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01/10/08 (B467-B) AFP / Les islamistes somaliens détruisent une vieille église à la fin du ramadan

Les insurgés islamistes somaliens qui ont pris en août le contrôle de Kismayo ont démoli mardi une église désaffectée de cette ville portuaire du sud de la Somalie, après la prière marquant la fin du ramadan, ont rapporté des témoins.

Scandant « Allah est grand », plusieurs centaines de personnes ont détruit cette église délabrée et occupée par plusieurs familles, a affirmé à l’AFP l’un de ces témoins, Omar Ali Mohamed.

« Nous annonçons officiellement aujourd’hui la destruction, par l’administration islamiste de Kismayo, de l’église chrétienne de notre ville », a déclaré cheikh Hassan Yaqub, un responsable islamiste, avant la démolition de l’édifice.

« Les Ethiopiens ont détruit une mosquée à Harar (en Ethiopie) et nous détruisons cette église en représailles. Une grande mosquée (…) sera construite à sa place », a-t-il ajouté.

Les « shebabs », insurgés islamistes qui mènent une guérilla contre les forces gouvernementales somaliennes et leurs alliés éthiopiens, ont repris Kismayo, ville stratégique du sud de la Somalie, le 22 août après plusieurs jours de combats.

Kismayo était le dernier bastion des combattants des tribunaux islamiques avant leur chute début 2007 lors d’une offensive conjointe des forces somaliennes et éthiopiennes.

01/10/08 (B467-B) Afrik.com / Somalie : le mystère s’épaissit autour de la cargaison d’armes du Faina

L’Ukraine et le Kenya embarrassés par les déclarations des pirates somaliens

Le destinataire final de la cargaison du Faina, le cargo ukrainien arraisonné jeudi dernier par des pirates somaliens demeure toujours inconnu. Alors que les pirates et la marine américaine affirment que le bateau chargé de chars d’assaut et d’armes avait pour but le Sud-Soudan, Kiev, Nairobi et l’armée de la région semi-autonome soudanaise démentent formellement.

par Anissa Herrou

« Nous confirmons que ces armes n’appartiennent pas au gouvernement du Kenya, mais aux autorités de la région semi-autonome du Sud-Soudan », a déclaré mardi à l’AFP, Sugule Ali, le porte-parole des pirates somaliens. Par cette déclaration, il a semé le trouble pour la deuxième fois dans les eaux somaliennes.

Nairobi et Kiev nient formellement cette information, affirmant que la transaction devait bien avoir lieu dans le cadre d’un contrat de vente entre le Kenya et l’Ukraine. Un contrat effectué par la société d’Etat ukrainienne Ukrspetsexport. L’armée de la région semi-autonome du Sud Soudan a elle aussi démenti dans un communiqué les dires du pirate somalien.

Le bateau ukrainien qui a été arraisonné dans la journée de jeudi au large des côtes somaliennes alors qu’il se dirigeait vers le port de Mombasa (sud-est du Kenya) avec à son bord dix-sept Ukrainiens, trois Russes et un Letton, transporte trente-trois chars d’assaut T-72 de fabrication soviétique ainsi que de nombreuses armes lourdes.

De quelle source proviennent les révélations des pirates ? Difficile à dire. Un porte- parole de la Ve flotte américaine basée à Bahreïn avait affirmé la même chose la veille, lundi 29 septembre. « Nous avons des informations indiquant que le cargo et la cargaison étaient en route pour le Soudan » a déclaré le lieutenant Nathan Christensen, qui ne souhaitait pas en dire plus.

« Notre problème c’est les 20 millions de dollars »

Embarrassante pour Kiev, Nairobi et Khartoum, cette affirmation ne semble pas déranger pour autant les pirates. « Le propriétaire des armes n’est pas notre problème, notre problème c’est les 20 millions de dollars » exigés comme rançon pour relâcher le cargo et son équipage. Il semblerait pourtant que la marine américaine ait dû intervenir aujourd’hui avec le concours d’un hélicoptère. Elle a tenté d’empêcher les assaillants de décharger à terre la cargaison.

Quatre personnes seraient déjà mortes à bord du bateau depuis la prise d’otage : trois pirates ainsi que le capitaine russe Vladimir Kolobkov, d’une crise d’hypertension, selon un membre de l’équipage.

Selon le Bureau Maritime International (BMI) basé en Malaisie, il s’agit de la 61ème attaque de pirates au large des côtes somaliennes depuis le début de l’année 2008. Le Golfe d’Aden est devenu l’un des endroits les moins surs pour la navigation depuis le début de la guerre civile en 1991, conflit qui déchire la Somalie.

01/10/08 (B467-B) APA / Asmara qualifie Washington de fauteur de troubles

Le ministre des Affaires étrangères de l’Erythrée, Osman Saleh, a déclaré que les politiques erronées et impérieuses des Etats-Unis sont à l’origine et exacerbent les crises dans le monde, appelant à une action internationale collective pour passer en revue la puissance de Washington.

«Les empreintes digitales de la seule superpuissance sont perceptibles dans la plupart des situations de conflit qui font rage dans de nombreuses régions de notre planète, combinées aux conséquences économiques, financières et humanitaires délétères qu’elles ont invariablement entraînées», a ajouté Osman Saleh.

Le ministre Saleh s’exprimait au dernier jour du débat annuel de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies qui se tient à New York, aux Etats-Unis.

Il a accusé les Etats-Unis d’adopter une approche de « gestion par crise », citant le conflit en cours entre l’Erythrée et l’Ethiopie, les combats et les souffrances humanitaires en Somalie, les troubles au Soudan et le récent problème frontalier entre Djibouti et l’Erythrée comme des exemples de cas où Washington a initié ou perpétué des troubles ou bloqué des options de solutions.

«Ces jours-ci, des efforts francs ne sont pas faits pour prévenir et gérer les conflits. Au contraire, des crises sont délibérément créées pour ensuite être aggravées de telle sorte que leur «gestion» offre aux Etats-Unis l’opportunité et la latitude de contrôle dans une situation d’instabilité permanente, a déploré le ministre érythréen des affaires étrangères.

«L’absence de forces dans un monde unipolaire n’a fait qu’aggraver la situation. Parmi celle-ci figure l’impossibilité pour l’ONU de poursuivre une ligne indépendante et d’agir comme un rempart de multilatéralisme solide », a-t-il ajouté.

M. Saleh a aussi indiqué que les Etats-Unis prennent trop souvent comme prétexte la guerre contre le terrorisme pour justifier leurs actions, même s’ils ont « longtemps fait dérailler les objectifs initiaux et les intentions de cette guerre pour d’autres fins ».

«Cette situation insupportable avec laquelle sont gérées les affaires ne peut continuer et ne devrait non plus être tolérée. Les souffrances humaines ont été, et sont, trop grandes, et le temps trop long. Il est donc grand temps et impérieux de mener des efforts internationaux collectifs visant à contrôler les excès des Etats-Unis », a déclaré M. Saleh.

En conclusion, M. Saleh a souligné que « les dangers de l’unipolarisme non contrôlé sont devenus évidents au cours des dernières années ».

Selon lui, cette réalité ne peut qu’accentuer la nécessité de renforcer les Nations Unies, pour en faire une démocratie et une institution solide du multilatéralisme par des efforts continus, collectifs et concertés.

01/10/08 (B467-B) MerEtMarine / Somalie : Les pirates s’entre-tuent à bord du cargo Faina.

La situation a dégénéré, hier, à bord du cargo Faina, détourné jeudi dernier par des pirates et ancré devant la côte somalienne avec sa cargaison de chars. Encerclés par plusieurs navires de guerre, notamment le destroyer USS Howard, les pirates retenant le bateau se sont vivement opposés, hier. En désaccord sur la conduite à tenir, deux groupes de ravisseurs se sont affrontés à coup de fusils mitrailleurs. Trois pirates auraient été tués dans les échanges de tirs, affirme le Programme d’assistance maritime d’Afrique de l’Est, basé au Kenya.

C’est dans ce contexte explosif, au sens propre comme figuré, que sont retenus les 20 marins (17 Ukrainiens, 2 Russes et un Letton) du Faina. L’équipage a d’ailleurs déploré avant les évènements d’hier la perte de son commandant, décédé apparemment accidentellement suite à un malaise.

Appartenant à la société Kaalbye Shipping Ukraine, le cargo transportait un chargement de matériel militaire vendu par l’Ukraine au Kenya (cette version est toutefois contestées, les Américains comme les pirates à bord évoquant le Soudan comme destination).

Les cales contiennent notamment 33 chars lourds T-72, de conception russe, ainsi que des armes légères.

La marine américaine redoute notamment qu’une partie de cette cargaison soit débarquée à terre, le Faina étant ancré devant le village côtier d’Hobyo, situé au nord de Mogadiscio.

Le navire est donc surveillé de très près par les navires de surface, des avions et des hélicoptères. Les pirates réclament le paiement d’une rançon de 20 millions de dollars pour relâcher le Faina et son équipage.

30/09/08 (B467-B) Le Figaro / Somalie : un navire surveille les pirates

Un navire de guerre américain « surveille activement » à vue le cargo ukrainien chargé d’armement et capturé jeudi par des pirates au large de la Somalie, indique un communiqué de la 5e flotte américaine parvenu aujourd’hui à l’AFP à Nairobi.

Le destroyer USS Howard est à portée de vue du cargo Faina, « qui est ancré devant le port d’Hobyo » (environ 500 km au nord de Mogadiscio), selon ce communiqué.

Dimanche, un porte-parole des pirates avait déclaré à l’AFP que le cargo était encerclé par trois navires de guerre étrangers, sans préciser la nationalité de ces navires.

30/09/08 (B467-B) Le Figaro avec AFP / «Carré d’As»: six pirates somaliens écroués en France.

Les six ressortissants somaliens ont été mis en examen. Ils avaient détourné en septembre le voilier dernier à bord duquel se trouvaient deux Français.

Les six pirates somaliens soupçonnés d’avoir détourné le voilier le «Carré d’as» dans le golfe d’Aden en septembre et capturés par l’armée française, ont été mis en examen jeudi soir à Paris pour «détournement de navire», «arrestation et séquestration de plusieurs personnes comme otages en vue d’obtenir une rançon», le tout «commis en bande organisée», puis ont été écroués. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Dans la soirée, le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire visant les six ressortissants. Conformément aux réquisitions du parquet, les pirates somaliens ont ensuite été présentés à un juge des libertés et de la détention qui a ordonné leur placement en détention provisoire.

Tous ont reconnu, au cours de l’enquête, et à des degrés divers leur participation à la prise d’otages d’un couple de plaisanciers français au bord du «Carré d’As», un voilier que ces derniers convoyaient de l’Australie vers la France, via le golfe d’Aden. Deux pirates ont admis avoir été présents lors de l’abordage, d’autres ont reconnu leur responsabilité pour le gardiennage ou les négociations de la rançon.

Le couple convoyant le bateau, Jean-Yves et Bernadette Delanne, deux Français originaires de Polynésie, ont été entendus lundi par les enquêteurs de la Direction générale de la gendarmerie nationale. Ils ont indiqué ne pas avoir subi de violences de la part des preneurs d’otages. Lors de l’assaut de ce voilier par des commandos français dans la nuit du 15 au 16 septembre, un pirate avait été tué et six autres capturés.

La piraterie est devenue une économie florissante aux larges des côtes de l’Est africain. La France a déposé vendredi dernier à l’ONU, avec le soutien du gouvernement somalien, un projet de résolution qui permettra de constituer une force pour «attaquer» les pirates qui opèrent dans le golfe d’Aden au large de Somalie.

Les pirates ont établi un repaire dans la zone côtière d’Eyl, où ils retiennent environ 150 otages et une quinzaine de navires, dont plusieurs cargos. Ils se servent désormais des plus grands de ces bateaux pour mener, loin au large, des actions d’une audace de plus en plus grande contre les navires qui circulent dans cette zone stratégique, entre la mer Rouge et l’océan Indien.

30/09/08 (B467-B) Le Figaro avec AFP / Un enfant tué dans une explosion à Baïdoa.

Un enfant a été tué et quatre personnes blessées aujourd’hui dans une explosion à Baidoa, ville du sud de la Somalie où est installée le Parlement, a-t-on appris auprès d’un témoin et de la police.

La déflagration est intervenue devant une patrouille de police dans cette ville située à environ 250 kilomètres de la capitale Mogadiscio.

« L’explosion a eu lieu alors qu’un camion pick-up passait devant un marché de khat. Un enfant de sept ans a été tué et quatre personnes dont trois policiers ont été blessés », a assuré un témoin, Adaf Sheikh Mumin.

Un fonctionnaire de police, Ibdow Affey, a confirmé le bilan.

30/09/08 (B467-B) Le Post avec Corriere della Sera (It) / Conversation téléphonique avec les pirates du cargo Faina …

Une connexion téléphonique satellitaire a été établie avec un pirate à bord du cargo Faina. Cette personne s’exprime dans un anglais approximatif (il se dit lui-même être un «broken English) mais compréhensible. Il se présente comme « l’officier somalien qui a la responsabilité du navire ».

Il accepte de bon gré de répondre à une série de questions.

« Que pensez-vous faire de votre butin ?

— Nous sommes en train de traiter avec l’armateur. En échange du navire, de son contenu et de l’équipage nous voulons 20 millions de dollars et rien d’autre. Nous avons promis de ne rien décharger. Tout le matériel restera à bord »

– Tous ces armements, font tellement envie à tant de gens: les insurgés antigouvernementaux, aux érythréens…

— Nous avons aussi assuré que même pas un simple projectile ne finisse entre les mains de ceux qui combattent le Gouvernement de transition de la Somalie. Seul l’argent nous intéresse.

– Même pas à l’Érythrée, qui comme l’a dit vôtre porte-parole, vous a offert 35 millions de dollars?

— Non, même pas à l’Érythrée. »

La conversation vient d’être interrompue momentanément car près du cargo Faina un hélicoptère est en train de passer, et le bruit et les interférences nous empêchent de parler. Ensuite la conversation reprend normalement.

– Comment sont vos rapports avec les Américains ?

— Près de vous, il y a encore le croiseur Howard. Un de leur hélicoptère vient de passer. Nous n’avons aucun problème. Nous leur avons parlé et ils savent que nous attendons l’argent ; ensuite ils pourront prendre possession de tout ce qu’ils veulent. Pour le moment nous avons des rapports de bon voisinage ».

– Et s’ils devaient tenter un assaut (un blitz) pour prendre possession du navire ?

— Nous combattrons jusqu’à la mort et nous coulerons le Faina ».

– Dans l’après-midi un officier de haut rang américain a soutenu que ces armes étaient destinées au gouvernement du Soudan.

Vous, vous avez contrôlé les documents ?

— Bien sûr. La destination était Mombasa. Rien à voir avec le Soudan. Tout au plus pouvaient-elles être destinées au sud du Soudan, mais certainement pas au gouvernement de Khartoum. Mais, j’ai lu cela sur Internet. Nous ne savons rien sur la destination finale du chargement ».

Le pirate nous a promis de nous tenir informés de tout ce qui pourrait arriver.

— «Le monde doit savoir que nous ne sommes pas des bandits mais des soldats qui défendent leur propre cause ».