et les emprisonne sans jugement.

Combien sont-ils emprisonnés aujourd’hui ou j’écris ces quelques lignes, car à n’en pas douter le nombre augmentera demain.

A toutes fins utiles, je me hasarde à proposer très modestement un slogan aux manifestants !

MALIINTA JIMCAAY – JAABUUTII LAJIRAAY –
GUUMEESIGA JIIFFIYAA JIILCIIYAY –
SIIDAD OOLAH JIDHAAY KII TAGUE –
KANJOGANAAH – JAANTA UUKO LAAB

Traduction rapide et raccourcie :
(Oh toi vendredi qui a toujours favorisé Djibouti –
Toi qui a terrassé le colonialisme et l’a affaibli–
Comme tu as renversé celui qui est parti –
Fait du même pour celui là aussi…..i)’’

AÏNACHÉ