23/10/04 (B269) Radio-Trottoir : la politique internationale de Guelleh. Un bilan très positif : la majorité des Etats voisins ou alliés sont d’accord ? Mais sur quoi ? Un entretien quasi imaginaire entre Guelleh et Hassan Saïd. (Ardhd)

L’un de nos correspondants
a surpris une conversation privée (quasi imaginaire, il faut le préciser) entre Guelleh
et Hassan Saïd.

Guelleh : Salut
Hassan, comment vas-tu ?

Hassan : Ca pourrait
aller mieux, mes agents secrets se font jeter sans ménagement,
les uns après les autres, de tous les pays voisins,

IOG : C’est pas
grave, tu n’as qu’à leur rendre la monnaie de leur pièce et
tu expulses les leurs.

HS : Le problème
c’est qu’on arrive plus à les identifier avec précision.

IOG : Tu vieillis
Hassan. Mais parlons de nos relations internationales. Je t’ai convoqué
secrètement pour faire le bilan de nos positions et de nos amitiés.

HS : Ca va être
vite fait ! Pratiquement, ils sont tous d’accord.

IOG : Pourquoi
dis-tu cela ? J’ai noué de solides amitiés à Cuba …

HS : Bien sur,
tu leur apportes un marché … tout cuit, prêt à l’emploi.

IOG : Si tu veux,
mais regardons autour de nous …

HS : Ce n’est pas
brillant. Le Yémen a accueilli les représentants du GED comme
des chefs d’Etat et moi je me suis fait éconduire par un sous-fifre
sans pouvoir. Le Kenya, ils ne veulent plus te voir chez eux. Ils seraient
capable de te refouler.

IOG : Il ne faut pas oublier que je suis le grand artisan du processus de normalisation en Somalie, grâce à
la conférence d’ARTA. Indirectement c’est à moi qu’il doit son poste.

HS : Taratata,
il peut pas t’encaisser l’Youssouf. Je parie qu’il te fera un croche-pieds
ou une entourloupe à la première occasion. L’Erythrée,
c’est pas terrible non plus. Ne parlons pas bien sur des choses qui fâchent
… L’Ethiopie par exemple. Le patron, il a vraiment une dent contre toi et
sévère ! Les tarifs du port et le chantage sur le train, il aime pas vraiment !

IOG : OK, OK, tu
as raison, mais il reste les occidentaux.

HS : Tu sais bien
que les Américains sont ingérables à notre niveau. Ils
ne font que ce qu’ils veulent : leur intérêt avant tout. Le reste,
ils s’en contrefichent et tu es la dernière roue de leur carrosse …

IOG : Peut-être,
mais les Français tout de même, ils me respectent.

HS :
tu as raison, c’est peut-être le seul point fort de ta politique. Ils
sont capables de dire Amen à tes moindres caprices et de s’écraser
devant tes colères. Tu as encore des alliances solides en France,
mais pour combien de temps ? L’affaire Borrel nous pend au nez … avec ses
conséquences.

IOG : Là,
je t’arrête ! Parle pour toi. Moi je ne risque rien dans l’affaire Borrel.
Pas de preuves contre moi et de toutes les façons, je suis immunisé avec
mon statut. C’est vrai que Souleiman et toi, vous n’êtes pas clair sur
ce coup et qu’il y a des risques. Il faut dire que vous n’êtes pas malins : il fallait pas qu’on puisse retrouver le corps et l’affaire était dans le sac. Sachez quand même que l’Avocat appointé du Gouvernement est derrière
vous et il vous protègera toujours. Je l’avais incarcéré
il y a quelques années et maintenant, il est devenu notre meilleur
soutien. Va comprendre les hommes !

HS : La nature
humaine est complexe. Je ne la comprendrai jamais. Mais c’est vrai qu’il suffit
de les battre pour qu’ils deviennent des moutons dociles. C’est comme cela
que j’ai dominé mes concurrents.

IOG : A qui le
dis-tu ! Ca a toujours été ma règle de vie et d’encadrement.

HS : On ne parle
pas du Somaliland, bien sur, avec l’interdiction d’exporter du bétail via notre territoire.

IOG : Non surtout
pas ce soir. Ca me rend de mauvaise humeur. Et Paulette, c’est pire ! Ca dérange son nouveau projet. Surtout si je parvenais à faire lever l’embargo international sur la viande bovine, uniquement pour Djibouti. Tu vois d’ici le trafic possible ? Ca c’est du gros, gros business ! Plus gros que l’ivoire ou les déchets nucléaires ! T’inquiète pas, Hassan, t’auras toujours ta part du gâteau.

HS : Merci à l’avance. Juste pour
conclure. On a pratiquement réussi à faire l’unanimité
contre nous, dans la région.

IOG : C’est la
situation que je préfère. Ca me stimule. A moi, maintenant de trouver le moyen
de les diviser pour reprendre le leaderchip dans la région. Ca marche
à merveille à l’intérieur de nos frontières. Je
ne vois pas pourquoi cela serait différent en dehors. Susciter la zizanie
est l’une de mes plus grandes qualités. Je me mets au travail. Mais
je te le dis en confidence. “J’ai toujours un plan pour mettre
le feu à la région”. Après, ils viendront tous me lécher
les pieds.

HS : Comme disait la mère
de Napoléon : “Pourvu que ça dure !”. Bonne nuit et
surtout ne fais pas de cauchemars.

IOG : Aucun risque cette nuit ! Grâce à toi, encore
une fois, parce que tu m’as remonté le moral. Fais de beaux rêves aussi.