Articles

24/01/2014 (Bréve 352) FIDH – Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme – Communiqué de presse

Djibouti : la FIDH exige la libération de Me Zakaria Abdillahi de la LDD

Djibouti, Paris, Nairobi, le 24 janvier 2014 – La FIDH s’insurge contre l’arrestation, le 23 janvier 2014 de Me Zakaria Abdillahi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), son organisation membre à Djibouti. Notre organisation exige sa libération immédiate et inconditionnelle ainsi que celle des personnes arrêtées avec lui. Me Zakaria Abdillahi défend en tant qu’avocat et président de la LDDH de nombreux militants politiques.

« Les autorités djiboutiennes doivent libérer immédiatement et sans condition Me Zakaria Abdillahi dont la seule faute est de défendre inlassablement les dizaines d’opposants et de journalistes arrêtés et emprisonnés à longueur de temps à Djibouti » a déclaré Karim Lahidji, président de la FIDH. « En emprisonnant Me Zakaria Abdillahi les autorités djiboutiennes veulent neutraliser un des seuls avocats et défenseurs indépendants à Djibouti » a-t-il ajouté.

Le 23 janvier 2014 vers 16h, Me Abdillahi a été arrêté par des gendarmes à Ali-Sabieh, au sud-est de Djibouti en compagnie de deux de ses amis français, son chauffeur djiboutien Djibril ainsi que MM. Mahdi Ali Waberi et Ibrahim Dirir Farah, deux élus de l’Union pour le salut nationale (USN) de la région d’Ali-Sabieh auxquels ils étaient en train de rendre visite. Si les deux élus ont été libérés le même jour, Me Abdillahi, ses deux amis et son chauffeur ont été transférés dans la soirée à la capitale Djibouti-ville et restent détenus à la Section de recherches et de documentation (SRD) de la gendarmerie, sans accès à leurs familles, ni à un médecin ou un avocat.

Le 24 janvier 2014, Me Zakaria Abdillahi a entamé une grève de la faim afin de protester contre sa détention arbitraire.

Me Zakaria Abdillahi, est avocat et président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH). Il est l’avocat de nombreux membres de l’opposition djiboutienne, de journalistes et défenseurs des droits humains victimes d’actes de harcèlement et de répression de la part des autorités. Depuis plusieurs semaines et en lien avec ses activités de défense des droits humains, Me Abdillahi recevait des menaces de mort et subissait des pressions. Le 16 janvier 2014, il témoignait que « tous les jours je me rends dans les lieux de détention et au tribunal pour tenter d’assister légalement les détenus d’opinion arrêtés, mais on ne me laisse jamais avoir accès aux gardés à vue en violation flagrante de l’article 10 de la Constitution qui garantit l’assistance d’un avocat ».

Cette arrestation, condamnée par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits l’Homme, intervient dans un climat d’intensification de la répression policière et judiciaire à l’encontre des partis politiques d’opposition, des journalistes indépendants et des défenseurs des droits de l’Homme, qu’a aussi condamné le 22 janvier 2014, Mme Reine Alapini Gansou, la Rapporteur spéciale pour les défenseurs des droits de l’Homme de la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) de l’Union africaine.

Rappel des faits

Depuis le début du mois de décembre 2013, des dizaines de dirigeants et militants de l’opposition ont été arrêtés et certains condamnés. Fréquemment, les gardes à vues de militants arrêtés se prolongent au-delà de la durée légale parfois jusqu’à 11 ou 17 jours comme ce fut le cas pour Oumar Waberi et Mohamed Gadito Chehem. Si ces derniers ont été finalement relaxés grâce à leur avocat de nombreux autres demeurent en détention pour avoir affirmé leurs opinion et n’ayant pas pu être assisté de leur conseil.

Des actes de tortures, de traitement dégradant et inhumains sont régulièrement signalés dans les lieux de détention à Djibouti et plusieurs militants sont morts en détention à Djibouti ces dernières années, dont le dernier en date, Mohamed Elmi Rayale, militant de l’USN décédé à la prison de Gabode le 29 août 2013. Fin février 2013, la contestation du déroulement des élections législatives avaient donné lieu à d’importantes manifestations de l’opposition violemment réprimées.

Depuis lors, les arrestations et les procès se succèdent à Djibouti contre les opposants.  En septembre 2013, la LDDH et la FIDH par la voix du président de la LDDH, Me Zakaria Abdillahi, avaient interpellé le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies sur la situation dramatique des droits humains, et en particulier des libertés politiques, publiques, syndicales ainsi que la persistance de la pratique de la torture à Djibouti.

Contacts presse: presse@fidh.org
Arthur Manet (Français, anglais, espagnol) – Tel: +33 6 72 28 42 94 (à Paris)
Audrey Couprie (Français, anglais, espagnol) – Tel: +33 6 48 05 91 57 (à Paris)

24/01/2014 (Bréve 351) Désormais, IOG arrête tout le monde ! Après les opposants et les entrepreneurs étrangers qui ont eu le malheur d’investir à Djibouti, ce sont les touristes français qui sont arrêtés par les gendarmes et placés en garde à vue !! 7sur7, (media belge avec une large audience) relate les faits …

Lien avec l’article
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1780532/2014/01/24/Deux-touristes-francais-arretes-a-Djibouti.dhtml

Décidément, le régime de Guelleh qui est aux abois poursuit, comme nous l’avions craint depuis les dernières élections législatives volées au peuple, une répression de plus en plus large, intense et féroce.

Tous les opposants passent par la case : arrestation arbitraire et garde à vue extra-judiciaire. Certains sont libérés après quelques heures de détention, d’autres passent par les salles de torture avant d’être jetés dans la prison de Gabode, sans soin ni asistance.

De nombreux investisseurs étrangers, que nous avions pourtant prévenus, ont fait les frais de l’appétit féroce de la RPP (Reine Paulette de Pacotille) qui n’a qu’un seul objecti : les dépouiller et les renvoyer chez eux ensuite …

Maintenant, ce sont les touristes qui sont visés par le SDS, les gendarmes et les policiers.

Moins d’investisseurs étranges, moins de touristes : voilà qui va contribuer à appauvrir le pays et ruiner définitivement une activité économique qui se meurt, assassinée par les injustices, la corruption et les pressions de tous ordres.

___________________ 7 sur 7

Deux touristes français arrêtés à Djibouti

Par: rédaction 
24/01/14 – 14h37  Source: Belga

la République de Djibouti, située sur la mer Rouge, est entouré par la Somalie, l’Éthiopie, l’Érythrée et fait face au Yémen..

Deux touristes français et le président de Ligue djiboutienne des droits de l’homme (LDDH) ont été arrêtés jeudi à Djibouti, déplore vendredi l’Union pour le Salut National, la coalition qui regroupe les partis de l’opposition au régime du président Guelleh.

Maître Zakaria Abdillahi Ali, député de l’USN et président de la Ligue djiboutienne des droits humains, a été arrêté à Ali-Sabieh (sud-est), en même temps que deux amis français, leur chauffeur djiboutien et deux élus de la région, alors que l’avocat et les deux Français étaient en conversation avec les deux élus, rapporte le représentant de l’USN auprès de l’Union européenne, Ali Deberkale. Il n’a accès ni à sa famille, ni à un médecin, et a entamé une grève de la faim pour protester contre l’illégalité de son interpellation. Les deux Français et leur chauffeur djiboutien sont détenus avec lui.

« Depuis la victoire volée de l’USN aux élections législatives de février 2013, la répression qui s’abat sur les opposants et la population djiboutienne va croissant », souligne M. Deberkale. « Les ONG parlent de meurtres, de tortures, d’arrestations et d’emprisonnements arbitraires, de harcèlement, de menaces… La France persiste à apporter son soutien à la dictature et à son régime au pouvoir depuis 36 ans, au nom de ses intérêts militaires. Je condamne vivement cette arrestation politique et espère que cette provocation incitera enfin la France à reconnaître que la situation qui prévaut depuis un an à Djibouti est catastrophique et nécessite une réaction ferme. »

26/05/06 (B351-B) La dernière grenade de Moussa Chehem (Lecteur)

Je voudrais avoir des éclaircissements à propos de la collecte de fonds organisée par les oulémas djiboutiens de Bruxelles pour la création d’une mosquée.

Je ne voudrais pas créer une polémique sur une affaire si sérieuse mais juste la vérité. Mais d’après des sources officielles, le comité chargé de collecter des fonds pour la création d’une mosquée djiboutienne a répondu à l’invitation de l’ambassadeur de Djibouti à Bruxelles Moussa Chehem pour soutenir le projet.

Moussa Chehem se soucierait-il vraiment des besoins de la diaspora djiboutienne en Belgique après tous les problèmes qu’il lui a créé : difficultés sans fin pour délivrer des visas et autres.

Aux dernières infos, il parait que l’Ambassadeur aurait promis qu’il solliciterait une aide financière urgente au gouvernement de Djibouti. Mais curieusement, depuis cette rencontre avec lui, les ‘oulémas’ n’arrivent plus à le joindre pour cause d’indisponibilité de Kounta. (?)

L’Ambassadeur a-t-il atteint son objectif qui était de récupérer le projet en le prenant aux mains des personnes à qui tout le monde avait fait confiance.

Sachant que l’ambassadeur ne fait rien sans contrepartie, quelles ont été les directives imposées par l’ambassadeur aux oulémas contre la diaspora ?

N’oublions pas quand même que les adhérents qui se sont engagés à soutenir le projet ont signé un ordre de prélèvement (irrévocable ?) de 20 Euros par mois et qu’ils ont été avisés de cette clause par le Comité chargé de la collecte des fonds.

Ayant moi-même signé et aux noms de mes concitoyens engagés dans ce projet, nous demandons au plus vite possible qu’une réunion urgente soit organisée pour mettre les choses au clair.

L’objectif principal de Kounta Kinté est de diviser les partis et de bloquer les décisions et les propositions objectives de la diaspora djiboutienne par tous les moyens.

Mais à qui se vouer alors si la politique, le social et maintenant les oulémas se révèlent, après enquête, être corrompus et dirigés par des ventriloques.(Des hommes au double discours …)

26/05/06 (B351-B) LDDH : alerte à l’agravation de la situation en Somalie, où les victimes civiles sont de plus en plus nombreuses.


Le Président

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 25 MAI 2006

 

Somalie : un peuple martyrisé.

 

 

« EEBE AYAAN BARIEYNA IN XAMAR NABAAD IYO WANAAG KA DHACDO, UMMADDA SOMALIYEED NABAAD IYO CANO ».

Après quelques jours de répits, des combats meurtriers ont repris à Mogadiscio ce matin. Des affrontements très violents à l’arme lourde continuent d’opposer les factions rivales : les milices Islamiques aux Forces des anciens chefs de guerre regroupés sous le sigle de l’Alliance anti-terroriste pour la restauration de la paix soutenues par l’Etranger.

Les combats de ce matin auraient causé la mort de plusieurs dizaines de personnes, les blessés dont de nombreux civils dépasseraient la centaine de personne.  Profondément préoccupée par l’aggravation de la situation à Mogadiscio, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) regrette les interférences étrangères manifestes dans la recrudescence de la violence armée à Mogadiscio.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) s’inquiète également des conséquences sur la sécurité régionale de la poursuite d’un tel conflit à nos portes. La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH), apprécie et remercie les humanitaires pour leur travail sur le terrain et souhaite que les ONG Internationales puissent contrôler et centraliser les dons en vivres et en médicaments acheminés à Mogadiscio par des pays tiers, pour une meilleure répartition.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un vibrant Appel à tous les peuples de la région à faire pression sur leurs gouvernements afin qu’ils favorisent sincèrement une solution pacifique par l’établissement d’un véritable dialogue permanent entre les acteurs de la crise somalienne. 

NOEL ABDI Jean-Paul

25/05/06 (B351-B) Les combats continuent en Somalie entre les Groupes sous l’autorité des Chefs de Guerre et les milices islamiques (BBC en Anglais – Info lecteur)

Gun battle breaks Somalia truce
Mohamed Olad Hassan
BBC, Mogadishu

Fighting has flared again in the Somali capital, Mogadishu, with at least six people killed and six others wounded in a gun battle.

The fighting was between militia loyal to the Islamic Courts and the Anti-Terrorism Alliance, a secular grouping of warlords.

The latest upsurge in violence comes despite a truce being agreed between the two groups 10 days ago.

More than 100 people died in eight days of fighting earlier this month.

Somalia has had no effective government since the overthrow of President Siad Barre in 1991.

Many of the dead and wounded were non-combatants caught up in the gunfire around CC neighbourhood in north Mogadishu.

"I saw two dead bodies lying in the street through my window," local resident Hassan Yare, told the BBC.

Grenades

Doctors at Madina and Keysaney Hospitals have also confirmed that six people were killed in the battle.

"We have lost one our men in the battle, and I am sure six of our rival men were killed," Abdi Dalab, a militia commander for Alliance forces said.

There was no independent confirmation of this claim.

Abdi Dalab also accused the Islamists of violating the ceasefire.

The leaders of the Islamic courts could not immediately be reached for a comment on the latest clash.

The clash began at midnight and intensified once daylight arrived, with the two sides using machine guns and rocket propelled grenades.

Both sides have been massing troops into the area since local traditional elders brokered the truce.

Hundreds of residents who had been optimistic that tensions were easing have again begun to flee from their homes around Yaqshid and Kaaraan districts.

Despite requests by the traditional elders, neither side wants to withdraw fully from the area, because both sides believe they have a right to control CC and surrounding areas.

25/05/06 (B351-B) Les tragédies de l’Histoire révèlent les grands hommes de ce monde ; mais ce sont les médiocres et les complicités aveugles dont ils bénéficient qui provoquent les plus grandes tragédies dans un pays. (Bouh Warsama)

Il y a belle lurette que dans les familles djiboutiennes on n’adresse plus ne serait-ce qu’un «compliment» à l’adresse de son Excellentissime le Tyran Ismaïl Omar Guelleh. Les enfants des écoles ont bien d’autres choses à faire et les adultes également lorsqu’ils constatent que – de jour en jour – la situation tant économique que sociale et politique se dégrade à Vitesse grand V.

De promesses en promesses sans lendemain, d’élections trafiquées outrageusement en élections bidonnées ouvertement alors que les votants en arrivent à dépasser les inscrits, les espoirs fondés en un « autre Djibouti » se sont amenuisés au point qu’ils en sont réduits à une « peu de chagrin ».

Dans ce « grand cirque Ismaïl Omar », beaucoup en viennent à regretter le temps béni des années 80 alors qu’une nouvelle bourgeoisie opportuniste et de circonstances – complice du pouvoir en place et sur laquelle IOG s’essuie les pieds… et le reste – plonge la classe moyenne djiboutienne dans la paupérisation absolue, mais en plus, elle l’humilie en se faisant l’écho inconditionnel (car grassement financé) « des jeux et du cirque électoral » imposés par Ismaïl Omar Guelleh.

L’arrivée du tyran – en mai 1999 – sur la grande scène politique locale n’a-t-elle pas été placée sous le signe du «paraître» et seulement du paraître depuis le début ? Jamais journaux et médias à sa solde ne se sont montrés aussi unanimes sur ce point.

Être n’a plus de sens, on n’a de cesse de faire dans l’artifice de façade …, dans le paraître et Allah – le Miséricordieux – fera le reste !

L’homme, qui s’est accaparé outrageusement et par le mensonge tous les rouages de l’État comme la maîtrise du secteur privé, bénéficie d’une vitrine qu’il finance à coups de millions de FD puisés allègrement sur les aides internationales qu’il fait détourner par les uns et les autres « responsables » qui prennent leur pourcentage au passage. Des communautés d’intérêts privés se sont ainsi instaurées – de facto – au sein des ministères et des grands services de l’État : dès lors on comprend que ni IOG ni ses complices ne souhaitent y mettre un terme ou dénoncer ce qu’il s’y fait.

Comme se plait à dire Ismaïl Omar Guelleh « Ces cochons de F……. sont là pour payer et ils paieront ! » (dixit un conseiller de son Excellentissime).

Et si d’aventure un journaliste étranger est en visite pour faire un reportage à Djibouti, il est aussitôt « pris en charge » à sa descente d’avion par les SDS qui lui déroulent le tapis rouge sous les pieds, le font héberger au Sheraton, l’invitent sur l’île de Musha avec son épouse et le couvrent de mille prévenances – voire de cadeaux au nom de la présidence – pour autant qu’il respecte scrupuleusement les incontournables consignes imposées par le Palais de l’Escale, et qui sont « Gloire à Ismaïl Omar Guelleh ! », « Gloire toujours et encore à Ismaïl Omar Guelleh ».

Quant à ces journalistes « étrangers » quelque peu « fouineurs » qui ont vocation de faire de l’information – au bon sens du terme – et n’entrent pas dans le jeu pervers imposé par le « seigneur et maître du pays », ils auront quant à eux – demain et après – toutes les peines du monde pour obtenir un visa afin de revenir à Djibouti pour y compléter leur reportage ; certains seront même officiellement « Interdits de séjour » dans le pays.

Observons qu’IOG n’en reste pas là, car qui n’est pas avec lui de manière inconditionnelle voire financée … est forcément contre lui. C’est ainsi qu’il a fait expulser les techniciens de RFI et qu’il n’hésite pas à faire interdire à Djibouti la vente des journaux qui auraient « l’outrecuidance » (que dis-je, véritable « crime de lèse majesté… ») de poser trop de questions embarrassantes sur la situation dans le pays et – a fortiori – qui s’intéresseraient d’un peu trop près à l’affaire de l’assassinat du Juge Bernard, en octobre 1995 à Djibouti, comme aux « cautions étrangères » dont il bénéficie depuis presque 11 années.

Enlevez à Ismaïl Omar Guelleh ses « cautions étrangères » et laissez agir la Justice française ; alors la vérité se fera jour dans cette affaire dont certains ont souhaité ou cautionné le « pourrissement » dans les heures qui ont suivi l’assassinat du « petit Juge fouineur ».

Avec IOG, l’image de la tyrannie sous toutes ses formes est sauve et lorsque cette image devient parlante, il y a alors tout de suite un os. Il est évident que cet homme ne peut enfiler que des clichés fallacieux dans sa supposée gouvernance du pays ; clichés qui ne résistent pas à une quelconque analyse – économique, sociale et politique – qui se voudrait objective.

Ismaïl Omar Guelleh n’a jamais eu de programme mais n’ayant jamais eu un quelconque adversaire politique, il est tranquille sur le point de sa propre réélection. On pourrait presque l’entendre dire « En m’autoproclamant président de la République, je fais réaliser des économies substantielles aux Finances publiques ! Démonstration de bonne gouvernance … ».

Dans les faits démontrés depuis plus de 7 ans, il n’a absolument rien d’autre à offrir aux Djiboutiens/Djiboutiennes que plus de sacrifices dans l’asservissement après chaque élection pour tenter de rendre Djibouti plus compétitive sur le marché mondial déjà saturé, plus de misère, plus d’oppression, plus d’emprisonnements, plus de tortures et de meurtres de « gêneurs » comme de « fouineurs ».

Dès lors on comprend pourquoi toutes les campagnes électorales depuis 1999 se soient transformées en farce médiatique dans lesquelles il n’y eut non pas deux camps politiques mais un seul, une certaine UMP (Union des Médiocres Prédateurs) « à la Gloire d’IOG » d’où une totale impossibilité pour l’opposition de se présenter face à lui donc de se lancer dans des confrontations telles que le prévoient la Constitution et le Code des Élections.

Qu’un opposant intervienne dans la presse et les médias étrangers en dénonçant la situation de catastrophe que subissent à leur corps défendant les familles djiboutiennes restées au pays et le voici aussitôt la cible des « soudards » à la solde du pouvoir.

Menaces verbales et tentatives de meurtre (y compris en territoire étranger, comme à Bruxelles), licenciement immédiat sans motif de membres de sa famille, expulsion du logement et saisie des biens, voire viols de femmes ; tous les moyens sont bons pour faire taire et contraindre à « rentrer dans le rang » ledit opposant.

Rien d’étonnant que dans de telles ignobles conditions – imposées par le tyran local, contraires à toute démocratie et aux droits de l’homme – nul n’ait assisté depuis 1999 à des joutes politiques s’appuyant sur des projets respectifs pour la société djiboutienne, mais à des diabolisations émanant du pouvoir en place et de quelques « caciques » à l’encontre de l’opposition politique. Ajoutons à cela que la liste des Députés (es) …élus (es)…lors des législatives est connue 8 jours avant la date du scrutin correspondant.

Djibouti est vraisemblablement le seul pays d’Afrique qui n’a jamais eu un seul élu d’opposition dans une quelconque assemblée, a fortiori dans ce qui fait office d’élections présidentielles. Pour cause, l’élimination par empoisonnement de Mohamed Djama Elabeh fin 1996 (AMIN) reste présent dans toutes les mémoires et constitue la meilleure arme de dissuasion qu’il soit. Ajoutons à cela que l’État dirigé par Ismaïl Omar Guelleh vient de l’enterrer une seconde fois en faisant saisir un bien immobilier qui appartenait à la famille du défunt.

Un politicien et censé présenter l’image d’un homme équilibré, d’un homme à qui la fortune sourit, d’un homme responsable.

Tant pis si Ismaïl Omar Guelleh est sans cesse éclaboussé par des scandales, mis en cause par bien plus que des suspicions dans l’affaire Borrel, par des meurtres perpétrés sur son ordre et par des affaires troubles de trafics comme de fomentations de révoltes armées en Somalie, au Somaliland et en Éthiopie.

Disposant de ce qu’il considère être des atouts et des cautions externes qui ont « baissé culotte » face au chantage qu’il exerce, il peut prononcer et faire sottises sur sottises, faire détourner pour partie les aides internationales tout comme les dons en médicaments des ONG pour les revendre, insulter qui bon lui semble et faire racketter qui il veut.

Il lui suffit d’être présent à la tête de ce qu’il reste d’État djiboutien car au fond ce n’est pas lui qui paie et qui supportera demain les « erreurs » et le financement de son Palais à Dubaï. Il lui suffit d’avoir un air volontaire, d’élever la voix comme un redresseur de torts et de paraître avoir réussi dans la vie.

Chaque chose ayant une fin, la crise qui sévit à Djibouti – économique, sociale et politique – devrait être mortelle pour ce système mafieux, pour son pourrissement sur pied à court terme.

En effet, la classe très minoritaire et dominante – qui s’est autoproclamée à la tête du pays – a de plus en plus de peine à faire accepter par l’UE ses « mécanismes électoraux » mais surtout à maîtriser la jeunesse du pays durement frappée par un « chômage galopant ».

Plus de 85 % des personnes dites « en âge d’avoir un emploi » sont confrontées aux affres du chômage ; Qui dit mieux ?

Chaque année, ce sont quelques milliers de jeunes qui sortent du système scolaire et arrivent sans formation adaptée au monde local du travail. Cette situation se trouve d’autant aggravée par le fait que le Code et les Lois commerciales, les textes qui régissent les entreprises ne sont plus respectées dans un état qui n’a d’existence que son artificielle façade.

Que dire de ce qui fait office de Justice si ce n’est qu’elle est aux ordres du pouvoirs et de ses caciques véreux.

Des « états dans l’état » se sont ainsi créés, sortes de « jardins privés » où chacun fait sa propre loi et prélève ce que bon lui semble en reversant une partie non pas aux Finances publiques mais au …Palais de l’Escale.

Tout s’achète et tout se vend !

Par ailleurs, des lignes de « crédit » (aides internationales) sont effacées épisodiquement au niveau de la Banque centrale de Djibouti. Où va cet argent … sous couvert de passeports diplomatiques ?

Las de supporter des rackets hélas que trop connus à Djibouti lorsque l’on exerce une activité et que l’on n’est pas « affilié » au pouvoir en place, comment ne pas comprendre alors que bon nombre d’entreprises et surtout de commerces se voient contraints de mettre la clé sous la porte alors que d’énormes capitaux – y compris djiboutiens ou qui sont « nettoyés sur place » – s’envolent vers Dubaï et ailleurs.

Fussent-ils immensément riches les tyrans comme les médiocres ne finissent jamais rien eux-mêmes, ils attendent toujours la fin.

Qui aura le courage d’écrire ce mot de « FIN » ?

25/05/06 (B351-B) Radio-trottoir : ça y est ! La Justice aux ordres de Guelleh, entre en action pour punir les personnes arrêtées injustement dans le nord, après l’opération d’invasion-répression … (Lecteur)

Aujourd’hui jeudi 25 mai 06, des civils du nord détenus par les Forces armées
ont été déférés au Parquet.

Un Officier de la Police Judiciaire de la Gendarmerie n’a pas voulu nous donner le nombre exact des détenus transférer au Parquet car cette affaire le dépasse (?) Par son ampleur, par son injustice ? Il n’a pas voulu le préciser non plus !!.

Toujours est-il qu’il semblait bien mal à l’aise et qu’il préférait, semble-t-il, être le moins impliqué possible dans cette parodie, qui se terminera, n’en doutez pas, par une mascarade de justice. On peut faire confiance à IOG sur ce point !

25/05/06 (B351-B) Roger Picon, qui produit de nombreuses caricatures sur la situation et l’actualité djiboutienne, nous adresse un nouveau dessin pour saluer l’attribution de la palme du cynisme absolu à Yacin Elmi Bouh, qui a tenté de justifier l’invasion du nord par les forces de la répression, en la qualifiant d’opération de prévention contre des pillars nomades !!

Yacin Elmi Bouh, Ministre de l’Intérieur à Djibouti,
deux fois nommé Homme de la Semaine,
Membre éminent et influent de l’Ordre des Brosses à Reluire
a reçu la Palme d’Or du Cynisme absolu, attribué par l’ARDHD