24/03/11 (B596) La voix au chapitre : LE RISQUE D’ENLISEMENT


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LA VOIX AUX CHAPITRE :
Le 20 mars 2011

LE RISQUE D’ENLISEMENT

-Le massacre du 19 mars 1967 fut l’œuvre d’un colonialiste en retard sur l’histoire qui s’accéléra en Afrique, et la cupidité d’une petite minorité de collabos.

Cette date fut précédée par la guerre tribale de 1949 et la répression aveugle suite au référendum de 1958.

Toutes ces dates qui se répétaient cycliquement ont été effacées, du moins nous l’espérions, par notre accession à l’indépendance en 1977 soit dix ans après, pour interrompre ce cycle de malheur de dix ans.

Il appartient à nos historiens de tirer les leçons de notre vie politique avant et après le colonialisme.

La malédiction Djiboutienne réside dans la division persistance et entretenue depuis notre accession à l’indépendance, du tribalisme érigé en système de gouvernement.

Nous n’avons pas encore réussi à forger dans nos esprits une citoyenneté Djiboutienne et à balayer cette méthode de gouvernement basée sur un fragile équilibre ethnique et un semblant de dosage tribal.

Le malheur veut que même l’opposition, du moins à ses débuts, ait copié la méthode, tout en la dénonçant. L’un des sports national, consiste en la dénonciation du tribalisme, cependant tout le monde le pratique fidèlement.

Heureusement, du coté de l’opposition on voit à présent germer une prise de conscience de ce cancer qui nous a relégué depuis toujours à la dernière place des nations

Ce n’est quand même pas un hasard si nous avons accédé à notre souveraineté nationale, dix sept ans après la grande vague des indépendances de notre continent.

Il faut espérer que le vent du changement qui vient de souffler sur les différents pays et notamment, la Tunisie et l’Egypte, nous débarrasse de cette maladie qui paralyse nos esprits critiques.

Il a fallu à nos amis démocrates Tunisiens, vingt trois jours (23) pour balayer vingt trois ans (23) de dictature féroce, dont se réclamait comme son modèle, notre président, sans complexe.

-Le basculement commence à s’opérer : le pouvoir qui n’avait pas l’habitude de gestion de crise, commence à paniquer à la première manifestation d’envergure, en multipliant les méthodes héritées du colonialisme, jusqu’à puiser dans les lois et les règlements dont nous nous sommes libérés en accédant à notre souveraineté nationale. Le pouvoir démontre, si besoin était, qu’il a conservé précieusement la logistique coloniale

Nos dirigeants seraient-ils nostalgiques de cette époque que nous aimerions jeter à la poubelle de l’histoire ?

Le risque d’enlisement :
Le pouvoir multiplie les arrestations arbitraires. Malgré les intimidations, la population désireuse du changement n’hésite plus à manifester son mécontentement tous les vendredis*. La contestation ne s’essouffle pas et certains voudraient que les manifestations soient quotidiennes !

Pour toute réponse le pouvoir continue à interdire les manifestions même pacifique, encadrées par des partis responsables .Il expulse aussi, les associations étrangères qui sont venues dans notre pays, sans partie pris, afin de nous aider à combler nos déficits démocratiques !

C’est le cas de l’association Etats-uniennes : Democracy International qui avait budgétisé plus de deux millions de dollars américain pour nous aider à nous familiariser avec la méthode de bonne gouvernance et de citoyenneté.

Mal lui en a pris de s’attaquer à ce genre d’ONG qui a pignon sur rue et de la traiter, comme une « simple » association ou parti politique djiboutien. Voilà que maintenant les journaux étrangers dévoilent le véritable visage de nos dirigeants.

Et il en était temps.

Chasser le naturel il revient au galop : Nos dirigeants ne supportent pas la moindre critique d’où qu’elle vienne et ne comprennent pas qu’on puisse se permettre de montrer une autre réalité que la leur.

Lorsque le président est habitué à se voir encenser tout au long du journal télévisé chaque jour, il lui est difficile d’entendre où de voir des critiques sur sa gestion de la république.

Cette république qu’il a pratiquement réduite à une entreprise privée avec drapeau et un siège dans les instances internationales.

A suivre un journal télévisé de la RTD, nous nous demandons s’il se passe autre chose dans le pays et dans le monde en dehors des activités quotidiennes du président

Dans ce monde de communication accélérée, notre pays avec la Corée du Nord reste hermétique aux journalistes.

Le pouvoir ne se gène pas de fermer les antennes étrangères qui se risquent d’émettre la moindre critique sur sa gouvernance. Souvenez-vous de la brusque fermeture de l’antenne de RFI, dont il n’a pas pu supporter son indépendance éditoriale

C’est une angoisse persistante de nos dirigeants actuels : ils détestent les journalistes indépendants qu’ils n’ont pas pu ‘’acheter’’ ou tout autres observateurs libres.

Depuis longtemps, aucun journaliste n’a pu rentrer dans notre pays.

Nous avons appris le mois dernier la tentative avortée du correspondant de la chaine AL JAZIRAH, qui souhaitait couvrir la grande manifestation unitaire de l’opposition, du 18 février dernier.

Une des questions que les agents de nos représentations posent sans complexe, aux demandeurs de visa quelque ce soit sa motivation, -familiale, touristique ou autre, est : Etes-vous journaliste ? Ce qui désarçonne le commun du mortel et surtout décourage le simple touriste qui commence à se poser des questions.

Nul n’ignore que les pays qui se méfient à ce point des observateurs et notamment des journalistes, n’ont pas la conscience tranquille et ont des choses à cacher.

Un signe qui ne trompe pas : Lorsque sur une population estimée à environ 800.000 âmes sur l’ensemble de la République, dix pour cent (10%) de cette population manifeste dans la capitale sans aucun moyen de communication autre que le bouche à oreilles, tout le monde s’accorde à admettre qu’il y a un désir inébranlable de changement et un rejet sans appel du tenant du pouvoir. Les manifestations ont été aussi importantes, si non plus dans les différents villes et villages de l’intérieur de la République qu’à Djibouti ville.

Depuis cette manifestation, que nous pouvons qualifier d’historique, le pouvoir à repris ses vieilles méthodes héritées du colonialisme sans honte en puisant dans les décrets-lois révolus et en instaurant un ‘’Etat de siège’’ non assumé mais de fait.

La multiplication des tensions entre jeunes de différents quartiers qui ressurgissent soudainement par le pur des hasards, comme dans le passé, à la veille des événements importants m’exaspère au plus haut point. Je ne crois pas à la spontanéité de ces bagarres de jeunes des quartiers. Ils sont manipulés et financés à dessein. C’est une honte d’utiliser la jeunesse pour se rendre indispensable et se maintenir indéfiniment au pouvoir.

Pour finir, l’avenir de notre pays m’inquiète :

Si malgré la volonté du changement souhaité par la grande majorité de la population, le tenant du pouvoir s’entête à organiser le 8 avril prochain, c’est-à-dire dans trois semaines, une mascarade d’élection.

Le dirigeant quelque soit sa responsabilité se doit d’anticiper l’événement et non de le subir

S’accrocher coute que coute à son fauteuil ne peut servir de programme, à la manière de l’Ivoirien BAGBO ou du Libyen le colonel KHADAFI ou plus près de nous le yéménite ALI ABDALLAH SALEH. Ces despotes, pour conserver leur fauteuil, n’hésitent pas à massacrer leurs peuples.

Mon souhait, est que nous réussissions malgré tout, à éviter ce genre de méthode pendant qu’il en est encore temps.

AÏNACHÉ
* MALIINTA JIMCAAY – JAABUUTII LAJIRAAY –
GUUMEESIGA JIIFFIYAA JIILCIIYAY –
SIIDAD OOLAH JIDHAAY KII TAGUE –
KANJOGANAAH – JAANTA UUKO LAAB

12/03/11 (B595) La voix au Chapitre : MALIINTA JIMCAAY (Par Aïnaché)


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LA VOIX AU CHAPITRE PAR AÏNACHÉ
Le 11 mars 2011

MALIINTA JIMCAAY

Les arrestations se multiplient et nous en apprenons chaque jour de nouvelles.

La raison qui motive le pouvoir à procéder de la sorte est la crainte que les gens manifestent, malgré les interdictions.

Le pouvoir, par l’entremise du ministre de l’intérieur multiplie les communiqués des mises en garde et menace toute personne qui songerait à manifester même pacifiquement comme préconise les chefs des partis de l’opposition.

L’interdiction des réunions et des manifestations ne sont pas nouvelles en notre république et cela n’étonne que ceux qui découvrent le régime qui gouverne notre pays depuis l’Indépendance, le 27 juin 1977.

Par contre ce qui me scandalise, c’est la lettre du ministre de l’intérieur du 9 mars dernier, par laquelle il répond à la demande de l’opposition de manifester pacifiquement tous les vendredis de 14 heures à 18 heures.

En effet, le ministre se réfère à un décret-loi de 1935 : Là, les bras m’en tombent,

Le ministre a-t-il oublié que nous sommes indépendants depuis bientôt trente quatre ans (34 ans) et que nous nous sommes libérés de la tutelle du colonialisme et de ce genre de décret-loi fait sur mesure pour les sujets français comme on nous appelait jadis.

Pour ceux qui se souviennent de cette période que nous voulions révolue :

Il y avait : ‘’les citoyens français’’, pour une petite minorité de nos compatriotes et pour la grande majorité nous étions appelé avec dédain : ‘’des sujets français’’.

Le ministre a tort et il est maladroit de se référer aux décrets-lois coloniaux car ce genre de référence est une insulte à nos martyrs qui sont morts pour notre liberté, et humiliants pour notre identité Djiboutienne.

Depuis bientôt trente quatre ans, le ministre n’a pas pu trouver une loi ou une jurisprudence pour se référer au lieu de puiser dans l’arsenal répressif colonial ?

Ceci est une preuve supplémentaire pour ceux qui en douteraient encore, que notre parlement n’est qu’une chambre d’enregistrement et n’est jamais consulté pour des questions politiques ou sociétales.

La lettre nous renseigne également sur le côté peu respectueux du pouvoir en place, vis-à-vis de l’opposition, car le ministre répond aux chefs des partis la veille de la manifestation.

Ce qui est particulièrement scandaleux et discourtois.

La réponse à ce genre de demande doit être au minimum de quinze jours avant la date de la manifestation afin de permettre aux organisateurs de prendre les dispositions nécessaires pour informer leurs partisans et sympathisants de l’annulation ou des reports éventuels de leur manifestation.

Nous savons tous, que l’opposition n’a pas accès aux médias nationaux et ne possède pas non plus d’organe d’information pour informer la population sur les démarches à suivre.

La diaspora Djiboutienne fait de son mieux pour relayer l’opposition à travers les différents sites particulièrement actifs, mais rien ne peut remplacer les médias locaux pour toucher le plus grand nombre de nos concitoyens.

Les Djiboutiens de l’étranger ont ‘’eux’’ eu le droit de manifester un peu partout dans les grandes capitales où ils résident. La palme de la bravoure revient dans mon classement à nos compatriotes d’Ottawa qui ont bravé les intempéries particulièrement redoutable de l’hiver canadien. BRAVO A EUX.

Les uns et les autres projettent de continuer à manifester aussi longtemps que ce sera nécessaire. En tout cas tant que les Djiboutiens ne pourront pas librement manifester pacifiquement dans leur propre pays les vendredis comme ils le souhaitent.

Par contre, le pouvoir a multiplié (par les médias nationaux) les menaces et les avertissements à toute personne ou groupe qui se hasarderait à répondre à l’appel de l’opposition et à manifester les vendredis sur le territoire national.

En procédant de telle sorte, nous sommes amenés à nous demander si le pouvoir ne cherchait pas un prétexte pour réprimer la population en la poussant à la faute ?

Pour ce qui concerne les responsables politiques ou associatifs, il semble que le tenant du pouvoir n’a plus besoin de prendre de précaution car il les arrête sans mandat dans leurs logements et les emprisonne sans jugement.

Combien sont-ils emprisonnés aujourd’hui ou j’écris ces quelques lignes, car à n’en pas douter le nombre augmentera demain.

A toutes fins utiles, je me hasarde à proposer très modestement un slogan aux manifestants !

MALIINTA JIMCAAY – JAABUUTII LAJIRAAY –
GUUMEESIGA JIIFFIYAA JIILCIIYAY –
SIIDAD OOLAH JIDHAAY KII TAGUE –
KANJOGANAAH – JAANTA UUKO LAAB

Traduction rapide et raccourcie :
(Oh toi vendredi qui a toujours favorisé Djibouti –
Toi qui a terrassé le colonialisme et l’a affaibli–
Comme tu as renversé celui qui est parti –
Fait du même pour celui là aussi…..i)’’

AÏNACHÉ

17/12/10 (B582) M Aïnaché nous adresse la transcription de l’interview qu’il a accordée récemment à LVD et que nous publions intégralement avec son aimable autorisation.

Invité: Du jeudi 16 décembre 2010 –
Au micro de MOHAMED HOUSSEIN

MOHAMED MOUSSA AÏNACHÉ, personnalité politique Djiboutienne et opposant de longue date.
Bienvenue à la voix de Djibouti, la L V D !

Merci de bien vouloir m’accueillir à votre antenne !

Journaliste Vous êtes une grande personnalité politique Djiboutienne, pouvez-vous vous présenter brièvement au grand public à travers cette antenne ?

Mohamed Aïnaché : Je suis un citoyen lambda qui a un profond désir que son pays avance vers la démocratie et sorte enfin de la gestion héritée du colonialisme qui perdure par la volonté de nos dirigeants actuels.

J. Monsieur AÏNACHÉ, quel regard portez-vous aujourd`hui sur la situation générale du pays c’est -à -dire Djibouti ?

M.A. Comme chacun peut le constater, la situation générale me semble bloquée et l’horizon se bouche de plus en plus.

Compte tenu de l’échéance de l’élection qui s’approche, chacun de nous remarque, la fébrilité du pouvoir ces derniers jours.

Nous venons d’apprendre, des arrestations arbitraires dans le nord de la république, des militants et des responsables locaux de l’ARD : à Obock et Tadjourah

Ces agissements épidermiques ne sont pas faits pour aborder cette échéance dans la sérénité et ne nous rassure pas.

J : Vous avez récemment participé au forum que l’opposition Djiboutienne tenu à Londres. Qu’avez-vous vu dans ce premier forum de l’opposition Djiboutienne tenu en dehors du pays ?

M.A. L’impact du Forum de Londres est très positif pour la Diaspora et pour les Djiboutiens en général.

J’ai constaté lors de cette rencontre à Londres une opposition Djiboutienne unie voulant apporter les changements tant souhaités par nos concitoyens et prête à prendre son destin en main.

Dans cet ordre d’idée, l’opposition me semble très désireuse de sortir de la division ethnico-tribale où nous sommes maintenus artificiellement et souhaite promouvoir enfin la citoyenneté Djiboutienne.

Comme vous le savez, il y a eu beaucoup de nos compatriotes venus d’à peu prêt partout d’Europe (France, Belgique etc..) et même des Etats Unis d’Amérique.

Tous ont montré leurs besoins d’information et leurs désirs profonds d’un changement politique espéré prochainement.

D’après les échos que j’ai reçus sur ce Forum, il semblerait que le tenant du pouvoir a été ébranlé par le succès de cette rencontre.

J. : Quels étaient les points forts abordés lors de ce forum ? Quels étaient les engagements pris par les leaders de l’opposition durant ce meeting ?

Le point fort de ce Forum a eu pour objet de faire avancer la coalition de l’opposition et envoyer un énorme signal d’encouragement à tous les Djiboutiens qui souffrent sous ce régime policier.

Les thèmes choisis pour cette rencontre ont été :

1er – Non au 3ème mandat et au viol de la constitution
2ème – Des réformes démocratiques y compris des élections libres et transparentes
3ème -un Débat : Djibouti, quel avenir avec une dictature et dans une région troublée ?

J : Pouvez-vous nous dire que l’opposition Djiboutienne est bien unifiée voire bien rodée pour être en mesure de relever le défi de l’alternance démocratique dans le pays en 2011 ?

M.A : Il n’y a pas de doute là-dessus.

Ce gouvernement n’a fait preuve ni d’imagination ni d’équité et se contente de faire un copier coller du système coloniale que nous avions tant combattu.

Compte tenu de ce constat amer, je pense que l’opposition unie en a tiré la leçon et est parfaitement prête à relever le défi

J : Quel doit être, à votre avis, le rôle de la diaspora Djiboutienne pour la cause du changement démocratique dans le pays ?

M.A. : Le rôle de la diaspora est très utile et rendu indispensable par l’étouffement du tenant du pouvoir qui n’autorise aucune espace de liberté. La diaspora sert de relais à l’opposition qui ne peut, comme vous le savez s’exprimer dans les médias nationales, pour faire connaître ses programmes au peuple.

Il n’est pas concevable que l’opposition ne puisse accéder aux médias de l’Etat.

Dernièrement, le Président de l’UAD, s’est exprimé à une télévision étrangère émettant depuis Paris, ‘’ Afrique24 ‘’pour ne pas la nommer.

(Lors de cette interview Monsieur Ismael Guédi Hared a dit qu’il n’a jamais été invité à la Radio et à la Télévision Djiboutienne ni aucun autre opposant d’ailleur).

C’est tout simplement scandaleux.

Pour remédier à ce scandale, beaucoup de nos compatriotes se sont attelés courageusement à s’investir à travers les médias, comme vous et les différents sites Internet Djiboutiens et amis.

D’ailleurs, j’apprends que votre Radio dérange et qu’elle est régulièrement brouillée !

Ceux de ma génération se souviennent, dans la période coloniale, de radio Caire (en langue Somalie) qui subissait les mêmes traitements

Cette radio dans ses émissions nous encourageait à ‘’virer » le colonialisme et à prendre nos destins en main,

C’est tout dire !!!!

J : Monsieur AÏNACHÉ, je rappelle au public qui nous écoute que vous étiez le premier directeur de la R.T.D (la radio télévision Djiboutienne). Quels souvenirs gardez-vous de votre passage en tant que directeur de la RTD ? De quel genre d’informations étiez-vous en charge ? En quoi, selon vous, contribue-t-elle une information libre et indépendante au progrès d’un pays ?

M.A. Je garde malheureusement un souvenir amer de cette période.

J’avais construit la RTD sans l’aide de personne et dans l’indifférence des nouveaux dirigeants.

J’ai pris en charge une radio et télévision délibérément sabotée par l’ancien dirigent qui souhaitait qu’il n’y ait plus de Radio et télévision dans ce pays après son départ.

Avec beaucoup des difficultés, j’ai construit une radio et télévision nationale au service du pays et du peuple.

Je me suis efforcé de travailler pour que les Djiboutiens se reconnaissent à travers leur radio et leur télévision et j’ai refusé que les médias nationales soient au service d’une seule personne et d’une seule politique.

Malheureusement, devant l’impossibilité d’exercer mes fonctions dans le respect de l’idée que je me faisais de ma responsabilité, j’ai préféré y renoncer

Et depuis, je me voie contraint de vivre en exil, comme beaucoup d’autres de nos compatriotes.

J : Nous arrivons au terme de notre interview, merci monsieur AÏNACHÉ

M.A. : Merci à vous Mohamed

21/11/10 (B579) Forum de l’opposition djiboutienne à Londres, le 20/11/10 – La Voix au Chapitre – déclaration de M. Aïnache.

FORUM DE L’OPPOSITON DJIBOUTIENNE
Londres, le 20 novembre 2010.

PAS FACILE D’ÊTRE OPPOSANT A DJIBOUTI !

Pour se réunir, réfléchir ou échanger sur la vie politique, syndicale ou même culturelle, cela devient pratiquement impossible pour la grande majorité des Djiboutiens de s’organiser dans leur propre pays.

Toute tentative de cet ordre est à priori soupçonnée d’être une mauvaise intention de la part des personnes ou des groupes. Ceux-ci sont aussitôt assimilés à des ennemis de la république.

Car dans l’esprit de nos dirigeants, tous ceux qui ne font pas partie du cercle réduit des courtisans sont des ennemis de l’ordre établi.

C’est la raison pour laquelle l’opposition politique, syndicale, ou tout autre groupe souhaitant échanger un point de vue sur son propre pays est contraint de le faire hors des frontières nationales, comme c’est le cas aujourd’hui, à Londres. On peut rappeler que bien d’autres réunions semblables ont précédé celle ci et dont les plus récentes sont Bruxelles, Ottawa ou Paris.

Mon souhait, et sans me tromper, le souhait de chacun d’entre nous qui avons fait l’effort d’organiser ce forum ou d’y participer en venant, pour certains de loin, est que notre rencontre serve à faire avancer la coalition de l’opposition et envoie un énorme signal d’encouragement à tous les Djiboutiens qui souffrent sous ce régime policier.

Les thèmes choisis pour cette rencontre sont aujourd’hui:

  • 1er – Non au 3ème mandat et au viol de la constitution
  • 2ème – Des réformes démocratiques y compris des élections libres et transparentes
  • 3ème – Débat : Djibouti, quel avenir avec une dictature et dans une région troublée ?

Le viol de la constitution qui s’est opéré avec les obligés du président, manifestement sans douleur, n’est pas et ne peut être validé par personne encore moins par nous qui sommes rassemblés ici, maintenant, et ceux qui se battent au risque de leur vie au pays.

La preuve s’il en était besoin, la démonstration de la population à Djibouti mardi dernier, jour de l’aïd, à l’appel de l’UAD.

En modifiant la constitution, le président n’a même pas pris la peine de cacher ses intentions. En procédant de la sorte, il visait sans vergogne une présidence à vie. Cela lui parait aller de soit car ayant reçu cette fonction en héritage, dans son esprit il se doit de rester suffisamment longtemps pour léguer la présidence aux siens.

Alors, la première question posée est : comment s’opposer à cette élection anticonstitutionnelle programmée pour le mois d’avril 2011, soit dans seulement cinq mois ?

A la dernière élection présidentielle d’avril 2005, l’opposition avait choisi le boycott, après avoir constaté que les conditions minimales pour participer dignement à cette élection n’étaient pas réunies

Le président sortant qui se présentait à sa propre succession, n’a pas non plus pu susciter un seul candidat, même de complaisance, comme challenger.

Malgré tout, cela ne l’a pas gêné d’aller seul à l’élection dont il avait à l’avance programmé son succès. D’où le surnom dont le journal La Réalité l’a affublé  »LE CANDIDAT SOLITAIRE »

Deux mandats illégitimes :

Le tenant du titre a bénéficié, jusqu’à maintenant de deux mandats illégitimes.

Comme chacun sait, l’élection de 1999 fut très fortement contestée et l’opposition s’est senti volée de sa victoire comme aux législatives de 2003, locales de mars 2006 et législatives de février 2008.

Ni pour l’une ni pour les autres, le pouvoir n’a pu (ou voulu), jusqu’à ce jour, démontrer la véracité de sa victoire ni donner aucun éclaircissement quant à l’organisation et aux résultats du scrutin.

L’élection du second et dernier mandat fut la plus ridicule en l’espèce.

Le candidat sortant n’a même pas pu trouver un adversaire de complaisance pour sauver les apparences. En raison du refus de l’opposition de servir de caution à une élection mascarade, il fut contraint d’aller faire sa cuisine seul.
Les conditions non remplies de l’élection de 2005 sont toujours d’actualité et par conséquent il n’y a eu aucune évolution qui pourrait infléchir la position de l’opposition regroupée au sein de l’UAD.

C’est la raison pour laquelle, les dirigeants de l’UAD préconisent une nouvelle fois, la non participation à cette élection mascarade annoncée.

Il est toujours difficile pour un démocrate de refuser de participer à une élection. Mais quand les dés sont pipés et que tout est joué d’avance en bafouant les règles minimes élémentaires acceptables, il est criminel et irresponsable de cautionner une élection truquée.

Notre Autocrate est un adepte de la malheureuse phrase de l’ancien président français J. CHIRAC, je cite : »Il faut laisser les dictateurs gagner les élections, sinon ils ne l’organiseront pas ».

Pour finir, permettez-moi d’aborder, la troisième question posée pour notre rencontre :

Quel avenir avec une dictature et dans une région troublée ?

Sans espace de liberté, nous nous réunissions une fois de plus en dehors de notre pays. La parole publique est confisquée sauf dans les Mabrazes truffés d’oreilles intéressées.

Nous apprenons régulièrement la difficulté que rencontrent les militants des partis légalisés de se rendre dans les annexes afin de participer à des réunions ou de rencontrer les dirigeants.

Ils subissent constamment à proximité des sièges des partis ou aux domiciles de certains dirigeants des provocations et intimidations policières.

Nous savons désormais que le recours à la guerre civile est la pire des solutions et pourtant cela nous traverse parfois l’esprit.

Certains d’entre nous ont franchi ce pas avec toutes les conséquences que cela a pu engendrer. L’expérience de la guerre civile (dont les braises couvent encore de nos jours) des années quatre vingt dix avec son cortège de malheur a stoppé net le développement du nord de la république.

Il ne faut pas perdre de vue que le conflit sommeille en nous, prêt à surgir.
Pour éviter une nouvelle guerre civile abominable, nous sommes forcés d’abandonner nos divisions intestines qui en définitive ne profitent qu’aux tenants du pouvoir.

Il est illusoire de vouloir établir une nation sans des citoyens égaux. Il ne se passera rien de sérieux dans le domaine politique tant que l’unité politique ne sera pas réalisée autour d’un leader charismatique adoubé par l’opposition nationale.

La malédiction Djiboutienne veut que les politiciens visent une alternance ethnique ou tribale au lieu d’une alternance des programmes politiques.

Ce n’est pas que nous manquons de généraux, mais d’un GENERAL EN CHEF.

Tout le monde se souvient de la raillerie de l’ancien Secrétaire d’État USA, Henri Kiesinger à propos de l’absence d’un interlocuteur représentant l’Europe dans les années quatre vingt : ‘’L’Europe quel numéro de téléphone ? »

D’où vient cette impuissance sinon des rivalités ethniques et tribales savamment entretenues ?

Pour ma part, je me demande souvent, si le pouvoir ne rêve pas d’entretenir un conflit permanent le rendant indispensable aux yeux des puissances étrangères qui sont évidemment inquiètes à propos de leurs intérêts économiques et géostratégiques dans cette région troublée !

Ainsi, notre président leur vend l’idée qu’il est par sa fermeté et sa longévité au pouvoir, le garant de la stabilité dans la région.

On murmure ça et là qu’il n’est pas étranger aux conflits qui perdurent en Somalie

Notre président, par son refus d’affronter le débat démocratique, s’approprie l’adage que les chrétiens attribuent à Jésus-Christ : Celui qui n’est pas avec moi est contre moi. Donc pas de débat, pas de démocratie pas de civisme.

Depuis toujours, les occidentaux ont privilégié leur intérêt stratégique qui vient de prendre une dimension colossale avec la guerre civile en Somalie qui perdure depuis bientôt vingt ans et ses conséquences multiples.

La désormais célèbre et très ‘’lucrative » piraterie maritime au large de la Somalie a augmenté l’intérêt déjà réel aux yeux du monde sur notre petit pays.

Notre pays a donc pris, à cause ou grâce, c’est selon, les troubles de la région et la piraterie, une dimension qui nous dépasse. Nos dirigeants n’ont vu que les retombées financières comme d’habitude à leurs usages personnels.

Leur cupidité les a aveuglés et comme toujours, ils n’ont pas su trier le bon grain de l’ivraie.

Nous intéressons, à n’en pas douter, le monde entier. Il faut que nous soyons à la hauteur de l’espoir d’une stabilité que notre pays suscite.

Nous avons claironné et voulu que notre pays soit une « terre de rencontre et d’échange » et je suis persuadé que nous pouvons restaurer cette maxime. Il ne suffit pas de le dire mais il faut le faire.

Le plus important ce n’est pas de se doter des institutions sur papiers et de se flatter de voter des lois mais de les appliquer !

La mobilisation générale des démocrates préconisée à de multiples reprises doit s’organiser rapidement. Parce que nous n’avons plus de temps à perdre.

Il est plus qu’urgent que nous prenions lors de cette rencontre des décisions audibles, visibles et concrètes pour mettre hors d’état de nuire ce pouvoir usurpé qui n’a que trop duré.

Vive le peuple Djiboutien uni !

Vive la Démocratie!

AÏNACHÉ

18/12/09 (B529) La voix au Chapitre : L’OBSESSION (Par Aïnaché) (Mise à jour le 21/12)


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Plus le temps passe, et plus j’ai l’intime conviction que nos dirigeants actuels nous mènent droit vers la catastrophe.

Le chemin sur lequel s’avancent nos dirigeants, avec cette obsession de la modification de la constitution, me semble suicidaire.

Il paraîtrait que la propagande menée à cet effet est au zénith. Paradoxalement, ce petit comité de bateleurs répète à perdre haleine la nécessité de modifier la constitution, mais sans ne jamais donner aucune explication valable argumentée qui motive cette modification tant désirée.

Tout le monde devine sans peine que cette modification de la Constitution n’a d’autre but que de permettre une troisième élection en vue d’une présidence à vie sans l’once d’un débat.

Nous savons tous, que la modification ou la non application de la constitution ne leur pose aucun problème et ne chahute pas leur conscience, par contre ce que j’attend, c’est la justification qu’ils vont trouver pour nous la faire accepter. Quels arguments vont-t-ils exposer pour justifier cette modification annoncée.

Quelles sont les politiques : économique, sociale ou culturelle qu’ils n’ont pas pu faire, faute du temps après trente deux ans de pouvoir absolu.

Il me vient en mémoire la phrase dans un discours prononcé par l’ancien Président, H. GOULED APTIDON, à l’époque où le jour de fête, il tenait les meetings encore à l’avenue 13. Je crois même c’était la dernière fois où la cérémonie s’est déroulé dans ce lieux populaire. Au milieu de son discours avec ses phraséologies habituelles il dit en raillant ses collègues du continent d’Afrique, avec un petit sourire au coin :

 » Moi, je ne vous demanderais pas comme les autres de m’élire à vie. Je me présenterais à votre suffrage pour un mandat de six ans renouvelable une seule fois. »

Je me souviens d’avoir tiqué un peu en entendant cette phrase et je me suis ouvert d’une manière spontanée à la petite groupe avec qui je me trouvais en disant : « Compte tenue de son age après deux fois six ans cela équivaut à une présidence à vie. »

Ma petite sortie n’a pas amusé mes compagnons et particulièrement notre président actuel. Peut-être mes déboires avec ce régime ont commencés ce jour là ???

Quoi qu’il en soit cette modification annoncée déclanche une avalanche de réactions, dans tous les sites et les différents forums. Les plus virulents, et qui sont farouchement contre, sont les moins de trente ans. Ceux là même qui n’ont connu que ce régime.

A ce propos, je constate la vitalité renouvelée de nos compatriotes en observant les différents forums et la multiplication des sites.

Comme chacun sait à la fin de cette semaine (samedi 19) se tient un forum à Bruxelles sur la commémoration du massacre d’Arhiba., organisé par l’association FDP (Forum pour la Démocratie et la Paix)

Je salue par ailleurs, le nouveau site Djiboutien qui vient d’être mis en ligne par un groupe de jeunes dynamiques : www.djiboutii.net. (Modification du 21/12)

Il se donne comme mission de donner  »une voix pour les sans voix »

Autant dire que cela représente la grande majorité des djiboutiens

Voici la définition qu’ils se sont donnés et qu’on peut lire sur leur page d’accueil :
 »Ce site vient s’ajouter aux nombreux autres mis en ligne par des djiboutiens vivant au pays, en Amérique du nord et en Europe.

L’objectif premier est d’ajouter une voix, celle des sans voix. Nous allons ajouter notre voix mais aussi, et surtout, notre énergie, pour que notre pays redevienne une terre de partage, une terre de prospérité et une terre de fraternité pour tous ses enfants et nous sommes convaincus que c’est encore possible ».

C’est un programme louable auquel j’adhère sans réserve. Bravo aux animateurs de ce site et longue vie à leur projet.

Saluons également, le blog prolifique ‘’FreeDjibouti » qui fournit beaucoup d’articles très intéressants.

Grâce à ces multiples initiatives, les djiboutiens qui ont la possibilité pourront se ressourcer et s’informer. .

AÏNACHÉ

01/08/08 (B510) La voix au chapitre : « La mort du poète – Salut l’artiste ! « (Par Aïnaché)


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LA VOIX AU CHAPITRE : par AÏNACHÉ

 

LA MORT DU POËTE


Le grand poète et dramaturge djiboutien, Hassan Elmi Dirieh est mort, le 11 juillet dernier. Paix à son âme et que les siens, à qui je présente mes sincères condoléances, soient consolés et apaisés.

Le comble du ridicule, c’est que nous avons appris cette grande perte de la république de Djibouti à l’extérieur de son pays.

Par ses pièces de théâtre , ses chansons et ses poèmes Il a lutté pour l’avènement de cette république et Il s’est vu souvent interdit des antennes de radio et télévision coloniale.

Il a servi loyalement, après, cette république qu’il chérissait, par le truchement de son art et son immense talent que se soit à la RTD, à l’éducation nationale ou à l‘ISERST (Institut Supérieur d‘études et de Recherches Scientifiques et Techniques) .

Homme de culture immense, il fut un auteur prolifique, depuis les années des clubs de jeunes et des loisirs. I l avait monté de nombreuses pièces de théâtre couronnées de succès mérités, notamment pour le compte du fameux club BONNE ESPERANCE, ensuite pour le compte de l’association GAAN MACAN et en fin pour la troupe de la RTD.

Des nombreux djiboutiens possèdent ces émissions audiovisuelles de sensibilisation sur la culture, le civisme ou la santé qu’il avait réalisé sur commande du gouvernement.

Beaucoup de comédiens et plus particulièrement des chanteurs lui doivent leur carrière, car il fut un redoutable dénicheur de talent. Certains d’entre eux et non les moindres, il les avait pris à la puberté et les traînait avec lui malgré l’hostilité de leurs proches car convaincu de leurs potentialités.

S’il n’avait pas eu cette intuition nous n’ aurions pas eu entre autre : Abdi Nour Allaleh, Fatoum Doualeh pour ne nommer que ce deux l à qu’il avait pris presque au berceau . Il n’y a pas un artiste djiboutien de culture somalie digne de ce nom qui n’a pas interprété s es chansons ou ses pièces de théâtres . La médiathèque de la RTD regorge de s es chansons, théâtres et poésies .

Partout dans le monde, lorsque un pays perd un poète et dramaturge de cet acabit, il décrète un hommage à la mesure de l’immensité d u personnage… PAS A DJIBOUTI

J ‘ai beau chercher une ligne un mot dans les médias nationales, rien. Cherchez d’où vient cette incapacité d’honorer le s sien s même le plus illustre d’entre nous ????

Décidément, la prophétie de Haji DIDÊH reste d’actualité : JABOUTI T’AKOLL IIYALLAHA WA TARABI IIYALLAH NASS)

« Djibouti dévore ses enfants et éduque les enfants des autres »

Si le pouvoir public et les médias qu’il avait servi ont manqué à l’honorer, le peuple djiboutien continuera à chanter et à s e nourrir de ses sages poésies et de ses pièces de théâtres.

SALUT L’ARTISTE !!!

AÏNACHÉ

17/05/08 (B499) La voix au chapitre : « IL FAUT SAUVER L’ELEVE OFFICIER BARKATLEH ! « (Par Aïnaché)


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Contrairement à la version officielle relayée sans vergogne par les médias officiels :

‘’le séminaire de réflexion sur l’action gouvernementale » ne fut pas un succès, encore moins un succès indiscutable.

Comme je l’ai signalé dans une précédente chronique, le pouvoir n’a pas hésité à le qualifier de succès en dépit de ce que nous savons, et avons entendu et vu.

Voici ce qu’ affirme le président de la république : Je dis bien succès, à la hauteur de la participation importante et à la qualité du débat qui eut lieu durant cette longue semaine. Dixit IOG.

Le jeune Elève Officier qui n’a pas pu prendre la parole appréciera.

Comme chacun d’entre nous, j’ai été estomaqué de découvrir la vidéo extraite des images de la RTD sur la tentative de vouloir poser une question du jeune Elève Officier Barkatleh Hassan.

Manifestement, ce jeune homme a pris au mot la propagande officielle parlant d’un « séminaire de réflexion de dialogue direct entre gouvernants et gouvernés ».

Bien mal lui en a pris, il n’a même pas pu poser sa question.

A peine s’est il acquitté des louanges obligatoires envers le président, comme la sourate du coran qu’on doit réciter avant chaque prière, que le pauvre futur officier s’est vu interrompre par le 1er des ministres qui s’inquiétait de ne pas le trouver sur sa liste d’intervenants.

Comme vous avez pu voir par vous-même, le 1er des ministres l’a dit sans ambages, ce jeune homme ne fait pas parti de la liste des intervenants sélectionnés et invités à poser des questions.

Je suis admiratif également de l’autre jeune officier qui a pris la parole aussi promptement après lui et qui a voulu préciser leurs démarches. Ce dernier non plus n’a pas pu finir sa phrase.

Et la suite vous connaissez.

Pour ceux qui n’ont pas vu encore cette vidéo, préparez vous à un choc redoutable. Vous verrez de quelle manière les jeunes Elèves Officiers se sont fait confisquer la parole, humiliés publiquement et en plus en direct à la télévision. :

ARDHD :
lien avec l’article
YOUTUBE :
http://www.youtube.com/watch?v=YsqFLRNcvyw

Le pouvoir a voulu radio/téléviser le séminaire afin de se forger une image moderne et démocratique. Il était sure du contrôle qu’il avait organisé sur les participants.

Patatra, l’Elève Officier Barkatleh fut le grain de sable qui a montré le véritable visage du pouvoir.

Ce qui est sur, et que le monde entier retiendra de ce séminaire sera, à n’en pas douter, l’intervention avorté de l’Elève Officier BARKADLEH et surtout la réaction épidermique du Président de la République.

De nombreuses personnalités présentes et non les moindres ont été ébahis devant la tirade présidentielle.

Nous n’avons pas vu comment les jeunes Elèves Officiers se sont fait évacuer de la salle et où ils se trouvent en ce moment. Nous sommes légitiment inquiets pour eux.

Ces jeunes ont eu le seul tort de vouloir poliment poser une question afin de participer au séminaire en principe ouvert à tous.

Dans ma chronique ‘’ La voix au chapitre » du 04.05.2009. J’ai suggéré aux fonctionnaires de poser des questions à nos dirigeants afin de faire avancer la démocratie (voir ARDHD-B497)

Je constate que se sont des jeunes Elèves Officiers qui, voyant que personnes n’osaient intervenir ont voulu participer poliment et d’une manière citoyenne au séminaire.

Nous avons l’obligation de suivre attentivement le sort de ces jeunes Elèves Officiers. Notre devoir civique nous enseigne que :

NOUS DEVONS SAUVER L’OFFICIER BARKATLEH ….et ses camarades.

AÏNACHÉ – le 17 mai 2009

14/05/08 (B498) La voix au chapitre : SUCCES INDISCUTABLE ! (par AÏNACHÉ)

Le deuxième séminaire de réflexion sur l’action gouvernementale s’est achevé avec un succès indiscutable, nous informe t’on sur tous les tons ! Le contraire nous aurait profondément surpris !

La première chose qui saute aux yeux c’est la fréquence de ce genre de manifestation.

Nous sommes emmenés à nous demander à priori pourquoi tous les 7 ans, et pourquoi cela coïncide chaque fois juste 2 ans avant l’élection présidentielle ?

Est ce un hasard ou une stratégie de mobilisation en préparation de la nouvelle échéance ?

L’essentiel que le tenant du pouvoir veut nous inculquer de grès ou de force : Ce séminaire est un succés……INDISCUTABLE.

Malheureusement, il y a beaucoup à dire ou à redire.

Comment peut on parler d’un séminaire de réflexion sur l’action gouvernementale, lorsque l’on constate que les intervenants et les participants sont tous membres du gouvernement ou fonctionnaires des différents ministères ?
Une assemblée où tous les membres participants sont d’accord avec l’organisateur, où le débat est bannis et aucune voix discordante n’est admise, ne peut pas être démocratique.

Les patriotes qui n’acceptent pas de vendre leurs âmes nous ont informés du déroulement de la semaine. Ils signalent que certains hauts fonctionnaires ont failli s’asphyxier en écoutant sans pouvoir réagir leurs ministres massacrer les discours qu’ils avaient préparés avec soin.

Quelques ministres ont été à la limite de l’évanouissement lors de leurs interventions.

Ils étaient tellement envahis de peur qu’ils devenaient pratiquement inaudibles.

Comment intervenir sereinement lorsqu’on se sent sous la surveillance de son mentor qui vous fusille avec le regard d’un policier soupçonneux.

Quelques fonctionnaires appelés à la rescousse, se sont vus dans l’obligation à la dernière minute de refaire l’exposé qu’ils avaient préparé depuis longtemps car ils ne faisaient pas suffisamment la gloire du président.

De jour en jour les discours des ministres se transformaient en éloge présidentiel.

C’était à qui enverrait le plus de fleurs à l’action et à la clairvoyance du président.

Le président se transformait en monsieur loyal dirigeant les différents numéros de son cirque, il faut reconnaître avec une minutie comme il le dit lui même …REMARQUABLE.

Coupant la parole à un intervenant, distribuant la parole à l’assistance, faisant semblant de haranguer un jeune qui aurait posé une mauvaise question et ainsi de suite.

Un animateur de foire professionnel n’aurait pas fait mieux.

Hélas ! Tout ça ne fut qu’un saupoudrage à nous faire prendre des vessies pour des lanternes
.
Imaginons un instant, si au lieu de ce cirque pompeusement appelé  »Séminaire de réflexion gouvernementale » le pouvoir organisait UNE CONCERTATION NATIONALE.

Elle pourrait réunir : le gouvernement, les partis politiques de la majorités et de l’opposition, les défenseurs de Droit de l’Homme et la société civile représentée équitablement par des associations répressantives afin de débattre librement de l’avenir de notre pays,

Cela aurait du panache, le pouvoir serait dans son rôle et ferait une action historique.

On peut rêver !

Les medias locaux qui s’enflamment pour un séminaire mascarade auraient alors une raison valable de rendre compte objectivement d’une concertation nationale et de surcroît démocratique

Ça ne peut pas se passer comme ça ….sous IOG !

AÏNACHÉ
Le 13 mai 2009