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06/05/05 (B296) Avis d’un lecteur sur la politique tribale d’IOG et sur les injustices réservées, en particulier aux Fourlaba. (Lecteur)

____________________________ Note de l’ARDHD

Nous avons toujours choisi d’éviter, autant que nous le pouvons, toute contribution à caractère raciste ou tribale. Il nous est difficile de refuser l’article que nous propose un lecteur, car il met en lumière justement, la politique négative du "Tout tribalisme" qui est poursuivie par Guelleh ….

Nous ne voudrions surtout pas que cet article puisse susciter le retour des polémiques ethniques, qui sont nuisibles au débat pour la restauration des Libertés, de la Justice et de la Démocratie.

Comme notre lecteur oublie d’en parler, nous rappelons qu’il convient aussi de souligner (ce qui a souvent été écrit sur notre site) que les Fourlaba ne sont pas les seuls à être les victimes de Guelleh : les Gadabourci et les Afar, entre autres, ont payé un lourd tribut à la politique haineuse du dictateur, qui privilégie à outrance le clan des Mamassan.. et qu’ils ont eu de nombreuses victimes (Suite de l’affaire du café de Paris, massacre d’Arriba, exécutions de civils dans le Nord et à l’Est, etc..)

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Ismail Omar a toujours pourchassé les
Fourlabas. Déjà, lorsqu’il était le Directeur du Cabinet de Gouled puis aujourd’hui, comme Président. Les Fourlaba representaient autrefois 50% de la population djiboutienne y compris
dans la fonction publique. Aujourd’hui, ils ne représentent plus
que 30%.

Guelleh n’a jamais aimé notre ethnie. Il y a eu
plus de Fourlaba tués en 25 ans que pendant 100 ans. Ils sont véritablement pourchassés par le régime et par ses manoeuvres qui constatent à dresser d’autres ethnies contre eux.

Pourtant notre ethnie n’a aucune raison de faiblir. Elle demande simplement le droit de vivre librement, dans le respect de la justice et en bonne intelligence avec toutes les autres composantes de La Nation.

Donc je dirai que les Fourlaba vivront et qu’ils continueront à vivre après Guelleh et son régime dictatorial.

Les Djiboutiens de demain.
Hollande

06/05/05 (B296) Le juge (et homme d’affaires) Saad est décédé le 4 mai 2005. L’annonce de sa disparition a été accompagnée d’un article élogieux dans La Nation, mais nous savons qu’elle a empli de tristesse de nombreux Djiboutiens qui voyaient en lui, un homme de devoir et de justice. Cette annonce s’accompagne de la révélation d’un certain nombre d’éléments concernant Gouled, les relations avec la DGSE et l’affaire Borrel et de circonstances troublantes qui pourraient laisser penser que la mort du juge Saad n’est peut-être pas aussi naturelle qu’on pouvait le penser. (Source : un témoin)

L’ex-Juge Saad Ahmed Cheik Moussa était le frère du Colonel, Mahdi, dont le nom est souvent cité dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du Juge Borrel.

L’assassinat du magistrat français était-elle programmée à l’avance ? A-t-elle reçu une sorte d’aval de la part des Services français ? Voilà bien des questions qui se posent depuis !

Un événement mérite d’être cité. Il y a plus d’un mois et demi, un témoin capital a donné un interview à RFI sur la mort du Juge Borrel. Il y parlait notament de la rencontre d’IOG avec le Patron de la DGSE à Biarritz. Ce fut lors d’un voyage officiel que Gouled effectuait en France et IOG l’accompagnait. La rencontre aurait eu lieu, selon des sources bien informées, quelques mois après la disparition du Juge Borrel.

On se souvient qu’IOG, en décembre 1994 avait déclaré avoir reçu une cassette video piegée qui aurait du exploser dans son bureau. Dans ce cadre, une commission rogatoire internationale a été constituée.

En son sein, les Juges Leloire (toujours lui !) et Saad devaient travailler en étroite collaboration. Les gendarmes du palais avaient été ecartés rapidement de l’affaire. Exactement à partir du moment où la filiere a été remontée, prouvant que la fameuse cassette avait été postée dans le sud de la France, à Marseille plus précisement.

Selon les premières conclusions de l’enquête, de la bouche même d’IOG et de ses proches, on estimati qu’il était possible que la DGSE ait choisi ce moyen pour en terminer avec IOG !

La France avait plutôt choisi de miser, à l’époque, sur Ismaël Guedi, alors Directeur du Cabinet de Gouled …

Le colis n’ayant pas explosé, IOG a commencé à provoquer des tensions dans les relations diplomatiques avec la France .. Certains pensent que le Juge Borrel était sur les traces d’une filière trés importante qui aurait impliqué des Français et Djiboutiens dans divers trafics nationaux et internationaux et que sa disparition aurait été la première riposte.

La seconde riposte d’IOG aurait concerné Ismaïl Guedi, Moumin Bahdon, Gabayo (emprisonnés à l’époque) qui représentaient pour lui de sérieux adversaires et que la France avait choisi de soutenir après le départ de Gouled.

Pour calmer le jeu et cet engrenage, le patron de la DGSE aurait négocié un compromis à Biarritz avec IOG. A-t-il cedé sur tout ? Comme le prétendent nos informateurs ?

Une seule personne se serait opposé à ce lamentable “baissage français de pantalon”. C’est le Juge Saad qui était, à l’époque, Procureur général. Il a refusé de participer à ce jeu et il a aussitôt demissionné de son poste au Parquet. Il refusait de coopérer non seulement avec celui que ses proches appelaient “le Procureur mafieux” et qu’IOG avait installé Ali dit Ali Souss, un afar mais aussi avec le Procureur de la République, aux ordres de Guelleh, le fameux Djamma Souleiman.

Mais les Autorités françaises veillent au grain !

L’interview du témoin capital, qui devait passer depuis un mois et demi sur les antennes de RFI, a été censurée !!!

Ce délai aurait-il permis, comme certains le pensent, à IOG de prendre les dispositions nécessaires pour éliminer le Juge Saad du paysage … ? IOG arait-il été informé du contenu de l’interview par un corbeau qui agirait depuis Paris ? Il n’est pas question de l’affirmer pour le moment mais ces interrogations sont encore sans réponse. Ne désespérons pas !

En tout cas, nous avons reçu confirmation que la transcription de l’interview censurée du témoin capital a été adressée aux deux Juges qui s’occupent chacune, pour leur part, en France, des instructions à Paris sur le meurtre du Juge Borrel et de la procédure pour subornation de témoins à Versailles.

Nous attendons aussi que le Quai d’Orsay veuille bien transmettre à Djibouti les convocations de Djama Souleiman (Grandes oreilles) et d’Hassan Saïd. Les diplomates français doivent être dans leurs petits souliers et se creuser la tête pour trouver le meilleur moyen de l’annoncer à Guelleh .. sans se faire couper la tête, au minimum injurier à la manière forte qu’affectionne IOG …

Cela dit, nous nous joignons à tous ceux qui adressent leurs condoléances à la famille du Juge Saad, qui est considéré par la majorité des Djiboutiens comme un homme intègre et respectueux de ses devoirs.

Les plus méchantes langues se demandent qui va accaparer son Business, en l’occurence ses participations dans le capital de ses affaires. IOG ou Paulette : les paris sont ouverts, mais que les autres candidats ne se fassent pas d’illusion. A leur habitude, ils ne laisseront que des miettes aux obligés institutionnels.

D’autres s’inquiètent sur l’augmentation vertigineuse du taux de mortalité des personnalités djiboutiennes en ce moment. Une mauvaise épidémie frappent-elles les couches opposantes. Rappelons (*) les décès du Juge Borrel, de Mohamed Elabeh, de Yacin Yabeh (privé de soins par Guelleh), d’Ahmed Dini, suivie à une semaine par celle de Chehem Daoud, de l’officier Ladieyh, du neveu d’Hassan Gouled disparu tragiquement (par empoisonnement ?) dans une geole éthiopienne, etc… S’il est impossible d’affirmer que tous ces décès auraient été provoqués par la maladie inoculée par le régime, certains pourraient quand même avoir été les victimes de l’épidémie dictatoriale …

(*)N.B. C’est à juste titre que de nombreux lecteurs nous ont écrit pour nous signaler que notre liste était complète. Ils ont tout à fait raison, mais il faut qu’ils comprennent que la liste est si longue … qu’il nous est impossible de la dresser avec toute l’exhausivité requise. Merci à tous.

06/05/05 (B296) Lettre ouverte d’un lecteur à M. Maki Houmed Gaba, représentant de l’ARD en France au sujet de l’incarcération “pour raisons politiques” de M. Ibrahim God, grièvement blessé de surcroît.

Permettez-moi tout d’abord de  vous saluer pour votre courage et ténacité comme Représentant de l ‘ARD  en France.

Mais depuis le 08 avril 2005, date  à laquelle le dictateur Djiboutien se succédait à lui-même,  vous n’avez pas réagi, à mon humble avis, comme il le fallait. En votre qualité de représentant de votre parti à Paris, j’attendais plus de manifestation et d’action pour dénoncer le scandale. Il est vrai que vous avez été aperçu, juste avant la clôture de la manifestation contre la mascarade électorale, devant la bouche du métro Porte Dauphine à Paris.

Ma question est pour vous Monsieur Maki Houmed Gaba.

Je pense que vous êtes informé des conditions que subit un membre du bureau politique de l’ARD à Djibouti. M. Mahdi Ibrahim Ahmed God, directeur de la publication et rédacteur en chef de « REALITE » , est victime des bourreaux du régime de Guelleh depuis le 08 avril 2005. Il serait blessé grièvement et il est hospitalisé à l’hôpital Bouffard.

Je suis un proche de ce dernier et je n’ai eu connaissance d’aucune action de votre part, face à la souffrance injustifiée de MAHDI et de ses proches, ne serait-ce, au minimum, que pour informer la Communauté internationale, les Autorités françaises, les Associations qui se battent à nos côtés et les Démocrates. Comment pourrons-nous contribuer à mettre ce régime d’un autre âge, qui gouverne le pays, au ban de la Communauté, si nous ne diffusons pas toutes les informations sur ces agissements et sur les violations répétées et inexcusables des Droits de l’Homme.

J’attends impatiemment des éclaircissements qui puissent me soulager et surtout de connaître les actions que vous prévoyez, afin d’en informer toute la famille et de contribuer à la soutenir dans son malheur.

Nous avons  accueilli avec chaleur le message du président du MRD, M. Daher Ahmed Farah en faveur de son ami Mahdi Ibrahim Ahmed God qui a été publié dans les colonnes du RENOUVEAU en date du 28 avril  2005, ainsi que l’information de la LDDH sous la plume de son Président qui a été diffusée sur le site de l’ARDHD.

Dans l’attente d’une réponse à ma suggestion ou plutôt d’une intervention, je vous prie Monsieur le Représentant de l’ARD, de recevoir l’expression de mes sentiments les plus cordiaux.

Un petit-fils de la famille d’Ibrahim God

 

03/05/05 (B296) Le dictateur fait la fête avec les ‘Grands’ de ce monde … (En anglais / info lecteur)

Khalifa fetes guests to celebrate Mansour’s wedding

(Wam)




2 May 2005


DUBAI — President H.H. Shaikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan has held here at the Jumeirah City a luncheon to celebrate the wedding of Shaikh Mansour bin Zayed Al Nahyan, Minister for Presidential Affairs to the daughter of General Shaikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, Crown Prince of Dubai and Defence Minister of UAE.

The luncheon was attended by a large number of dignitaries, including their highnesses members of the Supreme Council and  Rulers of the Emirates, their crown princes, deputy rulers, shaikhs, ministers, senior officials and other distinguished guests from the  UAE and other member states of the Gulf Cooperation Council,  who were invited by the UAE President.


Others who attended the luncheon at the invitation of the  UAE President include President of Djibouti, Ismail Omar Guelleh,  Crown Prince of Bahrain, Shaikh Salman bin Hamad Al Khalifa,  Crown Prince of Qatar, Shaikh Tamim bin Hamad Al Thani, Chief  of Saudi Arabian National Huards, Prince Mut’eb bin Abdullah bin  Abdul Aziz, Prince Khalid bin Sultan bin Abdul aziz, representative  of the Sultan of Oman, Shaikh As’ad bin Tariq al Busaidi and the  son of the Queen of Britain and the Commonwealth, Prince  Andrew.

03/05/05 (B296) La rumeur publique : “De la Tectonique des Plaques en Géopolitique” ou ” Quand la plaque Africaine s’éloigne de la plaque française”

De la Tectonique des Plaques en Géopolitique.
ou
Quand la plaque Africaine s’éloigne de la plaque française.

Au lendemain, des élections présidentielles au Togo, le Ministre Français des affaires étrangères a omis de tourner 7sept fois la langue avant de déclarer que ces élections ont été un succès. C’est à se demander si cette apprentie diplomate vit dans le monde réel. J’ai bien peur que le séjour à Bruxelles de ce charmant Monsieur n’ait pas suffisamment aiguisé son sens de l’observation et de l’analyse. Vous me rétorquerez que l’Europe n’a jamais été une école de pragmatisme et de proximité. Le verdict du 29 mai nous donnera la réponse.

J’accuse Michel BARNIER d’avoir fait preuve d’une insoutenable légèreté dans son commentaire des élections du Togo et d’une crasse méconnaissance de l’Afrique et de ses subtilités. « Un succès », c’est ce qu’il a osé dire. Comment peut-on soutenir une telle affirmation quand on connaît le personnage et surtout les récentes péripéties de Faure Gnasimgbé à l’occasion du décès de son dictateur de père ?

En tout bon apprenti dictateur, il a su faire preuve d’un tel cynisme en bidouillant la constitution de son pays, pour ni plus ni moins, lui permettre d’occuper le fauteuil présidentiel vacant squatté pendant plus de quarante ans par son défunt père. Ce jeune prédateur politique a su faire une entrée remarquable dans le cercle de plus en plus restreint des derniers dictateurs africains. Il en a la fibre, les réflexes et le sens de l’intérêt supérieur de la Nation. C’est sanguin !

Nos diplomates ne sont décidément plus dans le coup. Hier en Côte d’Ivoire, la France a démontré qu’elle avait perdu la main. Elle n’a plus cette dextérité et ce savoir-faire que tout le monde lui reconnaissait pour la cuisine africaine. Aujourd’hui, les plats sont ou trop salés ou trop fades et même parfois un peu trop épicés – un comble pour les Africains – à en provoquer des rancœurs, des amertumes et de plus en plus de phénomènes de rejet.

Après la Côté d’Ivoire, la France vient de mettre à nouveau le pied dans le plat Togolais. Cela devrait être le plat de trop qui pourrait renvoyer notre diplomate en chef vers les vertes prairies de sa Savoie natale. J’ai bien peur – pour lui – que la fin de mi-temps ne lui soit signifiée en même temps que le coup de tonnerre attendu le 29 mai.

Tout à l’opposée de la Côte d’Ivoire et du Togo – géographiquement parlant – il y a aussi un autre plat qui finit par sentir le cramoisi. En effet, sur fond d’une affaire politico judiciaire (affaire Borrel) et de rivalités franco-américaine, le bac à sable Djiboutien, comme se plaît à le dénommer la coalition des diplomates et militaires français, est entrain de se retirer sous les pieds mal habiles d’une diplomatie française qui ne finit pas de briller par sa courte vue.

Cette courte vue sur les affaires djiboutiennes vient se dédoubler d’une frilosité vis-à-vis d’un régime djiboutien qui vient de se racheter une nouvelle virginité démocratique et ce grâce à des élections pseudo démocratiques à candidat unique. Ismail Omar Guellé (actuel Président de la république de Djibouti) vient de se refaire l’hymen avec la bénédiction des chirurgiens en chef Bush et Chirac.

L’opération est une réussite et la vierge se porte bien.

Tous ces petits signes accumulés ça et là, telles de petites secousses telluriques sont annonciateurs de grands chamboulements géophysiques. Nous sommes certainement entrain d’assister à la séparation entre la plaque africaine et la plaque française.

Il nous faut peut être ce big-bang géopolitique pour que l’Afrique puisse se réveiller et atteindre un jour cette maturité politique qui lui fait tant défaut.

Le Big-Bang n’est il pas d’après les spécialistes à l’origine de la vie sur terre. Espérons que ce Big-Bang que nous appelons tous de nos vœux soit à l’origine d’une nouvelle Afrique débarrassée de tous ces vieux démons.

La Rumeur Publique

 

 

03/05/05 (B296) LDDH : des prisonniers politiques toujours incarcérés injustement à Djibouti.


Président de la LDDH

NOTE D’INFORMATION

DU 2 MAI 2005

 

Second « mandat présidentiel » sous les auspices

du 4 ème anniversaire d’un accord de paix violé

Beaucoup a été dit sur le contexte peu démocratique dans lequel s’est déroulée la présidentielle du 8 avril 2005, marquée par une candidature unique, un boycott massif et les traditionnels bourrages d’urnes, ôtant toute crédibilité à ce second mandat présidentiel.

Déplorant que les possibilités de tout changement politique pacifique offertes aux citoyens soient à ce point restreintes, la présente Note d’Information souhaite attirer l’attention sur les risques qu’une telle situation de blocage politique fait courir à une paix civile difficilement acquise : aucune stabilité ne peut être assurée tant que sera violé l’accord de paix du 12 mai 2001 instaurant, après une décennie de conflit armé, les premières véritables élections pluralistes.

  • Pour la première fois depuis longtemps, des prisonniers politiques arbitrairement arrêtés dans le cadre de la campagne présidentielle d’avril 2005, croupissent jusqu’à ce jour dans les geôles de Gabode : il s’agit de MM. Houssein Robleh Dabar, Awad Robleh et Abdi Osman dit Indhabour, cadres de l’Union pour la Démocratie et la Justice (UDJ)

  • Les intolérables atteintes à la liberté d’expression, au fonctionnement normal d’un parti politique légalement constitué et au droit de vote renvoient à la persistance de réflexes de parti unique, et s’inscrivent dans le cadre général de la violation de l’accord de paix du 12 mai 2001.

  • Au niveau des réformes démocratiques, cet accord prévoit en son article 11 que soient revus le statut et la composition du Conseil Constitutionnel, afin que toutes les garanties d’impartialité soient assurées : ce point n’a jamais été appliqué. De même, l’article 16 prévoit la mise en place conjointe (FRUD-armé-Gouvernement) d’une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) : celle qui existe est une structure unilatéralement imposée par le pouvoir en place et composée de militants du RPP. Tout comme ont été violés l’article 10 relatif à la mise en place d’une Commission ad hoc chargé de distribuer des cartes d’identité nationale à tous ceux qui en sont abusivement privés et l’article 14 relatif à la liberté de la presse.
  • La Décentralisation , autre acquis majeur de l’accord de paix du 12 mai 2001, a été violée par le régime en place selon deux modalités ; d’une part, le projet de loi organique annexé au dit accord a été totalement dénaturé, par des amendements contraires aux dispositions de la Constitution, lors de son adoption par l’Assemblée Nationale, d’autre part, cette Loi amendée n’a encore trouvé aucun début d’application, faisant régulièrement l’objet d’une vague promesse.
  • Aucun programme cohérent n’a été dressé pour tous les points relatifs à la réhabilitation et à la reconstruction des zones affectées par le conflit. Plus gravement, les rares logements reconstruits à Obock dans ce cadre, sur financement extérieur, non seulement bafouent la dignité des nécessiteux par leurs dimensions lilliputiennes, mais sont attribuées sur la seule base de critères partisans. Les habitations détruites dans les villages de Randa et de Yoboki n’ont pour leur part bénéficié d’aucune reconstruction.
  • Au niveau de la Paix Civile et de la Sécurité, aucun programme de réinsertion des anciens combattants du FRUD-armé n’a été mis en place. Tout comme la réintégration des syndicalistes abusivement licenciés, préalable à un syndicalisme véritablement libre et sans lequel il est difficile de parler de « société civile », reste encore lettre morte.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) consciente que dans une telle configuration, absolument rien ne permet d’avancer que ce mandat présidentiel pourra assurer la consolidation de la paix civile et le renforcement du processus démocratique, préalables indispensables à tout développement économique.

Fidèle à sa mission de prévention des conflits, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) tient à faire part de ses inquiétudes : sur quoi le chef de l’Etat pourra-t-il décemment prêter serment, lui qui n’a pas honoré celui solennellement pris le 12 mai 2001 de scrupuleusement veiller à l’application d’un accord de paix mettant fin à une décennie d’un regrettable et douloureux conflit armé interne ?

La LDDH est convaincue que seul le respect des engagements souscrits par les deux partis signataires pourra assurer la paix dont notre pays a tant besoin.

03/05/05 (B296) LDDH : la situation des Droits de l’Homme en Ethiopie.


Président de la LDDH

DIFFUSION D’INFORMATION

DU 28 AVRIL 2005

SUR LA SITUATION DES DROITS
DE L’HOMME
EN ETHIOPIE

Cette diffusion d’information en anglais s’adresse aux djiboutiens et à tous les résidents étrangers y compris les immigrés et les réfugiés en République de Djibouti, sans aucune distinction.

Pour une compréhension sereine aucune traduction intégrale n’est faite.

Toutefois, sur le programme commun FIDH et OMCT quelques remarques sont faites, pour mieux apprécier les points de vues locaux des défenseurs des Droits de l’Homme Djiboutiens(nes), et ce, en tant que membres de la Corne de l’Afrique.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains fidèle à sa posture de défenseur des droits humains en Afrique (vice présidence de l’UIDH chargé de la Corne d’Afrique) s’inquiète des similitudes des violations des droits humains dans deux pays voisins de cette région. Violations d’autant plus inquiétantes qu’elles ne sont pas fortuites.

En effet, dans le cadre d’un Accord (secret) de défense signé entre les deux pays, en septembre 1997, une vingtaine de dirigeants et combattants de l’Opposition armée djiboutienne ainsi qu’une djiboutienne de surcroît enceinte, coordinatrice en Ethiopie d’une ONG caritative, avaient été extradés d’Ethiopie puis incarcérés durant deux ans dans la sinistre prison de Gabode en République de Djibouti.

Constatant les similitudes (ci-dessous énumérées) et la récurrence de ces violations en Ethiopie et à Djibouti, la LDDH dénonce ce qui relève de « Troubles Obsessionnels Compulsifs » pour ce maintenir au pouvoir tout en menaçant gravement la stabilité régionale ; similitudes qui se résument comme suit :  

  • Rafles ou extraditions d’immigrés et/ou de réfugiés ;
  • Répressions contre les mouvements syndicaux indépendants ;
  • Epée de Damoclès suspendue au-dessus des défenseurs des droits de l’Homme ;
  • Mise sous tutelle de l’Appareil judicaire par le Chef de l’Exécutif ;
  • Fraudes électorales systématiques en particulier en République de Djibouti ;
  • Harcèlement constant des dirigeants, cadres et militants des Partis de l’Opposition ;
  • Persécutions permanentes des journalistes de la presse indépendante dans toute la Corne de l’Afrique.

La LDDH , consciente de son rôle primordial dans la Prévention des conflits, du combat contre l’Impunité, de son devoir de modérateur pour un réel soutien à la Justice Sociale, déclare son appui, sans réserve, aux exigences de l’Observatoire des Droits de l’Homme ci-dessous en français.

Elle invite tous les Défenseurs des Droits de l’Homme de la Corne de l’Afrique à unir leurs efforts pour pacifier cette Région

  • Mettre une fin immédiate à tous les actes d’harcèlements et de représailles envers les défenseurs des droits humains, conformément à l’article 12.2 de la Déclaration des Nations Unies, sur les Défenseurs des Droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, qui prévoit que « l’Etat prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection par les autorités compétentes de toute personne, individuellement et en association avec d’autres, contre la violence, représailles, ( de facto ou de jure) discrimination défavorable, pression ou toute autre acte arbitraire conséquent à son exercice légitime des droits mentionnés dans la Déclaration », et conformément à la résolution sur les Défenseurs des Droits de l’Homme en Afrique adopté par la 35 ème session de la Commission Africaine sur les Droits de l’Homme et des Peuples le 4 Juin 2004 ;
  • Assurer le respect des libertés d’association, d’assemblée pacifique et d’expression, en accord avec les articles 5 et 6 de la Déclaration des Nation Unies sur les Défenseurs des Droits de l’Homme et les clauses de l’engagement internationale sur les Droits Politiques et Civils, la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et assurer que les lois nationales et les mesures législatives se conforment à ses clauses
  • Mettre fin immédiatement à l’harcèlement judiciaire des organisations civiles indépendantes et respecter les décisions de la Cour statuant en leur faveur ;
  • Faciliter un système d’enregistrement adéquat et en toute transparence par les organisations civiles dans le pays, afin d’entretenir et de renforcer l’établissement d’une société civile indépendante ;
  • Garantir l’indépendance du judiciaire et assurer qu’une protection adéquate est offerte à ses membres dans l’exercice de leurs fonctions ;

  • Ordonner immédiatement des enquêtes impartiales de tous les cas de menaces directes, d’intimidation et de harcèlement perpétués contre les Défenseurs des Droits de l’Homme afin d’en identifier les auteurs, les poursuivre en Justice et les juger conformément à la loi ;
  • Assurer que le combat contre le terrorisme n’entrave pas, ni ne viole, les libertés et droits et les instruments internationaux et régionaux ratifiés par l’Ethiopie, notamment la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples et l’Engagement International sur les Droits Politiques et Civils, et garantir que les mesures antiterroristes ne ciblent pas spécifiquement des groupes ethniques ni qu’elles entretiennent un haine ethnique.

 NOEL ABDI Jean-Paul

01/05/05 (B296) La Justice française, comme nous l’avions imaginé, semble avoir relancé ses actions contre les témoins possibles dans l’affaire Borrel.

Selon des sources dignes de confiance, les deux Juges françaises, à l’issue de réunions “animées” au sein des instances ministérielles, auraient obtenu de poursuivre librement leur instruction dans le cadre “du meurtre” du Juge Borrel.

Comme nous l’avions imaginé, la Justice française n’avait rien lancé pendant plusieurs semaines, afin de ne pas être accusée d’interférence dans l’élection présidentielle.

Aujourd’hui, le débat présidentiel djiboutien est officiellement clos, puisque Guelleh s’est auto-proclamé élu par la majorité des électeurs. Bien que contestée par de nombreux observateurs, son auto-proclamation pourrait se retourner contre lui d’une certaine manière, car la Justice française n’a plus aucune raison de prendre des précautions pour obtenir l’audition d’Hassan Saïd et de Djama le Procureur.

On dit même que des mandats internationaux auraient pu avoir déjà été lancés à l’encontre de ces deux personnages. Afin de respecter les procédures, ils auraient été transmis au Quai d’Orsay, qui aurait bien du mal à expliquer publiquement sa position, s’il lui prenait l’envie de les bloquer ou de retarder leur transmission …

Il semble que nos deux personnages Hassan Saïd et Djama soient convoqués par la Justice française, non plus sur simple invitation mais sur réquisition avec recours à Interpol … avec des menaces sur leur liberté.

S’ils ne sortent pas de Djibouti, ils ne risquent rien. Guelleh va continuer de les protéger aussi longtemps que possible. Tant qu’ils sont au pays, ils peuvent résister longtemps aux assauts “pacifiques” des gendarmes français en refusant de se “rendre”. Mais dès qu’ils mettront un pied en dehors de Djibouti, on peut parier que leur compte sera “bon”. La Justice pourrait même les faire incarcérer, se fondant sur leurs refus précédents de répondre aux convocations.

La diplomatie française va devoir expliquer à Guelleh (qu’elle protège du mieux qu’elle peut) les contradictions entre les raisons d’état et les décisions d’une Justice indépendante … (Ce dernier point étant un principe de base qu’IOG est incapable de comprendre et/ou d’assimiler … car il ne l’a jamais vécu !)

On peut donc prévoir du sport dans l’avenir entre les diplomates français et Guelleh et une nouvelle vague de critiques et de manifestations organisées contre la France. Ce deuxième round se terminera-t-il “au finish” par un départ des militaires français ? Nul ne peut le prévoir, mais la chose reste possible et elle laisserait libre cours aux américains, qui se sont refusés à féliciter Guelleh pour la bonne organisation de sa fraude électorale (mais qui ne l’ont pas dénoncée !). La France conservera la maîtrise de la situation, car elle peut toujours demander l’implication personnelle de Guelleh dans cette affaire, si les éléments du dossier le permettent … et sauf si Guelleh détient des informations génantes pour l’Etat français ou pour ses hauts dirigeants en poste à Djibouti à l’époque.

En milieu de semaine, RFI a publié le même jour, trois articles sur l’affaire Borrel (repris sur notre site). Est-ce un hasard ? Nous ne le croyons pas. RFI devait avoir été informé de la relance de l’affaire au niveau judiciaire.